Pigeonneau aux petits pois à la française

Pigeonneau aux petits pois cuisinés à la française, basilic et oignons verts

Pigeonneau aux petits pois © Renards Gourmets
2 personnes
difficulté : moyen
coût : moyen
+/- 3 heures
 
Ingrédients :
 
Pour la sauce
 
un pigeonneau avec ses abats
graisse de canard
2,5 cl de vinaigre de vin
12 cl de vin rouge corsé
12 cl de jus de pigeon
2 échalotes
1 gousse d’ail
2 brins de sarriette
3 baies de myrte
poivre Voatsiperifery
1 cuillère à soupe de sucre
1 cuillère à soupe de vin rouge
4 feuilles de basilic
beurre
 
Pour les petits pois

300 g de petits pois écossés
2 cébettes
2 sucrines
100 g de jambon de bœuf
2 brins de sarriette
4 feuilles de basilic
beurre
fleur de sel
poivre noir
gros sel
sucre

En 1828, le gastronome et auteur Grimod de La Reynière écrivit dans « Le Gastronome français, ou l’art de bien vivre » ; « Les petits pois sont sans contredit le meilleur de tous les légumes qui se mangent à Paris« . A table, ils sont les vedettes du règne de Louis XIV à celui de Louis XVI on les appellent simplement ; pois verts. Les ouvrages de l’époque mentionnent de nombreuses façons de les accommoder, à la Clamart, d’après une variété de pois ronds cultivés dans les Hauts-de-Seine ou encore à la Saint-Germain. Aujourd’hui on distingue deux façons de les cuisiner, « à l’anglaise » ou « à la française ». La version anglaise consiste à faire cuire les pois dans de l’eau salée portée à ébullition. Ils sont généralement parfumés de menthe. En France on les fait étuver au beurre avec de petits oignons nouveaux et de la laitue. Nous adorons nous en régaler crus ou cuits tout au long de la saison et quoi de plus classique et délicieux que de les servir en accompagnement d’un délicieux pigeonneau. L’ouvrage « Le nouveau cuisinier royal et bourgeois » de François Massialot (1660-1733), officier de bouche de diverses cours mentionne une recette de pigeonneau au basilic, nous avons réalisé cette recette.

1. Préparation de la sauce

Habiller le pigeonneau et réserver les abats. Faire chauffer une noix de graisse de canard dans un sautoir, saler légèrement le pigeonneau et le faire colorer sur toutes les faces rapidement. Réserver sur une grille pendant cinq minutes. Lever les filets, retirer les cuisses. Retirer l’os du gras de cuisse et tous les nerfs. Concasser toute la carcasse très finement. Remettre les os dans la graisse chaude et faire rôtir jusqu’à belle coloration. Ajouter du beurre si nécessaire. Dégraisser puis ajouter et faire suer une échalote émincée. Mouiller avec le vinaigre et faire réduire parfaitement. Mouiller de nouveau avec un tiers du vin et faire réduire à glace. Renouveler cette opération deux fois jusqu’à épuisement du vin. Ajouter le jus, la gousse d’ail écrasée, la sarriette, les baies de myrte et le poivre. Porter à frémissement puis laisser mijoter deux heures. Filtrer en foulant pour extraire un maximum de saveurs.

Hacher finement le foie nettoyé du pigeon et une échalote. Verser une louche de sauce chaude sur ce hachis et fouetter vivement pour l’incorporer. Ajouter le reste de la sauce, fouetter et remettre sur le feu. Faire cuire à feu très doux pendant vingt minutes. Ajouter le basilic déchiré et laisser infuser vingt minutes hors du feu.

Mélanger le sucre et le vin et porter à frémissement. Faire réduire à glace et verser la sauce filtrée dessus. Fouetter pour bien homogénéiser l’ensemble et chinoiser une dernière fois pour obtenir une sauce bien lisse.

2. Préparation du pigeonneau

Disposer les cuisses de pigeonneau dans un sac de cuisson sous-vide avec une noix de graisse de canard, du sel, du poivre et quelques feuilles déchirées de basilic. Faire cuire au bain-marie pendant cinq heures à 75°.

Faire cuire les filets avec du sel, du poivre et quelques feuilles de basilic pendant 50 minutes à 55°.

3. Préparation des petits pois

Écosser les petits pois, les faire cuire trente seconde dans une casserole d’eau bouillante fortement salée et les rafraîchir immédiatement dans une glaçante. Beurrer généreusement le fond et les parois d’une cocotte. Peler tous les petits pois et les disposer au fond de la cocotte. Ajouter quelques feuilles fraîches de sarriette. Couper les cébettes en trois, ajouter les sucrines coupées dans la longueur puis en gros morceaux et le jambon en julienne. Saler, poivrer, ajouter une pincée de sucre si les petits pois ne sont pas assez doux. Terminer par une belle noix de beurre, couvrir la cocotte et faire cuire trois minutes à feu très vif. Réserver les morceaux de sucrine et prolonger la cuisson à découvert pour lustrer parfaitement les légumes. Ajouter le basilic finement ciselé.

4. Finitions et dressage

Monter la sauce au beurre, disposer les petits pois d’un côté de l’assiette, les morceaux de pigeon de l’autre et terminer par la sauce bien chaude.

Pigeonneau aux petits pois © Renards Gourmets
Pigeonneau aux petits pois © Renards Gourmets
Pigeonneau aux petits pois © Renards Gourmets
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Tajine del gezzar, tripes du Maroc

Tajine del gezzar, tripes comme les préparent les Séfarades de Fès et de Meknès

Tajine del gezzar © Renards Gourmets
4 personnes
difficulté : moyen
coût : bon marché
+/- 6 heures
+ une nuit de trempage
 
Ingrédients :
 
Pour les tripes
 
500 g de tripes de bœuf
1 carotte
1 oignon
1 branche de céleri
1 zeste d’orange séché
6 grains de poivre
3 feuilles de laurier
3 clous de girofle
gros sel
vinaigre
 
Pour la sauce
 
1 pied de veau fendu en deux
2 branches de céleri
2 oignons
4 gousses d’ail
2 bergamotes confites au sel
24 olives violettes
16 pétales de tomates confites
quelques pistils de safran
10 graines de coriandre
10 grains de cumin
5 grains de poivre de la Jamaïque
2 piments ñora
2 petits piments forts

poivre Voatsiperifery
fleur de sel
1 l de bouillon de volaille
huile d’olive
2 cuillères à soupe de concentré de tomates
 
Pour les pois chiches
 
150 g de pois chiche secs
2 feuilles de sauge
2 feuilles de laurier
10 grains de poivre Voatsiperifery
bicarbonate

La cuisine juive de Fès et du nord-est du Maroc en général tire ses racines des cultures arabes et berbères tout comme de celles d’Espagne, du Portugal ou de France. Les Séfarades, peuple d’exil installé dans la région après 1492 se sont rendu célèbres en cuisine pour leurs pâtisseries raffinées, leur travail des sculptures en sucre et la cuisine des abats. Le tajine del gezzar est la plus fameuse recette de tripes de la région. Elle est semblable aux Douara ou Tkalia (recettes musulmanes de tripes) ou Kercha (sous forme de soupe). Le nom de ce tajine del gezzar signifie la marmite du boucher. On trouve également dans la région le tajine del meskin, c’est-à-dire la marmite du mendiant dont le nom vient du fait que les tripes étaient généralement destinées aux plus nécessiteux du Mellah de Fès (quartier juif). A l’origine c’est le Carthame qui était utilisé pour colorer le plat et non le safran (Za’fran) bien trop onéreux.

Le ñora ou niora est un poivron rouge et rond du levant espagnol typique de la région de Murcie et importé par les communautés séfarades. Il est aujourd’hui très populaire au Maghreb.

Ce plat est encore meilleur réchauffé, il peut être accompagné de boulghour parfumé de graisse de bœuf fondue et de cannelle ou bien simplement de pain frais.

1. Préparation des pois chiches

Faire tremper les pois chiches toute la nuit. Les rincer, les faire égoutter puis les laisser germer 4 heures à l’air libre. Disposer dans une grande casserole d’eau froide avec tous les aromates et une pincée de bicarbonate. Porter à ébullition puis faire cuire sur feu moyen pendant vingt minutes. Les pois chiches doivent être cuits mais fermes. Éplucher et réserver.

2. Préparation des tripes

Faire tremper les tripes dans une bassine d’eau légèrement salée et vinaigrée et les frotter pour les nettoyer. Disposer dans une grande casserole d’eau bouillante légèrement salée et vinaigrée, porter à ébullition et faire cuire vingt minutes. Éliminer l’eau, rincer les tripes, laver la casserole et redisposer les tripes à l’intérieur. Ajouter une carotte, une branche de céleri et un oignon grossièrement coupés ainsi que 3 clous de girofle, 6 grains de poivre noir, un zeste d’orange séché et trois feuilles de laurier. Saler légèrement et ajouter également un trait de vinaigre. Porter de nouveau à ébullition et faire cuire pendant trois heures à frémissement. Éliminer la garniture, rincer et faire égoutter les tripes.

Ainsi préparées, les tripes peuvent être soigneusement séchées et congelées pour d’autres préparations. Sinon les découper en lanières régulières de 1,5 cm de large et de toute leur longueur (soit entre 5 et 6 cm environ).

3. Préparation de la sauce

Faire tremper les citrons, les olives et les tomates en changeant l’eau régulièrement pour bien les dessaler.

Faire torréfier les épices à sec dans une petite poêle. Réduire en poudre dans un mortier et réserver. Faire chauffer un généreux filet d’huile d’olive dans une cocotte en fonte. Émincer le plus finement possible les branches de céleri et les oignons. Faire suer dans l’huile chaude, ajouter les gousses d’ail écrasées en chemise, les ñora rincés, égrainés et hachés grossièrement et les piments. Ajouter les tripes, le pied de veau puis les épices et les poivres moulus. Ajouter le concentré de tomates et bien mélanger. Faire revenir quelques minutes puis ajouter les pistils de safran et le bouillon chaud. Porter à ébullition puis laisser mijoter trois heures sur feu très doux et à couvert. Désosser entièrement le pied de veau, couper en morceaux et remettre dans la sauce.  Éliminer l’ail et les morceaux de ñora.

Faire égoutter les olives, les citrons et les tomates. Éliminer la pulpe des citrons et couper les peaux en lanières. Ajouter aux tripes ainsi que les pois chiches et poursuivre la cuisson à découvert jusqu’à ce que la sauce soit bien onctueuse.

Vérifier l’assaisonnement et servir bien chaud.

Tajine del gezzar © Renards Gourmets
Tajine del gezzar © Renards Gourmets
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Lapereau aux salades sauvages

Lapereau du Col de Tende aux salades sauvages, foie confit au vinaigre de Barolo

Lapereau à la niçoise © Renards Gourmets
2 personnes
difficulté : difficile
coût : moyen
+/- 4 heures
 
Ingrédients :
 
Pour le lapereau
 
1 lapereau avec ses abats
1 pied de blettes de Nice
1 petit bouquet de sauge
4 brins de marjolaine
1 tête d’ail confite
fleur de sel
huile d’olive
beurre
poivre noir
herbes séchées
(romarin, thym, hysope, serpolet, pimprenelle, fleurs de thym)
 
Pour le jus de lapereau
 
2 échalotes
1 cuillère à soupe de vinaigre de Xérès
25 cl de vin rouge Barbera
25 cl de jus de lapin
10 g de pulpe d’olives niçoises
1 cuillère à soupe de Branda
4 brins de marjolaine
vinaigre de Barolo

poivre noir
huile d’olive
beurre
herbes séchées
(romarin, thym, hysope, serpolet, pimprenelle, fleurs de thym)
1 cuillère à café de concentré de tomates
 
Pour la garniture
 
200 g de févettes écossées
25 g d’olives de Nice
6 pétales de tomates confites
1 pied de barbe de capucin
100 g de roquette sauvage

Couniéù signifie lapin en niçois et de l’Arrière-Pays au Col de Tende, son élevage simple et peu coûteux forgea le goût de nombreuses générations. A l’état sauvage, ils étaient autrefois nombreux dans les collines et se cuisinaient en civet Lou civié dé couniéù. Ceux des clapiers des paysans se préparaient au four à pain dans une sauce à la tomate.

Un proverbe paysan dit que celui qui à des lapins ne meurt pas de faim. Entre mer et montage, les niçois se sont adaptés et ont su développer une cuisine certes proche de leurs voisins Ligures, Piémontais et Provençaux mais avec une véritable personnalité où les légumes tiennent une place prépondérante.

Le lapin est un rongeur, il n’en est pas moins classé comme une volaille et se trouve sur les étals entre poulets et canards. Les élevages sont nombreux en France et nous continuons de les apprécier assez simplement, cuits entiers ou en morceaux dans une sauce à base de moutarde, de bière ou de tomate. Pourtant le lapin à la niçoise à ceci de particulier que tomate, marjolaine et branda (une liqueur locale) s’accordent merveilleusement avec sa chair délicate.

A l’heure des scandales alimentaires, notre position en matière de viande est claire, nous ne faisons aucun gaspillage et sélectionnons nos fournisseurs. Le lapin, contrairement aux idées reçues est une viande pleine de ressources. Les cuisses peuvent être grillées, les râbles désossés et farcis, les épaules confites mais on y trouve aussi de petites côtelettes à nettoyer et griller, un foie, des rognons, des ris, des joues, des poumons ou encore de la cervelle à cuisiner. La carcasse donne de merveilleux jus très délicats qui relèvent les plats régionaux tels que gnocchis et risotti. Dans cette recette nous nous sommes employés à réserver les cuisses pour une autre préparation et à utiliser tout le reste en apportant de justes cuissons. Les marqueurs du lapin à la niçoise que l’on retrouve ici sont la liaison du jus à la tomate, la présence d’olives de l’arrière pays, la marjolaine et la garniture élaborée à partir de blettes et de févettes, des légumes chers aux cœurs des gourmands de cette belle région. Nous y avons ajouté des salades sauvages qui font le régal des couniéù qui restent encore dans les collines.

Cette recette est inspirée de la cuisine méditerranéenne d’Alain Ducasse.

1. Préparation du lapereau

Retirer les cuisses et les conserver pour une autre préparation.

Découper le lapin en morceaux, le râble, les épaules, le coffre, le cou et la tête. Conserver tous les abats, éliminer les poumons et réserver au frais.

Désosser le râble, lever les filets séparément et les deux morceaux de panoufles.

Couper le coffre en deux, prélever les côtelettes, les habiller « à la française » en nettoyant les os.

Retirer les pattes des épaules pour ne conserver que le gras d’épaule.

Retirer les joues et réserver avec les abats.

Concasser les os du râble et du coffre et des pâtes avant. Couper les panoufles en lanières. Retirer les yeux du lapin et les débarrasser.

Retirer les côtes de blettes, disposer les feuilles à plat sur une couche de film alimentaire supportant la cuisson. Réduire l’ail confit en purée, le tamiser et tartiner délicatement les feuilles de blettes avec cette pommade d’ail. Ajouter une ligne de feuilles de sauge entières, saler et poivrer généreusement et disposer les filets de lapereau dessus. Rouler les feuilles de blettes en s’aidant du film pour obtenir un boudin vert emprisonnant les filets. Serrer fermement et disposer dans un sac de cuisson sous-vide avec une noix de beurre et un filet d’huile d’olive.

Faire mariner les côtelettes dans un bac avec une cuillère à soupe de mélange d’herbes et un trait d’huile d’olive.

Disposer les épaules dans un sac de cuisson sous-vide avec une noix de beurre, un trait d’huile d’olive, du sel, du poivre et la marjolaine.

Faire cuire les filets au bain-marie pendant deux heures à 58°.

Faire cuire les épaules pendant une heure à 66°.

2. Préparation du jus de lapereau

Faire chauffer un trait d’huile dans une cocotte. Ajouter les os et parures dans l’huile fumante et laisser vivement colorer. Baisser le feu, ajouter une noix de beurre pour aider à la caramélisation puis incorporer une échalote émincée et laisser suer. Dégraisser le sautoir et déglacer avec la Branda, flamber et laisser réduire. Déglacer de nouveau avec le vinaigre de Xérès. Faire réduire entièrement puis mouiller en trois fois avec le vin rouge jusqu’à glace. Mouiller enfin avec le concentré de tomate dilué dans le jus de lapin. Porter à frémissement puis laisser mijoter pendant deux heures à couvert.

Hacher le plus finement possible l’autre échalote et le cœur du lapereau, disposer dans un saladier avec la marjolaine, les herbes séchées et les olives noires réduites en purée.

Chinoiser le jus de lapereau et verser une louche sur le mélange à base de cœur et d’échalote. Fouette vivement et remettre dans la cocotte avec le reste de la sauce. Bien mélanger et laisser cuire vingt minutes. Chinoiser de nouveau et faire réduire à belle consistance. Ajouter un trait de vinaigre de Barolo, vérifier l’assaisonnement et tenir chaud.

3. Préparation de la garniture

Laver soigneusement le salades, dénoyauter les olives et rincer les pétales de tomates.

Faire cuire les févettes 30 secondes dans l’eau bouillante salée, rafraîchir immédiatement dans une glaçante.

4. Finitions et dressage

Faire chauffer un sautoir avec un trait d’huile d’olive. Faire griller les côtelettes, les ris et les joues sur toutes les faces. Ajouter les févettes et les olives pour les réchauffer. Beurrer et arroser l’ensemble. Ajouter le foie puis les rognons. Réserver les côtelettes, les joues, les ris, les févettes et les olives hors du sautoir. Ajouter les épaules et une louche de sauce montée au beurre pour bien enrober tous les morceaux et les lustrer.

Faire réchauffer les filets quelques minutes.

Assaisonner les salades de sel, poivre, huile d’olive et vinaigre de Barolo. Disposer au fond d’une assiette avec les févettes et les olives. Couper les filets en bouchées, ajouter des morceaux dans les assiettes ainsi qu’une épaule, un morceau de foie, de ris, une joue. Couper les rognons en deux. Ajouter les côtelettes et terminer par la sauce bien chaude. Poivrer généreusement et déguster immédiatement.

Lapereau à la niçoise © Renards Gourmets
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Filet de veau de lait en blanquette

Filet de veau de lait en blanquette, asperges bourgeoises et morilles

Filet de veau en blanquette © Renards Gourmets
2 personnes
difficulté : moyen
coût : cher
+/- 5 heures
+ 3 heures de repos
 
Ingrédients :
 
Pour la sauce blanquette
 
500 g de flanchet de veau
2 carottes
2 oignons
1 blanc de poireau
1 branche de céleri
2 brindilles de thym frais
les queues d’un bouquet de persil
1 petit citron
poivre blanc du Penja
piment d’Espelette
bouillon de volaille
beurre clarifié

1 jaune d’œuf
1 cuillère à soupe de verjus
3 cuillères à soupe de crème épaisse

beurre
farine
 
Pour le filet de veau

300 g de filet de veau
fleur de sel
poivre blanc du Penja

Pour la garniture

6 morilles
1 petite botte de navets fanes
1 petite botte de carottes fanes
4 asperges bourgeoises
2 cébettes
1 poignée de fèves
beurre
sucre vanillé

La blanquette est un mets incontournable de la gastronomie française dont l’origine est incertaine. On prête parfois à ce plat une paternité Normande liée à l’usage parfois excessif de la crème. D’autres situent l’origine de la blanquette en Bourgogne ou dans la région lyonnaise où le veau est fort apprécié. Pourtant les traces historiques les plus sérieuses situent son origine à Paris. Les noms de deux maîtres d’hôtel reviennent systématiquement lorsqu’il est question de blanquette. Le premier est François Marin, officiant chez le Maréchal de Soubise et auteur de « Les Dons de Comus ou les Délices de la table » (1739). L’autre serait un certain Vincent de La Chapelle, celui-ci aurait rédigé une recette de blanquette quelques années auparavant en 1735. Cette recette composée de restes de rôts de veau réchauffés dans une sauce à la crème sera affublée de divers sobriquets plus ou moins glorieux jusqu’à sombrer dans l’oubli au XIXe siècle avant de renaître de ses cendres grâce à Jules Gouffé. Celui-ci proposera dès lors une recette de blanquette à base de veau cru et non plus de restes de viande.

La blanquette évoluera ainsi jusqu’à devenir un incontournable de la cuisine familiale au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale. Accompagnée de riz elle forgera le goût de toute une génération de Français qui aujourd’hui encore regrettent avec amertume la blanquette de leurs grands mères.

Certains historiens avancent que ni de la Chapelle, ni Marin ne seraient à l’origine de la blanquette. En effet tous deux n’auraient qu’adapté au goût du XVIIIe siècle la recette du brouet du Moyen-Âge. Celle-ci consistait en un poulet poché dans un bouillon de légumes relevé de vin blanc et de verjus. La viande était alors retirée du bouillon puis frite dans du saindoux. Le bouillon lui devait être lié d’amandes, de jaunes d’œufs et de mie de pain. Cette liaison était très probablement relevée d’épices comme il était d’usage de le faire en ce temps.

Alors si aujourd’hui pour beaucoup la blanquette est une composition de morceaux de veau (jarret, paleron, flanchet, jumeau) mijotée dans un bouillon qui deviendra plus tard une sauce et accompagné de champignons, de carottes et de riz, nous voulions nous approprier ce grand classique de notre cuisine nationale en essayant de conserver ce que nous aimions et en écartant ce qui ne nous réjouissait guère.

Le filet de veau de lait serait employé et sa cuisson serait courte. La sauce serait élaborée comme un bouillon de veau lié de crème et la garniture se ferait d’asperges bourgeoises, de morilles et de quelques légumes de printemps.

Nous avons dégusté ce plat avec une bouteille de vin orange, La Stoppa d’Ageno.

NOTE : Les restes de flanchet peuvent être effilochés et utilisés pour des tagliatelles avec un reste de sauce blanquette par exemple.

1. Préparation de la sauce blanquette

Parer et assaisonner le flanchet, faire chauffer une belle noix de beurre clarifié dans une cocotte et faire colorer le veau sur toutes ses faces. Faire égoutter sur une grille. Couper les carottes, les oignons, le poireau et la branche de céleri en mirepoix et faire suer dans le beurre chaud. Dégraisser la cocotte puis remettre tous les éléments. Ajouter le thym frais, les queues de persil, les zestes de citron frais, poivrer, ajouter une pincée de piment et couvrir à hauteur avec le bouillon chaud. Porter à frémissement puis baisser le feu et laisser cuire 4 heures à tout petit feu. Retirer le flanchet et le conserver pour une autre préparation. Éliminer toute la garniture, chinoiser le bouillon et le réserver 3 heures au frais.

2. Préparation de la garniture

Écussonner les asperges, couper les queues et faire cuire deux minutes dans une casserole d’eau bouillante fortement salée. Rafraîchir immédiatement dans une glaçante.

Couper les cébettes en deux et les faire cuire de la même manière que les asperges, rafraîchir également.

Faire cuire les navets dans la même eau pendant 4 minutes, rafraîchir puis gratter la peau avec un petit couteau d’office.

Écosser les fèves, les faire cuire une minute puis les rafraîchir et les éplucher.

Tailler les carottes.

Nettoyer les morilles dans un petit bol d’eau tiède.

3. Préparation du filet de veau

Parer le filet de veau, le ficeler pour lui donner une forme harmonieuse. Saler et poivrer, disposer dans un sac de cuisson sous-vide et faire cuire au bain-marie pendant 1 heure à 58°. Faire égoutter, sécher parfaitement, diviser en deux et faire colorer sur toutes les faces dans un sautoir huilé bien chaud. Réserver sur une grille.

(NOTE : Le filet de veau peut également être cuit simplement dans un sautoir en l’arrosant de beurre régulièrement et en le laissant reposer quelques minutes après cuisson).

4. Finitions et dressage

Dégraisser parfaitement le bouillon de veau et le porter à frémissement.

Faire chauffer une noix de beurre dans un sautoir, ajouter les morilles et les faire cuire quelques minutes. Ajouter une louche de bouillon chaud et poursuivre la cuisson jusqu’à réduction complète. Réserver les morilles, décoller les sucs de cuisson avec un trait d’eau et ajouter les sucs au bouillon.

Placer les navets et les carottes dans le même sautoir, ajouter du beurre frais, une pincée de sucre vanillé et couvrir à hauteur de bouillon chaud. Porter à ébullition, couvrir avec une feuille de papier sulfurisé percée en son centre et faire cuire à glace. Ajouter les asperges, les cébettes, les morilles et les fèves pour les lustrer. Les enrober parfaitement du fond de glaçage.

Ajouter 20 g de beurre et 20 g de farine dans une petite casserole, faire chauffer en fouettant soigneusement pour réaliser un roux. Réserver dans un cul-de-poule. Verser le bouillon chaud dessus en utilisant une étamine fine. Fouetter continuellement pour éviter la formation de grumeaux. Remettre sur le feu et porter à ébullition pour faire épaissir le mélange.

Dans le cul-de-poule essuyé, disposer le jaune d’œuf, le verjus et la crème. Fouetter l’ensemble pour obtenir une texture lisse et homogène, ajouter au bouillon en fouettant continuellement et faire chauffer sans faire bouillir comme pour une crème anglaise. Dès que le mélange est lié et dense, disposer les morceaux de filets pour les réchauffer et les enrober.

Ajouter une cuillère de sauce blanquette dans le sautoir des légumes pour les lustrer et dresser aussitôt.

Filet de veau en blanquette © Renards Gourmets
Filet de veau en blanquette © Renards Gourmets
Saint Honoré © Renards Gourmets
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Maccheroni au lapin, garniture printanière

Maccheroni au ragoût de lapin, févettes, ail sauvage, morilles et chapelure à la sauge

Maccheroni au lapin © Renards Gourmets
2 personnes
difficulté : moyen
coût : moyen
+/- 2 heures
 
Ingrédients :
 
Pour les épaules de lapin
 
1 avant de lapin
beurre
2 échalotes
1 blanc de poireau
2 feuilles de laurier
4 champignons de Paris
35 cl de bouillon de volaille
125 g de parmesan
fleur de sel
poivre blanc
 
Pour les maccheroni
 
100 g de farine 00
100 g de semoule de blé
2 œufs entiers
une pincée de sel
 
Pour la garniture
 
parmesan
6 morilles
une poignée de fèves
une petite botte d’ail des ours
2 échalotes
6 feuilles de sauge
une poignée de chapelure panko
huile de friture
farine
beurre
sel

Pour qu’une assiette de pâtes soit réussie, elle se doit d’être simple et généreuse d’apparence, cependant derrière cette trompeuse présentation, elle doit regorger d’astuces et d’intentions qui la rendent si particulière. Pour se faire il faut accentuer les saveurs et les parfums de chaque chose. L’arrivée du printemps offre naturellement des produits qui se combinent admirablement tel que les morilles ou l’ail des ours. C’est un plat de pâtes que nous adorons préparer pour célébrer le changement de saison tant il est réconfortant pour affronter les derniers jours de l’hiver et tant il annonce le doux printemps qui vient. Après la saison, les morilles peuvent être remplacées par des girolles et l’ail des ours par de l’estragon.

Les maccheroni al ferretto sont traditionnellement réalisés à partir d’une tige en acier, d’où ils tirent leur nom. Cette recette est inspirée d’une création du chef anglais Phil Howard.

1. Préparation des épaules de lapin

Préchauffer le four à 125°. Retirer les épaules de lapin, concasser le reste en petits morceaux. Saler et poivrer les épaules. Faire chauffer une noix de beurre dans une cocotte en fonte et faire colorer légèrement les morceaux de lapin. Débarrasser et ciseler le poireau et les échalotes. Couper les champignons nettoyés en quatre parties et faire suer dans le beurre chaud. Ajouter le laurier puis remettre les morceaux de lapin et couvrir avec le bouillon de volaille. Disposer une feuille de papier cuisson percée en son centre sur le dessus du bouillon et faire cuire au four pendant une heure. Retirer les épaules, joues et autres morceaux de viande, éliminer les os et la garniture aromatique. Chinoiser le bouillon et verser une cuillère de celui-ci sur la viande. Réserver. Ajouter le parmesan râpé au bouillon, porter à ébullition puis chinoiser de nouveaux.

2. Préparation des maccheroni

Mélanger la farine, la semoule et une pincée de sel. Former un puits, ajouter les œufs battus et commencer à mélanger avec une fourchette. Travailler la pâte à la main en la fraisant. La pâte doit être lisse, homogène, non collante mais élastique. Filmer et réserver pendant 20 minutes au réfrigérateur. Diviser la pâte en quatre morceaux puis rouler chaque partie en boudin. Diviser ce boudin en petites portions régulières puis disposer une baguette en bois ou en acier au milieu et rouler le morceau de pâte sur lui-même pour l’affiner. Procéder ainsi jusqu’à épuisement de la pâte et laisser sécher les maccheroni sur une planche en bois farinée pendant vingt minutes.

3. Préparation de la garniture

Écosser et blanchir les fèves pendant deux minutes dans une casserole d’eau bouillante fortement salée. Rafraîchir immédiatement dans une glaçante, peler et réserver.

Brosser et nettoyer soigneusement les morilles, détailler en rouelles et faire suer dans un sautoir généreusement beurré. Ajouter un peu de bouillon au parmesan chaud pour les faire cuire.

Hacher finement les échalotes, les fariner, tamiser et faire frire dans une huile à 130° sans les colorer. Faire chauffer une généreuse quantité de beurre et faire frire les feuilles de sauge. Ajouter la chapelure dans le beurre moussant et faire colorer. Chinoiser puis combiner avec les échalotes frites. Hacher échalotes, sauge et chapelure au couteau pour obtenir un crumble irrégulier.

4. Finitions et dressage

Faire cuire les maccheroni al-dente dans une casserole d’eau bouillante salée. Faire égoutter en conservant l’eau de cuisson puis ajouter aux morilles. Ajouter du bouillon au parmesan et provoquer une émulsion entre le gluten contenu dans l’eau de cuisson des pâtes et la matière grasse du bouillon. Incorporer la viande de lapin, les feuilles d’ail des ours et les fèves. Bien mélanger pour que les pâtes soient impeccablement lustrées et que le liquide soit absorbé sans que les pâtes ne soient trop sèches non plus. Disposer dans des assiettes creuses. Ajouter du parmesan fraîchement râpé, un peu de poivre et terminer par la chapelure. Ajouter quelques fleurs d’ail des ours en saison pour la décoration. Déguster bien chaud.

Maccheroni au lapin © Renards Gourmets
Maccheroni au lapin © Renards Gourmets
Maccheroni au lapin © Renards Gourmets
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Cochon en feuilles de chou à la mode de Grasse

Sou Fassum, cochon en feuilles de chou à la mode de Grasse, jus gourmandé de marjolaine

Sou Fassum © Renards Gourmets
4 personnes
difficulté : moyen
coût : moyen
+/- 3 heures
+ une nuit de repos
 

Ingrédients :

Pour le Sou Fassum
 
1 chou frisé de Milan
1 crépine
250 g d’épaule de porc
100 g de poitrine séchée
50 g de lard de Colonnata
100 g de petits pois écossés
250 g de vert de blettes
50 g de parmesan
4 brins de marjolaine
1 bouquet de persil
1 gros oignon
1 œuf
gros sel
fleur de sel
poivre noir
baies roses
huile d’olive
 
Pour le jus de cochon
 
300 g de parures de porc
1 grosse échalote
1 gousse d’ail
4 brins de marjolaine
poivre noir
10 cl de fond blanc
50 cl de jus de cochon
cacao en poudre
huile d’olive
beurre

Envelopper une farce à base de viande avec une feuille de vigne ou de chou serait une idée d’origine byzantine. Elle aurait progressivement séduit le monde latin et plus particulièrement la région de la Côte d’Azur et de la Provence voisine. On prétend aussi que ce seraient les Grecs qui auraient importé la recette du Sou-Fassum lors de la fondation d’Antibes ou Antipolis, colonie phocéenne du IVe siècle.

Urbain-Dubois mentionnait la ville de Grasse dans sa Cuisine de tous les pays (1868) « La ville de Grasse (en Provence) n’est pas seulement renommée par la supériorité de sa parfumerie, elle l’est encore par un produit culinaire dont les habitants revendiquent la priorité : le sou-fassum ». En effet la cuisine de cette jolie petite ville  est délicate et raffinée et l’on s’y régale encore de tartes aux courges et de fleurs de courgettes.

Le Sou-Fassum est un chou farci richement garni de blettes, de petits pois, de parmesan et de lard. Ces apports le rendent si délicieux qu’une anecdote rapporte que lorsque l’on frappait à la porte de ceux qui dégustaient un Fassum, on s’empressait de cacher le plat pour dire au visiteur « Dommage que tu ne sois arrivé plus tôt, nous aurions partagé le fassum« . Cette histoire explique peut-être pourquoi les vieilles tables grassoises sont munies de tiroirs.

Le Sou Fassum ou Lou Fassum tient son nom d’un filet à provision appelé fassumier. Autrefois ce filet de coton était au bras de toutes les clientes du marché de la place aux Aires. Ce filet était également employé pour la confection du chou et permettait de le maintenir en forme pour le reconstituer. A présent on se sert d’un peu de ficelle et d’un saladier car ces filets ont malheureusement disparus. En hiver les anciens remplaçaient les petits légumes de printemps par du riz et des restes de daube ou de mouton rôti. Le fassumier une fois garni était plongé dans un bouillon de poule ou de pot au feu.

Amoureux de la cuisine provençale et de l’arrière pays niçois nous voulions transmettre cette recette que nous avons parfumé d’un peu de marjolaine et agrémenté d’un jus de cochon. La cuisson peut-être réalisée dans un bouillon ou au four en l’arrosant régulièrement.

1. Préparation de la farce

Effeuiller le chou, le laver soigneusement et faire blanchir les feuilles pendant trois minutes dans une casserole d’eau bouillante fortement salée. Rafraîchir immédiatement dans une glaçante.Éliminer les côtes superflues.

Faire tremper la crépine dans un bol d’eau froide avec quelques gouttes de vinaigre.

Découper l’épaule de porc en cubes réguliers, saler, poivrer, filmer au contact et réserver vingt minutes au réfrigérateur avec tous les éléments du hachoir à viandes.

Découper la poitrine séchée en cubes de 1 cm de côté et le lard de Colonnata en cubes de 0,5 cm.

Écosser les petits pois et les faire cuire 30 secondes dans une casserole d’eau bouillante fortement salée, rafraîchir immédiatement dans une glaçante puis peler chaque petit pois.

Faire cuire le vert des blettes de la même manière pendant 1 minute puis faire égoutter et presser soigneusement dans un linge pour éliminer toute l’eau. Hacher finement.

Faire confire l’oignon finement haché dans un peu d’huile jusqu’à ce qu’il soit translucide.

Hacher finement le persil, râper grossièrement le parmesan, effeuiller puis hacher la marjolaine.

Passer l’épaule de porc au hachoir grille moyenne puis combiner tous les éléments. Ajouter l’œuf pour les lier, poivrer abondement. Réserver cette farce au frais en filmant au contact.

2. Préparation du jus de cochon

Faire chauffer un trait d’huile d’olive dans une cocotte. Ajouter les parures de porc et faire vivement colorer. Beurrer et baisser le feu, ajouter l’échalote hachée et la gousse d’ail écrasée en chemise. Dégraisser puis déglacer avec le fond blanc et faire réduire à glace. Ajouter le poivre puis le jus de cochon. Porter à frémissement et laisser mijoter pendant deux heures. Chinoiser, ajouter le cacao et la marjolaine hachée et prolonger la cuisson de 5 minutes. Chinoiser de nouveau et réserver.

3. Finitions et dressage

Chemiser un moule avec du film alimentaire supportant la cuisson, déposer la crépine égouttée dessus en la faisant parfaitement adhérer aux bords et dépasser du moule. Déposer une première couche de feuilles de chou puis un peu de farce en tassant bien. Ajouter une feuille de chou coupée à la bonne dimension puis encore un peu de farce et procéder encore ainsi jusqu’à épuisement des éléments. Terminer par le chou, replier la crépine et le film sur le dessus pour fermer hermétiquement le Fassum. Disposer dans un sac sous-vide et faire cuire pendant 4 heures à 62°. Sinon cuire directement dans un bouillon de légumes en perforant un peu le film.

Laisser reposer toute une nuit au frais en le mettant sous une petite presse. Démouler et disposer sur une plaque allant au four. Faire cuire pendant 15 minutes à 180°, en l’arrosant régulièrement. Ajouter les baies roses concassées, quelques sommités de persil et de la fleur de sel. Monter la sauce au beurre et servir aussitôt.

Sou Fassum © Renards Gourmets
Sou Fassum © Renards Gourmets
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Bigarade de caneton, maltaise d’asperges

Bigarade de caneton à la goutte-de-sang d'après J.C Doyen de Trianon, maltaise d'asperges

Bigarade de caneton © Renards Gourmets
2 personnes
difficulté : moyen
coût : moyen
+/- 2 heures
 
Ingrédients :
 
Pour le caneton
 
1 caneton croisé mi-sauvage
25 g de graisse de canard
une poignée de feuilles d’oranger
miel de clémentinier
le zeste séché d’une orange
fleur de sel
poivre sauvage Voatsiperifery
poivre des cimes
1 cuillère à café de baies du Sichuan, de graines de coriandre, de graines de cumin
 
Pour la bigarade

3 oranges bigarade
2 oranges à jus
5 g de miel de clémentinier
8 feuilles d’oranger
25 g de graisse de canard
abattis du caneton
foie et cœur du caneton
5 cl de jus de canard
poivre sauvage Voatsiperifery
 
Pour la maltaise
 
une botte d’asperges d’Argenteuil
2,5 cl de vin blanc sec
2,5 cl de vinaigre de Banyuls
100 g de beurre clarifié
fleur de sel
poivre blanc du Penja
1 orange
1 jaune d’œuf

Si le canard à l’orange est un classique de la cuisine bourgeoise française, il est aujourd’hui tombé en désuétude. On considère souvent que l’invention de ce plat serait due au legs de A. Viard, auteur de Le Cuisinier royal ou l’art de faire la cuisine (1820) ou encore à René Lasserre dans les années 40. Pourtant l’origine du canard à l’orange est bien plus ancienne. En Italie on prétend qu’au XVIe siècle, Catherine de Médicis aurait importée en France une recette de Padoue « Papera alla frutta ». Cette recette padovane est mentionnée par Mattia Gieger dans un ouvrage appelé I tre trattani (Les Trois Traités) et date de 1639 mais on ne trouve pas de traces antérieures à celle-ci en Italie. Dans la région de Séville en Espagne, on prépare également une recette à base de canard Mut del Penedes avec des oranges de la région, les célèbres Bigarades (ou oranges de Séville). La cuisine dite espagnole étant très en vogue à la Cour de France depuis le mariage de Louis XIV avec Marie-Thérèse d’Autriche la fille du roi d’Espagne Philippe IV on peut supposer que la recette fut introduite ainsi par des officiers de bouche tel que Pierre de Lune. On sait également que Louis XV possédait une vaste collection de plantes rares et de vergers sur le domaine (collection aujourd’hui disparue) et qu’en plus de l’orangerie il y avait bien des bigaradiers à Versailles. On connaît aussi le goût de la reine Marie-Antoinette pour le canard et plus exactement le caneton et on trouve mentions du caneton à la bigarade au XVIIIe siècle dans les ouvrages traitant de la cuisine dite aristocratique. J.C Doyen, écuyer de bouche de la reine à Trianon, cousin du peintre Gabriel-François Doyen et amant d’Elisabeth Vigée Lebrun, est l’un des seuls cuisinier de son règne que l’on connait encore aujourd’hui. On sait finalement peu de choses sur ce cuisinier sinon qu’il est né à Versailles, rue Nicaise et qu’il fut exécuté le 20 mai 1794 pour avoir conspiré contre la république en composant des ouvrages contre révolutionnaires.

Le mot bigarade vient du provençal bigarrat qui signifie bariolé. Olivier de Serre mentionne l’arbre fruitier en 1600 « parmi les sortes d’orangers croissants en Provence est le Cornut ou Bigarrat… ». Si nous connaissons aujourd’hui 4,000 variétés d’agrumes dans le monde, à l’origine il n’y avait que la mandarine, le cédrat, le papeda et le pamplemousse. La bigarade est issue du croisement du pamplemousse et de la mandarine. Son origine pourrait se situer au sud de l’Himalaya, il aurait été acclimaté en Mésopotamie car transporté par les Arabes depuis l’Inde au Xe siècle. Le bigaradier sera introduit plus tard en Syrie mais aussi en Sicile, al Andalus puis Malaga et Grenade. Il était autrefois cultivé comme plante décorative et parfumée on en compte quelques uns dans la cour de la grande mosquée de Cordoue. Ibn al-Awâm conseille la bigarade en cuisine pour ses vertus digestives et diurétiques. Plus tard les Espagnols introduirons l’arbre fruitier jusqu’en Floride.

Nous avons essayé de nous inspirer de ces nombreuses recettes en respectant les grandes lignes énoncées ici et là. Pour se faire nous avons employé un caneton croisé issu de l’union de colverts (canards sauvages) et de canes de Chine ou encore de Kaki Campbell. Élevés à Challans dans la région de Nantes, ces canetons possèdent un goût fin et délicat. On parle ici de canetons abattus comme les pigeonneaux, c’est-à-dire « au sang ». Les canetons sont étouffés pour conserver tout leur sang à l’intérieur des chairs ce qui les rends plus tendres et parfumés. C’est avec ce procédé d’abattage d’origine rouennaise que l’on prépare le célèbre Canard au sang de la Tour d’Argent. En employant une presse à canard on peut ainsi récupérer tout le sang de l’animal pour lier la sauce au dernier moment. On sait que Marie-Antoinette consommait ses canetons ainsi.

Nous avons eu la chance de nous procurer de véritables bigarades grâce à l’Agrumiste installé au cœur de l’authentique Jardin des Hespérides dans la région de Fès au Maroc mais faute de bigarades on pourra employer des oranges amères pour la réalisation de cette recette (ou utiliser un mélange d’oranges et de pamplemousses).

Dans les restaurants et les brasseries Françaises, lorsque le canard à l’orange figure encore à la carte, vestige d’un temps passé, il est généralement accompagné de pommes soufflées ou de riz. La saison des bigarades arrivant à la fin de l’hiver et au début du printemps nous nous sommes intéressés à une recette maltaise, celle des asperges blanches. En effet sur l’île de Malte les asperges sont préparées dans une sauce à l’orange. Les différentes saveurs s’accordent très bien avec le goût raffiné du caneton. Nous avons donc profité de l’arrivage de magnifiques asperges blanches d’Argenteuil sur les étals. Durant l’hiver on pourra également accompagner ce plat d’endives de pleine terre braisées dans une réduction de jus d’orange.

Nous avons souhaité laquer la peau du canard avec un miel de clémentinier (son goût rappelant d’avantage celui des agrumes que le miel d’oranger) et l’enrichir de quelques épices telles que des graines concassées de coriandre, de cumin, des baies du Sichuan et des zestes d’oranges séchés. Les épices étant très en vogue dans la cuisine aristocratique nous avons jugé opportun de les employer ici. Le caneton peut également être rôti et présenté sur un lit de feuilles d’oranger, celles-ci entrent aussi dans la composition de la sauce. Cet apport n’est pas indispensable mais renforce l’amertume du plat. Pour s’approcher d’avantage du goût du XVIIIe siècle on peut également suspendre le caneton par le bec et le laisser maturer ainsi au frais pendant une dizaine de jours. Cette pratique revient à la mode dans les cuisines de nombreux restaurants et apporte beaucoup de tendreté à la viande, il faut néanmoins posséder un réfrigérateur ventilé ainsi qu’une grille et un crochet. Faute de caneton on pourra remplacer celui-ci par un colvert ou encore une canette en adaptant la cuisson de celle-ci et surtout en la faisant pocher quelques minutes dans une casserole d’eau frémissante pour la dégraisser. Cette étape déjà connue des Romains s’emploie toujours aujourd’hui.

Nous avons dégusté ce plat avec une bouteille de la Badinerie du Pech de Magali Tissot et Ludovic Bonnelle (2004). Cet assemblage des plus vieilles vignes du domaine (Merlot, Cabernet Franc et Cabernet Sauvignon) est vinifié en cuves de bois par foulage aux pieds. L’élevage est réalisé pendant deux ans en demi-muids sur lie totale. Ce vin exceptionnel nécessite au moins deux heures de carafage et s’apprécie lors de célébrations et de grandes fêtes.

1. Préparation du caneton

Réserver le gésier du caneton pour une autre préparation. Éliminer les palmes au niveau des jointures ainsi que la tête. Réserver le foie et le cœur au frais pour la sauce. Retirer le cou et les manchons pour réaliser la sauce. Passer le caneton au chalumeau pour éliminer les plumes résiduelles et faire sécher parfaitement avec du papier absorbant. Brider le caneton et réserver.

Préchauffer le four à 230°. Faire chauffer la graisse de canard dans une cocotte en fonte et faire saisir les cuisses 3 minutes de chaque côté. Marquer rapidement les filets puis réserver sur une grille. Badigeonner les filets et les cuisses de miel. Passer le zeste d’orange et les épices au blender pour obtenir une concassée. Poudrer le caneton avec ce mélange, saler et poivrer. Disposer la moitié des feuilles au fond de la cocotte, ajouter le caneton et couvrir avec les feuilles restantes. Couvrir la cocotte et faire cuire pendant 14 minutes. Laisser reposer le caneton dans les feuilles pendant 15 minutes puis désosser entièrement.

2. Préparation de la sauce bigarade

Faire chauffer la graisse de canard dans une cocotte. Ajouter les manchons, le cou et la carcasse concassée. Faire vivement colorer puis réserver et dégraisser la cocotte. Ajouter le miel et le faire caraméliser. Mouiller avec le jus des bigarades et faire réduire de deux tiers. Mouiller de nouveau avec le jus d’orange et faire réduire de 3/4. Ajouter le jus de canard, remettre les morceaux de carcasse et porter à frémissement. Laisser mijoter pendant vingt cinq minutes. Vérifier l’assaisonnement, poivrer si nécessaire. Ajouter les feuilles d’oranger et laisser infuser pendant 5 minutes hors du feu. Chinoiser et réserver. Nettoyer et hacher finement le foie et le cœur du caneton, verser une cuillère à soupe de sauce chaude dessus et fouetter vivement. Remettre dans la sauce et laisser mijoter dix minutes. Chinoiser de nouveau.

3. Préparation de la maltaise

Laver puis écussonner les asperges. Réserver une partie des asperges pour les tailler plus tard à la mandoline. Égaliser les asperges en éliminant une partie des queues. Tailler les asperges restantes à la mandoline dans le sens de la longueur et réserver.

Faire chauffer une grande casserole d’eau bouillante fortement salée et faire cuire les asperges pendant 3 ou 4 minutes en fonction du calibre. Faire cuire les lamelles d’asperges pendant 30 secondes. Refroidir immédiatement dans une glaçante. Faire chauffer le beurre clarifié dans un sauteur et faire revenir les asperges pendant deux minutes pour parfaitement les enrober.

Faire réduire le vinaigre de deux tiers dans une petite casserole. Ajouter le vin et faire réduire de 3/4 puis le jus d’orange et le laisser réduire à nouveau de 3/4, incorporer le jaune d’œuf en fouettant vivement, monter au bain-marie comme un sabayon jusqu’à ce que le mélange soit mousseux mais souple. Poivrer et réserver.

4. Finitions et dressage

Disposer une cuillère de sauce maltaise au fond de l’assiette. Réchauffer les morceaux de canard au four pendant une minute. Disposer les asperges sur la sauce puis les lamelles au dessus. Ajouter les morceaux de canard, monter la sauce bigarade au beurre et servir bien chaud.

Bigarade de caneton © Renards Gourmets
Bigarade de caneton © Renards Gourmets
Bigarade de caneton © Renards Gourmets
Bigarade de caneton © Renards Gourmets
Bigarade de caneton © Renards Gourmets
Bigarade de caneton © Renards Gourmets
Bigarade de caneton © Renards Gourmets
Bigarade de caneton © Renards Gourmets
Bigarade de caneton © Renards Gourmets
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Pithiviers de perdreau aux truffes

Pithiviers de perdreau gris au foie gras et à la truffe, chou vert, chanterelles jaunes et sauce agrodolce, poire rôtie aux épices, endives

Pithiviers de perdreau © Renards Gourmets
4 personnes
difficulté : difficile
coût : cher
+/- 2 heures
+ une nuit de repos pour la pâte
 
Ingrédients :
 
Pour le pithiviers
 
1 perdreau gris
100 g de foie gras cru de canard
50 g de foie gras pour la farce
1 oignon confit
1 gousse d’ail confite
le foie du perdreau (ou de volaille)
200 g de gorge de porc
2 cuillères à soupe de cognac
2 cuillères à soupe d’eau-de-vie de sorbier des oiseleurs
2 cuillères à soupe de porto
30 g de pistaches mondées
sel
poivre Voatsiperifery
beurre
1 truffe noire de 40 g
200 g de chanterelles jaunes
1 petit chou vert
huile d’olive
gros sel
 
Pour la pâte

266 g de beurre mou
250 g de farine de blé T55
120 g de maïzena
10 g de sel
3 g de sucre
35 g d’œuf
80 ml d’eau
10 ml de vinaigre de vin blanc
jaunes d’œufs pour la dorure

 
Pour la sauce
 
2,5 cl de jus d’orange
25 g de miel d’arbousier
2,5 cl de vinaigre de Banyuls
5 cl de vin rouge
5 cl de Porto rouge
5 cl de jus de gibier à plumes
1 cuillère à café de cacao à 70%

8 grains de poivre sauvage

Pour la garniture

1 poire Curée
1 endive
mélange d’épices (clous de girofle, poivre du Sichuan, cannelle, gingembre, badiane, fenouil)
beurre demi-sel

Le pithiviers ou la tourte, sont des plats de grandes occasions. C’est une façon d’anoblir un mets de choix pour célébrer quelque chose. La croûte a beau être succulente, elle fut longtemps prétexte à protéger de la chaleur du four ce qui se trouvait à l’intérieur. Ces fins pithiviers de gibier sont toujours gage de fêtes chez nous et nous adorons les confectionner et les déguster. Ils se déclinent avec toutes les viandes et même avec du homard ou des noix de saint-jacques. La truffe est optionnelle mais contribue grandement à l’aspect festif du repas. On en trouve d’abordables sur les marchés dès le mois de décembre.

Avec cette recette vous réaliserez deux petits pithiviers pour 2 ou 4 personnes.

Se procurer de la viande de gibier :

Nous travaillons avec la société Picardie Venaison implantée à Compiègne dans l’Oise. Une maison réputée pour la fraîcheur de sa viande et la qualité du gibier sélectionné. Leur viande est principalement issue de réseaux de chasse des forêts et plaines de France.

1. Préparation de la pâte

La veille, crémer le beurre avec le sel et le sucre. Ajouter la maïzena et bien mélanger pour l’incorporer. Ajouter progressivement l’œuf, l’eau et le vinaigre. Homogénéiser l’ensemble. Tamiser la farine et l’incorporer par tiers. Rouler en boule et réserver au frais dans du film alimentaire.

2. Préparation de la farce

Brosser les chanterelles pour les nettoyer, les saisir à feu vif dans une sauteuse. Réserver, ajouter une noix de beurre, remettre les champignons pour en terminer la cuisson, saler et poivrer puis réserver.

Blanchir quatre feuilles de chou pendant 2 minutes dans une casserole d’eau bouillante très salée, rafraîchir immédiatement sur glace, égoutter et réserver.

Flamber et dépouiller le perdreau. Prélever les filets, ne pas conserver la peau. Retirer la fine pellicule qui se trouve dessus ainsi que le nerf. Réserver au frais. Désosser les cuisses, retirer la peau et les détailler en gros cubes. Ne pas conserver la peau des cuisses. Éliminer la pointe des filets et couper le reste en trois lanières égales. Ajouter la pointe à la viande des cuisses. Utiliser la carcasse pour réaliser un fond de gibier ou pour une autre préparation.

Couper la gorge de porc et le foie de perdreau en gros cubes. Couper les 100 g de foie gras en 4 lanières de la longueur de celles de perdreau. Placer dix minutes au congélateur sur une plaque pour bien refroidir les viandes avant de les passer au hachoir.

Placer tous les alcools dans une petite casserole, chauffer puis flamber, ajouter le sel et le poivre moulu et laisser refroidir à température ambiante.

Passer les viandes congelées au hachoir manuel. Ajouter le confit d’ail et d’oignons et l’alcool flambé. Bien mélanger et placer deux heures au réfrigérateur. Ajouter les pistaches et mélanger de nouveau.

3. Montage des pithiviers

Assaisonner les lanières de filets et le foie gras des deux côtés. Placer une feuille de papier de cuisson sur le plan de travail. A l’aide d’un emporte-pièce, détailler quatre cercles dans les feuilles de chou. Ces cercles donneront la dimension approximative du pithiviers. Prélever deux fois 40 g de farce puis déposer une première couche  sur le papier de cuisson. Faire de même pour le second pithiviers. Une feuille de chou, les champignons, puis les lanières de filet alternées avec celles de foie gras, puis la truffe brossée, pelée et taillée en fines lamelles sur le dessus. Ajouter l’autre feuille de chou.  Diviser la farce restante en deux, couvrir avec. Bien enfermer dans cette farce. Placer les deux demi sphères pendant 15 minutes au congélateur.

Préchauffer le four à 230°.

Fraiser le plan de travail, diviser la pâte en deux tiers, un tiers puis en deux. Réserver les plus grandes parties au frais. Étaler les plus grandes parties sur 4 mm d’épaisseur.

Récupérer les demi sphères de farce au congélateur, retirer le papier et placer celles-ci au centre des disques de pâte. Dorer les bords au jaune d’œuf et recouvrir des autres abaisses en chassant bien l’air. Fariner légèrement ses mains pour bien écraser et souder les bords. Couper le surplus de pâte à l’aide d’un emporte-pièce. Dorer les pithiviers, les décorer, faire des cheminées et les placer au congélateur 15 minutes de plus.

Enfourner pendant 20 minutes, puis laisser reposer une demi-heure au-dessus du four.

4. Préparation de la sauce et de la garniture

Faire caraméliser le miel, déglacer avec le vinaigre et faire réduire de deux tiers. Ajouter le  jus d’orange et faire réduire de 3/4 en écumant régulièrement. Mouiller avec le vin, le Porto et le jus et laisser mijoter jusqu’à ce que la sauce soit sirupeuse. Ajouter le cacao et le poivre, prolonger la cuisson de 5 minutes, chinoiser et réserver.

Découper la poire en quartiers, la poêler au beurre salé quelques minutes, ajouter le mélange d’épices au goût et laisser cuire quelques minutes. Faire de même avec l’endive coupée en deux. Tenir chaud.

5. Finitions et dressage

Remettre les pithiviers au four pendant 2 ou 3 minutes. Le temps d’attente aura permis à la farce de « tirer », c’est-à-dire de terminer sa cuisson sans agression. Couper en deux à l’aide d’un couteau à pain, ajouter un peu de sauce et les éléments de garniture, déguster bien chaud.

Pithiviers de perdreau © Renards Gourmets
Pithiviers de perdreau © Renards Gourmets
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Petit pâté chaud de chevreuil au foie gras

Petit pâté chaud de chevreuil au foie gras, sauce agrodolce à la goutte-de-sang, salades amères

Petit pâté chaud de chevreuil © Renards Gourmets
2/3 personnes
difficulté : difficile
coût : cher
+/- 2 heures
+ une nuit de repos pour la pâte
 
Ingrédients :
 
Pour la pâte

135 g de beurre mou

125 g de farine de blé T55
60 g de maïzena
5 g de sel
2 g de sucre
17 g d’œuf
40 ml d’eau
5 ml de vinaigre de vin blanc
jaunes d’œufs pour la dorure

Pour la sauce
 
2,5 cl de jus d’orange
25 g de miel d’arbousier
2,5 cl de vinaigre de Banyuls
5 cl de vin rouge
5 cl de Porto rouge
5 cl de jus de gibier à plumes
1 cuillère à café de gelée de coings
8 grains de poivre sauvage
3 baies de genièvre

Pour la farce

150 g de filet de chevreuil
100 g de foie gras cru de canard
50 g de foie gras pour la farce
1 oignon confit
1 gousse d’ail confite
1 gousse d’ail noir
un foie de volaille
150 g de gorge de porc
2 cuillères à soupe de cognac
2 cuillères à soupe de porto
2 cuillères à soupe de gin
poivre Voatsiperifery
3 baies de genièvre
1 petit chou vert de Milan
gros sel
sel

Le pâté en croûte est bien connu des gourmets dans sa version froide et en gelée, il est pourtant excellent chaud tout juste après sa cuisson. C’est une excellente façon de cuisiner le gibier et de le sublimer en y apportant une farce savoureuse et du foie gras. Ce pâté peut être agrémenté de truffes ou de champignons de saison. Nous aimons l’accompagner de salades amères. L’expression « à la goutte-de-sang » signifie qu’une goutte de sang s’échappe de la viande au moment de la découpe et vient enrichir la sauce.

1. Préparation de la pâte

La veille, crémer le beurre avec le sel et le sucre. Ajouter la maïzena et bien mélanger pour l’incorporer. Ajouter progressivement l’œuf, l’eau et le vinaigre. Homogénéiser l’ensemble. Tamiser la farine et l’incorporer par tiers. Rouler en boule et réserver au frais dans du film alimentaire.

2. Préparation de la sauce

Faire caraméliser le miel, déglacer avec le vinaigre et faire réduire de deux tiers. Ajouter le  jus d’orange et faire réduire de 3/4 en écumant régulièrement. Mouiller avec le vin, le Porto et le jus et laisser mijoter jusqu’à ce que la sauce soit sirupeuse. Ajouter la gelée , le poivre et les baies, prolonger la cuisson de 5 minutes, chinoiser et réserver.

3. Préparation de la farce

Blanchir deux feuilles de chou pendant 2 minutes dans une casserole d’eau bouillante très salée, rafraîchir immédiatement sur glace, égoutter et réserver.

Dénerver et dégraisser parfaitement le filet de chevreuil.

Couper la gorge de porc et le foie de volaille nettoyé en gros cubes. Former le foie gras en cercle à l’aide d’un emporte pièce. Placer dix minutes au congélateur sur une plaque pour bien refroidir les viandes avant de les passer au hachoir.

Placer tous les alcools dans une petite casserole, chauffer puis flamber, ajouter le sel, le poivre moulu et les baies concassées et laisser refroidir à température ambiante.

Passer les viandes congelées au hachoir manuel. Ajouter le confit d’ail et d’oignons et l’alcool flambé. Bien mélanger et placer deux heures au réfrigérateur.

Assaisonner le filet et le foie gras de sel et de poivre des deux côtés.

Découper le chou en cercles à l’aide d’un emporte pièce.

Disposer une couche de farce sur du papier cuisson, couvrir d’une feuille de chou puis du filet de chevreuil, du foie gras, d’une nouvelle couche de chou et enfin du restant de farce en emprisonnant bien la viande et le chou. Filmer et placer 15 minutes au congélateur.

Préchauffer le four à 230°.

Fraiser le plan de travail, diviser la pâte en deux tiers, un tiers. Étaler sur 4 mm d’épaisseur.

Récupérer la demi sphère de farce au congélateur, retirer le papier et placer celle-ci au centre du disque de pâte. Dorer les bords au jaune d’œuf et recouvrir de l’autre abaisse en chassant bien l’air. Fariner légèrement ses mains pour bien écraser et souder les bords. Couper le surplus de pâte à l’aide d’un emporte-pièce. Dorer le pâté, le décorer, faire une cheminée et placer au congélateur 15 minutes de plus.

Placer une sonde et faire cuire jusqu’à ce que la température interne atteigne 48°. Réserver hors du four pendant 30 minutes jusqu’à ce que la température interne atteigne 55° puis réchauffer deux ou trois minutes.

4. Finitions et dressage

Monter la sauce au beurre, couper le pâté en deux ou trois et servir bien chaud.

Petit pâté chaud de chevreuil © Renards Gourmets
Petit pâté chaud de chevreuil © Renards Gourmets
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Museto du Frioul aux lentilles vertes

Museto de Spilimbergo aux lentilles parfumées de verjus et d'épices comme au Moyen-Âge

Museto aux lentilles © Renards Gourmets
4 personnes
difficulté : moyen
coût : moyen
+/- 2 heures
 
Ingrédients :

1 museto artisanal Lovison
 
Pour les lentilles

1 carotte
1 poireau crayon
1 oignon blanc
1 navet
3 gousses d’ail
1 verre de lentilles du Puy
2 feuilles de laurier
3 clous de girofle
3 baies de genièvre
1 cuillère à café de curcuma
1 branche d’estragon
1 bâton de cannelle de Ceylan
(plus subtile que la cannelle de Chine)

1 cuillère à café de miel de châtaignier
1 cuillère à café de grains de poivre vert
1 verre de verjus du Périgord
bouillon de volaille
estragon frais
moutarde au poivre vert
2 oignons frais

Le museto (museto en langue vénitienne, muset en langue frioulane) est une spécialité charcutière proche du cotechino. Comme ce dernier on l’accompagne généralement de lentilles pour le réveillon de Noël. Manger deux cuillères de lentilles apporterait la fortune d’après la croyance locale.

Contrairement au cotechino, le museto contient des parties de la tête de porc d’où il tire son nom. On y ajoute généralement de nombreuses épices typiques de la cuisine de la région, cannelle, muscade, girofle. L’ensemble est pilé et introduit dans un boyau avant d’être cuit deux heures dans une eau frémissante. Ce museto artisanal provient de chez Lovison dans la ville de Spilimbergo au Frioul. Nous nous le procurons chez Rap au moment des fêtes de fin d’année.

Cette recette de lentilles s’inspire de la papauté avignonnaise. Au XIVe siècle, la papauté se concentre en Avignon. À l’époque on apprécie une cuisine douce et épicée, c’est aussi l’occasion de rappeler son statut dans la société. En effet les épices coûtaient très cher en ce temps-là. Le roi de toutes les épices est le safran bien entendu mais la terra merita est fort appréciée, on l’appelle aujourd’hui le curcuma.

Ce parfum d’épices s’accorde très bien avec le museto et la présence d’estragon et d’oignons frais apporte beaucoup de fraîcheur.

Ce ragoût de lentilles est très original et accompagne très bien les viandes blanches comme la volaille ou le porc mais aussi certains poissons ou les œufs. Il se consomme très bien seul dans le cas d’un repas végétarien.

Nous utilisons le verjus du Domaine de Siorac, un produit naturel et sans conservateur, récolté et réalisé manuellement à partir d’un cépage local nommé « Périgord », filtré sur céramique et conservé à basse température.

Nous aimons déguster nos lentilles et notre museto avec une bouteille de Gewurztraminer, Demoiselle de chez Rietsch (2017).

1. Préparation du museto

Retirer le museto de son emballage, le disposer dans une grande casserole d’eau froide. Porter doucement à ébullition, baisser puis laisser cuire deux heures à feu doux. (Le museto peut être piqué pour qu’une partie de la matière grasse qu’il contient s’élimine dans l’eau. Nous préférons ne pas le faire).

2. Préparation des lentilles

Faire chauffer de l’huile d’olive dans une cocotte. Détailler la carotte, l’oignon et le navet en brunoise. Ciseler finement le poireau. Ajouter tous les légumes à la cocotte pour les faire suer, puis les gousses d’ail claquées et réduites en purée et enfin les lentilles soigneusement rincées, le laurier concassé, les clous de girofle broyés, les baies de genièvre écrasées, le curcuma, la branche d’estragon ciselée, le bâton de cannelle, le miel et le poivre vert. Bien mélanger et déglacer avec le verjus, laisser réduire d’un tiers et ajouter 2 verres de bouillon de volaille. Saler légèrement et laisser mijoter 35 minutes à découvert.

En fin de cuisson, ajouter 1 cuillère à soupe de moutarde, le reste d’estragon finement et les oignons frais finement ciselés. Bien mélanger et servir chaud. Éliminer la peau du museto, couper en tranche et disposer dessus sur un plat de service.

Museto aux lentilles © Renards Gourmets
Museto aux lentilles © Renards Gourmets
Museto aux lentilles © Renards Gourmets
Museto aux lentilles © Renards Gourmets
Museto aux lentilles © Renards Gourmets
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