Tortellini in brodo di capone

Tortellini in brodo di capone

Tortellini in brodo © Renards Gourmets
7/8 personnes
difficulté : moyen
coût : cher
+/- 4 heures
+ une nuit de repos
 
Ingrédients :
 
Pour la farce
 
100 g de filet de veau
100 g de filet de porc
1 brin de romarin
1 brin de sauge
beurre
huile d’olive
fleur de sel
100 g de mortadelle de Bologne
100 g de saucisse Luganega
100 g de prosciutto de Modène
100 g de parmesan
1 pincée de poivre de la Jamaïque
1 pincée de muscade
1 œuf entier
 
Pour la pâte fraîche aux œufs

500 g de farine type 00
5 œufs très frais

une pincée de sel

Pour le consommé de chapon
 
1 chapon
2 carottes
2 poireaux
2 côtes de céleri
1 oignon piqué de 3 clous de girofle
30 g de gros sel
10 l d’eau
4 feuilles de laurier
1 brin de sauge
1 pincée de poivre blanc du Penja
1 pincée de poivre de la Jamaïque

4 blancs d’œufs

Prononcez le mot « tortellini » devant un Italien et vous aurez un ami. Ce plat est une véritable opération militaire où chacun joue un rôle déterminent. En général la grand mère supervise pendant que tout le monde s’affaire. La qualité des ingrédients est essentielle c’est pourquoi nous nous procurons toujours notre parmesan et nos charcuteries chez Rap à Paris. En Italie les tortellini sont un incontournable des fêtes de fin d’année.

Ces tortellini au bouillon peuvent être préparés d’avance, pour se faire il faut les congeler sur une plaque immédiatement après les avoir formés. Après vingt minutes on peut alors les disposer dans un sac et les garder au congélateur. Il suffira de les faire cuire congelés ou les décongelés deux heures au frigo sur une plaque munie d’une feuille de papier cuisson.

Nous aimons les déguster en entrée pour le réveillon de Noël ou du jour de l’an avant de nous régaler de museto et de lentilles. Les lentilles sont censées apporter de la chance à celui qui en mange au moins deux cuillères à minuit. Le museto est la saucisse de fête vénitienne par excellence, élaborée à partir de tête de cochon et d’épices c’est un véritable délice.

Nous aimons déguster nos tortellini, notre musetto et nos lentilles avec une bouteille de Gewurztraminer, Demoiselle de chez Rietsch (2017).

1. Préparation de la farce

Couper les filets de porc et de veau en cubes de 4 cm de côté. Faire chauffer un trait d’huile d’olive dans une sauteuse et faire colorer les morceaux de viande. Ajouter du beurre puis le romarin, la sauge et le poivre de la Jamaïque finement moulu. Saler, laisser cuire quelques minutes jusqu’à ce que la viande soit à point puis réserver sur glace immédiatement pour figer les graisse. Éliminer les herbes.

Couper la mortadelle et le prosciutto en petits cubes réguliers. Éliminer les pistaches de la mortadelle s’il y en a. Émietter la saucisse et combiner la charcuterie aux morceaux de viande froids. Passer au hachoir grille fine.

Ajouter le parmesan et la muscade fraîchement moulus, l’œuf et mêler intimement. Si la farce est trop humide, ajouter un peu de parmesan. Filmer au contact et réserver toute une nuit.

2. Préparation du consommé de chapon

Couper le chapon en quatre. Former un bouquet avec toute la garniture. Disposer le chapon dans une grande cocotte, ajouter l’eau et porter à frémissement tout doucement. Écumer pendant vingt minutes, ajouter la garniture, le sel et le poivre et faire cuire à petit bouillon pendant 6 heures. Laisser refroidir à couvert à température ambiante puis chinoiser. Réserver au frais toute une nuit puis dégraisser en surface.
Battre les blancs d’œufs, les incorporer au bouillon, faire chauffer à petit feu jusqu’à ce que les impuretés remontent à la surface. Clarifier le bouillon avec une louche et chinoiser à travers une étamine pour obtenir un consommé limpide.

3. Préparation de la pâte fraîche

Disposer la farine sur une planche en bois, saler et former un puits au centre. Battre les œufs et les verser au centre de la farine. Incorporer progressivement à l’aide d’une fourchette jusqu’à ce que les œufs soient très denses. Continuer de mélanger avec les mains et travailler la pâte jusqu’à ce qu’elle soit lisse et homogène. La pâte doit être très élastique. Filmer au contact et réserver une heure au frais.

4. Montage et cuisson des tortellini

Diviser la pâte en cinq portions. Laminer la première partie en réservant le reste au frais. Étaler le plus finement possible puis découper en carrés réguliers de 4 cm de côté. Former de petites boulettes de farce, disposer chaque boulette au centre d’un carré de pâte. Replier la pâte sur elle même en chassant l’air pour obtenir un triangle puis enrouler le tortellini sur lui-même en serrant bien. Disposer sur une grille et continuer ainsi jusqu’à épuisement de la farce et de la pâte.

Faire chauffer le consommé à frémissement et faire pocher les tortellini quelques minutes. Disposer le tout dans une soupière et servir à table avec une louche en argent ou en porcelaine. Se déguster très chaud.

Tortellini in brodo © Renards Gourmets
Tortellini in brodo © Renards Gourmets
Tortellini in brodo © Renards Gourmets
Tortellini in brodo © Renards Gourmets
Tortellini in brodo © Renards Gourmets
Tortellini in brodo © Renards Gourmets
Tortellini in brodo © Renards Gourmets
Tortellini in brodo © Renards Gourmets
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Meurette de noix de saint-jacques

Meurette de saint-jacques aux champignons, brioche de chou fleur gratiné au comté

Meurette de saint-jacques © Renards Gourmets
4 personnes
difficulté : moyen
coût : cher
+/- 5 heures
 
Ingrédients :
 
Pour la brioche
 
1 chou-fleur moyen
100 g de comté
250 g de farine T45
10 g de levure
3 œufs entier + 1 pour la dorure
125 g de beurre mou
25 g de sucre
5 g de sel
1 cuillère à café de pavot bleu
 
Pour la sauce meurette

80 g d’échalotes
150 g de barbes de saint-jacques
200 g de champignons de Paris
30 g de beurre + 20 g
1 gousse d’ail
2 brins de thym
50 cl de vin rouge
10 cl de jus de veau
6 grains de poivre du Sichuan

Pour les saint-jacques
 
12 noix de saint-jacques
beurre clarifié
fleur de sel
 
Pour les finitions
 
2 champignons de Paris
1 petite botte de cerfeuil

Nous aimons profiter des délicieuses noix de saint-jacques tout au long de la saison. Celles-ci sont délicieuses au naturel mais peuvent être préparées de nombreuses manières. Nous aimons l’association de la sauce meurette, une sauce au vin généralement servie avec des œufs. La brioche au chou-fleur est inspirée d’une recette d’Alain Ducasse.

Nous avons dégusté ce plat avec une bouteille d’Okro’s Wines,Rkatsiteli (2015).

1. Préparation de la brioche au comté

Éliminer les feuilles du chou-fleur, le laver soigneusement en le conservant dans son entier. Faire cuire 30 minutes à la vapeur, faire égoutter et laisser parfaitement refroidir. Détailler le comté en lamelles et contiser le chou en les insérant dans les cavités.

Disposer deux tiers de farine dans une jatte, creuser un puits, émietter la levure et verser 3,5 cl d’eau tiède dessus pour la délayer du bout des doigts. Couvrir d’un linge et laisser agir 20 minutes.

Casser les œufs sur la levure, ajouter le sel, le pavot et le sucre. Pétrir en incorporant progressivement toute la farine. Battre énergiquement jusqu’à ce que la pâte se décolle des bords. Former une boule, fariner légèrement, redisposer dans la jatte, couvrir d’un torchon humide et laisser reposer 3 ou 4 heures à température ambiante.

Étaler la pâte au rouleau sur un plan de travail fariné. Disposer le chou-fleur dessus puis l’enfermer. Laisser reposer 30 minutes supplémentaires.

Préchauffer le four à 160°, dorer la pâte au jaune d’œuf et faire cuire pendant 20 minutes.

2. Préparation de la sauce meurette

Ouvrir et nettoyer les saint-jacques en conservant les barbes et le corail. Éliminer les parties noirâtres des barbes, couvrir de gros sel et frotter énergiquement jusqu’à dissolution parfaite de celui-ci. Rincer abondement en immergeant les barbes dans des bols d’eaux successifs jusqu’à ce qu’elles soient bien propres. Presser pour éliminer l’eau entre chaque bain puis faire égoutter sur une grille.

Détailler les barbes en petits morceaux, peler puis émincer l’échalote et laver et équeuter les champignons.

Faire fondre le beurre dans une cocotte. Ajouter les échalotes, les champignons, l’ail claqué en chemise et les brindilles de thym et faire suer une dizaine de minutes puis ajouter le vin et porter à ébullition. Faire flamber, ajouter les barbes et faire réduire d’un tiers. Ajouter le jus de veau et réduire à nouveau d’un tiers. Incorporer le poivre fraîchement moulu, laisser infuser cinq minutes puis chinoiser et verser sur les coraux finement hachés. Faire cuire 5 minutes sur feu doux puis chinoiser de nouveau et réserver.

3. Préparation des noix de saint-jacques

Faire chauffer le beurre clarifié dans un sautoir, ajouter les noix de saint-jacques après les avoir légèrement salées des deux côtés et laisser cuire deux minutes de chaque côté pour les garder rosées.

4. Finitions et dressage

Monter la sauce au beurre. Réaliser des lamelles de champignons avec une mandoline. Disposer la sauce au fond des assiettes chaudes. Ajouter les noix de saint-jacques, les lamelles de champignons et les pousses de cerfeuil.

Couper la brioche chaude devant les convives et servir des tranches.

Déguster bien chaud.

Meurette de saint-jacques © Renards Gourmets
Meurette de saint-jacques © Renards Gourmets
Meurette de saint-jacques © Renards Gourmets
Meurette de saint-jacques © Renards Gourmets
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Cuissot de marcassin aux fruits d’hiver

Cuissot de marcassin aux fruits d'hiver, sauce agrodolce de Toscane

Cuissot de marcassin © Renards Gourmets
6/8 personnes
difficulté : moyen
coût : moyen
+/- 22 heures
 
Ingrédients :
 
Pour le cuissot
 
1 cuissot de 2 kg
80 g de moutarde en poudre
15 g de sel
10 g de poivre
1 tête d’ail coupée en deux
1 bouquet garni
 
huile de friture
 
1 botte de menthe
1 botte de persil
20 g de graines de moutarde
20 g de graines de carvi
20 g de graines de coriandre
baies roses

herbes fraîches pour la présentation
 
Pour la sauce agrodolce

10 cl de jus d’orange
100 g de miel d’arbousier
10 cl de vinaigre de Banyuls
20 cl de Morellino di Scansano
20 cl de Porto rouge
20 cl de jus de marcassin
4 cuillère à café de gelée de coing
 
20 grains de poivre de Sarawak
4 pincée de graines de fenouil
4 pincée de graines de carvi
4 pincée de graines de cumin
12 baies du Sichuan

Le jeune sanglier et le marcassin sont des produits de choix pour les fêtes de fin d’année. A Noël nous avons reçu en cadeau un cuissot de marcassin, cadeau fort opportun puisse que dès le début de l’automne nous avions déjà prévu de nous en procurer un pour le repas du 25 décembre. Nous voulions présenter une pièce entière posée sur un lit de fruits et de légumes aux couleurs de Noël. La sauce agrodolce, typique de la région de la Maremme en Italie relève admirablement le goût de ce gibier prisé.

Nous avons dégusté ce plat avec une bouteille de vin rouge arménien, Armas, Karmrahyut (2013).

NOTE : La garniture est variable en fonction des produits du marché, nous avons réalisé des cuissons préalables pour l’ensemble des fruits et légumes et avons simplement terminé la cuisson sous le cuissot.

1. Préparation du cuissot de marcassin

Inciser la chair au niveau du jarret pour pouvoir manchonner l’os plus tard. Quadriller le cuissot avec un couteau bien aiguisé sans trop enfoncer la lame. Mélanger le sel, le poivre et la moutarde en poudre, masser le cuissot en faisant bien pénétrer les épices dans les fentes réalisées au préalable. Disposer dans un sac de cuisson sous-vide avec le bouquet garni et l’ail. Faire le vide et préchauffer le bain-marie à 60°.

Faire cuire pendant 20 heures.

2. Préparation de la sauce agrodolce

Faire égoutter le cuissot en conservant bien le jus de cuisson et en le filtrant.

Retirer le jarret et conserver ce morceau pour une autre préparation. Gratter soigneusement l’os avec le dos d’un couteau pour obtenir une présentation soignée.

Faire caraméliser le miel, déglacer avec le vinaigre et faire réduire de deux tiers. Ajouter le  jus d’orange et faire réduire de 3/4 en écumant régulièrement. Mouiller avec le vin, le Porto et le jus. Ajouter les épices et le poivre et laisser mijoter jusqu’à ce que la sauce soit sirupeuse. Ajouter le gelée, prolonger la cuisson de 5 minutes, chinoiser et réserver.

3. Finitions et dressage

Laver et sécher parfaitement les herbes, faire chauffer l’huile de friture à 150° et faire frire en remuant constamment. Faire égoutter sur du papier absorbant, saler légèrement.

Augmenter la température à 163° et faire frire les graines en remuant. Faire égoutter et réserver.

Préchauffer le four à 230°.

Disposer le cuissot sur une plaque en surélevant l’os avec un morceau de papier aluminium roulé en boule. Ajouter la garniture de fruits et de légumes et faire cuire 10 à 15 minutes ou jusqu’à ce que la viande soit bien dorée.

Monter la sauce au beurre et badigeonner le cuissot à la sortie du four avec un pinceau. Garnir d’herbes et d’épices frites. Ajouter les baies roses.

Disposer les herbes destinées à la présentation sur un grand plateau. Ajouter les fruits et légumes et coucher le cuissot dessus. Servir la sauce restante dans une saucière. Attacher le manche à gigot sur l’os et trancher à table devant les convives.

Cuissot de marcassin © Renards Gourmets
Cuissot de marcassin © Renards Gourmets
Cuissot de marcassin © Renards Gourmets
Cuissot de marcassin © Renards Gourmets
Cuissot de marcassin © Renards Gourmets
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Pithiviers de perdreau aux truffes

Pithiviers de perdreau gris au foie gras et à la truffe, chou vert, chanterelles jaunes et sauce agrodolce, poire rôtie aux épices, endives

Pithiviers de perdreau © Renards Gourmets
4 personnes
difficulté : difficile
coût : cher
+/- 2 heures
+ une nuit de repos pour la pâte
 
Ingrédients :
 
Pour le pithiviers
 
1 perdreau gris
100 g de foie gras cru de canard
50 g de foie gras pour la farce
1 oignon confit
1 gousse d’ail confite
le foie du perdreau (ou de volaille)
200 g de gorge de porc
2 cuillères à soupe de cognac
2 cuillères à soupe d’eau-de-vie de sorbier des oiseleurs
2 cuillères à soupe de porto
30 g de pistaches mondées
sel
poivre Voatsiperifery
beurre
1 truffe noire de 40 g
200 g de chanterelles jaunes
1 petit chou vert
huile d’olive
gros sel
 
Pour la pâte

266 g de beurre mou
250 g de farine de blé T55
120 g de maïzena
10 g de sel
3 g de sucre
35 g d’œuf
80 ml d’eau
10 ml de vinaigre de vin blanc
jaunes d’œufs pour la dorure

 
Pour la sauce
 
2,5 cl de jus d’orange
25 g de miel d’arbousier
2,5 g de vinaigre de Banyuls
5 cl de vin rouge
5 cl de Porto rouge
5 cl de jus de gibier à plumes
1 cuillère à café de cacao à 70%

8 grains de poivre sauvage

Pour la garniture

1 poire Curée
1 endive
mélange d’épices (clous de girofle, poivre du Sichuan, cannelle, gingembre, badiane, fenouil)
beurre demi-sel

Le pithiviers ou la tourte, sont des plats de grandes occasions. C’est une façon d’anoblir un mets de choix pour célébrer quelque chose. La croûte a beau être succulente, elle fut longtemps prétexte à protéger de la chaleur du four ce qui se trouvait à l’intérieur. Ces fins pithiviers de gibier sont toujours gage de fêtes chez nous et nous adorons les confectionner et les déguster. Ils se déclinent avec toutes les viandes et même avec du homard ou des noix de saint-jacques. La truffe est optionnelle mais contribue grandement à l’aspect festif du repas. On en trouve d’abordables sur les marchés dès le mois de décembre.

Avec cette recette vous réaliserez deux petits pithiviers pour 2 ou 4 personnes.

Se procurer de la viande de gibier :

Nous travaillons avec la société Picardie Venaison implantée à Compiègne dans l’Oise. Une maison réputée pour la fraîcheur de sa viande et la qualité du gibier sélectionné. Leur viande est principalement issue de réseaux de chasse des forêts et plaines de France.

1. Préparation de la pâte

La veille, crémer le beurre avec le sel et le sucre. Ajouter la maïzena et bien mélanger pour l’incorporer. Ajouter progressivement l’œuf, l’eau et le vinaigre. Homogénéiser l’ensemble. Tamiser la farine et l’incorporer par tiers. Rouler en boule et réserver au frais dans du film alimentaire.

2. Préparation de la farce

Brosser les chanterelles pour les nettoyer, les saisir à feu vif dans une sauteuse. Réserver, ajouter une noix de beurre, remettre les champignons pour en terminer la cuisson, saler et poivrer puis réserver.

Blanchir quatre feuilles de chou pendant 2 minutes dans une casserole d’eau bouillante très salée, rafraîchir immédiatement sur glace, égoutter et réserver.

Flamber et dépouiller le perdreau. Prélever les filets, ne pas conserver la peau. Retirer la fine pellicule qui se trouve dessus ainsi que le nerf. Réserver au frais. Désosser les cuisses, retirer la peau et les détailler en gros cubes. Ne pas conserver la peau des cuisses. Éliminer la pointe des filets et couper le reste en trois lanières égales. Ajouter la pointe à la viande des cuisses. Utiliser la carcasse pour réaliser un fond de gibier ou pour une autre préparation.

Couper la gorge de porc et le foie de perdreau en gros cubes. Couper les 100 g de foie gras en 4 lanières de la longueur de celles de perdreau. Placer dix minutes au congélateur sur une plaque pour bien refroidir les viandes avant de les passer au hachoir.

Placer tous les alcools dans une petite casserole, chauffer puis flamber, ajouter le sel et le poivre moulu et laisser refroidir à température ambiante.

Passer les viandes congelées au hachoir manuel. Ajouter le confit d’ail et d’oignons et l’alcool flambé. Bien mélanger et placer deux heures au réfrigérateur. Ajouter les pistaches et mélanger de nouveau.

3. Montage des pithiviers

Assaisonner les lanières de filets et le foie gras des deux côtés. Placer une feuille de papier de cuisson sur le plan de travail. A l’aide d’un emporte-pièce, détailler quatre cercles dans les feuilles de chou. Ces cercles donneront la dimension approximative du pithiviers. Prélever deux fois 40 g de farce puis déposer une première couche  sur le papier de cuisson. Faire de même pour le second pithiviers. Une feuille de chou, les champignons, puis les lanières de filet alternées avec celles de foie gras, puis la truffe brossée, pelée et taillée en fines lamelles sur le dessus. Ajouter l’autre feuille de chou.  Diviser la farce restante en deux, couvrir avec. Bien enfermer dans cette farce. Placer les deux demi sphères pendant 15 minutes au congélateur.

Préchauffer le four à 230°.

Fraiser le plan de travail, diviser la pâte en deux tiers, un tiers puis en deux. Réserver les plus grandes parties au frais. Étaler les plus grandes parties sur 4 mm d’épaisseur.

Récupérer les demi sphères de farce au congélateur, retirer le papier et placer celles-ci au centre des disques de pâte. Dorer les bords au jaune d’œuf et recouvrir des autres abaisses en chassant bien l’air. Fariner légèrement ses mains pour bien écraser et souder les bords. Couper le surplus de pâte à l’aide d’un emporte-pièce. Dorer les pithiviers, les décorer, faire des cheminées et les placer au congélateur 15 minutes de plus.

Enfourner pendant 20 minutes, puis laisser reposer une demi-heure au-dessus du four.

4. Préparation de la sauce et de la garniture

Faire caraméliser le miel, déglacer avec le vinaigre et faire réduire de deux tiers. Ajouter le  jus d’orange et faire réduire de 3/4 en écumant régulièrement. Mouiller avec le vin, le Porto et le jus et laisser mijoter jusqu’à ce que la sauce soit sirupeuse. Ajouter le cacao et le poivre, prolonger la cuisson de 5 minutes, chinoiser et réserver.

Découper la poire en quartiers, la poêler au beurre salé quelques minutes, ajouter le mélange d’épices au goût et laisser cuire quelques minutes. Faire de même avec l’endive coupée en deux. Tenir chaud.

5. Finitions et dressage

Remettre les pithiviers au four pendant 2 ou 3 minutes. Le temps d’attente aura permis à la farce de « tirer », c’est-à-dire de terminer sa cuisson sans agression. Couper en deux à l’aide d’un couteau à pain, ajouter un peu de sauce et les éléments de garniture, déguster bien chaud.

Pithiviers de perdreau © Renards Gourmets
Pithiviers de perdreau © Renards Gourmets
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Salmis de sarcelle aux blettes

Salmis de sarcelle aux blettes et aux anchois, jus aux olives taggiasche, navets noirs de Pardailhan

Salmis de sarcelle © Renards Gourmets
2 personnes
difficulté : moyen
coût : bon marché
+/- 2 heures
 
Ingrédients :
 
Pour la sarcelle
 
1 sarcelle
poivre de Timut
2 filets d’anchois dessalés
1 gousse d’ail
 
Pour la sauce
 
1 échalote
5 olives Taggiasche
1 filet d’anchois
huile d’olive
2,5 cl de vinaigre de Banyuls
10 cl de vin rouge corsé
5 cl de jus de volaille
1 feuille de sauge
2 grains de poivre de Timut

1 brindille de romarin
 
Pour la garniture
 
2 navets de Pardailhan
1 petite botte de blettes
une poignée d’olives
beurre
sucre
bouillon de volaille
poivre noir
1 gousse d’ail
huile d’olive
1 filet d’anchois
fleur de sel

Foulques, sarcelles, râles et colverts s’accommodent aux olives depuis la nuit des temps. Ces oiseaux de marais sont appelés « sauvagine » et leur goût se rapproche de leurs cousins d’élevage mais possèdent néanmoins un parfum rappelant légèrement leur lieu d’origine. Pierre de Lune, cuisinier du Duc de Rohan encourageait ses lecteurs à apprêter le colvert avec des anchois pour en relever la saveur. Le filet d’anchois, héritier vulgaire de la colatura ou du garum s’utilise en condiment depuis fort longtemps. On s’en sert également pour parfumer la viande de taureau en Camargue.

On peut remplacer les navets de Pardailhan une variété rare et ancienne par d’autres navets et la sarcelle par du colvert.

1. Préparation des filets de sarcelle

Lever les filets de la sarcelle, conserver les cuisses pour une autre préparation. Réserver le cœur. Poivrer les filets, disposer un filet d’anchois dessalé sur chacun puis emballer sous-vide avec une gousse d’ail écrasée. Faire cuire au bain-marie pendant 45 minutes à 62°.

2. Préparation de la sauce

Hacher finement l’échalote, les olives dénoyautés, le filet d’anchois dessalé et le cœur, mêler intimement et réserver au frais.

Faire chauffer un trait d’huile d’olive dans une casserole, faire colorer les morceaux de carcasse finement concassés. Mouiller au vinaigre et faire réduire à glace. Mouiller une première fois au vin et faire réduire parfaitement. Renouveler l’opération 5 fois puis ajouter le vin restant. Compléter par le jus de volaille à hauteur. Ajouter la sauge, le poivre et le romarin et laisser mijoter pendant deux heures au coin du feu. Chinoiser puis verser une petite louche de sauce chaude sur le mélange d’échalote et d’olives. Fouetter vivement pour mêler intimement tous les éléments. Ajouter la sauce restante puis laisser mijoter pendant 5 minutes. Passer au travers d’un tamis fin et réserver.

3. Préparation de la garniture

Peler les navets, détailler des palets dans un emporte-pièce. Faire cuire sous-vide pendant une heure à 90° avec un peu de sel.

Séparer le vert du blanc des blettes, détailler les côtes en morceaux réguliers et faire cuire sous-vide pendant 15 minutes à 85°.

Glacer les navets et les côtes de blettes dans un sautoir avec un peu de beurre, de sucre et de bouillon de volaille. Poivrer et réserver.

Faire tomber le vert de blette dans un sautoir avec une gousse d’ail écrasée, un trait d’huile d’olive et un filet d’anchois réduit en purée. Rouler les feuilles sur elles-mêmes avec une fourchette. Poivrer et réserver.

4. Finitions et dressage

Réchauffer les éléments de garniture et monter la sauce au beurre.

Disposer les navets surmontés de hachis d’olives noires et de blettes généreusement poivrées. Ajouter le filet de sarcelle enrobé de sauce.

Salmis de sarcelle © Renards Gourmets
Salmis de sarcelle © Renards Gourmets
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Polenta aux artichauts, sauge et citron

Polenta aux artichauts pointus, sauge croustillante, citron, parmesan et huile de truffe

Polenta aux artichauts © Renards Gourmets
2 personnes
difficulté : facile
coût : moyen
+/- 1 heure
 
Ingrédients :
 
Pour les artichauts

4 artichauts pointus
1 citron
1 gousse d’ail
huile d’olive
beurre
1 brindille de romarin
1 brin de sauge
1 feuille de laurier
poivre de Timut
fleur de sel
vinaigre d’Arneis
sucre
 
Pour la polenta

120 g de polenta
700 g d’eau
l’écorce d’un citron
gros sel
1 brin de sauge
1 feuille de laurier
1 brindille de romarin
huile d’olive

Pour les finitions

huile de friture
feuilles de sauge
citron
huile de truffe
poivre noir

Nous raffolons de polenta, cette farine de maïs importée en Italie depuis le Nouveau-Monde s’accommode d’innombrables façons. Légère, savoureuse elle est le support idéal aux légumes tout au long de l’année. Ainsi nous prenons toujours un grand plaisir à en préparer quand nous manquons de temps. Enrichie de parmesan et d’huile ou de beurre, surmontée comme ici d’artichauts mais aussi d’asperges au printemps, de champignons ou bien de courges à l’automne, c’est toujours un régal.

1. Préparation des artichauts

Nettoyer, tourner et couper en quatre morceaux les artichauts avant de les plonger immédiatement dans de l’eau citronnée. Faire chauffer un mélange d’huile et de beurre dans un sautoir, ajouter la gousse d’ail claquée, la sauge, le laurier et le romarin et laisser infuser quelques minutes sur feu doux. Faire égoutter les artichauts et les faire saisir dans le sautoir. Ajouter le poivre fraîchement moulu et laisser cuire une dizaine de minutes sur feu moyen. Ajouter une rasade de vinaigre et laisser réduire parfaitement. Mouiller avec un fond d’eau, une pincée de sucre, de sel et laisser mijoter jusqu’à ce que la pointe d’un couteau s’enfonce dans la tige. Réduire parfaitement le liquide et enrober les artichauts pour les glacer.

2. Préparation de la polenta

Faire chauffer l’eau dans une casserole avec les herbes aromatiques, l’écorce de citron et le sel. Porter à frémissement et laisser mijoter dix minutes puis débarrasser les herbes et le citron et ajouter la polenta en la versant en pluie. Mélanger continuellement pour éviter la formation de grumeaux. Incorporer un trait d’huile d’olive et prolonger la cuisson en suivant les indications du paquet.

3. Finitions et dressage

Faire frire les feuilles de sauge dans l’huile chaude quelques secondes. Égoutter sur un papier absorbant et réserver. Disposer la polenta dans des assiettes creuses, zester un peu d’écorce de citron, disposer les artichauts, poivrer généreusement, ajouter quelques copeaux de parmesan, les feuilles de sauge frites et une rasade d’huile de truffe. Déguster bien chaud.

Polenta aux artichauts © Renards Gourmets
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Soupe de courge à la sauge

Soupe de courge à la sauge

Soupe de courge © Renards Gourmets
2 personnes
difficulté : facile
coût : moyen
+/- 2 heures
+ une nuit de repos
 
Ingrédients :
 
500 g de courge muscade
1 gousse d’ail
fleur de sel
huile d’olive
50 cl de bouillon de poule
4 feuilles de sauge hachées
3 baies de la Jamaïque
1 clou de girofle
60 g de ricotta
huile de truffe noire de qualité
 

La courge muscade ou courge longue de Nice est très parfumée et douce. Avec la courge de Mantoue ce sont nos cucurbitacées préférés ! Nous aimons notre soupe de courge agrémentée d’huile de truffe et de quelques aromates. Ce type de cuisson concentre le goût du légume.

1. Préparation de la purée de courges

Peler la courge puis éliminer les graines et les parties fibreuses. Détailler en cubes réguliers. Faire chauffer un filet d’huile d’olive dans une cocotte en fonte et ajouter la gousse d’ail écrasée en chemise. Incorporer les morceaux de courge, saler légèrement, couvrir et laisser mijoter le plus doucement possible. Lorsque la courge est fondante, retirer le couvercle et laisser dessécher la courge sur feu moyen en remuant continuellement. La courge ne doit pas colorer. Disposer dans une étamine sur un chinois, placer un poids et laisser égoutter toute une nuit au dessus d’un saladier.

2. Préparation du bouillon

Faire chauffer le bouillon de poule avec la sauge, les baies de la Jamaïque et le clou de girofle. Laisser infuser vingt minutes puis chinoiser. Verser le bouillon chaud progressivement sur la purée de courge en fouettant continuellement.

3. Finitions et dressage

Incorporer la ricotta en mélangeant sans interruptions. Terminer par l’huile de truffe et déguster bien chaud.

Soupe de courge © Renards Gourmets
Soupe de courge © Renards Gourmets
Soupe de courge © Renards Gourmets
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Chevreuil à la royale, sauce grand veneur

Chevreuil à la royale, sauce grand veneur, cerfeuils tubéreux aux noisettes et à la sauge

Chevreuil à la Royale © Renards Gourmets
2 personnes
difficulté : moyen
coût : cher
+/- 3 heures
+ 12 heures de repos
 
Ingrédients :
 
Pour le filet de chevreuil
 
250 g de cimier de chevreuil
50 g de foie gras de canard cru
fleur de sel
poivre de Sarawak
activa EB transglutaminase

Pour la sauce Grand Veneur

25 g de carottes
25 g d’échalotes
12 g de champignons de Paris
5 cl de vinaigre de Banyuls
1 cl de rhum
18 cl de vin rouge Barbera
25 cl de fond de gibier à poils
4 g de beurre
huile d’olive
1 brin de thym
1 feuille de laurier
2 g de poivre de Sarawak
os et parures de chevreuil
1 cuillère à café de gelée de coings
 
Pour la garniture
 
8 cerfeuils tubéreux
+ 2 autres pour les chips
2 morceaux de cannelle de Ceylan
1 petit bouquet de sauge fraîche
fleur de sel
poivre blanc du Penja

une poignée de noisettes du Piémont
huile d’arachides pour friture
beurre

Le Grand Veneur de France était un grand officier de la Maison du roi chargé des chasses royales sous l’Ancien Régime. Le mot veneur provient du latin venator qui signifie chasseur. La sauce grand veneur est l’une des grandes sauces d’accompagnement du gibier. On y ajoute généralement de la gelée de groseille ce qui n’est pourtant pas traditionnel, de plus cet ajout à tendance à masquer les parfums complexes déjà bien présents dans la sauce. Nous préferons la gelée de coings. Nous l’avons servit avec un filet de chevreuil traité comme une version simplifiée du lièvre à la royale, c’est-à-dire avec une farce au foie gras. Une association délicieuse que nous avons dégusté avec une bouteille d’Asti Latipica, Gonella Barbera (2013).

1. Préparation du filet de chevreuil

Prélever 50 g de foie gras cru dans un lobe. Dénerver soigneusement et réserver à température ambiante pour pouvoir le façonner et former un boudin. Réserver.

Lever 250 g de filet de chevreuil. Conserver les os et les parures pour la confection de la sauce. Dénerver parfaitement le morceau de filet, l’inciser en deux dans la longueur. Assaisonner et disposer le boudin au centre, saupoudrer d’activa EB et refermer le filet. Assaisonner à l’extérieur et former une ballotine avec du film alimentaire. Mettre sous-vide et faire cuire pendant 1 h à 55°. Immerger immédiatement dans l’eau glacée et laisser reposer toute la nuit.

2. Préparation des cerfeuils tubéreux

Brosser les cerfeuils tubéreux en conservant la peau, gratter la partie terreuse avec la pointe d’un couteau. Mettre dans un sac sous-vide avec un morceau de cannelle et les feuilles de sauge. Saler et poivrer et faire cuire sous-vide pendant 45 minutes à 85°. Peler délicatement encore chauds et réserver.

3. Préparation de la sauce Grand Veneur

Peler la carotte et l’échalote, brosser les champignons et tailler l’ensemble en brunoise. Concasser le poivre et les os de la selle. Dans une cocotte en fonte, faire chauffer un filet d’huile d’olive et y faire rôtir les os et parures de chevreuil. Laisser prendre couleur, baisser le feu et ajouter le beurre pour bien les caraméliser. Dégraisser et ajouter la brunoise et la moitié du poivre. Laisser suer, flamber au rhum, ajouter le thym et le laurier et faire réduire parfaitement. Mouiller avec le vinaigre et laisser réduire à sec en exprimant parfaitement les sucs. Mouiller au vin et réduire de moitié en écumant régulièrement. Ajouter enfin le fond de gibier et laisser mijoter pendant deux heures. Faire réduire la sauce de deux tiers, ajouter le poivre restant et laisser infuser 5 minutes hors du feu. Chinoiser sans fouler. Ajouter la gelée de coings, mélanger parfaitement et tenir chaud sans faire bouillir.

4. Finitions et dressage

Concasser les noisettes et faire frire les feuilles de sauge quelques secondes dans l’huile chaude. Réaliser des lamelles de cerfeuil tubéreux à la mandoline japonaise, faire frire puis égoutter l’ensemble.

Faire chauffer une belle noix de beurre dans un sautoir, ajouter un morceau de cannelle et laisser infuser quelques minutes puis débarrasser. Faire dorer le filet de chevreuil et les cerfeuils tubéreux dans le beurre chaud, arroser continuellement jusqu’à ce que l’ensemble soit bien lustré. Monter la sauce au beurre.

Couper le filet dans la longueur et disposer d’un côté de l’assiette. Garnir de cerfeuils tubéreux surmontés de noisettes, de chips croustillants et de feuilles de sauge. Servir la sauce en saucière.

Chevreuil à la Royale © Renards Gourmets
Chevreuil à la Royale © Renards Gourmets
Chevreuil à la Royale © Renards Gourmets
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Risotto à la truffe noire d’hiver

Risotto à la truffe noire d'hiver

Risotto à la truffe d'hiver © Renards Gourmets
2 personnes
difficulté : moyen
coût : cher
+/- 20 minutes
 
Ingrédients :

30 g de truffe melanosporum
150 g de riz Carnaroli
2,5 cl de jus de truffe
4 cl d’huile de truffe
8 g de beurre
8 cl de jus de bœuf
1 gousse d’ail
1 échalote
35 g de beurre
50 cl de bouillon de volaille
vinaigre de Barolo
15 g de parmesan
fleur de sel
poivre noir

Quand arrive l’hiver, truffe noire du Périgord et fêtes de fin d’années sont de belles consolations. Ces bijoux  fleurissent dans les tiroirs secrets des épiciers et des maraîchers et il faut parfois demander à voir le diamant noir qui est généralement caché du grand public. Un nez affuté vous permettra cependant de savoir si elle est fraîche et de qualité, vient alors le temps de l’inspection, elle doit toujours être canifée et propre. Dès la mi-décembre elles commencent à être mûres et bien parfumées, signe du coup d’envoi de la saison. La truffe n’aime pas être trop cuite, il est préférable de la râper au dernier moment sur des œufs ou un risotto. Elle se conserve quelques jours au réfrigérateur dans un bocal fermé avec des œufs pour les parfumer.

Amateurs de riz au grain fin Vialone Nano, la variété Carnaroli se prête mieux au goût de la truffe noire. Le parmesan ne doit pas être trop affiné et l’huile de truffe doit être de première qualité sinon il est préférable de l’écarter. La truffe crue à tendance à tourner dans l’huile, elle est généralement cuite pour être stabilisée et perd donc de son arôme, elle n’est présente au fond de la bouteille que pour séduire le client. Les marchands annoncent alors un arôme « naturel », hors l’arôme de la truffe ne peut pas être extrait, c’est bien une combinaison d’arômes naturels mais pas de trace de truffes dedans.

Enfin, la truffe noire du Périgord, comme la truffe blanche d’Alba sont des variétés, elles ne proviennent pas nécessairement de ces régions (comme les escargots de Bourgogne), beaucoup de truffes noires du Périgord proviennent d’Australie ou des États-Unis, vous ne pouvez que faire confiance à votre commerçant pour être certain de leur provenances ou bien vous déplacer jusqu’à Sarlat et son marché aux truffes. Néanmoins on trouve de très bonnes truffes américaines ou australiennes. Même chose pour la truffe blanche qui vient plus souvent des Marches ou de Croatie que du Piémont mais qui reste néanmoins un produit de qualité.

Nous avons dégusté ce plat avec une bouteille de vin géorgien de chez Pheasant’s Tears, Rkatsiteli (2016).

Préparation du risotto

Brosser soigneusement la truffe sous un filet d’eau froide. Peler délicatement en conservant toutes les parures. Faire chauffer le bouillon de volaille dans une casserole et tenir chaud.

Hacher finement l’échalote et laisser macérer avec un trait de vinaigre de Barolo.

Faire chauffer le jus de bœuf puis mélanger au jus de truffe hors du feu. Ajouter les 8 g de beurre, quelques gouttes de vinaigre de Barolo et réserver au chaud dans une pipette.

Frotter un sautoir avec une gousse d’ail dégermée, éliminer l’ail et disposer le riz dans ce sautoir. Faire chauffer sur feu moyen en faisant sauter régulièrement le riz jusqu’à ce qu’un délicieux parfum de céréales s’en dégage et que le riz soit brulant au contact de la main.

Démarrer la cuisson en versant une première louche de bouillon de volaille chaud et remuer immédiatement avec une cuillère en bois. Mouiller régulièrement le riz jusqu’à une cuisson parfaitement al-dente de celui-ci. Le riz ne doit jamais manquer d’eau sans être noyé. Retirer du feu, ajouter 10 g de truffe et les pelures finement hachées, les 35 g de beurre restants, le poivre fraîchement moulu et le parmesan râpé. Couvrir sans avoir mélangé les éléments et laisser reposer 5 minutes hors du feu.

Pratiquer la mantecatura en mélangeant soigneusement tous les éléments pour provoquer une émulsion. Ajouter l’échalote macérée, l’huile de truffe, un peu de jus et mélanger une dernière fois avant de disposer dans des assiettes. Servir le reste de jus de la pipette autour du riz, terminer en râpant la truffe noire avec une mandoline, arroser d’un trait d’huile de truffe et d’une pincée de fleur de sel et déguster bien chaud.

Risotto à la truffe d'hiver © Renards Gourmets
Risotto à la truffe d'hiver © Renards Gourmets
Risotto à la truffe d'hiver © Renards Gourmets
Risotto à la truffe d'hiver © Renards Gourmets
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Lièvre à la royale, gnocchis moelleux

Lièvre à la royale, essences de chartreuse et de poivre long, gnocchis moelleux et champignons

Lièvre à la royale © Renards Gourmets
6/8 personnes
difficulté : difficile
coût : cher
+/- 4 jours
 
Ingrédients :
 
Pour le lièvre
 
1 râble de lièvre avec ses abats
250 g de crépine nettoyée
50 g de gorge de porc
10 cl de sauce royale
2,5 cl de jus de truffe
2,5 cl de chartreuse verte
125 g de foie gras de canard
20 g de salpicon de foie gras confit
150 g de lièvre haché dans l’épaule
25 g de lard de Colonnata
20 g de trompettes sautées et hachées
20 g d’épinards cuits et hachés
1 cuillère à café de jus de truffe
fleur de sel
poivre long rouge
3 cuillères à café de 4 épices
0,5 cl de Beaumes-de-Venise
1 cuillère à café de crème épaisse
1 cuillère à café de sang de lièvre
2 cuillères à café d’herbes
(hyospe, serpolet, marjolaine, sarriette, pimprenelle, thym)
 
Pour la sauce royale

1,6 kg de carcasses et parures de lièvre
1 cl d’huile de pépins de raisin
40 g de beurre
250 g d’échalotes hachées
1 grosse gousse d’ail
1 bouquet d’herbes
(comme pour le lièvre)
5 baies de genièvre
7 g de poivre long
5 cl de chartreuse verte
1 l de Beaumes-de-Venise
4 gousses d’ail
1 échalote
0,5 cl de vinaigre de Barolo
30 g de salpicon de foie gras confit
1,5 cl de sang de lièvre
1 cl de crème fraîche
 
Pour les gnocchis
 
500 g de pommes de terre Bintje
120 g de farine type 00
30 g de semoule extra-fine
1 œuf entier
15 g de parmesan
muscade
beurre
sel
1,5 l de consommé de faisan
50 cl de beurre monté
 
Pour la garniture
 
quelques champignons de couche
ou de cèpes bouchons

Le lièvre à la royale est sans conteste le mets le plus ambitieux, le plus laborieux et le plus émérite de la gastronomie française. Issu de la haute cuisine aristocratique, il est devenu le plat emblématique de la cuisine bourgeoise et se décline aujourd’hui dans de nombreuses brasseries de choix. Initialement cette « daube » de lièvre était destinée au vieux Louis XIV dépourvu de ses dents. Au XIXe siècle, Antonin Carême enrichit considérablement la recette qui n’était autre qu’une capilotade de lièvre noyée dans les épices et le vin en proposant déjà une version farcie. Puis le Sénateur Couteaux proposa une version largement critiquée où le lièvre est confit dans le vin avec du lard gras et plus de quarante échalotes. C’est finalement Ali Bab (Henri Babinski) au début du XXe siècle qui codifia la recette dans sa Gastronomie Pratique. Cette recette suit les codes énoncés par Babinski, nous l’avons personnifiée et enrichie de quelques épices et essayé de livrer une version expliquée pas à pas. Elle n’en demeure pas moins complexe et demande une grande organisation, beaucoup d’hygiène, de temps et de soin.

Pour réaliser cette recette, un lièvre de premier choix est indispensable. Il doit-être « bien tué », c’est-à-dire que sa chair doit être abîmée le moins possible et que son sang soit resté à l’intérieur. Il est difficilement envisageable de passer outre ces indications, cela ne ferait qu’apporter de nombreux problèmes à l’élaboration de cette recette déjà longue et complexe.

Nous avons dégusté ce plat avec une bouteille de Zelige Caravent, Nuit d’Encre (2012). Ce vin s’accorde parfaitement au lièvre à la royale, avec un cépage noir uniquement Alicante-Bouschet, on obtient un nez ténébreux de truffe et de crème de myrtille. La bouche est ample, légèrement fumée, la finale est épicée, la mâche imposante et sans astringence, un grand vin et une grande association.

NOTES : Généralement de la truffe fraîche est employée pour le lièvre à la royale, cependant, celle-ci n’est pas encore bien mure fin novembre quand s’achève la période de chasse du lièvre. De plus son parfum se perd à la cuisson ce qui n’est pas le cas du jus de truffe employé ici pour parfumer la viande.

Le choix du vin est important, le Beaumes-de-Venise possède des tanins fleuris particulièrement intéressants pour le lièvre à la royale. On peut les faire réduire à part avant de les combiner à une réduction de  jus de lièvre pour obtenir un résultat plus contemporain avec plus d’acidité et de vivacité dans la sauce.

Le foie gras peut-être placé au centre de la farce avant la cuisson ou intégré sous forme d’insert avant de réchauffer les parts, cette technique permet de pouvoir le centrer facilement et de ne pas le cuire trop longtemps, sur le même principe on peut intégrer à ce moment là de la truffe fraîche car avec un réchauffage a basse température elle conservera néanmoins son parfum.

Chartreuse et poivre long ne sont pas employés dans la recette traditionnelle mais ils apportent beaucoup de fraîcheur ce qui vient admirablement contrebalancer la lourdeur habituelle du plat.

Nous proposons une recette plus traditionnelle sur notre site qui est disponible ici.

1. Préparation du lièvre

Faire chauffer la chartreuse, la flamber et la laisser refroidir parfaitement.

Former un boudin de la longueur du râble avec le foie gras, assaisonner de fleur de sel, de poivre, d’un trait de chartreuse et de jus de truffe. Laisser macérer au frais.

Désosser soigneusement le râble de lièvre sans percer la peau. Réserver tous les os et les abats pour la sauce. Découper les filets en portefeuille en les éminçant délicatement pour qu’ils recouvrent toute la surface de la peau. Éliminer les débords pour obtenir un rectangle parfait. Quadriller légèrement la peau du lièvre avec la pointe d’un couteau, sans la percer. Rincer le râble en le frottant avec du cognac.

Disposer dans un plat en porcelaine, verser la chartreuse, le poivre fraîchement moulu et le jus de truffe. Laisser macérer toute une nuit.

Faire fondre doucement le lard de Colonnata dans une sauteuse. Ajouter l’ail et réserver. Saisir les rognons nettoyés et coupés en deux, réserver. Passer la viande de lièvre au hachoir grille fine et faire saisir quelques minutes. Réserver avec les autres éléments. Déglacer la sauteuse avec le vin, ajouter les herbes et faire réduire à sec. Mélanger tous les éléments et faire refroidir rapidement sur un bol de glace. Passer le tout au mixer puis tamiser et réserver au frais.

Passer la gorge de porc au hachoir moyen et combiner avec les 20 g de foie gras confit, le vert d’épinards, les trompettes-de-la-mort et les épices. Ajouter la crème et la farce fine. Mélanger soigneusement. Assaisonner de fleur de sel et de poivre fraîchement moulu. Terminer par le sang, mélanger parfaitement jusqu’à l’obtention d’une farce collante.

Disposer une couche de film alimentaire sur une planche. Ajouter la crépine soigneusement nettoyée. Disposer le râble dessus bien à plat. Étaler la farce de façon régulière et rouler pour former une ballotine bien serrée.

2. Préparation de la sauce royale

Placer le hachoir au congélateur pendant 25 minutes. Réserver le foie du lièvre. Peler et émincer l’échalote et la gousse d’ail. Passer l’ensemble au hachoir avec la grille la plus fine, réserver au frais dans un bol.

Mélanger le sang, le vinaigre, la crème fraîche et le foie gras confit, réserver au frais.

Porter le vin à ébullition, flamber, laisser refroidir parfaitement et réserver.

Faire chauffer l’huile de pépins de raisin dans une cocotte en fonte, concasser toutes les parures et la carcasse et faire rôtir dans l’huile bien chaude. Ajouter le beurre pour aider à la caramélisation. Ajouter les échalotes émincées et l’ail en chemise, baisser le feu et laisser suer. Dégraisser puis déglacer avec la chartreuse. Faire réduire parfaitement puis déglacer une première fois avec le vin et laisser réduire jusqu’à glace. Renouveler le mouillage au vin 7 fois en conservant 75 cl de vin. Ajouter le vin restant, les baies de genièvre et le bouquet. Laisser mijoter vingt minutes à feu doux en écumant régulièrement.

Préchauffer le four à 130°, couvrir la cocotte, sceller avec une pâte morte et faire cuire la sauce pendant 6 heures.

Filtrer le jus en foulant pour extraire un maximum de sauce et de parfum. Chinoiser de nouveau dans une étamine, dégraisser et disposer la sauce dans une sauteuse. Porter à ébullition.

Verser une louche de ce jus sur le mélange d’abats et d’échalotes, fouetter vivement. Verser une seconde louche et continuer de mélanger. Mettre le tout dans la sauteuse et laisser mijoter sur feu très doux pendant une heure. Chinoiser dans une étamine très fine en foulant. Remettre au feu et faire réduire légèrement.

Retirer 30 cl de cette sauce et mélanger soigneusement avec le sang, le vinaigre, la crème et le foie. Remettre dans le restant de sauce.

Fouetter délicatement la sauce pour amalgamer parfaitement tous les éléments, la sauce doit être épaisse et bien dense. Filtrer une dernière fois, ajouter un trait de chartreuse, de vinaigre de Barolo et un peu de poivre fraîchement moulu. Vérifier l’assaisonnement, tenir chaud sans ne plus faire bouillir.

3. Cuisson du lièvre

Piquer le film alimentaire de la ballotine avec la pointe d’un couteau. Placer dans un sac de cuisson sous-vide, ajouter 10 cl de sauce royale et faire le vide. Préchauffer le bain-marie à 62° et faire cuire pendant 26 heures.

Immerger immédiatement dans l’eau glacée et réserver une nuit au réfrigérateur. Retirer du sac de cuisson et réaliser des tranches égales. Retirer le centre de chaque tranche avec un emporte pièce à la dimension du boudin de foie gras. Remplacer la farce retirée par le foie gras. Remettre chaque tranche dans un sac de cuisson individuel et laisser reposer une nuit au réfrigérateur.

4. Préparation des gnocchis

Brosser les pommes de terre avec leur peau et les faire cuire dans l’eau froide salée qui sera amenée progressivement à frémissement. Elles doivent être très fondantes. Éplucher tant qu’elles sont encore chaudes et écraser avec une fourchette. Remettre dans la casserole une fois égouttée et les faire dessécher quelques minutes. Tamiser puis laisser tiédir sur une planche farinée. Former un trou au centre, incorporer l’œuf, disposer la moitié de la farine et de la semoule autour des pommes de terre. Saler, ajouter la muscade râpée et le parmesan et commencer à amalgamer les ingrédients ensemble. Ajouter le reste de la farine et de la semoule et travailler la pâte jusqu’à ce qu’elle soit lisse et homogène. Couper une tranche et former un boudin. Le couper en tronçons de 2 cm. Les rouler légèrement dans les mains préalablement farinées. Laisser reposer sur un torchon fariné.

Porter le consommé à ébullition et faire pocher les gnocchis jusqu’à ce qu’ils remontent à la surface. Immerger immédiatement dans un bac d’eau glacée et réserver sur une plaque huilée.

5. Finitions et dressage

Réchauffer les tranches de lièvre au bain-marie pendant 40 minutes.

Réchauffer la sauce au bain-marie sans la faire bouillir.

Porter le beurre monté à frémissement et faire pocher les gnocchis dedans quelques minutes pour les enrober parfaitement.

Détailler les champignons à la mandoline.

Faire chauffer les assiettes.

Disposer une tranche de lièvre par assiette, ajouter les gnocchis et les lamelles de champignon. Garnir de sauce bien chaude. Déguster immédiatement.

Lièvre à la royale © Renards Gourmets
Lièvre à la royale © Renards Gourmets
Lièvre à la royale © Renards Gourmets
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