Barigoule d’artichauts aux langoustines

Barigoule d'artichauts aux langoustines, boutargue et amandes vertes

Barigoule d'artichauts aux langoustines © Renards Gourmets
2 personnes
difficulté : moyen
coût : cher
+/- 1 heure
 
Ingrédients :
 
Pour la nage
 
8 petites langoustines
1 l d’eau
une brindille de fenouil sec
4 tiges de fenouil frais
5 grains de poivre noir
50 g de vinaigre de vin blanc
gros sel
 
Pour le fumet

un petit bulbe de fenouil
1 échalote
1 tomate
1 gousse d’ail frais
huile d’olive
50 g de beurre
15 g de Vermouth
1 bâton de fenouil sec
4 tiges de fenouil frais
5 grains de poivre
150 g de fond blanc
75 g de fumet de homard
2,5 cl de crème liquide
 
Pour les artichauts
 
2 artichauts
huile d’olive
1 gousse d’ail frais
boutargue de mulet

1 branche de fenouil frais
6 amandes fraîches

sel
poivre
jus de citron
fond blanc

Si à l’origine le mot barigoule désigne en provençal un plat de champignons il est aujourd’hui invariablement associé aux artichauts. Le champignon employé dans cette recette aurait laissé place aux artichauts vers le milieu du XVIIIe siècle et seule l’appellation fut conservée. On pense souvent que c’est le lactaire délicieux qui aurait pu être utilisé hors celui-ci est surnommé safrané dans la région. En vérité c’est la pleurote de panicaut poussant dans les près et dans les ronds d’herbes aux côtés des chardons qui était utilisée. Son panicaut ressemblant aux chardons et aux artichauts.

MM. Viard et Fouret donnent en 1822 dans Le Cuisinier royal ou l’art de faire la cuisine, la pâtisserie et tout ce qui concerne l’office une recette qui sera reprise par André Viard en 1834 dans le Cuisinier impérial. Il y est question d’artichauts ébouillantés et additionnés de lard, de champignons, d’échalotes, de fines herbes. Les artichauts sont alors farcis, agrémentés de tranches de veau et cuits trois quarts d’heure. On y ajoute enfin une sauce espagnole (du jus de viande). La recette moderne est beaucoup plus simple, on prépare simplement les artichauts violets avec des oignons ou des échalotes et parfois des carottes. Certains y ajoutent du lard, d’autres pas.

Le comte d’Hézecques rapporte qu’à son retour de chez son amie la comtesse de Provence, Marie-Joséphine de Savoie, la reine de France Marie-Antoinette aurait décrit avec enthousiasme les délices dont elle fut honorée. « Après avoir visité sa petite ferme, ses animaux, son jardin, elle revenait à Versailles avec d’énormes bouquets de fleurs et tous les petits oiseaux qu’elle avait pris au filet. Ces derniers étaient destinés à une soupe qu’on préparait, non dans ses cuisines mais dans ses appartements […] ». Si la recette du potage « à la Reine » aux petits oiseaux et aux pois verts est connue, il n’est pas exclu que la Reine se soit régalée de préparations en vogue à l’époque comme ces artichauts.

Nous avons souhaité raffiner la préparation pour lui donner une saveur royale en ajoutant des queues de langoustines et en remplaçant le lard par des morceaux de boutargue. Cette recette est très agréable à la fin du printemps et peut aussi être agrémentée de jeunes girolles clous.

Nous avons dégusté ce plat avec une excellente bouteille de Pinot Draga de Slovénie de chez Štekar. Un Tokaj fera également l’affaire.

La boutargue provient de chez So’Boutargue avec qui nous avons le plaisir de collaborer. Sa boutargue est remarquable, les œufs de mulets utilisés sont ceux de mulets sauvages et le séchage se fait à l’air frais.

En hiver cette recette peut-être réalisée avec des écrevisses à la place des langoustines et pourquoi pas de la truffe noire en remplacement de la boutargue.

Avec cette recette nous participons au défi 100% de recettes.de : https://recettes.de/defi-100-pour-cent ! Car c’est une recette 100 % Provence…

1. Préparation de la nage

Séparer les queues des têtes et des pinces des langoustines. Réserver pour la réalisation du fumet. Porter à ébullition le litre d’eau avec les différents aromates et le vinaigre. Faire cuire les queues pendant 30 secondes dans l’eau bouillante et rafraîchir immédiatement dans une glaçante. Décortiquer à froid et réserver.

2. Préparation du fumet

Émincer finement les légumes sauf la gousse d’ail. Faire chauffer un filet d’huile d’olive dans une cocotte en fonte et y faire revenir les têtes coupées en deux, les pinces et les carapaces. Ajouter le beurre et laisser mousser puis incorporer les légumes, le fenouil sec, le frais et les grains de poivre. Laisser suer quelques minutes puis mouiller avec le Vermouth et une cuillère à soupe de fond chaud. Faire réduire de moitié et mouiller de nouveau avec le fumet de homard à hauteur. Laisser mijoter 25 minutes puis chinoiser en récupérant le beurre qui sera remonté à la surface. Réserver le fumet d’une part, le beurre d’une autre.

3. Préparation des artichauts

Tourner les artichauts, les couper en quartiers et les immerger immédiatement dans un bol d’eau citronnée.

Faire chauffer un filet d’huile d’olive dans une cocotte et faire revenir les artichauts. Couper la boutargue en dés réguliers et ajouter deux petits morceaux aux artichauts pour les parfumer. Incorporer la gousse d’ail écrasée et la branche de fenouil. Saler légèrement, poivrer et ajouter un jus de citron et un peu de fond blanc. Laisser mijoter 15 minutes.

4. Finitions et dressage

Réchauffer les queues de langoustines dans le beurre obtenu avec le fumet. Faire réduire le fumet de moitié. Monter légèrement la crème pour obtenir un mélange mi-monté et l’incorporer au fumet réduit.

Disposer harmonieusement les quartiers d’artichauts, les queues de langoustines, les amandes et les dés de boutargue. Ajouter la bisque pour bien enrober les éléments et terminer par quelques pluches de fenouil frais. Déguster chaud.

Barigoule d'artichauts aux langoustines © Renards Gourmets
Barigoule d'artichauts aux langoustines © Renards Gourmets
Barigoule d'artichauts aux langoustines © Renards Gourmets
Barigoule d'artichauts aux langoustines © Renards Gourmets
Barigoule d'artichauts aux langoustines © Renards Gourmets
Barigoule d'artichauts aux langoustines © Renards Gourmets
Barigoule d'artichauts aux langoustines © Renards Gourmets
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Porchetta de lapereau à la niçoise

Porchetta de lapereau farcie à la niçoise comme une "pasqualine", mesclun printanier

Porchetta de lapereau © Renards Gourmets
4 personnes
difficulté : difficile
coût : moyen
+/- 3 heures
+ une nuit de repos
 
Ingrédients :
 
Pour le lapereau
 
Le râble d’un lapereau
poivre noir
fleur de sel
marjolaine en poudre
une gousse d’ail frais
2 tranches de porchetta de porc
film alimentaire de cuisson
 
Pour la farce

une poignée de petits pois
une poignée de fèves
gros sel
une tranche de pancetta douce
huile d’olive
1 cébette
1 petite courgette de Nice
1 gousse d’ail frais
1 cuillère à café de vinaigre de Barolo
fleur de sel
poivre noir
noix de muscade
1 grosse poignée d’épinards
1 botte de blettes de Nice
10 brins de persil
10 feuilles de marjolaine
1 feuille de sauge
6 feuilles de basilic
10 olives niçoises
un peu de parmesan jeune

En Italie la porchetta, comme son nom l’indique se prépare avec du cochon de lait mais, dans la Vallée des Merveilles, sous le col de Tende, c’est à dire dans l’arrière-pays niçois, on la prépare avec du lapin, ou mieux, du lapereau. Ce mets exceptionnel se prépare souvent à Pâques ou il remplace volontiers la viande d’agneau. La farce « pasqualine » s’utilise aussi très bien dans une tourte ou un chausson. Cette charcuterie peut être servie tiède ou froide. Une gelée préparée à partir des os et parures de lapin et parfumée d’herbes peut être ajoutée sur les tranches au dernier moment. Généralement la porchetta se prépare avec l’animal entier qu’il faudra entièrement désosser sans percer la peau comme pour le célèbre lièvre à la royale. Pour quatre gourmands un râble suffit amplement.

Avec cette recette nous participons au défi 100% de recettes.de : https://recettes.de/defi-100-pour-cent ! Car c’est une recette 100 % Provence…

1. Préparation du lapereau

Désosser entièrement le râble de lapereau en prenant garde de ne pas percer sa peau. Réserver tous les os et les parures ainsi que le foie et les rognons. Retirer les nerfs puis inciser légèrement les parties latérales en réalisant un quadrillage. Aplatir ces morceaux avec un maillet. Disposer les filets mignons au centre puis frotter toute la viande avec une gousse d’ail frais. Saler, poivrer et assaisonner de marjolaine en poudre l’intérieur. Couvrir au contact et réserver au frais.

2. Préparation de la farce « pasqualine »

Écosser les petits pois et les fèves et les faire cuire séparément une minute dans une casserole d’eau bouillante très fortement salée. Rafraîchir immédiatement dans une glaçante. Peler les fèves et les petits pois, ne conserver que les févettes (c’est-à-dire les plus petites) et disposer dans un saladier.

Couper la pancetta en fine brunoise et la faire revenir dans un sautoir avec un filet d’huile d’olive. Ajouter la cébette finement ciselée, laisser suer puis ajouter la courgette finement taillée en brunoise. Saler et laisser cuire quelques minutes. Ajouter la gousse d’ail frais réduite en purée, mélanger puis mouiller avec le vinaigre. Laisser réduire à glace et débarrasser dans le saladier avec les fèves et les pois.

Laver soigneusement le vert de blettes et les épinards équeutés, les couper en lanières et les faire tomber dans le même sautoir huilé. Saler et laisser cuire jusqu’à ce que les herbes soient bien fondantes. Faire égoutter parfaitement puis hacher. Incorporer ce hachis au reste de la préparation.

Ciseler le plus finement possible les feuilles de persil, la marjolaine, la sauge et le basilic. Incorporer à la farce.

Ajouter les olives niçoises grossièrement hachées ainsi que le parmesan râpé.

Peler les rognons, les couper en deux, retirer le nerf, nettoyer le foie, le couper en morceaux réguliers puis faire cuire dans l’huile chaude. Ajouter une noix de beurre, saler, poivrer et ajouter un trait de vinaigre. Faire réduire et débarrasser immédiatement. Couper en brunoise et ajouter à la farce pasqualine.

Poivrer généreusement l’ensemble, ajouter un peu de noix de muscade râpée, bien mélanger, couvrir au contact et réserver vingt minutes.

3. Montage de la porchetta

Disposer une couche de film alimentaire supportant la cuisson sur le plan de travail. Couvrir avec les tranches de porchetta de cochon puis avec le râble de lapin. Ajouter la farce au centre entre les deux filets en tassant bien puis rouler l’ensemble à l’aide du film. Serrer en chassant l’air pour obtenir un boudin bien ferme.

Pour la cuisson au four, emballer dans une feuille de papier aluminium et faire cuire dans un four préchauffé à 90° jusqu’à ce que la température interne atteigne les 65°C puis laisser dans son film jusqu’à ce que la température monte à 68°. Éliminer le papier aluminium et laisser refroidir.

Pour la cuisson sous-vide, disposer dans un sac de cuisson et faire cuire pendant deux heures au bain-marie à 58°. Refroidir immédiatement dans une glaçante.

Dans les deux cas, réserver la porchetta au frais sous une petite presse toute une nuit avant de la découper en tranches épaisses.

Porchetta de lapereau © Renards Gourmets
Porchetta de lapereau © Renards Gourmets
Porchetta de lapereau © Renards Gourmets
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Lapereau aux salades sauvages

Lapereau du Col de Tende aux salades sauvages, foie confit au vinaigre de Barolo

Lapereau à la niçoise © Renards Gourmets
2 personnes
difficulté : difficile
coût : moyen
+/- 4 heures
 
Ingrédients :
 
Pour le lapereau
 
1 lapereau avec ses abats
1 pied de blettes de Nice
1 petit bouquet de sauge
4 brins de marjolaine
1 tête d’ail confite
fleur de sel
huile d’olive
beurre
poivre noir
herbes séchées
(romarin, thym, hysope, serpolet, pimprenelle, fleurs de thym)
 
Pour le jus de lapereau
 
2 échalotes
1 cuillère à soupe de vinaigre de Xérès
25 cl de vin rouge Barbera
25 cl de jus de lapin
10 g de pulpe d’olives niçoises
1 cuillère à soupe de Branda
4 brins de marjolaine
vinaigre de Barolo

poivre noir
huile d’olive
beurre
herbes séchées
(romarin, thym, hysope, serpolet, pimprenelle, fleurs de thym)
1 cuillère à café de concentré de tomates
 
Pour la garniture
 
200 g de févettes écossées
25 g d’olives de Nice
6 pétales de tomates confites
1 pied de barbe de capucin
100 g de roquette sauvage

Couniéù signifie lapin en niçois et de l’Arrière-Pays au Col de Tende, son élevage simple et peu coûteux forgea le goût de nombreuses générations. A l’état sauvage, ils étaient autrefois nombreux dans les collines et se cuisinaient en civet Lou civié dé couniéù. Ceux des clapiers des paysans se préparaient au four à pain dans une sauce à la tomate.

Un proverbe paysan dit que celui qui à des lapins ne meurt pas de faim. Entre mer et montage, les niçois se sont adaptés et ont su développer une cuisine certes proche de leurs voisins Ligures, Piémontais et Provençaux mais avec une véritable personnalité où les légumes tiennent une place prépondérante.

Le lapin est un rongeur, il n’en est pas moins classé comme une volaille et se trouve sur les étals entre poulets et canards. Les élevages sont nombreux en France et nous continuons de les apprécier assez simplement, cuits entiers ou en morceaux dans une sauce à base de moutarde, de bière ou de tomate. Pourtant le lapin à la niçoise à ceci de particulier que tomate, marjolaine et branda (une liqueur locale) s’accordent merveilleusement avec sa chair délicate.

A l’heure des scandales alimentaires, notre position en matière de viande est claire, nous ne faisons aucun gaspillage et sélectionnons nos fournisseurs. Le lapin, contrairement aux idées reçues est une viande pleine de ressources. Les cuisses peuvent être grillées, les râbles désossés et farcis, les épaules confites mais on y trouve aussi de petites côtelettes à nettoyer et griller, un foie, des rognons, des ris, des joues, des poumons ou encore de la cervelle à cuisiner. La carcasse donne de merveilleux jus très délicats qui relèvent les plats régionaux tels que gnocchis et risotti. Dans cette recette nous nous sommes employés à réserver les cuisses pour une autre préparation et à utiliser tout le reste en apportant de justes cuissons. Les marqueurs du lapin à la niçoise que l’on retrouve ici sont la liaison du jus à la tomate, la présence d’olives de l’arrière pays, la marjolaine et la garniture élaborée à partir de blettes et de févettes, des légumes chers aux cœurs des gourmands de cette belle région. Nous y avons ajouté des salades sauvages qui font le régal des couniéù qui restent encore dans les collines.

Cette recette est inspirée de la cuisine méditerranéenne d’Alain Ducasse.

1. Préparation du lapereau

Retirer les cuisses et les conserver pour une autre préparation.

Découper le lapin en morceaux, le râble, les épaules, le coffre, le cou et la tête. Conserver tous les abats, éliminer les poumons et réserver au frais.

Désosser le râble, lever les filets séparément et les deux morceaux de panoufles.

Couper le coffre en deux, prélever les côtelettes, les habiller « à la française » en nettoyant les os.

Retirer les pattes des épaules pour ne conserver que le gras d’épaule.

Retirer les joues et réserver avec les abats.

Concasser les os du râble et du coffre et des pâtes avant. Couper les panoufles en lanières. Retirer les yeux du lapin et les débarrasser.

Retirer les côtes de blettes, disposer les feuilles à plat sur une couche de film alimentaire supportant la cuisson. Réduire l’ail confit en purée, le tamiser et tartiner délicatement les feuilles de blettes avec cette pommade d’ail. Ajouter une ligne de feuilles de sauge entières, saler et poivrer généreusement et disposer les filets de lapereau dessus. Rouler les feuilles de blettes en s’aidant du film pour obtenir un boudin vert emprisonnant les filets. Serrer fermement et disposer dans un sac de cuisson sous-vide avec une noix de beurre et un filet d’huile d’olive.

Faire mariner les côtelettes dans un bac avec une cuillère à soupe de mélange d’herbes et un trait d’huile d’olive.

Disposer les épaules dans un sac de cuisson sous-vide avec une noix de beurre, un trait d’huile d’olive, du sel, du poivre et la marjolaine.

Faire cuire les filets au bain-marie pendant deux heures à 58°.

Faire cuire les épaules pendant une heure à 66°.

2. Préparation du jus de lapereau

Faire chauffer un trait d’huile dans une cocotte. Ajouter les os et parures dans l’huile fumante et laisser vivement colorer. Baisser le feu, ajouter une noix de beurre pour aider à la caramélisation puis incorporer une échalote émincée et laisser suer. Dégraisser le sautoir et déglacer avec la Branda, flamber et laisser réduire. Déglacer de nouveau avec le vinaigre de Xérès. Faire réduire entièrement puis mouiller en trois fois avec le vin rouge jusqu’à glace. Mouiller enfin avec le concentré de tomate dilué dans le jus de lapin. Porter à frémissement puis laisser mijoter pendant deux heures à couvert.

Hacher le plus finement possible l’autre échalote et le cœur du lapereau, disposer dans un saladier avec la marjolaine, les herbes séchées et les olives noires réduites en purée.

Chinoiser le jus de lapereau et verser une louche sur le mélange à base de cœur et d’échalote. Fouette vivement et remettre dans la cocotte avec le reste de la sauce. Bien mélanger et laisser cuire vingt minutes. Chinoiser de nouveau et faire réduire à belle consistance. Ajouter un trait de vinaigre de Barolo, vérifier l’assaisonnement et tenir chaud.

3. Préparation de la garniture

Laver soigneusement le salades, dénoyauter les olives et rincer les pétales de tomates.

Faire cuire les févettes 30 secondes dans l’eau bouillante salée, rafraîchir immédiatement dans une glaçante.

4. Finitions et dressage

Faire chauffer un sautoir avec un trait d’huile d’olive. Faire griller les côtelettes, les ris et les joues sur toutes les faces. Ajouter les févettes et les olives pour les réchauffer. Beurrer et arroser l’ensemble. Ajouter le foie puis les rognons. Réserver les côtelettes, les joues, les ris, les févettes et les olives hors du sautoir. Ajouter les épaules et une louche de sauce montée au beurre pour bien enrober tous les morceaux et les lustrer.

Faire réchauffer les filets quelques minutes.

Assaisonner les salades de sel, poivre, huile d’olive et vinaigre de Barolo. Disposer au fond d’une assiette avec les févettes et les olives. Couper les filets en bouchées, ajouter des morceaux dans les assiettes ainsi qu’une épaule, un morceau de foie, de ris, une joue. Couper les rognons en deux. Ajouter les côtelettes et terminer par la sauce bien chaude. Poivrer généreusement et déguster immédiatement.

Lapereau à la niçoise © Renards Gourmets
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Carré d’agneau aux herbes potagères

Carré d'agneau gourmandé d'herbes potagères, purée de haricots verts au cresson et panisse

Agneau en croûte d'herbes © Renards Gourmets
2 personnes
difficulté : moyen
coût : moyen
+/- 3 heures
 
Ingrédients :
 
Pour le carré d’agneau

1 carré d’agneau de 4 côtelettes
huile d’olive
fleur de sel
poivre Voatsiperifery
deux brins de marjolaine
quatre brins de sarriette
1 tête d’ail frais
beurre
1/2 botte de persil plat
chapelure
1 cuillère à soupe de moutarde
 
Pour la sauce

400 g de parures d’agneau
2,5 cl de vinaigre de vin rouge
35 cl de jus d’agneau
poivre Voatsiperifery
une échalote
2 brins de marjolaine
beurre

Pour la panisse

125 g de farine de pois chiche
50 cl d’eau
1 cuillère à soupe d’huile d’olive
1 pincée de gros sel
huile de friture
fleur de sel


Pour la purée

une poignée de haricots verts frais
1 botte de cresson
1 pomme de terre farineuse
gros sel
lait entier

beurre

L’agneau est élevé et apprécié en Provence depuis l’Antiquité, au printemps tous s’en régalent en l’associant volontiers aux herbes de saison et à l’ail frais. On l’accompagne souvent de panisse ou de polenta et de légumes verts, voici notre version simple et richement parfumée.

Le carré d’agneau peut aussi être cuit simplement au four ou dans une cocotte.

Avec cette recette nous participons au défi 100% de recettes.de : https://recettes.de/defi-100-pour-cent ! Car c’est une recette 100 % Provence…

1. Préparation de la panisse

Faire chauffer l’eau, l’huile et le gros sel dans une casserole, dès ébullition, ajouter la farine en pluie hors du feu en fouettant continuellement pour éviter la formation de grumeaux. Remettre sur feu doux et prolonger la cuisson de dix minutes en continuant de mélanger. Disposer dans un moule et laisser figer pendant une heure. Démouler puis détailler à la forme de pommes Pont Neuf. Disposer sur une grille et réserver au réfrigérateur jusqu’au dernier moment pour parfaitement les sécher.

2. Préparation du carré d’agneau et de la sauce

Manchonner le carré d’agneau en éliminant les travers qui seront employés pour la réalisation de la sauce. Gratter soigneusement les os pour une présentation impeccable. Saler et poivrer. Faire chauffer un filet d’huile d’olive dans une cocotte en fonte et faire saisir le carré dans l’huile fumante. Colorer de tous côtés et ajouter les parures et du beurre pour aider à la caramélisation des sucs. Ajouter la sarriette et la tête d’ail coupée en deux, laisser cuire une minute puis réserver le carré d’agneau sur une grille. Ajouter l’échalote émincée dans la cocotte et laisser suer puis dégraisser parfaitement. Ajouter le vinaigre et faire réduire à glace puis mouiller en trois fois avec le jus. Porter à frémissement puis laisser mijoter une heure à feu doux.

Placer le carré d’agneau avec la marjolaine fraîche dans un sac de cuisson sous-vide et faire cuire pendant deux heures à 57°.

Mixer les feuilles de persil et la chapelure ensemble jusqu’à l’obtention d’une chapelure bien verte, réserver sur une plaque.

Chinoiser la sauce, la réduire à belle consistance et réserver au chaud.

3. Préparation de la purée

Blanchir les feuilles de cresson dans une casserole d’eau bouillante salée pendant une minute. Rafraîchir dans une glaçante. Ajouter les haricots verts et laisser cuire jusqu’à ce qu’ils soient fondants puis ajouter la pomme de terre avec sa peau. Mixer ensembles le cresson égoutté et les haricots verts. Faire chauffer un peu de lait et l’incorporer progressivement pour obtenir une pâte souple. Tamiser finement et réserver cette purée verte. Saler et poivrer. Éliminer la peau de la pomme de terre une fois très cuite, l’écraser puis la faire dessécher sur le feu quelques minutes. Tamiser et l’incorporer progressivement à la purée verte jusqu’à l’obtention d’une mousseline souple et lisse. Réserver au chaud.

4. Finitions et dressage

Faire chauffer l’huile de friture et faire cuire les frites de panisse jusqu’à ce qu’elles soient bien dorées, saler après les avoir fait égoutter. Sécher le carré d’agneau, le badigeonner de moutarde et le rouler dans la chapelure. Le faire frire quelques secondes et faire égoutter. Monter la purée et la sauce avec des morceaux de beurre froid. Ajouter la marjolaine fraîche finement hachée à la sauce.

Couper le carré en côtelettes et disposer dans une assiette avec la purée, les frites de panisse et la sauce aux herbes.

Agneau en croûte d'herbes © Renards Gourmets
Agneau en croûte d'herbes © Renards Gourmets
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Andrajos aux asperges vertes et au caillé

Andrajos aux asperges sauvages, caillé de brebis au verjus et au cerfeuil

Andrajos aux asperges vertes © Renards Gourmets
2 personnes
difficulté : moyen
coût : bon marché
+/- 1 heure
 
Ingrédients :
 
Pour la pâte fraîche

100 g de farine type 00
100 g de semoule fine
2 œufs entiers
sel
pluches de cerfeuil
sarriette fraîche
1 blanc d’œuf
gros sel
 
Pour le condiment au caillé

150 g de caillé de brebis
1 cuillère à soupe d’huile d’olive
1 cuillère à soupe de verjus du Périgord
poivre mignonnette
fleur de sel
 
Pour les asperges
 
1 botte d’asperges sauvages
1 bouquet de cerfeuil
2 brins de sarriette
huile d’olive
beurre
poivre mignonnette
parmesan
fleur de sel

Les andrajos sont une spécialité populaire d’Andalousie orientale (Albacete, Granada, Jaén, Alméria et Murcia). D’origine romaine, les plus authentiques sont préparés avec de la viande de lièvre ou de la morue dans une sauce tomate aux oignons, à l’ail et aux piments rouges. Traditionnellement la pâte est étalée en larges disques et déchirée à la main au moment du pochage dans la sauce. Ici nous avons préféré réaliser de petits disques individuels et remplacer le ragoût un peu riche par de simples asperges sauvages relevées de verjus, de cerfeuil, de mignonnette et de caillé de brebis. Une recette très légère et printanière.

Le verjus est un produit difficile à trouver et à défaut de pouvoir s’en procurer on pourrait le remplacer par un vinaigre doux en réduisant considérablement la quantité mais ce serait dommage car son acidité subtile s’associe particulièrement bien au goût des asperges sauvages. Nous utilisons celui du Domaine de Siorac, celui-ci est un produit naturel et sans conservateur, récolté et réalisé manuellement à partir d’un cépage local nommé « Périgord », filtré sur céramique et conservé à basse température.

1. Préparation de la pâte fraîche

Combiner la farine et la semoule, ajouter une pincée de sel fin puis former un puits. Disposer les œufs au centre et mélanger progressivement les ingrédients à l’aide d’une fourchette. Continuer de travailler la pâte à la main en l’étirant sur une planche en bois jusqu’à ce qu’elle soit lisse et homogène. Filmer au contact et réserver 40 minutes au réfrigérateur. Diviser la pâte en deux, fariner le plan de travail et passer un morceau de pâte au laminoir. Donner du corps à la pâte en la repliant sur elle même une ou deux fois puis la passer au laminoir jusqu’au niveau 6. Diviser la pâte en deux. Badigeonner l’une des deux feuilles de blanc d’œuf à l’aide d’un pinceau. Effeuiller la sarriette et le cerfeuil et disposer quelques feuilles sur la pâte de façon harmonieuse. Couvrir avec la seconde abaisse en chassant l’air et repasser une dernière fois au laminoir pour emprisonner les feuilles entre les deux feuilles de pâte. Détailler des disques à l’aide d’un emporte pièce. Fariner très légèrement et réserver.

2. Préparation du condiment au caillé

Mélanger tous les ingrédients, fouetter vivement pour obtenir un ensemble homogène, filmer au contact et réserver au frais.

3. Finitions et dressage

Porter un grand volume d’eau salée à ébullition.

Écussonner les asperges, éliminer les tiges trop fermes. Détailler une partie des tiges en mirepoix, conserver les pointes et les tailler en trois dans la hauteur.

Faire chauffer un filet d’huile d’olive et une noix de beurre dans un sautoir, ajouter les asperges en mirepoix et faire sauter quelques minutes avec un peu de sarriette. Saler et poivrer.

Faire cuire les andrajos dans l’eau bouillante pendant deux minutes environ.

Ajouter les pointes d’asperges au sautoir et une cuillère de caillé. Mélanger soigneusement. Ajouter les andrajos à peine égouttés et un peu d’eau de cuisson. Faire sauter l’ensemble puis ajouter le parmesan râpé. Provoquer une émulsion, ajouter le cerfeuil très finement haché, le poivre mignonnette et un trait d’huile d’olive. Terminer par un peu de fleur de sel, déguster chaud ou tiède.

Andrajos aux asperges vertes © Renards Gourmets
Andrajos aux asperges vertes © Renards Gourmets
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Pigeonneau aux petits pois à la française

Pigeonneau aux petits pois cuisinés à la française, basilic et oignons verts

Pigeonneau aux petits pois © Renards Gourmets
2 personnes
difficulté : moyen
coût : moyen
+/- 3 heures
 
Ingrédients :
 
Pour la sauce
 
un pigeonneau avec ses abats
graisse de canard
2,5 cl de vinaigre de vin
12 cl de vin rouge corsé
12 cl de jus de pigeon
2 échalotes
1 gousse d’ail
2 brins de sarriette
3 baies de myrte
poivre Voatsiperifery
1 cuillère à soupe de sucre
1 cuillère à soupe de vin rouge
4 feuilles de basilic
beurre
 
Pour les petits pois

300 g de petits pois écossés
2 cébettes
2 sucrines
100 g de jambon de bœuf
2 brins de sarriette
4 feuilles de basilic
beurre
fleur de sel
poivre noir
gros sel
sucre

En 1828, le gastronome et auteur Grimod de La Reynière écrivit dans « Le Gastronome français, ou l’art de bien vivre » ; « Les petits pois sont sans contredit le meilleur de tous les légumes qui se mangent à Paris« . A table, ils sont les vedettes du règne de Louis XIV à celui de Louis XVI on les appellent simplement ; pois verts. Les ouvrages de l’époque mentionnent de nombreuses façons de les accommoder, à la Clamart, d’après une variété de pois ronds cultivés dans les Hauts-de-Seine ou encore à la Saint-Germain. Aujourd’hui on distingue deux façons de les cuisiner, « à l’anglaise » ou « à la française ». La version anglaise consiste à faire cuire les pois dans de l’eau salée portée à ébullition. Ils sont généralement parfumés de menthe. En France on les fait étuver au beurre avec de petits oignons nouveaux et de la laitue. Nous adorons nous en régaler crus ou cuits tout au long de la saison et quoi de plus classique et délicieux que de les servir en accompagnement d’un délicieux pigeonneau. L’ouvrage « Le nouveau cuisinier royal et bourgeois » de François Massialot (1660-1733), officier de bouche de diverses cours mentionne une recette de pigeonneau au basilic, nous avons réalisé cette recette.

1. Préparation de la sauce

Habiller le pigeonneau et réserver les abats. Faire chauffer une noix de graisse de canard dans un sautoir, saler légèrement le pigeonneau et le faire colorer sur toutes les faces rapidement. Réserver sur une grille pendant cinq minutes. Lever les filets, retirer les cuisses. Retirer l’os du gras de cuisse et tous les nerfs. Concasser toute la carcasse très finement. Remettre les os dans la graisse chaude et faire rôtir jusqu’à belle coloration. Ajouter du beurre si nécessaire. Dégraisser puis ajouter et faire suer une échalote émincée. Mouiller avec le vinaigre et faire réduire parfaitement. Mouiller de nouveau avec un tiers du vin et faire réduire à glace. Renouveler cette opération deux fois jusqu’à épuisement du vin. Ajouter le jus, la gousse d’ail écrasée, la sarriette, les baies de myrte et le poivre. Porter à frémissement puis laisser mijoter deux heures. Filtrer en foulant pour extraire un maximum de saveurs.

Hacher finement le foie nettoyé du pigeon et une échalote. Verser une louche de sauce chaude sur ce hachis et fouetter vivement pour l’incorporer. Ajouter le reste de la sauce, fouetter et remettre sur le feu. Faire cuire à feu très doux pendant vingt minutes. Ajouter le basilic déchiré et laisser infuser vingt minutes hors du feu.

Mélanger le sucre et le vin et porter à frémissement. Faire réduire à glace et verser la sauce filtrée dessus. Fouetter pour bien homogénéiser l’ensemble et chinoiser une dernière fois pour obtenir une sauce bien lisse.

2. Préparation du pigeonneau

Disposer les cuisses de pigeonneau dans un sac de cuisson sous-vide avec une noix de graisse de canard, du sel, du poivre et quelques feuilles déchirées de basilic. Faire cuire au bain-marie pendant cinq heures à 75°.

Faire cuire les filets avec du sel, du poivre et quelques feuilles de basilic pendant 50 minutes à 55°.

3. Préparation des petits pois

Écosser les petits pois, les faire cuire trente seconde dans une casserole d’eau bouillante fortement salée et les rafraîchir immédiatement dans une glaçante. Beurrer généreusement le fond et les parois d’une cocotte. Peler tous les petits pois et les disposer au fond de la cocotte. Ajouter quelques feuilles fraîches de sarriette. Couper les cébettes en trois, ajouter les sucrines coupées dans la longueur puis en gros morceaux et le jambon en julienne. Saler, poivrer, ajouter une pincée de sucre si les petits pois ne sont pas assez doux. Terminer par une belle noix de beurre, couvrir la cocotte et faire cuire trois minutes à feu très vif. Réserver les morceaux de sucrine et prolonger la cuisson à découvert pour lustrer parfaitement les légumes. Ajouter le basilic finement ciselé.

4. Finitions et dressage

Monter la sauce au beurre, disposer les petits pois d’un côté de l’assiette, les morceaux de pigeon de l’autre et terminer par la sauce bien chaude.

Pigeonneau aux petits pois © Renards Gourmets
Pigeonneau aux petits pois © Renards Gourmets
Pigeonneau aux petits pois © Renards Gourmets
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Viennoise de sole au vin jaune

Viennoise de sole de petit bateau au vin jaune d'Arlay, asperges bourgeoises et morilles

Viennoise de sole © Renards Gourmets
2 personnes
difficulté : moyen
coût : cher
+/- 2 heures
 
Ingrédients :
 
Pour la sole
 
une sole de petit bateau
sel et sucre
poivre blanc du Penja
transglutaminase EB
 
Pour la sauce au vin jaune

1 échalote
1 blanc de poireau
1 branche de céleri
2 champignons de Paris
1 gousse d’ail
5 grains de poivre blanc
1 brindille de thym
1 feuille de laurier
5 cl de vin jaune
35 cl de fumet de poisson
1 cuillère à soupe de vin jaune
2 cuillères à soupe de crème fraîche
1 jaune d’œuf
25 g de beurre
25 g de farine
 
Pour la garniture
 
4 asperges bourgeoises
6 morilles blondes
beurre salé
poivre blanc du Penja
gros sel
 
Pour la viennoise
 
35 g de beurre mou
25 g de chapelure
5 g de comté
4 grains de poivre blanc du Penja

La viennoise est une croûte que l’on ajoute parfois à des préparations de poissons pour les rendre croustillantes, la goût du comté se marie très bien avec celui du vin jaune d’Arlay et de la sole, ce plat est délicieux accompagné d’asperges vertes ou blanches et de morilles mais il peut également être préparé en hiver avec des salsifis, des choux de Bruxelles et de la truffe noire ou blanche.

Le vin jaune est un produit typique du Jura qui permet de réaliser d’admirables sauces pour du poisson blanc ou de la volaille. Son goût de noix est excellent avec les morilles et les sauces à la crème.

1. Préparation de la sole

Vider la sole, éliminer la peau, lever les filets, conserver la tête et les arrêtes pour la sauce. Mettre les filets au sel, soit 10% de leur masse en mélangeant 80% de sel et 20% de sucre. Disposer sur les filets et réserver pendant 10 minutes à température ambiante. Rincer abondement puis sécher parfaitement. Disposer les filets sur du film alimentaire supportant la cuisson, utiliser les transglutaminase en suivant les indications du paquet pour former un seul morceau bien charnu de sole. Couvrir de film, disposer dans un sac de cuisson sous-vide avec le poivre et faire cuire pendant 25 minutes à 52°. Faire égoutter sur une grille.

2. Préparation  de la sauce

Peler et laver tous les légumes, tailler grossièrement puis faire suer au beurre avec la gousse d’ail claquée en chemise et les herbes. Ajouter les arrêtes concassées et la tête et faire roussir légèrement. Mouiller avec le vin jaune en décollant les sucs de cuisson. Faire réduire parfaitement puis ajouter le fumet. Porter à frémissement puis laisser mijoter vingt minutes.

Réaliser un roux avec la farine et le beurre, dès que le mélange mousse, le débarrasser dans un saladier et verser le fumet chinoisé chaud dessus en fouettant continuellement. Remettre sur le feu en chinoisant de nouveau, porter à ébullition.

Dans un saladier, fouetter ensemble le jaune d’œuf, la crème et la cuillère de vin jusqu’à ce que le mélange soit homogène. Verser la sauce dessus en fouettant puis remettre le tout sur le feu et faire cuire doucement comme une crème anglaise. Débarrasser dans un saladier froid pour stopper la cuisson.

3. Préparation de la viennoise

Fouetter le beurre puis ajouter le fromage râpé, le poivre moulu et la chapelure. Mélanger puis disposer ce mélange sur du papier cuisson, couvrir d’une autre feuille et utiliser un rouleau à pâtisserie pour obtenir une feuille régulière à la dimension du morceau de sole. Disposer à plat au congélateur pendant 15 minutes.

4. Préparation de la garniture

Laver soigneusement les morilles dans un peu d’eau tiède avec un trait de vinaigre. Faire sécher puis faire suer au beurre salé, poivrer légèrement. Ajouter un trait de vin jaune puis laisser étuver à couvert jusqu’à ce que les morilles soient bien cuites.

Écussonner les asperges puis les faire cuire à l’anglaise dans une casserole d’eau bouillante fortement salée. Rafraîchir immédiatement dans une glaçante, faire égoutter, sécher puis lustrer au beurre avec les morilles.

5. Finitions et dressage

Parer et couper en deux la sole. Faire pocher les morceaux dans la sauce froide pour les laquer puis disposer dans un plat à gratin. Ajouter la viennoise dessus et faire chauffer le grill ou la salamandre.

Réchauffer la sauce sans la faire bouillir, tenir asperges et morilles au chaud.

Faire griller la viennoise jusqu’à ce qu’elle prenne une teinte dorée. Ajouter une cuillère de sauce aux asperges et aux morilles, bien enrober et servir immédiatement.

Viennoise de sole © Renards Gourmets
Viennoise de sole © Renards Gourmets
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Risi e bisi del Doge de Venise aux petits pois

Risi e bisi del Doge de Venise aux petits pois

Risi e bisi © Renards Gourmets
3 personnes
difficulté : facile
coût : bon marché
+/- 40 minutes
 
Ingrédients :
 
Pour le bouillon
 
1 oignon
1 carotte
1 branche de céleri
les cosses de petits pois
1 l de bouillon de volaille
 
Pour Risi e bisi

1 kg de petits pois frais
1 cébette
125 g de riz Vialone Nano
1 tranche de pancetta
1/2 bouquet de persil
2 cuillères à soupe de parmesan
beurre
huile d’olive
fleur de sel
poivre noir

Le 25 avril commémore partout en Italie la libération du pays de l’armée Nazie-Fasciste, cependant, à Venise cette date à une importance bien plus ancienne. San Marco Evangelista, saint patron de la Sérénissime mort en martyr est célébré tous les ans devant la basilique qui porte son nom. Basilique dans laquelle se trouve ses restes après qu’ils furent volés (ou récupérés) aux Byzantins en 828. Cette célébration donne lieu à de grandes fêtes devenues aujourd’hui courses sportives. Initialement les paysans lagunaires offraient au Doge moult victuailles dont les délicieux petits pois produits dans la région (Sant’Erasmo, Vignole, Mazzorbo, Torcello). Ces îles sont une source intarissable et incomparable de fruits et légumes savoureux et tendres grâce aux « saumâtres » d’une vie amphibie ou de hautes eaux recouvrent la terre plusieurs fois l’an et libèrent des notes salées difficiles à reproduire ailleurs. Le Doge proposait alors à tous les membres du gouvernement vénitien de déguster ce délicieux plat à l’extérieur du Palazzo Ducale. Les Archives d’État du Frari mentionnent entre 1732 et 1798 les détails des banquets officiels. On mentionne pas moins de 13 plats de riz et autant de plats de petits pois. Ils précisent qu’on comptait en ce temps un petit pois par grain de riz. Au cours de cette célébration huîtres, mollusques et palmipèdes étaient également appréciés.

Ce plat se situe à mi chemin entre une minestrone et un risotto, le riz utilisé doit être du Vialone Nano, une qualité rustique de la région et la cuisson doit être all’onda c’est-à-dire assez liquide comme l’onde d’une vague. Les petits pois doivent êtres frais et bien sucrés, la meilleure période pour les déguster se situe entre mi avril et début mai.

Dans d’anciennes recettes on mentionne également la présence de fraises dans cette soupe et on retrouve ainsi les trois couleurs du drapeau Italien (vert, blanc et rouge) comme dans la célèbre pizza de Naples. Il arrive également qu’on serve les risi e bisi avec un osso bucco comme on le fait à Milan avec le risotto au safran.

C’est aussi durant la Saint-Marc que les jeunes femmes accrochent une rose rouge (bocolo) au col de leurs amants et amis en signe d’amour et d’affection.

A déguster avec un verre de Don Chisciotte de chez Pierluigi Zampaglione.

1. Préparation du bouillon

Laver et peler tous les légumes. Écosser les petits pois, laver soigneusement les cosses. Disposer carotte, céleri, oignon et cosses dans le bouillon de volaille, porter à ébullition puis faire cuire à frémissement pendant vingt minutes. Éliminer la carotte, le céleri et l’oignon, mixer et chinoiser pour obtenir un bouillon vert.

Faire cuire les petits pois pendant 30 secondes dans une casserole d’eau fortement salée. Rafraîchir immédiatement dans une glaçante et éplucher soigneusement.

2. Préparation de Risi e bisi

Ciseler le plus finement possible la cébette et le persil. Couper la pancetta en très fine brunoise. Faire revenir la pancetta dans un trait d’huile d’olive avec une noix de beurre au fond d’un sautoir à fond épais. Ajouter la cébette et le persil et laisser suer l’ensemble tout doucement. Ajouter les petits pois épluchés, bien les enrober puis arroser de deux louches de bouillon bien chaud. Porter à ébullition puis ajouter le riz et faire cuire en remuant délicatement le sautoir de temps en temps et sans utiliser de spatule pour éviter d’écraser les petits pois. Laisser cuire jusqu’à ce que le riz soit al-dente. Ajouter du bouillon chaud progressivement. Le Risi e bisi doit être beaucoup plus souple qu’un risotto, presque comme une soupe. Retirer du feu, ajouter le beurre et le parmesan et couvrir. Laisser reposer pendant cinq minutes.

3. Finitions et dressage

Mélanger pour provoquer une émulsion entre le beurre et l’amidon, ajouter un trait d’huile d’olive, disposer dans des assiettes creuses, poivrer généreusement et déguster chaud.

Risi e bisi © Renards Gourmets
Risi e bisi © Renards Gourmets
Risi e bisi © Renards Gourmets
Risi e bisi © Renards Gourmets
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Risotto aux asperges et aux brocoletti

Risotto aux asperges et aux brocoletti, oseille et pollen de fleurs des champs torréfié

Risotto aux asperges © Renards Gourmets
2 personnes
difficulté : moyen
coût : moyen
+/- 40 minutes
 
Ingrédients :
 
Pour le bouillon

1 carotte
1 oignon
1 branche de céleri
les queues des asperges
les tiges des brocoletti
2 feuilles d’oseille
1 l de bouillon de volaille
 
Pour le risotto

125 g de riz Vialone Nano
1/2 verre de verjus
1 botte d’asperges

2 grosses asperges vertes
1 bouquet de brocoletti en fleur
1 cuillère à soupe de pollen de fleurs
2 cuillères à café de parmesan
1 botte d’oseille
beurre
poivre blanc du Penja
fleur de sel

Quand nous songeons au risotti, nous pensons immédiatement au printemps et à l’infinie variété de légumes que celui-ci nous offre. Morilles, asperges blanches (de Bassano), vertes, sauvages, petits pois (Risi e bisi), Minestra Primavera, brocoletti, fèves et plus tardivement girolles et courgettes. Alors aux prémices du printemps dès l’arrivée des premières asperges nous nous précipitons au marché pour acheter les ingrédients de ce merveilleux risotto. Oseille, asperges et brocoletti s’associent parfaitement. La fin du mois de mars voit apparaître les fleurs de brocoletti, celles-ci sont comestibles et en plus d’apporter un bel éclat à ce risotto, elles sont délicieuses. Nous aimons ajouter un peu de pollen au dernier moment mais celui-ci n’est pas indispensable. Le verjus apporte un léger goût sucré et acidulé mais peut-être remplacé par un peu de cidre ou de vin blanc.

1. Préparation du bouillon de légumes

Peler l’oignon et la carotte, les couper grossièrement avec le céleri et disposer le tout dans une casserole. Casser les asperges pour ne conserver que les plus belles parties, disposer les queues fibreuses avec les autres légumes. Ajouter les tiges trop fermes de brocoletti coupées en morceaux et les feuilles d’oseille. Couvrir de bouillon, porter à ébullition puis baisser le feu et laisser mijoter vingt minutes. Chinoiser et tenir le bouillon chaud.

2. Préparation du risotto

Écussonner les grosses asperges et faire pocher les pointes 3 minutes dans le bouillon chaud. Faire pocher les pointes des autres asperges de moindre calibre pendant 2 minutes. Réserver. Hacher en brunoise toutes les tiges ainsi que les brocoletti et les feuilles en ne conservant que les sommités fleuries entières.

Disposer le riz dans un sautoir à fond épais, le faire torréfier sur feu moyen jusqu’à ce qu’il devienne brûlant au contact de la main. Celui-ci ne doit pas colorer. Mouiller avec le verjus (ou le vin blanc) et mélanger parfaitement. Laisser réduire complètement et commencer à mouiller le riz avec le bouillon chaud. Laisser réduire le bouillon et mouiller de nouveau progressivement jusqu’à ce que le riz soit al-dente. Celui-ci doit rester humide. En fin de cuisson, ajouter les feuilles de brocoletti, la brunoise d’asperges et l’oseille finement ciselée. Bien mélanger, ajouter deux grosses noix de beurre, le parmesan et les pointes d’asperges pour les réchauffer, couvrir et laisser reposer pendant 5 minutes hors du feu.

3. Finitions et dressage

Faire torréfier le pollen quelques minutes dans une petite poêle.

Pratiquer une émulsion entre le beurre et l’amidon du riz en remuant avec une spatule en bois. Disposer dans des assiettes creuses, ajouter les pointes d’asperges sur le dessus, le pollen et les fleurs de brocoletti. Déguster chaud.

Risotto aux asperges © Renards Gourmets
Risotto aux asperges © Renards Gourmets
Risotto aux asperges © Renards Gourmets
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Filet de veau de lait en blanquette

Filet de veau de lait en blanquette, asperges bourgeoises et morilles

Filet de veau en blanquette © Renards Gourmets
2 personnes
difficulté : moyen
coût : cher
+/- 5 heures
+ 3 heures de repos
 
Ingrédients :
 
Pour la sauce blanquette
 
500 g de flanchet de veau
2 carottes
2 oignons
1 blanc de poireau
1 branche de céleri
2 brindilles de thym frais
les queues d’un bouquet de persil
1 petit citron
poivre blanc du Penja
piment d’Espelette
bouillon de volaille
beurre clarifié

1 jaune d’œuf
1 cuillère à soupe de verjus
3 cuillères à soupe de crème épaisse

beurre
farine
 
Pour le filet de veau

300 g de filet de veau
fleur de sel
poivre blanc du Penja

Pour la garniture

6 morilles
1 petite botte de navets fanes
1 petite botte de carottes fanes
4 asperges bourgeoises
2 cébettes
1 poignée de fèves
beurre
sucre vanillé

La blanquette est un mets incontournable de la gastronomie française dont l’origine est incertaine. On prête parfois à ce plat une paternité Normande liée à l’usage parfois excessif de la crème. D’autres situent l’origine de la blanquette en Bourgogne ou dans la région lyonnaise où le veau est fort apprécié. Pourtant les traces historiques les plus sérieuses situent son origine à Paris. Les noms de deux maîtres d’hôtel reviennent systématiquement lorsqu’il est question de blanquette. Le premier est François Marin, officiant chez le Maréchal de Soubise et auteur de « Les Dons de Comus ou les Délices de la table » (1739). L’autre serait un certain Vincent de La Chapelle, celui-ci aurait rédigé une recette de blanquette quelques années auparavant en 1735. Cette recette composée de restes de rôts de veau réchauffés dans une sauce à la crème sera affublée de divers sobriquets plus ou moins glorieux jusqu’à sombrer dans l’oubli au XIXe siècle avant de renaître de ses cendres grâce à Jules Gouffé. Celui-ci proposera dès lors une recette de blanquette à base de veau cru et non plus de restes de viande.

La blanquette évoluera ainsi jusqu’à devenir un incontournable de la cuisine familiale au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale. Accompagnée de riz elle forgera le goût de toute une génération de Français qui aujourd’hui encore regrettent avec amertume la blanquette de leurs grands mères.

Certains historiens avancent que ni de la Chapelle, ni Marin ne seraient à l’origine de la blanquette. En effet tous deux n’auraient qu’adapté au goût du XVIIIe siècle la recette du brouet du Moyen-Âge. Celle-ci consistait en un poulet poché dans un bouillon de légumes relevé de vin blanc et de verjus. La viande était alors retirée du bouillon puis frite dans du saindoux. Le bouillon lui devait être lié d’amandes, de jaunes d’œufs et de mie de pain. Cette liaison était très probablement relevée d’épices comme il était d’usage de le faire en ce temps.

Alors si aujourd’hui pour beaucoup la blanquette est une composition de morceaux de veau (jarret, paleron, flanchet, jumeau) mijotée dans un bouillon qui deviendra plus tard une sauce et accompagné de champignons, de carottes et de riz, nous voulions nous approprier ce grand classique de notre cuisine nationale en essayant de conserver ce que nous aimions et en écartant ce qui ne nous réjouissait guère.

Le filet de veau de lait serait employé et sa cuisson serait courte. La sauce serait élaborée comme un bouillon de veau lié de crème et la garniture se ferait d’asperges bourgeoises, de morilles et de quelques légumes de printemps.

Nous avons dégusté ce plat avec une bouteille de vin orange, La Stoppa d’Ageno.

NOTE : Les restes de flanchet peuvent être effilochés et utilisés pour des tagliatelles avec un reste de sauce blanquette par exemple.

1. Préparation de la sauce blanquette

Parer et assaisonner le flanchet, faire chauffer une belle noix de beurre clarifié dans une cocotte et faire colorer le veau sur toutes ses faces. Faire égoutter sur une grille. Couper les carottes, les oignons, le poireau et la branche de céleri en mirepoix et faire suer dans le beurre chaud. Dégraisser la cocotte puis remettre tous les éléments. Ajouter le thym frais, les queues de persil, les zestes de citron frais, poivrer, ajouter une pincée de piment et couvrir à hauteur avec le bouillon chaud. Porter à frémissement puis baisser le feu et laisser cuire 4 heures à tout petit feu. Retirer le flanchet et le conserver pour une autre préparation. Éliminer toute la garniture, chinoiser le bouillon et le réserver 3 heures au frais.

2. Préparation de la garniture

Écussonner les asperges, couper les queues et faire cuire deux minutes dans une casserole d’eau bouillante fortement salée. Rafraîchir immédiatement dans une glaçante.

Couper les cébettes en deux et les faire cuire de la même manière que les asperges, rafraîchir également.

Faire cuire les navets dans la même eau pendant 4 minutes, rafraîchir puis gratter la peau avec un petit couteau d’office.

Écosser les fèves, les faire cuire une minute puis les rafraîchir et les éplucher.

Tailler les carottes.

Nettoyer les morilles dans un petit bol d’eau tiède.

3. Préparation du filet de veau

Parer le filet de veau, le ficeler pour lui donner une forme harmonieuse. Saler et poivrer, disposer dans un sac de cuisson sous-vide et faire cuire au bain-marie pendant 1 heure à 58°. Faire égoutter, sécher parfaitement, diviser en deux et faire colorer sur toutes les faces dans un sautoir huilé bien chaud. Réserver sur une grille.

(NOTE : Le filet de veau peut également être cuit simplement dans un sautoir en l’arrosant de beurre régulièrement et en le laissant reposer quelques minutes après cuisson).

4. Finitions et dressage

Dégraisser parfaitement le bouillon de veau et le porter à frémissement.

Faire chauffer une noix de beurre dans un sautoir, ajouter les morilles et les faire cuire quelques minutes. Ajouter une louche de bouillon chaud et poursuivre la cuisson jusqu’à réduction complète. Réserver les morilles, décoller les sucs de cuisson avec un trait d’eau et ajouter les sucs au bouillon.

Placer les navets et les carottes dans le même sautoir, ajouter du beurre frais, une pincée de sucre vanillé et couvrir à hauteur de bouillon chaud. Porter à ébullition, couvrir avec une feuille de papier sulfurisé percée en son centre et faire cuire à glace. Ajouter les asperges, les cébettes, les morilles et les fèves pour les lustrer. Les enrober parfaitement du fond de glaçage.

Ajouter 20 g de beurre et 20 g de farine dans une petite casserole, faire chauffer en fouettant soigneusement pour réaliser un roux. Réserver dans un cul-de-poule. Verser le bouillon chaud dessus en utilisant une étamine fine. Fouetter continuellement pour éviter la formation de grumeaux. Remettre sur le feu et porter à ébullition pour faire épaissir le mélange.

Dans le cul-de-poule essuyé, disposer le jaune d’œuf, le verjus et la crème. Fouetter l’ensemble pour obtenir une texture lisse et homogène, ajouter au bouillon en fouettant continuellement et faire chauffer sans faire bouillir comme pour une crème anglaise. Dès que le mélange est lié et dense, disposer les morceaux de filets pour les réchauffer et les enrober.

Ajouter une cuillère de sauce blanquette dans le sautoir des légumes pour les lustrer et dresser aussitôt.

Filet de veau en blanquette © Renards Gourmets
Filet de veau en blanquette © Renards Gourmets
Saint Honoré © Renards Gourmets
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