Palombe Gauthier aux queues d’écrevisse

Palombe Gauthier aux queues d'écrevisses d'après Joseph Menon

Palombe Gauthier © Renards Gourmets
2 personnes
difficulté : moyen
coût : cher
+/- 3 heures
 
Ingrédients :
 
Pour la palombe

une belle palombe
sel et poivre
 
Pour la sauce Gauthier

6 belles écrevisses vivantes
beurre
une gousse d’ail
une branche de fenouil sec

huile de pépins de raisin

beurre
une échalote grise
une gousse d’ail en chemise
un brin de thym
une feuille de laurier
2 grains de poivre long rouge
3 grains de poivre noir
une branche de fenouil sec
une c.a.c de concentré de tomate
2,5 cl de cognac
10 cl de vin blanc sec
25 cl de jus de pigeon (ou de gibier à plumes)

Pour les finitions

huile
beurre
une gousse d’ail
un brin de thym

une truffe de 15 grammes

On ne connait pas l’origine de cette appellation mais le pigeon à la Gauthier apparaît dans les manuels de cuisine dès le XVIIe siècle. On dénombre trois associations à base de pigeon et d’écrevisses à l’époque mais c’est celle-ci qui se démarque le mieux. C’est un plat que nous qualifiions autrefois de haut-goût pour ses saveurs vives et prononcées. La sauce est riche et puissante et accompagne merveilleusement la saveur unique du bel oiseau bleu, la fameuse palombe.

1. Préparation de la palombe

Plumer, flamber et vider la palombe. Retirer la tête puis lever le coffre et les pattes. Inciser au niveau de la jointure, tirer les nerfs, éliminer l’os du gras de cuisse. Concasser toute la carcasse, réserver les abats pour une autre préparation. Brûler les écailles, assaisonner les cuisses, les rouler dans un film supportant la cuisson, les mettre sous-vide et faire cuire durant trois heures à 67°C.

Réserver le coffre au réfrigérateur.

2. Préparation de la sauce

Châtrer les écrevisses, les blanchir une paire de minutes dans une casserole d’eau bouillante salée, les rafraîchir puis les décortiquer.

Chauffer une noisette de beurre dans un sautoir, ajouter la gousse d’ail piquée de fenouil, laisser infuser puis sauter les queues une minute. Déposer un linge humide sur le sautoir et laisser reposer hors du feu.

Écraser les pinces et les têtes avec un pilon. Chauffer un filet d’huile dans une casserole, faire saisir les carcasses d’écrevisses et de pigeon et leur donner une belle coloration. Ajouter le beurre et laisser cuire jusqu’à ce que l’ensemble soit havane. Ajouter l’échalote ciselée, l’ail en chemise, le thym, le laurier, les différents poivres et le fenouil. Laisser suer, ajouter le concentré de tomates, laisser cuire une minute puis dégraisser parfaitement la casserole. Déglacer avec le cognac, flamber et faire réduire à l’état de glace. Ajouter le vin blanc, faire réduire de deux tiers puis ajouter le jus. Porter à frémissement, écumer parfaitement et laisser mijoter deux heures à très petit feu. Chinoiser, dégraisser et faire réduire à consistance.

3. Finitions et dressage

Saler le coffre de palombe et le faire raidir côté beau dans un sautoir très chaud avec un filet d’huile. Une fois la peau bien colorée, ajouter une noix de beurre, de l’ail et du thym, baisser le feu et l’arroser de beurre moussant une bonne minutes. Enfourner trois minutes à 180°C en l’arrosant une fois puis verser tout le beurre dessus et laisser reposer cinq minutes. Faire rôtir les cuisses pour leur donner de la couleur.

Hacher une partie de la truffe en brunoise, monter la sauce au beurre, réchauffer les queues d’écrevisses dans cette sauce et ajouter les truffes.

Lever le coffre de pigeon, éliminer les nerfs, parer les filets, les égoutter et les disposer dans les assiettes chaudes. Ajouter les cuisses, un copeau de truffe et la sauce très chaude. Déguster immédiatement.

Palombe Gauthier © Renards Gourmets
Palombe Gauthier © Renards Gourmets
Palombe Gauthier © Renards Gourmets

Chipeau à la daube, haricots de Soissons au jus

Chipeau des sauvaginiers à la daube, haricots de Soissons au jus

Daube de canard chipeau © Renards Gourmets
2 personnes
difficulté : moyen
coût : bon marché
+/- 3 heures
+ une nuit pour les haricots
 
Ingrédients :
 
Pour les haricots

100 g de haricots de Soissons
un grain de poivre long rouge
une gousse d’ail
une feuille de laurier
un clou de girofle
une branche de romarin frais

Pour le canard

un canard chipeau
sel et poivre
 
Pour la sauce daube
 
huile de pépins de raisin
une carotte
une échalote
un petit oignon
une gousse d’ail
4 grains de poivre noir
3 baies de genièvre
un bâtonnet de fenouil sec
une cardamome noire pilée
un brin de romarin
2,5 cl de vinaigre de coing
2,5 cl d’eau-de-vie de coing
2,5 cl de vin de Madère
10 cl de bouillon de volaille
25 cl de vin rouge corsé

une gousse d’ail
romarin
poivre mignonnette
eau-de-vie
vinaigre de coing
arrow-root

Pour les rôties

une tranche de pain de campagne
beurre
une tranche fine de lard de Colonnata
une échalote grise
une baie de genièvre
un brin de romarin
sel et poivre
eau-de-vie de coing
2,5 cl de vin rouge
25 g de foie gras

Pour les finitions

huile de pépins de raisin
beurre
3 baies de genièvre
un brin de romarin
4 grains de poivre noir
une gousse d’ail écrasée

Le canard chipeau est présent dans les marais côtiers et il est en cela une sauvagine de choix pour les chasseurs des Flandres. Sa chair est parfumée, vive et tendre et se prête aussi bien aux préparations en sauce qu’à la broche. Nous l’aimons en daube ou plutôt à la daube, une préparation culinaire attestée dès le XVIIe siècle et figurant dans les plus grands ouvrages culinaires de l’époque. Joseph Menon, cuisinier à la Cour du Roi Louis XV en donne une excellente recette qui était autrefois servie froide. Nous avons adapté celle-ci en modifiant la cuisson du canard, en servant ce plat chaud ainsi qu’en l’accompagnant de gros haricots de Soissons mijotés dans le jus.

Nous aimons travailler avec des produits de qualité et savoureux et pour ce plat nous avons choisi les huiles et vinaigres de l‘Huilerie Beaujolaise dont le savoir-faire et la préservation des qualités de chaque fruit utilisé est remarquable. Ce vinaigre de coing est exceptionnel. Nous vous laissons imaginer son parfum et son goût intense et raffiné.

1. Préparation des haricots

Faire tremper les haricots pendant douze heures dans un bol d’eau froide. Les rincer, les disposer dans une casserole, couvrir très généreusement d’eau (si possible de source), ajouter le poivre long coupé en deux, la gousse d’ail piquée de girofle et de laurier et la branche de romarin. Porter à ébullition, écumer puis laisser mijoter à feu modéré jusqu’à ce qu’ils soient très tendres. Peler à chaud et réserver sur une assiette.

2. Préparation du canard

Plumer, flamber et vider le canard en conservant son cœur et son foie. Lever les cuisses et le coffre, retirer l’os du gras de cuisse, manchonner puis concasser toute la carcasse, le cou et les ailerons. Assaisonner les cuisses de sel et de poivre, les rouler dans une feuille de film alimentaire supportant la cuisson et faire cuire pendant trois heures à 67°C au bain-marie. Rafraîchir et réserver.

3. Préparation de la sauce

Faire chauffer un filet d’huile dans une cocotte, ajouter les morceaux de carcasse et parures et les faire rissoler. Ajouter une noix de beurre pour parfaire la caramélisation puis ajouter la carotte non pelée et taillée grossièrement, l’oignon et l’échalote émincés et le reste de la garniture aromatique. Laisser suer puis ajouter le romarin et laisser infuser une minute. Dégraisser parfaitement, remettre tous les éléments dans la cocotte et déglacer avec le vinaigre, faire réduire à sec puis mouiller avec l’eau-de-vie, réduire à glace et mouiller avec le vin de Madère, faire réduire à glace et mouiller en trois fois avec le bouillon chaud en faisant réduire. Mouiller enfin à hauteur avec le vin, porter à ébullition, flamber, écumer parfaitement et laisser mijoter deux heures à tout petit feu. Ajouter un brin de romarin, une gousse d’ail écrasée, une prise de mignonnette, un trait de vinaigre, un d’eau-de-vie et couper le feu. Laisser infuser à couvert et hors du feu une dizaine de minutes puis chinoiser en foulant. Lier cette sauce avec un peu d’arrow-root si nécessaire.

4. Préparation des rôties

Tailler très finement le lard de Colonnata et le faire fondre à feu doux dans un petit sautoir. Augmenter la température du feu et faire saisir rapidement le foie et le cœur en les gardant saignants. Ajouter l’échalote très finement ciselée, laisser suer, ajouter le romarin, la baie de genièvre et les abats et déglacer à l’eau-de-vie. Flamber, laisser réduire, ajouter le vin et laisser réduire à l’état de glace. Débarrasser, hacher finement au couteau avec le foie gras jusqu’à l’obtention d’une pommade homogène. Corriger l’assaisonnement en sel et en poivre.

Tailler des morceaux de pain en demi-lune avec un emporte-pièce, les faire dorer au beurre et les garnir de rôtie. Enfourner une dizaine de minutes dans un four préchauffé à 180°c puis réserver.

5. Finitions et dressage

Assaisonner le coffre et le faire saisir dans de l’huile très chaude côté peau. Tourner le coffre, baisser le feu, ajouter la garniture aromatique et le beurre et l’arroser continuellement en gardant le beurre moussant. Enfourner pendant cinq minutes puis laisser reposer une dizaine de minutes.

Mettre les haricots et les cuisses dans la sauce pour les réchauffer, lever les filets qui doivent être saignants et disposer tous les éléments dans les assiettes, garnir de sauce très chaude et déguster immédiatement.

Daube de canard chipeau © Renards Gourmets
Chipeau © Renards Gourmets

Salmis d’oiseau bleu à la landaise

Salmis d'oiseau bleu à la landaise, millas gratiné à la tomme de montagne

Salmis de palombe © Renards Gourmets
2 personnes
difficulté : moyen
coût : bon marché
+/- 3 heures
 
Ingrédients :
 
Pour la palombe

une belle palombe
piment d’Espelette
baies de genièvre
romarin frais
ventrèche de porc noir
sel et poivre
beurre
trois gousses d’ail
 
Pour les millas

30 g de farine de maïs
20 g de farine de froment
25 cl de bouillon de volaille
1 cl de graisse de canard
sel
tomme de montagne des Pyrénées

Pour la sauce salmis

huile de pépins de raisin
beurre
une échalote grise
une gousse d’ail

3 baies de genièvre
un bâton de fenouil sec
5 grains de poivre
3 brins de romarin
5 cl de vinaigre de Banyuls
5 cl de vin de Madère
10 cl de fond blanc de volaille
10 cl de vin rouge corsé

une gousse d’ail
un brin de romarin
poivre mignonnette

Le salmis est une très ancienne recette française qui figure dans tous les manuels de cuisine à partir du XVIIe siècle, c’est une technique de cuisson qui nous vient d’Espagne et dont le nom est tiré de salmigondis, lui même tiré de salmorejo qui fut autrefois une soupe de gibier et non de tomates. Le petit gibier est d’abord précuit à la broche, on prépare ensuite une sauce avec sa carcasse qui est liée avec le foie et le cœur de l’animal, on achève enfin la cuisson de la viande directement dans cette sauce.

Le salmis fut très probablement introduit en France lors du mariage de Louis XIV et de Marie-Thérèse d’Autriche sur l’Île aux faisans en 1660.

Aujourd’hui dans le sud-ouest du pays on prépare toujours cette recette et principalement avec des palombes, le fameux pigeon ramier. Nous avons accompagné ce plat de millas, une sorte de bouillie qui fut autrefois de millet et se prépare désormais avec de la farine de maïs et de froment. Le millas est typique de la cuisine des Landes jusqu’au Périgord et sur tout le territoire de l’ancienne Gascogne.

1. Préparation de la palombe

Plumer, bucler et vider la palombe en prenant soin de conserver son foie, son cœur et ses poumons intacts. Retirer la tête, les griffes en éliminant les nerfs. Lever les cuisses, les ailerons et le coffre. Retirer les os des cuisses, les manchonner et les gratter. Concasser toute la carcasse et réserver.

Assaisonner chaque cuisse côté chair avec une baie de genièvre finement hachée, quelques feuilles de romarin, une prise de piment d’Espelette, du poivre et du sel et un peu de lard réduit en pâte. Rouler les cuisses autour de l’os en utilisant du film alimentaire supportant la cuisson et faire cuire pendant trois heures à soixante sept degrés dans un bain-marie. Rafraîchir dans une glaçante et réserver.

2. Préparation des millas

Combiner les deux farines et les tamiser, placer le bouillon, la graisse de canard et une prise de sel dans une casserole, porter à ébullition et verser les farines en pluie en remuant constamment. Laisser cuire environ une heure ou jusqu’à ce que la pâte se détache des bords. Elle doit être très compacte. La verser sur un linge et lui donner une forme régulière. Laisser refroidir au moins deux heures, sinon toute une nuit.

3. Préparation de la sauce

Faire chauffer un filet d’huile dans une cocotte, ajouter les morceaux de carcasse et laisser colorer vivement. Ajouter une grosse noix de beurre, la tenir moussante et parfaire la caramélisation. Ajouter l’échalote émincée, la gousse d’ail en chemise écrasée, les baies de genièvre pressées, le bâton de fenouil sec, les grains de poivre et laisser suer. Ajouter le romarin, laisser infuser une minute. Dégraisser parfaitement puis remettre les éléments dans la cocotte et déglacer avec le vinaigre en faisant réduire à sec. Ajouter le madère, laisser réduire de nouveau à sec et mouiller en trois fois avec le bouillon en laissant toujours réduire. Mouiller enfin à hauteur avec le vin rouge, porter à ébullition, flamber et laisser mijoter une paire d’heures en écumant soigneusement.

Dégraisser et chinoiser. Placer les abats de la palombe dans un mixer, verser une cuillère de sauce chaude et mixer rapidement. Verser cette préparation dans la sauce et laisser mijoter une vingtaine de minutes à feu très doux avec un trait de vinaigre, un brin de romarin et une prise de poivre. Filtrer une nouvelle fois le plus finement possible et tenir chaud sans ne plus faire bouillir.

3. Finitions et dressage

Chambrer le coffre pendant une heure, le saler côté chair et peau et le faire cuire côté peau dans un peu de graisse de canard à l’intérieur d’un sautoir bien chaud. Tourner le coffre, baisser la température du feu, ajouter une noix de beurre, l’ail et le romarin et l’arroser continuellement jusqu’à ce que la peau soit bien dorée. Enfourner trois minutes dans un four préchauffé à 210°C. Laisser reposer pendant dix minutes puis lever les filets.

Faire colorer les millas dans le même sautoir puis les placer dans un plat à gratin, couvrir de tomme râpée et faire gratiner sous la salamandre.

Réchauffer les cuisses dans le sautoir puis monter la sauce avec une noix de beurre bien froid.

Servir tous les éléments dans les assiettes, ajouter la sauce et déguster immédiatement.

Salmis de palombe © Renards Gourmets
Salmis de palombe © Renards Gourmets
Salmis de palombe © Renards Gourmets

Tartare de dos de chevreuil au caviar

Tartare de dos de chevreuil au caviar, huile d'amande douce

Tartare de chevreuil au caviar © Renards Gourmets
2 personnes
difficulté : facile
coût : cher
+/- 30 minutes
 
Ingrédients :
 
125 g de filet mignon de chevreuil
25 g de caviar Osciètre
une c.a.s d’huile d’amande douce grillée
une c.a.c de vinaigre de datte
fleur de sel
poivre noir
pain noir

Parfois la meilleure manière d’apprécier un produit reste la plus simple, surtout quand celui-ci est exceptionnel. Nous avons longuement travaillé sur l’assaisonnement de ce tartare et pensons avoir trouvé le juste équilibre entre les notes de noix vertes du caviar Osciètre, le raffinement du chevreuil, le parfum délicat de l’huile vierge d’amande douce grillée et le vinaigre aigre doux de datte au parfum sucré et épicé.

Nous aimons travailler avec des produits de qualité et savoureux et pour cette entrée de fête nous avons choisi les huiles et vinaigres de l‘Huilerie Beaujolaise dont le savoir-faire et la préservation des qualités de chaque fruit utilisé est remarquable. Cette huile d’amande douce grillée est composée uniquement de l’huile obtenue de ce fruit. Nous vous laissons imaginer son parfum et son goût intense et raffiné.

Cette recette est réalisée en collaboration avec InterProchasse pour le site Je Cuisine du Gibier. Retrouvez-y de nombreuses idées sur la façon d’accommoder ces viandes qui possèdent d’exceptionnelles qualités gustatives et nutritionnelles.

1. Préparation du tartare

Lever un dos de chevreuil et prélever les filets mignons, retirer les aponévroses et les parties graisseuses. Chambrer une vingtaine de minutes puis tailler au couteau en fine brunoise. Assaisonner en sel, poivre puis ajouter l’huile et le vinaigre. Mêler délicatement et intimement.

2. Finitions et dressage

Chambrer le caviar une dizaine de minutes. Mouler une quenelle de tartare dans une cuillère à soupe, disposer dans les assiettes, mouler une quenelle de caviar avec une cuillère à café et disposer dessus. Déguster immédiatement avec une tranche de pain noir tiède et craquante.

Tartare de chevreuil au caviar © Renards Gourmets

Pompadour de canard à la Mirabeau

Pompadour de canard sauvage à la Mirabeau

Pompadour de canard Mirabeau © Renards Gourmets
2/4 personnes
difficulté : difficile
coût : moyen
+/- 3 heures
 
Ingrédients :
 
Pour la mousseline de volaille

80 g de filet de poulet
3 g de sel
un filet d’anchois
1 blanc d’œuf
12,5 cl de crème liquide
une tige d’estragon
 
Pour la Pompadour

une grosse poignée d’olives vertes farcies aux anchois
un canard sauvage (colvert ou sarcelle)
une escalope de foie gras cru
sel et poivre
beurre

Pour la sauce

la carcasse du canard
huile de pépins de raisin
beurre
une échalote émincée
une gousse d’ail en chemise
une branche de fenouil sec
3 baies de genièvre
5 grains de poivre
un brin d’estragon
2,5 cl de vinaigre de vin rouge
2,5 cl de Porto rouge
15 cl de vin rouge
5 cl de jus de gibier à plumes (ou de canard)

Le XIXe siècle consacra l’architecture culinaire. D’abord Carême puis Jules Gouffé. S’inspirant tous deux de temples antiques, ils échafaudaient de véritables sculptures de table plus éblouissantes les unes que les autres. Nous souhaitions réaliser l’une d’elles, cette Pompadour de canard à la Mirabeau. L’appellation renvoie au Comte de Mirabeau, écrivain, diplomate, journaliste et homme politique, l’une des figures de la grande Révolution. Ce plat se compose d’un mélange d’olives, d’anchois et d’estragon. On l’emploie généralement pour le canard, le bœuf ou l’agneau. Une Pompadour, dont le nom vient de Jeanne-Antoinette Poisson marquise de Pompadour, est une préparation moulée en timbale qui existe dans une version salée comme sucrée. Sucrée elle prend plus généralement le nom de Charlotte. Nous avons légèrement adapté la recette traditionnelle en ajoutant du foie gras et en faisant cuire le canard autrement qu’à la broche.

La recette figure dans le Guide culinaire d’Escoffier et dans l’art Culinaire Moderne Le Pellaprat.

Cette Pompadour se déguste chaude avec sa sauce ou froide, glacée d’un consommé en gelée.

Cette photo a été réalisée en collaboration avec la maison Bernardaud grâce à cette superbe assiette Soleil Levant :  » d’après un décor de Pierre-Louis Dagoty, peintre sur porcelaine et manufacturier, Soleil Levant représente des fleurs de papyrus or disposées en une frise rayonnante et contemporaine. Un hommage au style Retour d’Égypte marquant le début du 19ème siècle. »

1. Préparation de la mousseline de volaille

Retirer la peau et les nerfs d’un filet de volaille. Peser, couper en dès, ajouter le sel, le filet d’anchois et mixer par à-coups. Ajouter le blanc d’œuf en continuant de mixer puis la crème jusqu’à l’obtention d’une pommade. Passer au tamis fin puis ajouter l’estragon très finement ciselé. Mélanger une dernière fois et réserver pendant une heure au réfrigérateur.

2. Montage de la Pompadour

Plumer, flamber, vider et désosser le canard sauvage. Conserver les abats pour une autre préparation. Retirer la peau des filets ainsi que les nerfs, parer pour obtenir deux rectangles et les couper en deux. Assaisonner de sel et de poivre et réserver.

Tailler une escalope de foie gras de deux centimètres, faire chauffer une poêle à feu vif et le faire cuire quelques secondes sur chaque face. Réserver sur du papier absorbant, assaisonner et réserver.

Éliminer les extrémités des olives et les tailler en tranches.

Beurrer largement une timbale et garnir de tranches d’olives en commençant par le fond. Garnir à la poche d’une couche de mousseline et lisser avec une spatule humide. Placer deux morceaux de filets de canard au fond en appuyant légèrement. Ajouter un peu de mousseline puis le foie toujours en appuyant. Ajouter le second filet et masquer intégralement de mousseline. Lisser le bord pour que la timbale soit parfaitement comblée.

3. Cuisson de la Pompadour

Préchauffer le four à 200°C puis baisser à 90°C. Placer la Pompadour dans une plaque remplie d’eau et faire cuire jusqu’à ce que la température interne atteigne 59°C. Ou faire cuire sous-vide à basse température durant une heure à 59°C.

4. Préparation de la sauce

Concasser les cuisses et la carcasse en petits morceaux. Faire chauffer un filet d’huile dans une cocotte et faire saisir. Ajouter une noix de beurre pour parfaire la caramélisation puis la garniture aromatique. Laisser suer, filtrer pour dégraisser parfaitement puis remettre les éléments dans la cocotte. Déglacer avec le vinaigre, faire réduire à sec puis mouiller avec le Porto. Réduire de nouveau à sec et ajouter le vin en trois fois en faisant réduire. Terminer en couvrant à hauteur et en ajoutant un peu de jus si nécessaire. Porter à frémissement, écumer et laisser mijoter pendant deux heures. Chinoiser en foulant et faire réduire à consistance. Corriger l’assaisonnement et lier si nécessaire puis tenir chaud.

5. Finitions et dressage

Démouler la timbale sur un plat de service chauffé, glacer avec une partie de la sauce montée au beurre et servir la sauce restante dans une saucière d’argent. Découper la Pompadour devant les convives et servir avec la sauce. On peut agrémenter ce plat d’une petite salade d’hiver parfumée d’estragon et de filets d’anchois.

Pompadour de canard Mirabeau © Renards Gourmets
Pompadour de canard Mirabeau © Renards Gourmets
Pompadour de canard Mirabeau © Renards Gourmets

Turbot de Bretagne au caviar

Turbot de Bretagne au caviar sur un lit d'épinards

Turbot au caviar © Renards Gourmets
4 personnes
difficulté : moyen
coût : cher
+/- 1 heure
 
Ingrédients :
 
Pour le turbot

un turbot de 3 kg environ
sel et sucre
beurre demi-sel de Bretagne
 
Pour le fumet

15 g de vin blanc sec
200 g environ de fumet de poisson
5 grains de poivre blanc
un morceau de fenouil sec
une échalote émincée
3 champignons de Paris émincés
une gousse d’ail dégermée

Pour les épinards

1 kg d’épinards à petites feuilles
gros sel
une gousse d’ail
poivre blanc

Pour les finitions

une c.a.s de crème double
beurre demi-sel de Bretagne
60-80 g de caviar

Voici un plat de roi d’une grande simplicité mais composé des meilleurs produits. Nous nous sommes inspirés d’une fameuse recette du chef Bernard Pacaud du restaurant l’Ambroisie Place des Vosges. A déguster avec votre meilleur vin.

Pour la réalisation de cette recette nous avons eu la chance de collaborer avec deux maisons prestigieuses. Petrossian pour son caviar Persicus tsar Impérial. Une variété inédite issue d’une espèce historique et méconnue, l’Acipenser persicus. Un caviar rare à la texture ferme et fondante, d’une couleur sombre aux reflets noir, gris ou bronze.

Nous avons aussi collaboré pour cette photographie avec la maison Bernardaud avec cette fabuleuse assiette Eden turquoise. Il faut se faire à l’idée du raffinement et de la beauté de ces motifs, reprise d’un décor flamboyant du XIXe siècle. C’est une immense fierté, de nouveau, de nous associer à une maison historique qui produit de telles splendeurs. Existant sous le nom de Bernardaud (pour Léonard Bernardaud) depuis 1900, la maison est une affaire familiale depuis six générations (et jusqu’à aujourd’hui) et une entreprise du « patrimoine vivant ». C’est un terme, une expression, que nous aimons beaucoup, qui représente pour nous, ce qui devrait prédominer en France. Soit des entreprises qui continuent, dans l’idéal dans un principe de transmission, de valoriser et de faire exister les beaux savoir-faire qui font la fierté et la gloire de la France.

1. Préparation du turbot

Lever les filets du turbot, retirer la peau, les paries gélatineuses et les arêtes. Peser la chair et réaliser une saumure à 10% contenant 8% de sel et 2% de sucre. Laisser reposer durant dix minutes, rincer délicatement et sécher parfaitement. Découper les filets en tranches de 1,5 cm d’épaisseur. Conserver toutes les parures et la tête pour la réalisation du fumet.

Beurrer généreusement quatre cercles de 10 cm sur 1,5. Poser chaque cercle sur un carré de papier sulfurisé largement beurré et procéder au montage en plaçant les tranches de turbot à l’intérieur afin d’obtenir une sorte de galette. Beurrer le dessus au pinceau et masquer d’un second carré de papier. Procéder ainsi pour les quatre cercles. Filmer et réserver au réfrigérateur.

2. Préparation du fumet

Placer toutes les parures, la tête énuclée et les arêtes dans une casserole large. Ajouter les aromates et les liquides. Porter à frémissement et laisser cuire pendant vingt minutes. Filtrer puis faire réduire de deux tiers jusqu’à l’obtention de 15 cl environ. Porter à ébullition, ajouter la crème et laisser bouillir pendant cinq minutes. Filtrer une nouvelle fois et réserver.

3. Préparation des épinards

Équeuter les épinards, les faire blanchir une paire de minutes dans une casserole d’eau bouillante fortement salée. Rafraîchir dans une glaçante, essorer délicatement. Faire chauffer une grosse noix de beurre dans un sautoir, piquer une gousse d’ail avec une fourchette, faire infuser l’ail dans le beurre quelques secondes puis ajouter les épinards. Laisser cuire pendant deux minutes en remuant constamment. Poivrer et réserver sur le coin du feu.

4. Finitions et dressage

Faire chauffer une grande poêle sur feu moyen. Ajouter les cercles de turbot avec le papier et laisser cuire deux minutes sur chaque face en les retournant délicatement.

Dresser les épinards au centre des assiettes dans des cercles de 10 cm. Retirer le supérieur des cercles de turbot. Placer sur les épinards, retirer le second papier et le cercle délicatement. Monter la sauce avec une noix de beurre très froid puis hors du feu ajouter le caviar. Servir la sauce en masquant les médaillons de turbot. Déguster chaud.

Turbot au caviar © Renards Gourmets
Turbot au caviar © Renards Gourmets

Crêpes vonnassiennes au caviar

Crêpes vonnassiennes au caviar Persicus et à la crème crue

Crêpes vonnassiennes et caviar © Renards Gourmets
4 personnes
difficulté : moyen
coût : cher
+/- 2 heures
 
Ingrédients :
 
Pour les crêpes vonnassiennes

350 g de pommes de terre Bintje
80 g de beurre cru de qualité
5 cl de lait entier
poivre blanc du Penja
sel

40 g de farine
2 œufs
3 blancs d’œufs
1/2 c.a.s de crème
 
Pour les finitions

250 g de caviar Periscus Impérial de chez Petrossian
crème crue

Pour la réalisation de cette recette nous avons collaboré avec la maison Petrossian et employé le caviar Persicus Tsar Impérial. Une variété inédite issue d’une espèce historique et méconnue, l‘Acipenser persicus. Il s’agit d’un caviar rare à la texture ferme et fondante, d’une couleur sombre aux reflets noir, gris ou bronze.

Nous avons accompagné ce divin caviar de crêpes vonnassiennes ou parmentières dont l’origine est attribuée à Élisa Blanc, grand-mère du célèbre cuisinier Georges Blanc. Nous préférons ces petites crêpes à base de purée de pomme de terre aux traditionnels blinis. Une très belle crème crue de Normandie viendra parfaire cette composition royale.

1. Préparation de la purée de pommes de terre

Préchauffer le four à 200°C.

Laver les pommes de terre sans les éplucher, les sécher. Verser du gros sel au fond d’un plat à gratin, placer les pommes de terre dessus et enfourner jusqu’à ce qu’elles soient très cuites et la peau bien desséchée.

Fendre les pommes de terre en deux et récupérer la pulpe avec une cuillère. Tamiser la pulpe deux fois puis placer dans une casserole, faire dessécher sur feu doux en remuant continuellement. Ajouter le beurre froid graduellement puis du lait tiède pour ajuster la consistance. Saler et poivrer pour ajuster l’assaisonnement. Débarrasser dans une jatte.

2. Préparation de l’appareil à crêpes

Ajouter la farine à la purée de pommes de terre, mélanger intimement puis ajouter les œufs l’un après l’autre pour les incorporer parfaitement. Ajouter enfin les blancs d’œufs et terminer par la crème. Vérifier l’assaisonnement puis réserver au réfrigérateur pendant une heure.

3. Finitions et dressage

Chauffer une poêle sur feu moyen, badigeonner très légèrement de beurre et faire cuire les crêpes comme de petits blinis. Les laisser tiédir sur une assiette chaude puis disposer dans un plat avec une montagne de caviar et une très bonne crème crue. Déguster avec votre meilleur vin ou de la vodka.

Crêpes vonnassiennes et caviar © Renards Gourmets
Crêpes vonnassiennes et caviar © Renards Gourmets
Crêpes vonnassiennes et caviar © Renards Gourmets
Crêpes vonnassiennes et caviar © Renards Gourmets

Migliacci cuits sur des feuilles de châtaignier

Migliacci d'Asco cuits sur des feuilles de châtaignier

Migliacci © Renards Gourmets
4 personnes
difficulté : facile
coût : bon marché
+/- 3 heures
 
Ingrédients :
 
une poignée de feuilles de châtaignier sèches
500 g de fromage corse de brebis ou de chèvre
(frais ou mi-frais) idéalement un brocciu passu

400 g de farine de blé
3 g de sel
10 g de levure de boulanger en poudre
25 cl de petit lait
(ou d’un mélange d’eau et de petit lait)
1/2 c.a.c de miel de châtaignier

Les migliacci sont de petites galettes ou pains au fromage typiques du nord de la Corse. On y emploie généralement du fromage de chèvre ou de brebis. Leur particularité est d’être cuits sur des feuilles séchées de châtaignier qui confèrent un parfum boisé caractéristique. Ils se consomment chauds, tièdes ou froids mais nous les préférons à la sortie du four pendant que le fromage crépite encore. On consomme les migliacci en tenant les feuilles dans ses mains en guise d’assiette. Cette préparation serait apparue au XVIIIe siècle à Migliacciaru, une région où prospèrent les châtaigniers. Ces pains pourraient également venir de la Toscane voisine.

Durant son enfance à Asco et Corte, ma grand-mère se régalait de migliacci tout chauds sur le chemin de l’école. Nous collectons tous les ans quelques poignées des plus belles feuilles de notre châtaignier en vue de préparer la recette et de déguster ces délicieuses galettes au coin du feu en évoquant des souvenirs.

Les migliacci peuvent également entrer dans la composition d’un spuntinu, le fameux « gueuleton » corse avec de la charcuterie, des fromages et du vin. On peut aussi disposer une tranche de buletta, ou vuletta (le guanciale corse) sur les migliacci avant de les enfourner. Cuits au feu de bois, ils sont encore meilleurs.

NOTE : Si le fromage est trop frais, il est préférable de le laisser égoutter dans une passoire une paire de jours et de soigneusement préserver le petit lait.

1. Préparation des migliacci

Faire tremper les feuilles de châtaignier dans une bassine d’eau. Placer une assiette dessus pour éviter qu’elles remontent en surface.

Diluer la levure et le miel dans de l’eau tiède. A part, mélanger la farine et le sel puis former un puits. Verser progressivement le liquide dans le puits tout en mélangeant. Ajouter les deux tiers du fromage grossièrement émietté entre les doigts. La pâte ne doit pas être collante. Couvrir d’un linge et laisser lever deux heures dans un endroit chaud à l’abri des courants d’air.

Dégazer le pâton, former des boules. Sécher les feuilles de châtaignier délicatement dans un linge, couper les pointes des feuilles afin qu’elles ne brûlent pas. Disposer de une à trois feuilles par migliacci sur une plaque allant au four en les espaçant bien. La quantité de feuilles dépend de leur taille. Poser une boule de pâte sur chaque lit de feuille, l’aplatir et le badigeonner avec un peu d’eau. Placer des cubes de fromage restant sur le dessus en appuyant légèrement. Couvrir à nouveau et laisser lever une demi heure de plus.

2. Cuisson des migliacci

Préchauffer le four à 240°C position statique et enfourner les migliacci tout en bas du four. Laisser cuire un quart d’heure environ ou jusqu’à ce qu’ils soient bien dorés et gonflés.

3. Finitions et dressage

Déguster les migliacci bien chauds avec un peu de charcuterie et un bon verre de vin.

Migliacci © Renards Gourmets
Migliacci © Renards Gourmets
Migliacci © Renards Gourmets

Rossini de canard sauvage, petit pâté chaud

Filet de canard sauvage "Rossini", petit pâté chaud aux abattis

Rossini de canard sauvage © Renards Gourmets
2 personnes
difficulté : difficile
coût : moyen
+/- 2 heures
+ une nuit de repos
 
Ingrédients :
 
Pour le colvert

un colvert de chasse
fine champagne
sel et poivre

une petite tranche de lard de Colonnata
une échalote grise
2 baies de genièvre
un petit morceau de laurier
2,5 cl de fine champagne
5 cl de vin rouge
sel et poivre

un morceau de foie gras frais

un œuf
2,5 cl de crème fluide
fine champagne
sel et poivre
 
Pour la sauce

La carcasse du colvert
huile de pépins de raisin
beurre
une échalote grise
2 baies de genièvre
3 grains de poivre noir
une petite branche de fenouil sec
2,5 cl de vinaigre de Banyuls
2,5 cl de porto
15 cl de vin rouge
5 cl de jus de canard (ou de gibier)

Pour les finitions

350 g de feuilletage
un jaune d’œuf

une crépinette nettoyée

Cette recette est réalisée en collaboration avec InterProchasse pour le site Je Cuisine du Gibier. Retrouvez-y de nombreuses idées sur la façon d’accommoder ces viandes qui possèdent d’exceptionnelles qualités gustatives et nutritionnelles.

En saison on pourra également agrémenter le petit pâté de quelques trompettes-de-la-mort sautées au beurre.

1. Préparation du canard sauvage

Plumer, flamber et vider le colvert, conserver le cœur, le foie et le gésier pour la réalisation du petit pâté. Lever les cuisses et les filets, retirer toute la peau. Désosser parfaitement les cuisses et les ailerons, éliminer les nerfs. Conserver tous les os pour la réalisation du jus. Parer les filets, retirer les aiguillettes. Disposer les filets dans un petit bac, saler, poivrer, ajouter une larme de fine champagne, couvrir et réserver au réfrigérateur.

Rassembler la chair des aiguillettes, des ailerons et des cuisses et passer au hachoir à viande grille moyenne. Réserver.

2. Préparation de la farce à gratin

Réduire le lard de Colonnata en fine pâte à la pointe du couteau, le faire fondre dans un petit sautoir tout doucement. Augmenter la température et faire saisir le foie du colvert, le débarrasser encore saignant sur une plaque posée sur de la glace. Faire sauter le gésier nettoyé et le cœur dans la même graisse. Ajouter l’échalote finement émincée, les baies de genièvre et la feuille de laurier. Laisser suer, ajouter la fine, flamber, laisser réduire à glace puis couvrir à mi hauteur avec le vin. Porter à frémissement et laisser réduire à feu doux jusqu’à l’obtention d’une consistance sirupeuse. Poivrer généreusement, saler légèrement et laisser refroidir complètement. Retirer le laurier, ajouter le foie et mixer l’ensemble jusqu’à l’obtention d’une purée. Passer au tamis et réserver.

3. Préparation du foie gras

Tailler une petite escalope de foie gras bien frais et non déveiné, saler, faire chauffer un sautoir à feu très vif et faire cuire le foie, 10 secondes sur chaque face. Le débarrasser sur un papier absorbant pour le dégraisser et laisser complètement refroidir.

4. Préparation de la farce

Mélanger les chairs de colvert hachées, la farce à gratin, le blanc d’œuf et la crème, assaisonner de sel et de poivre, ajouter la fine champagne et mouler la moitié de cette farce dans un petit ramequin à soufflé chemisé d’une feuille de film alimentaire. Insérer l’escalope de foie gras en tassant légèrement. Garnir le reste du moule avec la farce restante. Mettre sous-vide et faire cuire au bain-marie pendant une heure à 59°C. Laisser tiédir puis réserver au froid toute une nuit sous une petite presse.

5. Préparation de la ballotine de colvert

Tailler dans le foie deux tranches de la même dimension que les filets. Assaisonner de sel et de poivre puis disposer sur les filets. Rouler chaque composition dans du film alimentaire supportant la cuisson, mettre sous-vide et faire cuire pendant 30 minutes à 60°c. Rafraîchir immédiatement dans une glaçante et laisser reposer toute une nuit au réfrigérateur.

6. Préparation de la sauce

Concasser tous les os et les parures, faire chauffer un filet d’huile dans une cocotte et faire rissoler. Ajouter une noix de beurre pour aider à la caramélisation. Ciseler une échalote, la faire suer dans la même cocotte avec les grains de poivre, les baies de genièvre et la branche de fenouil séché. Dégraisser parfaitement puis ajouter le vinaigre, laisser réduire à glace puis mouiller avec le porto, laisser de nouveau réduire et mouiller en trois fois avec le vin en faisant réduire à chaque étape. Terminer par le vin restant aux deux tiers des os et compléter à hauteur avec le jus de gibier. Porter à frémissement et laisser mijoter deux heures. Chinoiser en foulant et réserver toute une nuit au réfrigérateur.

7. Montage du petit pâté

Abaisser un morceau de pâte feuilletée, démouler l’insert cuit, l’essuyer dans du papier absorbant et le déposer au centre de l’abaisse. Dorer la bordure au jaune d’œuf puis masquer avec une seconde abaisse en chassant parfaitement l’air. Pincer les bords et éliminer l’excèdent de pâte avec un cercle à pâtisserie. Chiqueter les bords avec le dos d’une lame de couteau, les dents d’une fourchette ou un cure-dent. Retirer la farine qui se trouve sur la pâte à l’aide d’un petit pinceau sec, déplacer sur une grille habillée de papier parcheminé. Dorer au jaune d’œuf et réserver une vingtaine de minutes au froid. Dorer une seconde fois, réserver de nouveau puis historier avec un couteau d’office. Piquer également la bordure, la cheminée et quelques endroits de la tourne d’un petit coup sec de cure-dent afin que la vapeur puisse s’échapper durant la cuisson.

Préchauffer le four à 180°C et enfourner le petit pâté une vingtaine de minutes ou jusqu’à ce qu’il soit parfaitement doré. Laisser au repos une vingtaine de minutes dans un endroit chaud.

8. Finitions et dressage

Faire réduire la sauce à consistance, lier si nécessaire avec un peu d’arrow-root, corriger l’assaisonnement avec un peu de vinaigre, de sel et de poivre si nécessaire. Monter au beurre et réserver.

Faire chauffer vivement un sautoir, ajouter un filet d’huile, emballer les ballotines dans la crépinette dégorgée et essorée. Ficeler pour maintenir la forme et faire saisir en démarrant par le côté où se trouve le filet de canard. Baisser le feu, ajouter une noix de beurre et arroser continuellement pour réchauffer le foie gras et cuire la crépinette sans brusquer le foie. Débarrasser sur un papier absorbant pour dégraisser.

Réchauffer le pâté une paire de minutes puis découper en parts.

Déficeler les ballotines, couper en bouchées et servir avec une part de pâté, la sauce et une petite salade bien vinaigrée à côté. Déguster bien chaud.

Rossini de canard sauvage © Renards Gourmets
Rossini de canard sauvage © Renards Gourmets

Civet de lièvre à la française

Civet de lièvre à la française, macaroni au gratin

Civet de lièvre © Renards Gourmets
4 personnes
difficulté : moyen
coût : moyen
+/- 48 heures
 
Ingrédients :
 
Pour le fond de lièvre
 
un beau et jeune lièvre de 3,5 kilos tiré à la tête
vinaigre de vin
huile de pépins de raisin
beurre cru très frais
le blanc de 7 cives rouges
un petit verre de fine champagne
une bouteille de vin rouge de qualité
3 grains de poivre long rouge
3 grains de poivre noir de Kampot
2 feuilles de laurier bien fraîches
un gros bouquet de thym, hysope, sarriette, serpolet et marjolaine
 
Pour le civet

le vert des mêmes cives
une crépine de porc bien propre
un mélange des mêmes herbes
2 c.a.s de lard de Colonnata haché
sel et poivre

 

4 cives pour la liaison

Pour le gratin de macaroni
 
150 g de Zitone
une gousse d’ail
une branche de fenouil sec
4 grains de poivre blanc
une feuille de laurier
un brin de thym
gros sel
 
15 g de farine
22,5 g de beurre
22 cl de lait entier
muscade, poivre blanc, sel
parmesan
beurre

Le terme de civet viendrait du mot cive, c’est-à-dire l’ancien nom de l’oignon (caepatum, caepa en latin) car celui-ci est toujours utilisé pour parfumer la sauce du petit gibier à poil. On y ajoute également du vin, invariablement rouge aujourd’hui mais uniquement blanc jusqu’au début du XIXe siècle. Le sang de l’animal intervient également comme élément de liaison, en tout cas ce fut ainsi en un temps où rien ne se perdait dans les campagnes. Dans la confection d’un civet, c’est d’avantage la symbolique du sang que son utilité qui les rendra indissociables dès le début du XXe siècle. Aujourd’hui avec l’industrialisation de chaque chose et la complexité de se procurer un animal en poil la pratique s’est peu à peu perdue. Le civet retrouve ainsi ses poncifs d’autrefois, le vin, l’oignon et la bête à poils. Si le civet n’est pas lié au sang il prendra alors parfois le nom de gibelotte.

Le civet de lièvre est entouré de croyances et de mysticisme, il fut longtemps le préféré des braconniers. La mauvaise réputation du lièvre conduira même en 751 le pape Zacharie à le déclarer impur. D’après lui, la bête aux vices ignobles étant lubrique elle ne pouvait être propre à la consommation du chrétien, elle aurait d’après lui influencé l’homme à commettre les pires péchés. Le petit peuple adopta l’interdit mais pour une raison plus pratique, en effet le lièvre digère en deux temps, autrement dit, il réabsorbe ses déjections, cette pratique en choqua plus d’un qui laissèrent errer les lièvres aux bois pour le plus grand plaisir des braconniers qui eux, n’avaient pas d’autres menus à s’offrir. Le Lévitique ne précise t’il pas : « Vous tiendrez pour impur le lièvre parce que, bien que ruminant, il n’a pas le sabot fourchu« . En dépit des croyances de la vox populi, et des interdits pontificaux, lièvre et civet se rencontrèrent pour le plus grand plaisir des gourmets. De cette rencontre la réputation du lièvre s’améliora grandement, il fut alors loué pour ses propriétés médicinales et la qualité de sa chair. Jean Geiler de Kaysersberg prédicateur entre 1478 et 1510 proposa même comme sermons « Le civet de lièvre » (Der Has im Pfeffer) D’après ce sermon, le chrétien comme le lièvre doit aller en courant pour faire le bien. En fuyant les meutes de chiens il fuirait les mauvais esprit. Quand vient le moment du dépiautage du lièvre, en tirant la peau par-dessus les oreilles, c’est de son orgueil dont on se débarrasse.

Le célèbre gastronome Curnonsky prétendait que le civet à la parisienne était un civet clair, sans liaison au sang, pour lui ce sont les Savoyards qui effectuent ainsi la liaison  pour rendre sa sauce plus noire que l’encre. Pour Curnonsky on ne peut parler de civet que lorsque sang il y a.

En 1651 François Pierre de la Varenne, auteur de Le Cuisinier françois décrit le civet dans ses grandes lignes ; découper le lièvre en morceaux, l’empoter dans un bouillon, le cuire vert-cuit (mi-cuit) avec un bouquet, ajouter vin, farine, oignon et fort peu de vinaigre.

Nous avons opéré des choix drastiques pour cette recette, pas de marinade, pas de rissolage des viandes, elles ne sont pas non plus singées. La garniture aromatique se focalise uniquement sur les herbes pour obtenir une grande fraîcheur, bienvenue avec un tel plat.

Le choix du vin est primordiale, il faudra choisir un grand Nebbiolo, un vin de la Province de Sienne, un vieux Bordeaux ou un beau Mourvèdre de Provence. Nous avons opté pour un Amarone della Valpolicella en biodynamie.

Le macaroni au gratin également appelé Le macaroni ou Le parmesan est une recette du XVIIe siècle citée entre-autre par l’aventurier vénitien Casanova. On peut, si on le souhaite, l’agrémenter de quelques truffes.

Pour les âmes sensibles, il est possible d’arrondir la sauce avec une petite cuillère à café de cacao en poudre.

1. Préparation du lièvre

Peler et dépouiller le lièvre, éliminer la tête et le bout des pattes. Récupérer le sang, ajouter un trait de vinaigre, mélanger et réserver au réfrigérateur. Nettoyer consciencieusement le foie, le cœur, les poumons et les rognons en retirant la fine pellicule qui se trouve dessus. Éliminer tout le reste. Lever les cuisses et les épaules, les désosser parfaitement, retirer tous les nerfs et les aponévroses. Découper par muscles et réserver. Lever également le dos et le réserver pour une autre recette. Récupérer tous les os et parures, les concasser.

2. Préparation du fond de lièvre

Faire chauffer un filet d’huile dans une cocotte, ajouter les os et parures de lièvre pour les faire rissoler. Ajouter une grosse noix de beurre et laisser cuire dans le beurre moussant jusqu’à ce que les os soient bien rôtis. Ajouter les cives ciselées, laisser suer puis dégraisser parfaitement. Mouiller avec la fine, laisser réduire à glace puis mouiller en sept fois avec le vin, une petite quantité à chaque étape en faisant toujours réduire. Ajouter finalement le vin restant qui doit couvrir les os, porter à frémissement, flamber puis ajouter toute la garniture aromatique. Couvrir pour infuser et laisser complètement refroidir. Transférer dans un sac de cuisson sous-vide et faire cuire durant six heures à soixante six degrés. Filtrer et laisser parfaitement refroidir.

3. Préparation du civet

Faire tremper la crépine dans un bol d’eau vinaigrée.

Disposer chaque morceau de lièvre sur un petit bout de crépine égouttée. Ajouter un peu de lard, un vert de cive, du sel, du poivre et le mélange d’herbes. Replier pour obtenir des petits fagots et procéder ainsi jusqu’à épuisement des morceaux de lièvre.

Disposer dans un sac de cuisson sous-vide avec le fond de lièvre et faire cuire pendant trente six heures à soixante six degrés

Filtrer, faire décanter les morceaux de lièvre après les avoir débarrassés de la crépine et de la garniture aromatique. Tenir chaud dans une étuve.

Dégraisser parfaitement la sauce, la disposer dans une casserole et porter à frémissement.

Mixer les abats (sauf le foie) et verser une petite louche de sauce dessus, mélanger puis verser le tout dans la casserole et laisser cuire une vingtaine de minutes à feu très doux.

3. Préparation du gratin

Disposer l’ail, les branches de fenouil, les grains de poivre, le laurier et le thym dans une casserole remplie d’eau. Porter à ébullition, saler au gros sel, casser les Zitone en deux et faire cuire pendant huit minutes. Faire égoutter puis transférer sur un torchon en collant les pâtes les unes contre les autres. Couvrir avec un autre linge et laisser reposer une vingtaine de minutes au réfrigérateur.

Faire chauffer le beurre, ajouter la farine, mélanger au fouet. Une fois la farine cuite, verser le lait froid en une seule fois et laisser cuire en mélangeant continuellement jusqu’à l’obtention d’une béchamel fluide mais consistante. Ajouter muscade, poivre et sel.

Couper trois disques de Zitone avec un emporte-pièce, graisser un moule à timbale avec du beurre et placer un premier cercle au fond. Ajouter un tiers de la béchamel, du parmesan fraîchement râpé en abondance et une seconde couche de Zitone. Procéder ainsi sur trois étages en terminant par la béchamel et le parmesan.

4. Finitions et dressage

Filtrer la sauce puis ajouter le sang mixé avec le foie en vannant et laisser cuire une vingtaine de minutes sur feu très doux, rectifier l’assaisonnement en sel, poivre, vinaigre et fine champagne puis filtrer une dernière fois directement sur les morceaux de lièvre. Laisser mijoter une dizaine de minutes sur feu très doux afin que la viande se gorge de sauce. Elle ne doit jamais dépasser 70°C.

Préchauffer le four à 180°C et enfourner le gratin une vingtaine de minutes ou jusqu’à ce qu’il soit bien doré.

Disposer les morceaux de civet bien enrobés dans un plat en argent et la sauce restante dans une saucière. Placer les différentes garnitures dans des raviers et porter le tout à table. Effectuer le service devant les convives et déguster très chaud avec votre meilleur vin.

Civet de lièvre © Renards Gourmets
Civet de lièvre © Renards Gourmets
Civet de lièvre © Renards Gourmets
Civet de lièvre © Renards Gourmets