Tortellini in brodo di capone

Tortellini in brodo di capone

Tortellini in brodo © Renards Gourmets
7/8 personnes
difficulté : moyen
coût : cher
+/- 4 heures
+ une nuit de repos
 
Ingrédients :
 
Pour la farce
 
100 g de filet de veau
100 g de filet de porc
1 brin de romarin
1 brin de sauge
beurre
huile d’olive
fleur de sel
100 g de mortadelle de Bologne
100 g de saucisse Luganega
100 g de prosciutto de Modène
100 g de parmesan
1 pincée de poivre de la Jamaïque
1 pincée de muscade
1 œuf entier
 
Pour la pâte fraîche aux œufs

500 g de farine type 00
5 œufs très frais

une pincée de sel

Pour le consommé de chapon
 
1 chapon
2 carottes
2 poireaux
2 côtes de céleri
1 oignon piqué de 3 clous de girofle
30 g de gros sel
10 l d’eau
4 feuilles de laurier
1 brin de sauge
1 pincée de poivre blanc du Penja
1 pincée de poivre de la Jamaïque

4 blancs d’œufs

Prononcez le mot « tortellini » devant un Italien et vous aurez un ami. Ce plat est une véritable opération militaire où chacun peut jouer un rôle déterminent. Telle un général la grand mère supervise pendant que tout le monde s’affaire. La qualité des ingrédients est essentielle et c’est pourquoi nous nous procurons toujours notre parmesan et nos charcuteries chez Rap à Paris. Il faut savoir qu’en Italie les tortellini in brodo sont un incontournable des fêtes de fin d’année.

Nous avons quasiment tous dans nos familles une personne passionnée de cuisine, le ou la gastronome en charge de régaler la meute. Et ce dernier a en général quelques spécialités. Pour Esther dont le père est vénitien, les tortellini lui rappellent sa tante, la Zia Laura, qui en réalisait de folles quantités pour contenter toute sa petite famille. Les tortellini in brodo, les gnocchi, le risotto aux petits pois, les escalopes milanaises, et toutes sortes de pâtes, sauces les accompagnant et risotti, sont des plats qui ne peuvent que rappeler à Esther ses séjours d’enfance à Cremona chez sa zia. Et que de beaux souvenirs… La table de la cuisine se remplissant à une vitesse incroyable de ces délices transalpins. Et Esther se souvient encore de son admiration devant la dextérité de sa tante, sa rapidité, la perfection simple et authentique de ses gestes. Et aussi de la quantité… Ces souvenirs culinaires sont sans doute ceux qui ont le plus marqués sa mémoire et son lien à l’Italie. Mais aussi le Torrazzo de Crémona et la couleur brique si présente dans la ville, les séjours et la splendeur de la belle Venise, la chaleur de l’été, les glaces achetées chez le glacier et mises dans des contenants en polystyrène alimentaire (Fior di latte… le parfum qui la fait fondre encore aujourd’hui), les petits croissants industriels du matin à la pâte de noisette (rien à voir avec nos croissants français, mais cela reste une madeleine de Proust des séjours italiens), les siestes de l’après-midi, la gentillesse et l’affection de sa cousine Alessandra, ses belles tenues. Les cannes anciennes et les antiquités de l’appartement de la famille Zebellin, les escapades dans les brocantes et marchés aux puces de la région, les jours de marché et les beaux produits frais. Que de souvenirs nous habitent et nous portent dans nos vies d’adultes si on a la chance de les avoir vécus, certes, mais aussi la chance, le désir et la force de s’en rappeler. Et qu’il est beau de les transmettre, à ses enfants, ses amis ou à qui veut bien les partager, plutôt que les souvenirs et les traumas qui ne nous portent pas vers le beau.

Nous aussi nous aimons déguster les tortelli in brodo en entrée pour le réveillon de Noël ou du jour de l’an avant de nous régaler de museto et de lentilles. Les lentilles sont censées apporter de la chance à celui qui en mange au moins deux cuillères à minuit. Le museto est la saucisse de fête vénitienne par excellence, élaborée à partir de tête de cochon et d’épices c’est un véritable délice. Et il semble bien que cela soit devenu notre tradition familiale à nous aussi. Ces tortellini au bouillon peuvent être préparés d’avance, pour ce faire il faut les congeler sur une plaque immédiatement après les avoir formés. Après vingt minutes on peut alors les disposer dans un sac et les garder au congélateur. Il suffira de les faire cuire congelés ou les décongeler deux heures au frigo sur une plaque munie d’une feuille de papier cuisson.

Nous aimons déguster nos tortellini, notre musetto et nos lentilles avec une bouteille de Gewurztraminer, Demoiselle de chez Rietsch (2017).

1. Préparation de la farce

Couper les filets de porc et de veau en cubes de 4 cm de côté. Faire chauffer un trait d’huile d’olive dans une sauteuse et faire colorer les morceaux de viande. Ajouter du beurre puis le romarin, la sauge et le poivre de la Jamaïque finement moulu. Saler, laisser cuire quelques minutes jusqu’à ce que la viande soit à point puis réserver sur glace immédiatement pour figer les graisse. Éliminer les herbes.

Couper la mortadelle et le prosciutto en petits cubes réguliers. Éliminer les pistaches de la mortadelle s’il y en a. Émietter la saucisse et combiner la charcuterie aux morceaux de viande froids. Passer au hachoir grille fine.

Ajouter le parmesan et la muscade fraîchement moulus, l’œuf et mêler intimement. Si la farce est trop humide, ajouter un peu de parmesan. Filmer au contact et réserver toute une nuit.

2. Préparation du consommé de chapon

Couper le chapon en quatre. Former un bouquet avec toute la garniture. Disposer le chapon dans une grande cocotte, ajouter l’eau et porter à frémissement tout doucement. Écumer pendant vingt minutes, ajouter la garniture, le sel et le poivre et faire cuire à petit bouillon pendant 6 heures. Laisser refroidir à couvert à température ambiante puis chinoiser. Réserver au frais toute une nuit puis dégraisser en surface.
Battre les blancs d’œufs, les incorporer au bouillon, faire chauffer à petit feu jusqu’à ce que les impuretés remontent à la surface. Clarifier le bouillon avec une louche et chinoiser à travers une étamine pour obtenir un consommé limpide.

3. Préparation de la pâte fraîche

Disposer la farine sur une planche en bois, saler et former un puits au centre. Battre les œufs et les verser au centre de la farine. Incorporer progressivement à l’aide d’une fourchette jusqu’à ce que les œufs soient très denses. Continuer de mélanger avec les mains et travailler la pâte jusqu’à ce qu’elle soit lisse et homogène. La pâte doit être très élastique. Filmer au contact et réserver une heure au frais.

4. Montage et cuisson des tortellini

Diviser la pâte en cinq portions. Laminer la première partie en réservant le reste au frais. Étaler le plus finement possible puis découper en carrés réguliers de 4 cm de côté. Former de petites boulettes de farce, disposer chaque boulette au centre d’un carré de pâte. Replier la pâte sur elle même en chassant l’air pour obtenir un triangle puis enrouler le tortellini sur lui-même en serrant bien. Disposer sur une grille et continuer ainsi jusqu’à épuisement de la farce et de la pâte.

Faire chauffer le consommé à frémissement et faire pocher les tortellini quelques minutes. Disposer le tout dans une soupière et servir à table avec une louche en argent ou en porcelaine. Se déguster très chaud.

Tortellini in brodo © Renards Gourmets
Tortellini in brodo © Renards Gourmets
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