Bigarade de caneton, maltaise d’asperges

Bigarade de caneton à la goutte-de-sang d'après J.C Doyen de Trianon, maltaise d'asperges

Bigarade de caneton © Renards Gourmets
2 personnes
difficulté : moyen
coût : moyen
+/- 2 heures
 
Ingrédients :
 
Pour le caneton
 
1 caneton croisé mi-sauvage
25 g de graisse de canard
une poignée de feuilles d’oranger
miel de clémentinier
le zeste séché d’une orange
fleur de sel
poivre sauvage Voatsiperifery
poivre des cimes
1 cuillère à café de baies du Sichuan, de graines de coriandre, de graines de cumin
 
Pour la bigarade

3 oranges bigarade
2 oranges à jus
5 g de miel de clémentinier
8 feuilles d’oranger
25 g de graisse de canard
abattis du caneton
foie et cœur du caneton
5 cl de jus de canard
poivre sauvage Voatsiperifery
 
Pour la maltaise
 
une botte d’asperges d’Argenteuil
2,5 cl de vin blanc sec
2,5 cl de vinaigre de Banyuls
100 g de beurre clarifié
fleur de sel
poivre blanc du Penja
1 orange
1 jaune d’œuf

Si le canard à l’orange est un classique de la cuisine bourgeoise française, il est aujourd’hui fortement décrié par les restaurateurs. On considère souvent que l’invention de ce plat serait due au legs de A. Viard, auteur de Le Cuisinier royal ou l’art de faire la cuisine (1820) ou encore à René Lasserre dans les années 40. Pourtant l’origine du canard à l’orange est bien plus ancienne. En Italie on prétend qu’au XVIe siècle, Catherine de Médicis aurait importée en France une recette de Padoue « Papera alla frutta« . Cette recette padovane est mentionnée par Mattia Gieger dans un ouvrage appelé I tre trattani (Les Trois Traités) et date de 1639 mais on ne trouve pas de traces antérieures à celle-ci en Italie. Dans la région de Séville en Espagne, on prépare également une recette à base de canard Mut del Penedes avec des oranges de la région, les célèbres Bigarades (ou oranges de Séville). La cuisine dite espagnole étant très en vogue à la Cour de France depuis le mariage de Louis XIV avec Marie-Thérèse d’Autriche la fille du roi d’Espagne Philippe IV on peut supposer que la recette fut introduite ainsi par des officiers de bouche tels que Pierre de Lune.. On connaît également le goût de la reine Marie-Antoinette pour le canard et plus exactement le caneton et on trouve mentions du caneton à la bigarade au XVIIIe siècle dans les ouvrages traitants de la cuisine dite aristocratique. J.C Doyen, cousin du peintre Gabriel-François Doyen et amant d’Elisabeth Vigée Lebrun était l’un des écuyers de bouche de la reine à Trianon. On sait finalement peu de choses sur ce cuisinier sinon qu’il est né à Versailles, rue Nicaise et qu’il fut exécuté le 20 mai 1794 pour avoir conspiré contre la république en composant des ouvrages contre révolutionnaires. On sait également que Louis XV possédait une vaste collection de plantes rares et de vergers sur le domaine (collection aujourd’hui disparue) et qu’en plus de l’orangerie il y avait bien des bigaradiers à Versailles.

Le mot bigarade vient du provençal bigarrat qui signifie bariolé. Olivier de Serre mentionne l’arbre fruitier en 1600 « parmi les sortes d’orangers croissants en Provence est le Cornut ou Bigarrat… ». Si nous connaissons aujourd’hui 4,000 variétés d’agrumes dans le monde, à l’origine il n’y avait que la mandarine, le cédrat, le papeda et le pamplemousse. La bigarade est issue du croisement du pamplemousse et de la mandarine. Son origine pourrait se situer au sud de l’Himalaya, il aurait été acclimaté en Mésopotamie car transporté par les Arabes depuis l’Inde au Xe siècle. Le bigaradier sera introduit plus tard en Syrie mais aussi en Sicile, al Andalus puis Malaga et Grenade. Il était autrefois cultivé comme plante décorative et parfumée on en compte quelques uns dans la cour de la grande mosquée de Cordoue. Ibn al-Awâm conseille la bigarade en cuisine pour ses vertus digestives et diurétiques. Plus tard les Espagnols introduirons l’arbre fruitier jusqu’en Floride.

Nous avons essayé de nous inspirer de ces nombreuses recettes en respectant les grandes lignes énoncées ci et là. Pour se faire nous avons employé un caneton croisé issu de l’union de colverts (canards sauvages) et de canes de Chine ou encore de Kaki Campbell. Élevés à Challans dans la région de Nantes, ces canetons possèdent un goût fin et délicat. On parle ici de canetons abattus comme les pigeonneaux, c’est-à-dire « au sang ». Les canetons sont étouffés pour conserver tout leur sang à l’intérieur des chairs ce qui les rends plus tendres et parfumés. C’est avec ce procédé d’abattage d’origine rouennaise que l’on prépare le célèbre Canard au sang de la Tour d’Argent. En employant une presse à canard on peut ainsi récupérer tout le sang de l’animal pour lier la sauce au dernier moment. On sait que Marie-Antoinette consommait ses canetons ainsi.

Nous avons eu la chance de nous procurer de véritables bigarades grâce à l’Agrumiste installé au cœur de l’authentique Jardin des Hespérides dans la région de Fès au Maroc mais faute de bigarades on pourra employer des oranges amères pour la réalisation de cette recette (ou utiliser un mélange d’oranges et de pamplemousses).

Dans les restaurants et les brasseries Françaises, lorsque le canard à l’orange figure encore à la carte, vestige d’un temps passé, il est généralement accompagné de pommes soufflées ou de riz. La saison des bigarades arrivant à la fin de l’hiver et au début du printemps nous nous sommes intéressé à une recette maltaise, celle des asperges blanches. En effet sur l’île de Malte les asperges sont préparées dans une sauce à l’orange. Les différentes saveurs s’accordent très bien avec le goût raffiné du caneton. Nous avons donc profité de l’arrivage de magnifiques asperges blanches d’Argenteuil sur les étals. Plus avant dans l’hiver on pourra également accompagner ce plat d’endives de pleine terre braisées dans une réduction de jus d’orange.

Nous avons souhaité laquer la peau du canard avec un miel de clémentinier (son goût rappelant d’avantage celui des agrumes que le miel d’oranger) et l’enrichir de quelques épices telles que des graines concassées de coriandre, de cumin, des baies du Sichuan et des zestes d’oranges séchés. Les épices étant très en vogue dans la cuisine aristocratique nous avons jugé opportun de les employer ici. Le caneton peut également être rôti et présenté sur un lit de feuilles d’oranger, celles-ci entrent aussi dans la composition de la sauce. Cet apport n’est pas indispensable mais renforce l’amertume du plat. Pour s’approcher d’avantage du goût du XVIIIe siècle on peut également suspendre le caneton par le bec et le laisser maturer ainsi au frais pendant une dizaine de jours. Cette pratique revient à la mode dans les cuisines de nombreux restaurants et apporte beaucoup de tendreté à la viande, il faut néanmoins posséder un réfrigérateur ventilé ainsi qu’une grille et un crochet. Faute de caneton on pourra remplacer celui-ci par un colvert ou encore une canette en adaptant la cuisson de celle-ci et surtout en la faisant pocher quelques minutes dans une casserole d’eau frémissante pour la dégraisser. Cette étape déjà connue des Romains s’emploie toujours aujourd’hui.

Nous avons dégusté ce plat avec une bouteille de la Badinerie du Pech de Magali Tissot et Ludovic Bonnelle (2004). Cet assemblage des plus vieilles vignes du domaine (Merlot, Cabernet Franc et Cabernet Sauvignon) est vinifié en cuves de bois par foulage aux pieds. L’élevage est réalisé pendant deux ans en demi-muids sur lie totale. Ce vin exceptionnel nécessite au moins deux heures de carafage et s’apprécie lors de célébrations et de grandes fêtes.

1. Préparation du caneton

Réserver le gésier du caneton pour une autre préparation. Éliminer les palmes au niveau des jointures ainsi que la tête. Réserver le foie et le cœur au frais pour la sauce. Retirer le cou et les manchons pour réaliser la sauce. Passer le caneton au chalumeau pour éliminer les plumes résiduelles et faire sécher parfaitement avec du papier absorbant. Brider le caneton et réserver.

Préchauffer le four à 230°. Faire chauffer la graisse de canard dans une cocotte en fonte et faire saisir les cuisses 3 minutes de chaque côté. Marquer rapidement les filets puis réserver sur une grille. Badigeonner les filets et les cuisses de miel. Passer le zeste d’orange et les épices au blender pour obtenir une concassée. Poudrer le caneton avec ce mélange, saler et poivrer. Disposer la moitié des feuilles au fond de la cocotte, ajouter le caneton et couvrir avec les feuilles restantes. Couvrir la cocotte et faire cuire pendant 14 minutes. Laisser reposer le caneton dans les feuilles pendant 15 minutes puis désosser entièrement.

2. Préparation de la sauce bigarade

Faire chauffer la graisse de canard dans une cocotte. Ajouter les manchons, le cou et la carcasse concassée. Faire vivement colorer puis réserver et dégraisser la cocotte. Ajouter le miel et le faire caraméliser. Mouiller avec le jus des bigarades et faire réduire de deux tiers. Mouiller de nouveau avec le jus d’orange et faire réduire de 3/4. Ajouter le jus de canard, remettre les morceaux de carcasse et porter à frémissement. Laisser mijoter pendant vingt cinq minutes. Vérifier l’assaisonnement, poivrer si nécessaire. Ajouter les feuilles d’oranger et laisser infuser pendant 5 minutes hors du feu. Chinoiser et réserver. Nettoyer et hacher finement le foie et le cœur du caneton, verser une cuillère à soupe de sauce chaude dessus et fouetter vivement. Remettre dans la sauce et laisser mijoter dix minutes. Chinoiser de nouveau.

3. Préparation de la maltaise

Laver puis écussonner les asperges. Réserver une partie des asperges pour les tailler plus tard à la mandoline. Égaliser les asperges en éliminant une partie des queues. Tailler les asperges restantes à la mandoline dans le sens de la longueur et réserver.

Faire chauffer une grande casserole d’eau bouillante fortement salée et faire cuire les asperges pendant 3 ou 4 minutes en fonction du calibre. Faire cuire les lamelles d’asperges pendant 30 secondes. Refroidir immédiatement dans une glaçante. Faire chauffer le beurre clarifié dans un sauteur et faire revenir les asperges pendant deux minutes pour parfaitement les enrober.

Faire réduire le vinaigre de deux tiers dans une petite casserole. Ajouter le vin et faire réduire de 3/4 puis le jus d’orange et le laisser réduire à nouveau de 3/4, incorporer le jaune d’œuf en fouettant vivement, monter au bain-marie comme un sabayon jusqu’à ce que le mélange soit mousseux mais souple. Poivrer et réserver.

4. Finitions et dressage

Disposer une cuillère de sauce maltaise au fond de l’assiette. Réchauffer les morceaux de canard au four pendant une minute. Disposer les asperges sur la sauce puis les lamelles au dessus. Ajouter les morceaux de canard, monter la sauce bigarade au beurre et servir bien chaud.

Bigarade de caneton © Renards Gourmets
Bigarade de caneton © Renards Gourmets
Bigarade de caneton © Renards Gourmets
Bigarade de caneton © Renards Gourmets
Bigarade de caneton © Renards Gourmets
Bigarade de caneton © Renards Gourmets
Bigarade de caneton © Renards Gourmets
Bigarade de caneton © Renards Gourmets
Bigarade de caneton © Renards Gourmets
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Pithiviers de perdreau aux truffes

Pithiviers de perdreau gris au foie gras et à la truffe, chou vert, chanterelles jaunes et sauce agrodolce, poire rôtie aux épices, endives

Pithiviers de perdreau © Renards Gourmets
4 personnes
difficulté : difficile
coût : cher
+/- 2 heures
+ une nuit de repos pour la pâte
 
Ingrédients :
 
Pour le pithiviers
 
1 perdreau gris
100 g de foie gras cru de canard
50 g de foie gras pour la farce
1 oignon confit
1 gousse d’ail confite
le foie du perdreau (ou de volaille)
200 g de gorge de porc
2 cuillères à soupe de cognac
2 cuillères à soupe d’eau-de-vie de sorbier des oiseleurs
2 cuillères à soupe de porto
30 g de pistaches mondées
sel
poivre Voatsiperifery
beurre
1 truffe noire de 40 g
200 g de chanterelles jaunes
1 petit chou vert
huile d’olive
gros sel
 
Pour la pâte

266 g de beurre mou
250 g de farine de blé T55
120 g de maïzena
10 g de sel
3 g de sucre
35 g d’œuf
80 ml d’eau
10 ml de vinaigre de vin blanc
jaunes d’œufs pour la dorure

 
Pour la sauce
 
2,5 cl de jus d’orange
25 g de miel d’arbousier
2,5 cl de vinaigre de Banyuls
5 cl de vin rouge
5 cl de Porto rouge
5 cl de jus de gibier à plumes
1 cuillère à café de cacao à 70%

8 grains de poivre sauvage

Pour la garniture

1 poire Curée
1 endive
mélange d’épices (clous de girofle, poivre du Sichuan, cannelle, gingembre, badiane, fenouil)
beurre demi-sel

Le pithiviers ou la tourte, sont des plats de grandes occasions. C’est une façon d’anoblir un mets de choix pour célébrer quelque chose. La croûte a beau être succulente, elle fut longtemps prétexte à protéger de la chaleur du four ce qui se trouvait à l’intérieur. Ces fins pithiviers de gibier sont toujours gage de fêtes chez nous et nous adorons les confectionner et les déguster. Ils se déclinent avec toutes les viandes et même avec du homard ou des noix de saint-jacques. La truffe est optionnelle mais contribue grandement à l’aspect festif du repas. On en trouve d’abordables sur les marchés dès le mois de décembre.

Avec cette recette vous réaliserez deux petits pithiviers pour 2 ou 4 personnes.

Se procurer de la viande de gibier :

Nous travaillons avec la société Picardie Venaison implantée à Compiègne dans l’Oise. Une maison réputée pour la fraîcheur de sa viande et la qualité du gibier sélectionné. Leur viande est principalement issue de réseaux de chasse des forêts et plaines de France.

1. Préparation de la pâte

La veille, crémer le beurre avec le sel et le sucre. Ajouter la maïzena et bien mélanger pour l’incorporer. Ajouter progressivement l’œuf, l’eau et le vinaigre. Homogénéiser l’ensemble. Tamiser la farine et l’incorporer par tiers. Rouler en boule et réserver au frais dans du film alimentaire.

2. Préparation de la farce

Brosser les chanterelles pour les nettoyer, les saisir à feu vif dans une sauteuse. Réserver, ajouter une noix de beurre, remettre les champignons pour en terminer la cuisson, saler et poivrer puis réserver.

Blanchir quatre feuilles de chou pendant 2 minutes dans une casserole d’eau bouillante très salée, rafraîchir immédiatement sur glace, égoutter et réserver.

Flamber et dépouiller le perdreau. Prélever les filets, ne pas conserver la peau. Retirer la fine pellicule qui se trouve dessus ainsi que le nerf. Réserver au frais. Désosser les cuisses, retirer la peau et les détailler en gros cubes. Ne pas conserver la peau des cuisses. Éliminer la pointe des filets et couper le reste en trois lanières égales. Ajouter la pointe à la viande des cuisses. Utiliser la carcasse pour réaliser un fond de gibier ou pour une autre préparation.

Couper la gorge de porc et le foie de perdreau en gros cubes. Couper les 100 g de foie gras en 4 lanières de la longueur de celles de perdreau. Placer dix minutes au congélateur sur une plaque pour bien refroidir les viandes avant de les passer au hachoir.

Placer tous les alcools dans une petite casserole, chauffer puis flamber, ajouter le sel et le poivre moulu et laisser refroidir à température ambiante.

Passer les viandes congelées au hachoir manuel. Ajouter le confit d’ail et d’oignons et l’alcool flambé. Bien mélanger et placer deux heures au réfrigérateur. Ajouter les pistaches et mélanger de nouveau.

3. Montage des pithiviers

Assaisonner les lanières de filets et le foie gras des deux côtés. Placer une feuille de papier de cuisson sur le plan de travail. A l’aide d’un emporte-pièce, détailler quatre cercles dans les feuilles de chou. Ces cercles donneront la dimension approximative du pithiviers. Prélever deux fois 40 g de farce puis déposer une première couche  sur le papier de cuisson. Faire de même pour le second pithiviers. Une feuille de chou, les champignons, puis les lanières de filet alternées avec celles de foie gras, puis la truffe brossée, pelée et taillée en fines lamelles sur le dessus. Ajouter l’autre feuille de chou.  Diviser la farce restante en deux, couvrir avec. Bien enfermer dans cette farce. Placer les deux demi sphères pendant 15 minutes au congélateur.

Préchauffer le four à 230°.

Fraiser le plan de travail, diviser la pâte en deux tiers, un tiers puis en deux. Réserver les plus grandes parties au frais. Étaler les plus grandes parties sur 4 mm d’épaisseur.

Récupérer les demi sphères de farce au congélateur, retirer le papier et placer celles-ci au centre des disques de pâte. Dorer les bords au jaune d’œuf et recouvrir des autres abaisses en chassant bien l’air. Fariner légèrement ses mains pour bien écraser et souder les bords. Couper le surplus de pâte à l’aide d’un emporte-pièce. Dorer les pithiviers, les décorer, faire des cheminées et les placer au congélateur 15 minutes de plus.

Enfourner pendant 20 minutes, puis laisser reposer une demi-heure au-dessus du four.

4. Préparation de la sauce et de la garniture

Faire caraméliser le miel, déglacer avec le vinaigre et faire réduire de deux tiers. Ajouter le  jus d’orange et faire réduire de 3/4 en écumant régulièrement. Mouiller avec le vin, le Porto et le jus et laisser mijoter jusqu’à ce que la sauce soit sirupeuse. Ajouter le cacao et le poivre, prolonger la cuisson de 5 minutes, chinoiser et réserver.

Découper la poire en quartiers, la poêler au beurre salé quelques minutes, ajouter le mélange d’épices au goût et laisser cuire quelques minutes. Faire de même avec l’endive coupée en deux. Tenir chaud.

5. Finitions et dressage

Remettre les pithiviers au four pendant 2 ou 3 minutes. Le temps d’attente aura permis à la farce de « tirer », c’est-à-dire de terminer sa cuisson sans agression. Couper en deux à l’aide d’un couteau à pain, ajouter un peu de sauce et les éléments de garniture, déguster bien chaud.

Pithiviers de perdreau © Renards Gourmets
Pithiviers de perdreau © Renards Gourmets
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Petit pâté chaud de chevreuil au foie gras

Petit pâté chaud de chevreuil au foie gras, sauce agrodolce à la goutte-de-sang, salades amères

Petit pâté chaud de chevreuil © Renards Gourmets
2/3 personnes
difficulté : difficile
coût : cher
+/- 2 heures
+ une nuit de repos pour la pâte
 
Ingrédients :
 
Pour la pâte

135 g de beurre mou

125 g de farine de blé T55
60 g de maïzena
5 g de sel
2 g de sucre
17 g d’œuf
40 ml d’eau
5 ml de vinaigre de vin blanc
jaunes d’œufs pour la dorure

Pour la sauce
 
2,5 cl de jus d’orange
25 g de miel d’arbousier
2,5 cl de vinaigre de Banyuls
5 cl de vin rouge
5 cl de Porto rouge
5 cl de jus de gibier à plumes
1 cuillère à café de gelée de coings
8 grains de poivre sauvage
3 baies de genièvre

Pour la farce

150 g de filet de chevreuil
100 g de foie gras cru de canard
50 g de foie gras pour la farce
1 oignon confit
1 gousse d’ail confite
1 gousse d’ail noir
un foie de volaille
150 g de gorge de porc
2 cuillères à soupe de cognac
2 cuillères à soupe de porto
2 cuillères à soupe de gin
poivre Voatsiperifery
3 baies de genièvre
1 petit chou vert de Milan
gros sel
sel

Le pâté en croûte est bien connu des gourmets dans sa version froide et en gelée, il est pourtant excellent chaud tout juste après sa cuisson. C’est une excellente façon de cuisiner le gibier et de le sublimer en y apportant une farce savoureuse et du foie gras. Ce pâté peut être agrémenté de truffes ou de champignons de saison. Nous aimons l’accompagner de salades amères. L’expression « à la goutte-de-sang » signifie qu’une goutte de sang s’échappe de la viande au moment de la découpe et vient enrichir la sauce.

1. Préparation de la pâte

La veille, crémer le beurre avec le sel et le sucre. Ajouter la maïzena et bien mélanger pour l’incorporer. Ajouter progressivement l’œuf, l’eau et le vinaigre. Homogénéiser l’ensemble. Tamiser la farine et l’incorporer par tiers. Rouler en boule et réserver au frais dans du film alimentaire.

2. Préparation de la sauce

Faire caraméliser le miel, déglacer avec le vinaigre et faire réduire de deux tiers. Ajouter le  jus d’orange et faire réduire de 3/4 en écumant régulièrement. Mouiller avec le vin, le Porto et le jus et laisser mijoter jusqu’à ce que la sauce soit sirupeuse. Ajouter la gelée , le poivre et les baies, prolonger la cuisson de 5 minutes, chinoiser et réserver.

3. Préparation de la farce

Blanchir deux feuilles de chou pendant 2 minutes dans une casserole d’eau bouillante très salée, rafraîchir immédiatement sur glace, égoutter et réserver.

Dénerver et dégraisser parfaitement le filet de chevreuil.

Couper la gorge de porc et le foie de volaille nettoyé en gros cubes. Former le foie gras en cercle à l’aide d’un emporte pièce. Placer dix minutes au congélateur sur une plaque pour bien refroidir les viandes avant de les passer au hachoir.

Placer tous les alcools dans une petite casserole, chauffer puis flamber, ajouter le sel, le poivre moulu et les baies concassées et laisser refroidir à température ambiante.

Passer les viandes congelées au hachoir manuel. Ajouter le confit d’ail et d’oignons et l’alcool flambé. Bien mélanger et placer deux heures au réfrigérateur.

Assaisonner le filet et le foie gras de sel et de poivre des deux côtés.

Découper le chou en cercles à l’aide d’un emporte pièce.

Disposer une couche de farce sur du papier cuisson, couvrir d’une feuille de chou puis du filet de chevreuil, du foie gras, d’une nouvelle couche de chou et enfin du restant de farce en emprisonnant bien la viande et le chou. Filmer et placer 15 minutes au congélateur.

Préchauffer le four à 230°.

Fraiser le plan de travail, diviser la pâte en deux tiers, un tiers. Étaler sur 4 mm d’épaisseur.

Récupérer la demi sphère de farce au congélateur, retirer le papier et placer celle-ci au centre du disque de pâte. Dorer les bords au jaune d’œuf et recouvrir de l’autre abaisse en chassant bien l’air. Fariner légèrement ses mains pour bien écraser et souder les bords. Couper le surplus de pâte à l’aide d’un emporte-pièce. Dorer le pâté, le décorer, faire une cheminée et placer au congélateur 15 minutes de plus.

Placer une sonde et faire cuire jusqu’à ce que la température interne atteigne 48°. Réserver hors du four pendant 30 minutes jusqu’à ce que la température interne atteigne 55° puis réchauffer deux ou trois minutes.

4. Finitions et dressage

Monter la sauce au beurre, couper le pâté en deux ou trois et servir bien chaud.

Petit pâté chaud de chevreuil © Renards Gourmets
Petit pâté chaud de chevreuil © Renards Gourmets
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Museto du Frioul aux lentilles vertes

Museto de Spilimbergo aux lentilles parfumées de verjus et d'épices comme au Moyen-Âge

Museto aux lentilles © Renards Gourmets
4 personnes
difficulté : moyen
coût : moyen
+/- 2 heures
 
Ingrédients :

1 museto artisanal Lovison
 
Pour les lentilles

1 carotte
1 poireau crayon
1 oignon blanc
1 navet
3 gousses d’ail
1 verre de lentilles du Puy
2 feuilles de laurier
3 clous de girofle
3 baies de genièvre
1 cuillère à café de curcuma
1 branche d’estragon
1 bâton de cannelle de Ceylan
(plus subtile que la cannelle de Chine)

1 cuillère à café de miel de châtaignier
1 cuillère à café de grains de poivre vert
1 verre de verjus du Périgord
bouillon de volaille
estragon frais
moutarde au poivre vert
2 oignons frais

Le museto (museto en langue vénitienne, muset en langue frioulane) est une spécialité charcutière proche du cotechino. Comme ce dernier on l’accompagne généralement de lentilles pour le réveillon de Noël. Manger deux cuillères de lentilles apporterait la fortune d’après la croyance locale.

Contrairement au cotechino, le museto contient des parties de la tête de porc d’où il tire son nom. On y ajoute généralement de nombreuses épices typiques de la cuisine de la région, cannelle, muscade, girofle. L’ensemble est pilé et introduit dans un boyau avant d’être cuit deux heures dans une eau frémissante. Ce museto artisanal provient de chez Lovison dans la ville de Spilimbergo au Frioul. Nous nous le procurons chez Rap au moment des fêtes de fin d’année.

Cette recette de lentilles s’inspire de la papauté avignonnaise. Au XIVe siècle, la papauté se concentre en Avignon. À l’époque on apprécie une cuisine douce et épicée, c’est aussi l’occasion de rappeler son statut dans la société. En effet les épices coûtaient très cher en ce temps-là. Le roi de toutes les épices est le safran bien entendu mais la terra merita est fort appréciée, on l’appelle aujourd’hui le curcuma.

Ce parfum d’épices s’accorde très bien avec le museto et la présence d’estragon et d’oignons frais apporte beaucoup de fraîcheur.

Ce ragoût de lentilles est très original et accompagne très bien les viandes blanches comme la volaille ou le porc mais aussi certains poissons ou les œufs. Il se consomme très bien seul dans le cas d’un repas végétarien.

Nous utilisons le verjus du Domaine de Siorac, un produit naturel et sans conservateur, récolté et réalisé manuellement à partir d’un cépage local nommé « Périgord », filtré sur céramique et conservé à basse température.

Nous aimons déguster nos lentilles et notre museto avec une bouteille de Gewurztraminer, Demoiselle de chez Rietsch (2017).

1. Préparation du museto

Retirer le museto de son emballage, le disposer dans une grande casserole d’eau froide. Porter doucement à ébullition, baisser puis laisser cuire deux heures à feu doux. (Le museto peut être piqué pour qu’une partie de la matière grasse qu’il contient s’élimine dans l’eau. Nous préférons ne pas le faire).

2. Préparation des lentilles

Faire chauffer de l’huile d’olive dans une cocotte. Détailler la carotte, l’oignon et le navet en brunoise. Ciseler finement le poireau. Ajouter tous les légumes à la cocotte pour les faire suer, puis les gousses d’ail claquées et réduites en purée et enfin les lentilles soigneusement rincées, le laurier concassé, les clous de girofle broyés, les baies de genièvre écrasées, le curcuma, la branche d’estragon ciselée, le bâton de cannelle, le miel et le poivre vert. Bien mélanger et déglacer avec le verjus, laisser réduire d’un tiers et ajouter 2 verres de bouillon de volaille. Saler légèrement et laisser mijoter 35 minutes à découvert.

En fin de cuisson, ajouter 1 cuillère à soupe de moutarde, le reste d’estragon finement et les oignons frais finement ciselés. Bien mélanger et servir chaud. Éliminer la peau du museto, couper en tranche et disposer dessus sur un plat de service.

Museto aux lentilles © Renards Gourmets
Museto aux lentilles © Renards Gourmets
Museto aux lentilles © Renards Gourmets
Museto aux lentilles © Renards Gourmets
Museto aux lentilles © Renards Gourmets
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Tortellini in brodo di capone

Tortellini in brodo di capone

Tortellini in brodo © Renards Gourmets
7/8 personnes
difficulté : moyen
coût : cher
+/- 4 heures
+ une nuit de repos
 
Ingrédients :
 
Pour la farce
 
100 g de filet de veau
100 g de filet de porc
1 brin de romarin
1 brin de sauge
beurre
huile d’olive
fleur de sel
100 g de mortadelle de Bologne
100 g de saucisse Luganega
100 g de prosciutto de Modène
100 g de parmesan
1 pincée de poivre de la Jamaïque
1 pincée de muscade
1 œuf entier
 
Pour la pâte fraîche aux œufs

500 g de farine type 00
5 œufs très frais

une pincée de sel

Pour le consommé de chapon
 
1 chapon
2 carottes
2 poireaux
2 côtes de céleri
1 oignon piqué de 3 clous de girofle
30 g de gros sel
10 l d’eau
4 feuilles de laurier
1 brin de sauge
1 pincée de poivre blanc du Penja
1 pincée de poivre de la Jamaïque

4 blancs d’œufs

Prononcez le mot « tortellini » devant un Italien et vous aurez un ami. Ce plat est une véritable opération militaire où chacun peut jouer un rôle déterminent. Telle un général la grand mère supervise pendant que tout le monde s’affaire. La qualité des ingrédients est essentielle et c’est pourquoi nous nous procurons toujours notre parmesan et nos charcuteries chez Rap à Paris. Il faut savoir qu’en Italie les tortellini in brodo sont un incontournable des fêtes de fin d’année.

Nous avons quasiment tous dans nos familles une personne passionnée de cuisine, le ou la gastronome en charge de régaler la meute. Et ce dernier a en général quelques spécialités. Pour Esther dont le père est vénitien, les tortellini lui rappellent sa tante, la Zia Laura, qui en réalisait de folles quantités pour contenter toute sa petite famille. Les tortellini in brodo, les gnocchi, le risotto aux petits pois, les escalopes milanaises, et toutes sortes de pâtes, sauces les accompagnant et risotti, sont des plats qui ne peuvent que rappeler à Esther ses séjours d’enfance à Cremona chez sa zia. Et que de beaux souvenirs… La table de la cuisine se remplissant à une vitesse incroyable de ces délices transalpins. Et Esther se souvient encore de son admiration devant la dextérité de sa tante, sa rapidité, la perfection simple et authentique de ses gestes. Et aussi de la quantité… Ces souvenirs culinaires sont sans doute ceux qui ont le plus marqués sa mémoire et son lien à l’Italie. Mais aussi le Torrazzo de Crémona et la couleur brique si présente dans la ville, les séjours et la splendeur de la belle Venise, la chaleur de l’été, les glaces achetées chez le glacier et mises dans des contenants en polystyrène alimentaire (Fior di latte… le parfum qui la fait fondre encore aujourd’hui), les petits croissants industriels du matin à la pâte de noisette (rien à voir avec nos croissants français, mais cela reste une madeleine de Proust des séjours italiens), les siestes de l’après-midi, la gentillesse et l’affection de sa cousine Alessandra, ses belles tenues. Les cannes anciennes et les antiquités de l’appartement de la famille Zebellin, les escapades dans les brocantes et marchés aux puces de la région, les jours de marché et les beaux produits frais. Que de souvenirs nous habitent et nous portent dans nos vies d’adultes si on a la chance de les avoir vécus, certes, mais aussi la chance, le désir et la force de s’en rappeler. Et qu’il est beau de les transmettre, à ses enfants, ses amis ou à qui veut bien les partager, plutôt que les souvenirs et les traumas qui ne nous portent pas vers le beau.

Nous aussi nous aimons déguster les tortelli in brodo en entrée pour le réveillon de Noël ou du jour de l’an avant de nous régaler de museto et de lentilles. Les lentilles sont censées apporter de la chance à celui qui en mange au moins deux cuillères à minuit. Le museto est la saucisse de fête vénitienne par excellence, élaborée à partir de tête de cochon et d’épices c’est un véritable délice. Et il semble bien que cela soit devenu notre tradition familiale à nous aussi. Ces tortellini au bouillon peuvent être préparés d’avance, pour ce faire il faut les congeler sur une plaque immédiatement après les avoir formés. Après vingt minutes on peut alors les disposer dans un sac et les garder au congélateur. Il suffira de les faire cuire congelés ou les décongeler deux heures au frigo sur une plaque munie d’une feuille de papier cuisson.

Nous aimons déguster nos tortellini, notre musetto et nos lentilles avec une bouteille de Gewurztraminer, Demoiselle de chez Rietsch (2017).

1. Préparation de la farce

Couper les filets de porc et de veau en cubes de 4 cm de côté. Faire chauffer un trait d’huile d’olive dans une sauteuse et faire colorer les morceaux de viande. Ajouter du beurre puis le romarin, la sauge et le poivre de la Jamaïque finement moulu. Saler, laisser cuire quelques minutes jusqu’à ce que la viande soit à point puis réserver sur glace immédiatement pour figer les graisse. Éliminer les herbes.

Couper la mortadelle et le prosciutto en petits cubes réguliers. Éliminer les pistaches de la mortadelle s’il y en a. Émietter la saucisse et combiner la charcuterie aux morceaux de viande froids. Passer au hachoir grille fine.

Ajouter le parmesan et la muscade fraîchement moulus, l’œuf et mêler intimement. Si la farce est trop humide, ajouter un peu de parmesan. Filmer au contact et réserver toute une nuit.

2. Préparation du consommé de chapon

Couper le chapon en quatre. Former un bouquet avec toute la garniture. Disposer le chapon dans une grande cocotte, ajouter l’eau et porter à frémissement tout doucement. Écumer pendant vingt minutes, ajouter la garniture, le sel et le poivre et faire cuire à petit bouillon pendant 6 heures. Laisser refroidir à couvert à température ambiante puis chinoiser. Réserver au frais toute une nuit puis dégraisser en surface.
Battre les blancs d’œufs, les incorporer au bouillon, faire chauffer à petit feu jusqu’à ce que les impuretés remontent à la surface. Clarifier le bouillon avec une louche et chinoiser à travers une étamine pour obtenir un consommé limpide.

3. Préparation de la pâte fraîche

Disposer la farine sur une planche en bois, saler et former un puits au centre. Battre les œufs et les verser au centre de la farine. Incorporer progressivement à l’aide d’une fourchette jusqu’à ce que les œufs soient très denses. Continuer de mélanger avec les mains et travailler la pâte jusqu’à ce qu’elle soit lisse et homogène. La pâte doit être très élastique. Filmer au contact et réserver une heure au frais.

4. Montage et cuisson des tortellini

Diviser la pâte en cinq portions. Laminer la première partie en réservant le reste au frais. Étaler le plus finement possible puis découper en carrés réguliers de 4 cm de côté. Former de petites boulettes de farce, disposer chaque boulette au centre d’un carré de pâte. Replier la pâte sur elle même en chassant l’air pour obtenir un triangle puis enrouler le tortellini sur lui-même en serrant bien. Disposer sur une grille et continuer ainsi jusqu’à épuisement de la farce et de la pâte.

Faire chauffer le consommé à frémissement et faire pocher les tortellini quelques minutes. Disposer le tout dans une soupière et servir à table avec une louche en argent ou en porcelaine. Se déguster très chaud.

Tortellini in brodo © Renards Gourmets
Tortellini in brodo © Renards Gourmets
Tortellini in brodo © Renards Gourmets
Tortellini in brodo © Renards Gourmets
Tortellini in brodo © Renards Gourmets
Tortellini in brodo © Renards Gourmets
Tortellini in brodo © Renards Gourmets
Tortellini in brodo © Renards Gourmets
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Cuissot de marcassin aux fruits d’hiver

Cuissot de marcassin aux fruits d'hiver, sauce agrodolce de Toscane

Cuissot de marcassin © Renards Gourmets
6/8 personnes
difficulté : moyen
coût : moyen
+/- 22 heures
 
Ingrédients :
 
Pour le cuissot
 
1 cuissot de 2 kg
80 g de moutarde en poudre
15 g de sel
10 g de poivre
1 tête d’ail coupée en deux
1 bouquet garni
 
huile de friture
 
1 botte de menthe
1 botte de persil
20 g de graines de moutarde
20 g de graines de carvi
20 g de graines de coriandre
baies roses

herbes fraîches pour la présentation
 
Pour la sauce agrodolce

10 cl de jus d’orange
100 g de miel d’arbousier
10 cl de vinaigre de Banyuls
20 cl de Morellino di Scansano
20 cl de Porto rouge
20 cl de jus de marcassin
4 cuillère à café de gelée de coing
 
20 grains de poivre de Sarawak
4 pincée de graines de fenouil
4 pincée de graines de carvi
4 pincée de graines de cumin
12 baies du Sichuan

Le jeune sanglier et le marcassin sont des produits de choix pour les fêtes de fin d’année. A Noël nous avons reçu en cadeau un cuissot de marcassin, cadeau fort opportun puisse que dès le début de l’automne nous avions déjà prévu de nous en procurer un pour le repas du 25 décembre. Nous voulions présenter une pièce entière posée sur un lit de fruits et de légumes aux couleurs de Noël. La sauce agrodolce, typique de la région de la Maremme en Italie relève admirablement le goût de ce gibier prisé.

Nous avons dégusté ce plat avec une bouteille de vin rouge arménien, Armas, Karmrahyut (2013).

NOTE : La garniture est variable en fonction des produits du marché, nous avons réalisé des cuissons préalables pour l’ensemble des fruits et légumes et avons simplement terminé la cuisson sous le cuissot.

1. Préparation du cuissot de marcassin

Inciser la chair au niveau du jarret pour pouvoir manchonner l’os plus tard. Quadriller le cuissot avec un couteau bien aiguisé sans trop enfoncer la lame. Mélanger le sel, le poivre et la moutarde en poudre, masser le cuissot en faisant bien pénétrer les épices dans les fentes réalisées au préalable. Disposer dans un sac de cuisson sous-vide avec le bouquet garni et l’ail. Faire le vide et préchauffer le bain-marie à 60°.

Faire cuire pendant 20 heures.

2. Préparation de la sauce agrodolce

Faire égoutter le cuissot en conservant bien le jus de cuisson et en le filtrant.

Retirer le jarret et conserver ce morceau pour une autre préparation. Gratter soigneusement l’os avec le dos d’un couteau pour obtenir une présentation soignée.

Faire caraméliser le miel, déglacer avec le vinaigre et faire réduire de deux tiers. Ajouter le  jus d’orange et faire réduire de 3/4 en écumant régulièrement. Mouiller avec le vin, le Porto et le jus. Ajouter les épices et le poivre et laisser mijoter jusqu’à ce que la sauce soit sirupeuse. Ajouter le gelée, prolonger la cuisson de 5 minutes, chinoiser et réserver.

3. Finitions et dressage

Laver et sécher parfaitement les herbes, faire chauffer l’huile de friture à 150° et faire frire en remuant constamment. Faire égoutter sur du papier absorbant, saler légèrement.

Augmenter la température à 163° et faire frire les graines en remuant. Faire égoutter et réserver.

Préchauffer le four à 230°.

Disposer le cuissot sur une plaque en surélevant l’os avec un morceau de papier aluminium roulé en boule. Ajouter la garniture de fruits et de légumes et faire cuire 10 à 15 minutes ou jusqu’à ce que la viande soit bien dorée.

Monter la sauce au beurre et badigeonner le cuissot à la sortie du four avec un pinceau. Garnir d’herbes et d’épices frites. Ajouter les baies roses.

Disposer les herbes destinées à la présentation sur un grand plateau. Ajouter les fruits et légumes et coucher le cuissot dessus. Servir la sauce restante dans une saucière. Attacher le manche à gigot sur l’os et trancher à table devant les convives.

Cuissot de marcassin © Renards Gourmets
Cuissot de marcassin © Renards Gourmets
Cuissot de marcassin © Renards Gourmets
Cuissot de marcassin © Renards Gourmets
Cuissot de marcassin © Renards Gourmets
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Salmis de sarcelle aux blettes

Salmis de sarcelle aux blettes et aux anchois, jus aux olives taggiasche, navets noirs de Pardailhan

Salmis de sarcelle © Renards Gourmets
2 personnes
difficulté : moyen
coût : bon marché
+/- 2 heures
 
Ingrédients :
 
Pour la sarcelle
 
1 sarcelle
poivre de Timut
2 filets d’anchois dessalés
1 gousse d’ail
 
Pour la sauce
 
1 échalote
5 olives Taggiasche
1 filet d’anchois
huile d’olive
2,5 cl de vinaigre de Banyuls
10 cl de vin rouge corsé
5 cl de jus de volaille
1 feuille de sauge
2 grains de poivre de Timut

1 brindille de romarin
 
Pour la garniture
 
2 navets de Pardailhan
1 petite botte de blettes
une poignée d’olives
beurre
sucre
bouillon de volaille
poivre noir
1 gousse d’ail
huile d’olive
1 filet d’anchois
fleur de sel

Foulques, sarcelles, râles et colverts s’accommodent aux olives depuis la nuit des temps. Ces oiseaux de marais sont appelés « sauvagine » et leur goût se rapproche de leurs cousins d’élevage mais possèdent néanmoins un parfum rappelant légèrement leur lieu d’origine. Pierre de Lune, cuisinier du Duc de Rohan encourageait ses lecteurs à apprêter le colvert avec des anchois pour en relever la saveur. Le filet d’anchois, héritier vulgaire de la colatura ou du garum s’utilise en condiment depuis fort longtemps. On s’en sert également pour parfumer la viande de taureau en Camargue.

On peut remplacer les navets de Pardailhan une variété rare et ancienne par d’autres navets et la sarcelle par du colvert.

1. Préparation des filets de sarcelle

Lever les filets de la sarcelle, conserver les cuisses pour une autre préparation. Réserver le cœur. Poivrer les filets, disposer un filet d’anchois dessalé sur chacun puis emballer sous-vide avec une gousse d’ail écrasée. Faire cuire au bain-marie pendant 45 minutes à 62°.

2. Préparation de la sauce

Hacher finement l’échalote, les olives dénoyautés, le filet d’anchois dessalé et le cœur, mêler intimement et réserver au frais.

Faire chauffer un trait d’huile d’olive dans une casserole, faire colorer les morceaux de carcasse finement concassés. Mouiller au vinaigre et faire réduire à glace. Mouiller une première fois au vin et faire réduire parfaitement. Renouveler l’opération 5 fois puis ajouter le vin restant. Compléter par le jus de volaille à hauteur. Ajouter la sauge, le poivre et le romarin et laisser mijoter pendant deux heures au coin du feu. Chinoiser puis verser une petite louche de sauce chaude sur le mélange d’échalote et d’olives. Fouetter vivement pour mêler intimement tous les éléments. Ajouter la sauce restante puis laisser mijoter pendant 5 minutes. Passer au travers d’un tamis fin et réserver.

3. Préparation de la garniture

Peler les navets, détailler des palets dans un emporte-pièce. Faire cuire sous-vide pendant une heure à 90° avec un peu de sel.

Séparer le vert du blanc des blettes, détailler les côtes en morceaux réguliers et faire cuire sous-vide pendant 15 minutes à 85°.

Glacer les navets et les côtes de blettes dans un sautoir avec un peu de beurre, de sucre et de bouillon de volaille. Poivrer et réserver.

Faire tomber le vert de blette dans un sautoir avec une gousse d’ail écrasée, un trait d’huile d’olive et un filet d’anchois réduit en purée. Rouler les feuilles sur elles-mêmes avec une fourchette. Poivrer et réserver.

4. Finitions et dressage

Réchauffer les éléments de garniture et monter la sauce au beurre.

Disposer les navets surmontés de hachis d’olives noires et de blettes généreusement poivrées. Ajouter le filet de sarcelle enrobé de sauce.

Salmis de sarcelle © Renards Gourmets
Salmis de sarcelle © Renards Gourmets
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Nougatine de foie gras au grué de cacao

Nougatine de foie gras au grué de cacao et à la vanille d'Ouganda, moutarde du Curé

Nougatine de foie gras © Renards Gourmets
8 personnes
difficulté : moyen
coût : cher
+/- 2 heures
+ 3 jours de repos
 
Ingrédients :
 
Pour le foie gras
 
un lobe de foie gras de 500 g
1 gousse de vanille d’Ouganda
poivre de Madagascar
fleur de sel
Porto blanc
30 g de poivre de la Luna
(mélange de grué de cacao, poivre et vanille de Madagascar)
 
Pour la garniture

4 petites poires Curé
1 grain de poivre long
une pincée de fleur de sel
1 cuillère à soupe de moutarde de Crémone
1 cuillère à soupe de moutarde en poudre
 
25 ml de vinaigre de riz
12 ml de verjus
12 ml d’eau
10 ml de miel d’arbousier
fleur de sel
2 petits oignons rouges
 
moutarde de Crémone en morceaux
jeunes pousses
Brioche et pain

La terrine de foie gras de canard est l’un des mets indispensable des fêtes de fin d’année. Notre foie gras provient de la ferme En Castera dans le Gers. Nous nous procurons toujours quelques foies en début de saison pour diverses farces et préparations et en conservons toujours un pour réaliser une terrine. Cette exploitation familiale gave ses canards dans les meilleures conditions possibles et obtient ainsi un foie de taille raisonnable, très savoureux et ne perdant pas de matière à la cuisson. Il est préférable de cuisiner le foie encore tiède pour éviter qu’il ne perde trop de gras. La cuisson sous-vide à basse température convient parfaitement à la réalisation de cette terrine, elle donne un résultat très savoureux et moelleux.

Le foie gras étant un produit saisonnier et festif, il est préférable de ne pas en abuser et de privilégier un élevage familial travaillant correctement et respectant ses animaux.

Nous aimons l’accompagner de moutarde de Crémone et d’un mélange à base de grué de cacao, de poivre et de vanille de Madagascar. Cet assemblage est une idée originale d’Olivier Roellinger.

Nous avons dégusté cette entrée avec une bouteille de vin ambré géorgien, Nikoladzeebis Marani, Tsitska Tsolikouri (2015).

1. Préparation du foie gras

Sortir le foie gras et le laisser une demi heure à température ambiante. L’étaler sur une plaque, séparer les deux lobes, éliminer les veines à l’aide d’un couteau d’office. Retirer la peau puis assaisonner avec la gousse de vanille grattée, 12 g de fleur de sel, 16 g de porto blanc et 3 g de poivre fraîchement moulu par kilo. Rouler en serrant bien à l’aide de papier film supportant la cuisson pour former une ballotine régulière. Mettre sous-vide et réserver au froid une heure.

Faire cuire au bain-marie pendant 40 minutes à 57°. Immerger immédiatement dans une glaçante et laisser reposer trois jours au frais.

Retirer le sac et le film, disposer le grué de cacao concassé, la vanille égrainée et le poivre moulu sur une plaque puis rouler la ballotine de foie gras dans ce mélange.

2. Préparation de la garniture

Peler les poires, les brosser avec une éponge pour les lisser, couper en quartiers et disposer dans un sac de cuisson sous-vide avec le jus de moutarde de Crémone, un grain de poivre long concassé, la moutarde en poudre et une pincée de fleur de sel.

Faire cuire au bain-marie pendant une heure à 75°. Lustrer avec le jus de cuisson réduit et laisser refroidir parfaitement.

Porter à ébullition 25 ml de vinaigre de riz, 12 ml de verjus, 12 ml d’eau, 10 ml de miel et 1 g de sel. Couper l’oignon en lamelles. Verser le liquide bouillant sur les tranches d’oignons et laisser refroidir à température ambiante.

3. Finitions et dressage

Découper le foie gras en tranche, garnir de quartiers de poires, de pickles, de jeunes pousses et de moutarde de Crémone. A déguster avec une brioche feuilletée à la fleur de sel ou un pain de maïs aux canneberges et au safran.

Nougatine de foie gras © Renards Gourmets
Nougatine de foie gras © Renards Gourmets
Nougatine de foie gras © Renards Gourmets
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Terrine de lièvre aux truffes

Terrine de lièvre au foie gras et aux truffes, christstollen de Dresde, moutarde de Crémone et salade de Radicchio à l'huile de noix

Terrine de lièvre, stollen et mostarda © Renards Gourmets
8/10 personnes
difficulté : moyen
coût : cher
+/- 3 jours
+ 1 semaine pour le christstollen
 
Ingrédients :
 
250 g de barde fine
1 terrine d’1 kg
film alimentaire
 
Pour la farce hachée
 
200 g d’épaule de lièvre
100 g de lard de Colonnata
50 g de foie gras de canard cru
 
1 échalote hachée et suée
1 gousse d’ail blanchie et hachée
50 g de trompettes-de-la-mort sautées et hachées
 
25 g de pain de mie
50 g de crème fouettée
 
1 cuillère à soupe de sauce Royale
1 cuillère à soupe de jus de truffe
1 cuillère à café de sang de lièvre
1/2 cuillère à café de vinaigre de Barolo
4 cl de Marc de Bourgogne flambé
4 cl de Porto rouge réduit
une pincée de fleurs de thym
1 g de piment de Cayenne
1 g de baies de genièvre
2 g de poivre Voatsiperifery
1 g de poivre de la Jamaïque
1 g de clous de girofle
1 feuille de laurier
1 cuillère à café de mélange d’herbes
(hysope, thym, sarriette, serpolet)
5 g de sel
 
Pour la farce à gratin
 
30 g d’épaule de lièvre
30 g de foie de lièvre
30 g de lard de Colonnata
1 brin de thym
1 gousse d’ail
0,5 cl de Marc de Bourgogne flambé
2 cl de vin rouge de Bourgogne
 
Pour la farce en morceaux
 
225 g de filets de lièvre
200 g de foie gras de canard
100 g de lard de Colonnata
100 g de truffe noire
 
Pour le christstollen
 
250 g de farine type 55
82 ml de lait entier tiède
125 g de beurre doux
160 g de cerises confites
32 g d’amandes pelées et sucrées
5 g d’amandes amères en poudre
21 g de levure de boulanger
42 g de sucre
32 g d’oranges confites
1/2 cuillère à café de zeste de citron
1 gousse de vanille
1/2 cuillère à café de muscade
1/2 cuillère à café de badiane
1/2 cuillère à café de cannelle moulue
2,5 g de sel
rhum ambré
75 g de beurre pour la finition
100 g de sucre glace
 
Pour la garniture
 
Moutarde de poire de Crémone
Salade Radicchio de Trévise
Huile de noix
Vinaigre de Barolo

Voici une terrine parfaite pour les fêtes de fin d’année, elle demande un peu d’organisation et de temps mais offre l’opportunité d’une entrée froide prête d’avance. Nous aimons l’accompagner de christstollen de Dresde et de moutarde de Crémone mais on pourrait la consommer avec un très bon pain de seigle arrosé d’huile de noix par exemple. Les truffes ne sont pas indispensables mais contribuent largement au côté festif de cette terrine. La cuisson basse température permet de conserver leurs parfums.

Nous avons dégusté cette terrine avec une bouteille de Brézême d’Éric Texier (2015)

1. Préparation des éléments

Dénerver et dégraisser parfaitement tous les morceaux de lièvre. Réaliser les pesées et réserver séparément les éléments. Faire tremper le pain dans la crème fouettée. Réaliser toutes les préparations en amont pour que les ingrédients soient bien froids (échalotes suées, gousse d’ail blanchie, champignons sautés, etc…).

2. Préparation de la farce hachée

Couper le lard de Colonnata, l’épaule de lièvre et le foie gras en dés, réserver au froid 20 minutes avec le hachoir puis hacher avec une grille fine. Réserver.

Combiner l’échalote, l’ail, les champignons, le pain de mie imbibé et le jus de lièvre ensembles, passer au mixer pour obtenir une purée lisse, tamiser et réserver.

Mêler intimement cette purée au hachis.

Ajouter les alcools flambés, le jus de truffe, le sang de lièvre, le vinaigre, le sel, le poivre et toutes les épices finement moulues et tamisées.

Mêler intimement de nouveau et réserver au froid en filmant au contact.

3. Préparation de la farce en morceaux

Couper le lard de Colonnata en dés régulier de 0,5 mm de côté. Couper les filets en dés de 1,5 cm et le foie gras en dés de 1 cm. Brosser et peler les truffes. Couper en dés de 0,5 cm. Réserver tous ces éléments.

4. Préparation de la farce à gratin

Nettoyer le foie du lièvre, couper l’épaule et le lard de Colonnata en petits cubes. Faire fondre le lard sur feu doux. Ajouter la chair de l’épaule puis le foie pour les saisir. Incorporer le thym et l’ail finement râpé. Laisser suer puis déglacer au Marc. Faire réduire parfaitement puis ajouter le vin. Faire réduire puis refroidir immédiatement dans un bol placé sur de la glace. Mixer puis tamiser.

5. Montage de la terrine

Mélanger la farce hachée à la farce à gratin. Ajouter la farce en morceaux et mêler intimement pour émulsionner les graisses.

Chemiser la terrine avec du film alimentaire supportant la cuisson, s’aider d’un torchon humide pour faire adhérer le film aux parois de la terrine. Chemiser de nouveau avec la barde en conservant un débord puis garnir avec la farce en tassant bien. Tapoter légèrement la terrine puis replier la barde et faire le vide avec une machine.

Préchauffer le bain-marie à 77° et faire cuire deux heures. Laisser refroidir à température ambiante avec une petite presse puis réserver 48 heures au frais avant de couper et servir.

6. Préparation du christstollen

Faire tremper les cerises et les oranges dans le rhum et réserver.

Le lendemain, mélanger la farine, le sucre, le sel, les épices et les amandes dans un pétrin. Former un puits, dissoudre la levure dans le lait et verser au centre du puits. Saupoudrer de farine délicatement pour recouvrir le lait, couvrir avec un torchon et laisser reposer 30 minutes.

Gratter la vanille et le zeste de citron et commencer à mélanger la pâte au crochet. Ajouter le beurre progressivement jusqu’à épuisement. Augmenter la vitesse et pétrir pendant 5 minutes. Enfin ajouter les cerises imbibées et les oranges coupées en dés. Pétrir brièvement pour ne pas les écraser.

Couvrir de film alimentaire et laisser reposer pendant une heure. Préchauffer le four à 180° et façonner le stollen. Aplatir légèrement la pâte à l’aide d’un rouleau en pressant légèrement au milieu puis dérouler sur un côté pour obtenir une partie plus plate. Rabattre la partie fine sur la plus épaisse et appuyer doucement. Faire cuire en bas du four pendant une heure environ.

Laisser refroidir sur une grille. Éliminer les fruits confits brûlés en surface. Faire chauffer le beurre et badigeonner généreusement le stollen avec. Ajouter le sucre glace avec un tamis, il doit parfaitement recouvrir le stollen. Placer dans du papier aluminium et réserver dans un endroit frais et sec pendant une semaine.

NOTE : Le temps de repos peut être de seulement 24 heures, tout est question de goût mais en une semaine, le stollen développera tous ses parfums.

7. Finitions et dressage

Après 48 heures de repos, démouler et découper la terrines en tranches, servir avec de la moutarde de poire de Crémone, du stollen et une salade de Trévise assaisonnée d’huile de noix et de vinaigre de Barolo.

Stollen © Renards Gourmets
Terrine de lièvre, stollen et mostarda © Renards Gourmets
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Lièvre à la royale, gnocchis moelleux

Lièvre à la royale, essences de chartreuse et de poivre long, gnocchis moelleux et champignons

Lièvre à la royale © Renards Gourmets
6/8 personnes
difficulté : difficile
coût : cher
+/- 4 jours
 
Ingrédients :
 
Pour le lièvre
 
1 râble de lièvre avec ses abats
250 g de crépine nettoyée
50 g de gorge de porc
10 cl de sauce royale
2,5 cl de jus de truffe
2,5 cl de chartreuse verte
125 g de foie gras de canard
20 g de salpicon de foie gras confit
150 g de lièvre haché dans l’épaule
25 g de lard de Colonnata
20 g de trompettes sautées et hachées
20 g d’épinards cuits et hachés
1 cuillère à café de jus de truffe
fleur de sel
poivre long rouge
3 cuillères à café de 4 épices
0,5 cl de Beaumes-de-Venise
1 cuillère à café de crème épaisse
1 cuillère à café de sang de lièvre
2 cuillères à café d’herbes
(hyospe, serpolet, marjolaine, sarriette, pimprenelle, thym)
 
Pour la sauce royale

1,6 kg de carcasses et parures de lièvre
1 cl d’huile de pépins de raisin
40 g de beurre
250 g d’échalotes hachées
1 grosse gousse d’ail
1 bouquet d’herbes
(comme pour le lièvre)
5 baies de genièvre
7 g de poivre long
5 cl de chartreuse verte
1 l de Beaumes-de-Venise
4 gousses d’ail
1 échalote
0,5 cl de vinaigre de Barolo
30 g de salpicon de foie gras confit
1,5 cl de sang de lièvre
1 cl de crème fraîche
 
Pour les gnocchis
 
500 g de pommes de terre Bintje
120 g de farine type 00
30 g de semoule extra-fine
1 œuf entier
15 g de parmesan
muscade
beurre
sel
1,5 l de consommé de faisan
50 cl de beurre monté
 
Pour la garniture
 
quelques champignons de couche
ou de cèpes bouchons

Le lièvre à la royale est sans conteste le mets le plus ambitieux, le plus laborieux et le plus émérite de la gastronomie française. Issu de la haute cuisine aristocratique, il est devenu le plat emblématique de la cuisine bourgeoise et se décline aujourd’hui dans de nombreuses brasseries de choix. Initialement cette « daube » de lièvre était destinée au vieux Louis XIV dépourvu de ses dents. Au XIXe siècle, Antonin Carême enrichit considérablement la recette qui n’était autre qu’une capilotade de lièvre noyée dans les épices et le vin en proposant déjà une version farcie. Puis le Sénateur Couteaux proposa une version largement critiquée où le lièvre est confit dans le vin avec du lard gras et plus de quarante échalotes. C’est finalement Ali Bab (Henri Babinski) au début du XXe siècle qui codifia la recette dans sa Gastronomie Pratique. Cette recette suit les codes énoncés par Babinski, nous l’avons personnifiée et enrichie de quelques épices et essayé de livrer une version expliquée pas à pas. Elle n’en demeure pas moins complexe et demande une grande organisation, beaucoup d’hygiène, de temps et de soin.

Pour réaliser cette recette, un lièvre de premier choix est indispensable. Il doit-être « bien tué », c’est-à-dire que sa chair doit être abîmée le moins possible et que son sang soit resté à l’intérieur. Il est difficilement envisageable de passer outre ces indications, cela ne ferait qu’apporter de nombreux problèmes à l’élaboration de cette recette déjà longue et complexe.

Nous avons dégusté ce plat avec une bouteille de Zelige Caravent, Nuit d’Encre (2012). Ce vin s’accorde parfaitement au lièvre à la royale, avec un cépage noir uniquement Alicante-Bouschet, on obtient un nez ténébreux de truffe et de crème de myrtille. La bouche est ample, légèrement fumée, la finale est épicée, la mâche imposante et sans astringence, un grand vin et une grande association.

NOTES : Généralement de la truffe fraîche est employée pour le lièvre à la royale, cependant, celle-ci n’est pas encore bien mure fin novembre quand s’achève la période de chasse du lièvre. De plus son parfum se perd à la cuisson ce qui n’est pas le cas du jus de truffe employé ici pour parfumer la viande.

Le choix du vin est important, le Beaumes-de-Venise possède des tanins fleuris particulièrement intéressants pour le lièvre à la royale. On peut les faire réduire à part avant de les combiner à une réduction de  jus de lièvre pour obtenir un résultat plus contemporain avec plus d’acidité et de vivacité dans la sauce.

Le foie gras peut-être placé au centre de la farce avant la cuisson ou intégré sous forme d’insert avant de réchauffer les parts, cette technique permet de pouvoir le centrer facilement et de ne pas le cuire trop longtemps, sur le même principe on peut intégrer à ce moment là de la truffe fraîche car avec un réchauffage a basse température elle conservera néanmoins son parfum.

Chartreuse et poivre long ne sont pas employés dans la recette traditionnelle mais ils apportent beaucoup de fraîcheur ce qui vient admirablement contrebalancer la lourdeur habituelle du plat.

Nous proposons une recette plus traditionnelle sur notre site qui est disponible ici.

1. Préparation du lièvre

Faire chauffer la chartreuse, la flamber et la laisser refroidir parfaitement.

Former un boudin de la longueur du râble avec le foie gras, assaisonner de fleur de sel, de poivre, d’un trait de chartreuse et de jus de truffe. Laisser macérer au frais.

Désosser soigneusement le râble de lièvre sans percer la peau. Réserver tous les os et les abats pour la sauce. Découper les filets en portefeuille en les éminçant délicatement pour qu’ils recouvrent toute la surface de la peau. Éliminer les débords pour obtenir un rectangle parfait. Quadriller légèrement la peau du lièvre avec la pointe d’un couteau, sans la percer. Rincer le râble en le frottant avec du cognac.

Disposer dans un plat en porcelaine, verser la chartreuse, le poivre fraîchement moulu et le jus de truffe. Laisser macérer toute une nuit.

Faire fondre doucement le lard de Colonnata dans une sauteuse. Ajouter l’ail et réserver. Saisir les rognons nettoyés et coupés en deux, réserver. Passer la viande de lièvre au hachoir grille fine et faire saisir quelques minutes. Réserver avec les autres éléments. Déglacer la sauteuse avec le vin, ajouter les herbes et faire réduire à sec. Mélanger tous les éléments et faire refroidir rapidement sur un bol de glace. Passer le tout au mixer puis tamiser et réserver au frais.

Passer la gorge de porc au hachoir moyen et combiner avec les 20 g de foie gras confit, le vert d’épinards, les trompettes-de-la-mort et les épices. Ajouter la crème et la farce fine. Mélanger soigneusement. Assaisonner de fleur de sel et de poivre fraîchement moulu. Terminer par le sang, mélanger parfaitement jusqu’à l’obtention d’une farce collante.

Disposer une couche de film alimentaire sur une planche. Ajouter la crépine soigneusement nettoyée. Disposer le râble dessus bien à plat. Étaler la farce de façon régulière et rouler pour former une ballotine bien serrée.

2. Préparation de la sauce royale

Placer le hachoir au congélateur pendant 25 minutes. Réserver le foie du lièvre. Peler et émincer l’échalote et la gousse d’ail. Passer l’ensemble au hachoir avec la grille la plus fine, réserver au frais dans un bol.

Mélanger le sang, le vinaigre, la crème fraîche et le foie gras confit, réserver au frais.

Porter le vin à ébullition, flamber, laisser refroidir parfaitement et réserver.

Faire chauffer l’huile de pépins de raisin dans une cocotte en fonte, concasser toutes les parures et la carcasse et faire rôtir dans l’huile bien chaude. Ajouter le beurre pour aider à la caramélisation. Ajouter les échalotes émincées et l’ail en chemise, baisser le feu et laisser suer. Dégraisser puis déglacer avec la chartreuse. Faire réduire parfaitement puis déglacer une première fois avec le vin et laisser réduire jusqu’à glace. Renouveler le mouillage au vin 7 fois en conservant 75 cl de vin. Ajouter le vin restant, les baies de genièvre et le bouquet. Laisser mijoter vingt minutes à feu doux en écumant régulièrement.

Préchauffer le four à 130°, couvrir la cocotte, sceller avec une pâte morte et faire cuire la sauce pendant 6 heures.

Filtrer le jus en foulant pour extraire un maximum de sauce et de parfum. Chinoiser de nouveau dans une étamine, dégraisser et disposer la sauce dans une sauteuse. Porter à ébullition.

Verser une louche de ce jus sur le mélange d’abats et d’échalotes, fouetter vivement. Verser une seconde louche et continuer de mélanger. Mettre le tout dans la sauteuse et laisser mijoter sur feu très doux pendant une heure. Chinoiser dans une étamine très fine en foulant. Remettre au feu et faire réduire légèrement.

Retirer 30 cl de cette sauce et mélanger soigneusement avec le sang, le vinaigre, la crème et le foie. Remettre dans le restant de sauce.

Fouetter délicatement la sauce pour amalgamer parfaitement tous les éléments, la sauce doit être épaisse et bien dense. Filtrer une dernière fois, ajouter un trait de chartreuse, de vinaigre de Barolo et un peu de poivre fraîchement moulu. Vérifier l’assaisonnement, tenir chaud sans ne plus faire bouillir.

3. Cuisson du lièvre

Piquer le film alimentaire de la ballotine avec la pointe d’un couteau. Placer dans un sac de cuisson sous-vide, ajouter 10 cl de sauce royale et faire le vide. Préchauffer le bain-marie à 62° et faire cuire pendant 26 heures.

Immerger immédiatement dans l’eau glacée et réserver une nuit au réfrigérateur. Retirer du sac de cuisson et réaliser des tranches égales. Retirer le centre de chaque tranche avec un emporte pièce à la dimension du boudin de foie gras. Remplacer la farce retirée par le foie gras. Remettre chaque tranche dans un sac de cuisson individuel et laisser reposer une nuit au réfrigérateur.

4. Préparation des gnocchis

Brosser les pommes de terre avec leur peau et les faire cuire dans l’eau froide salée qui sera amenée progressivement à frémissement. Elles doivent être très fondantes. Éplucher tant qu’elles sont encore chaudes et écraser avec une fourchette. Remettre dans la casserole une fois égouttée et les faire dessécher quelques minutes. Tamiser puis laisser tiédir sur une planche farinée. Former un trou au centre, incorporer l’œuf, disposer la moitié de la farine et de la semoule autour des pommes de terre. Saler, ajouter la muscade râpée et le parmesan et commencer à amalgamer les ingrédients ensemble. Ajouter le reste de la farine et de la semoule et travailler la pâte jusqu’à ce qu’elle soit lisse et homogène. Couper une tranche et former un boudin. Le couper en tronçons de 2 cm. Les rouler légèrement dans les mains préalablement farinées. Laisser reposer sur un torchon fariné.

Porter le consommé à ébullition et faire pocher les gnocchis jusqu’à ce qu’ils remontent à la surface. Immerger immédiatement dans un bac d’eau glacée et réserver sur une plaque huilée.

5. Finitions et dressage

Réchauffer les tranches de lièvre au bain-marie pendant 40 minutes.

Réchauffer la sauce au bain-marie sans la faire bouillir.

Porter le beurre monté à frémissement et faire pocher les gnocchis dedans quelques minutes pour les enrober parfaitement.

Détailler les champignons à la mandoline.

Faire chauffer les assiettes.

Disposer une tranche de lièvre par assiette, ajouter les gnocchis et les lamelles de champignon. Garnir de sauce bien chaude. Déguster immédiatement.

Lièvre à la royale © Renards Gourmets
Lièvre à la royale © Renards Gourmets
Lièvre à la royale © Renards Gourmets
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