Côtelette de perdreau Romanov de l’Auberge de l’Ill

Côtelette de perdreau "Romanov" de l'Auberge de l'Ill

Côtelette de perdreau Romanov © Renards Gourmets
2 personnes
difficulté : moyen
coût : moyen
+/- 2 heures
 
Ingrédients :
 
Pour la côtelette de perdreau

un beau perdreau de chasse (rouge ou gris)

3 baies de genièvre
une branche de sel
2 c.a.s de sel
une pincée de sucre

200 g d’échine de porc
une crépine
un chou de Milan

une belle escalope de foie gras d’oie ou de canard.

cognac
porto rouge
un œuf entier

sel et poivre
beurre
 
Pour la sauce

huile de pépins de raisin
une échalote
2,5 cl de vinaigre de vin rouge
2,5 cl de cognac
5 cl de porto
15 cl de jus de gibier à plumes

Cette divine recette est une création du chef Paul Haeberlin décédé en 2008 et père de l’actuel propriétaire du restaurant l’Auberge de l’Ill d’Illhaeusern en Alsace, Marc Haeberlin. Elle est surnommée côtelette « Romanov » en l’honneur de la famille du Tsar et s’inspire de la cuisine d’Urbain Dubois, maître cuisinier du XIXe siècle qui officia pour le Prince Orlov. Au restaurant de la famille Haeberlin, ce plat se prépare avec du pigeonneau ou du perdreau en fonction de la saison. On y glisse parfois une belle lamelle de truffe entre le foie gras et le filet et on ajoute les pelures de la truffe dans la sauce afin d’obtenir une sauce Périgueux. Nous avons respecté sa recette à la lettre.

1. Préparation du perdreau

Plumer, flamber et vider le perdreau en conservant le foie et le cœur. Lever les cuisses, retirer l’os, éliminer une partie des ongles, passer les écailles à la flamme et les retirer avec un torchon. Disposer les cuisses dans un petit plat avec le sucre, le sel, les baies de genièvre et les branches de thym. Placer une plaque sur le dessus pour les presser et réserver pendant une heure au réfrigérateur.

Lever les filets, retirer la peau et réserver. Concasser toute la carcasse pour la réalisation du jus.

2. Préparation de la côtelette de perdreau

Placer le hachoir à viande au réfrigérateur.

Faire tremper la crépine dans un bol d’eau légèrement vinaigrée.

Effeuiller le chou et faire blanchir une paire de belles feuilles vertes dans une casserole d’eau bouillante fortement salée. Laisser cuire pendant quatre minutes et rafraîchir dans une glaçante. Faire égoutter, éliminer les côtes et tailler en large rectangle.

Rincer les cuisses de perdreau et les faire blanchir pendant cinq minutes dans la même eau. Rafraîchir immédiatement.

Tailler une escalope de foie gras non déveiné, Faire cuire dans une poêle très chaude une minute sur chaque face. Débarrasser, faire refroidir rapidement puis tailler en deux dans le sens de l’épaisseur.

Hacher finement le foie et le cœur de perdreau.

Faire mariner les filets avec un trait de cognac et de porto. Saler et poivrer.

Passer l’échine de porc au hachoir, ajouter les abats du perdreau, le cognac et le porto. Assaisonner de sel et de poivre, ajouter l’œuf et mélanger intimement.

Étaler la crépine sur une planche, disposer une grosse cuillère à soupe de farce contre une bordure en l’étalant finement d’une dimension légèrement supérieure à la taille du filet. Ajouter la feuille de chou en conservant un léger débord de farce d’un côté. Poser la cuisse au bord, la demi escalope de foie gras, le filet mariné puis replier la feuille de chou afin de masquer le filet. Ajouter une cuillère de farce sur le dessus, l’étaler finement. Couper l’excédent de crépine en conservant un morceau assez grand pour pouvoir emballer la côtelette de perdreau. Replier en serrant bien pour obtenir une forme régulière et une consistance ferme. Disposer dans un plat légèrement beurré et procéder de même pour la seconde côtelette.

3. Préparation de la sauce

Faire chauffer un filet d’huile dans une casserole, ajouter les morceaux de carcasse et parures de perdreau et laisser colorer. Ajouter une noix de beurre pour parfaire la caramélisation. Ciseler finement l’échalote, la laisser suer puis ajouter la garniture aromatique. Dégraisser parfaitement la casserole, remettre tous les éléments et déglacer avec le vinaigre. Laisser réduire à sec, mouiller avec le cognac et laisser réduire à l’état de glace. Mouiller de nouveau avec le porto et laisser réduire à glace. Ajouter finalement le jus de gibier à plumes à hauteur. Porter à frémissement et laisser mijoter une quarantaine de minutes en écumant régulièrement. Chinoiser en foulant et faire réduire à consistance. Lier si nécessaire et corriger l’assaisonnement avec un peu de vinaigre, de sel et de poivre si nécessaire.

4. Préparation de la garniture

Tailler six feuilles de chou en très fine julienne, les faire blanchir une paire de minutes dans une casserole d’eau bouillante fortement salée puis faire égoutter.

Faire chauffer une noix de beurre dans un sautoir et faire tomber le chou. Saler légèrement et couvrir pour étuver une quinzaine de minutes puis tenir chaud.

5. Finitions et dressage

Préchauffer le four à 210°C.

Enfourner les côtelettes pendant quinze minutes en les arrosant de temps en temps.

Disposer une feuille de papier cuisson et laisser reposer quinze minutes hors du four.

Monter la sauce avec une noisette de beurre.

Réchauffer les côtelettes une paire de minutes.

Beurrer légèrement un cercle, mouler la julienne de chou au centre des assiettes. Faire égoutter les côtelettes sur du papier absorbant. Couper à un centimètre du bord pour obtenir une coupe nette. Couper à un tiers, disposer à plat contre le chou et ajouter le reste de la côtelette en laissant dépasser la patte sur le bord de l’assiette. Garnir de sauce bien chaude et servir immédiatement.

Côtelette de perdreau Romanov © Renards Gourmets
Côtelette de perdreau Romanov © Renards Gourmets
Côtelette de perdreau Romanov © Renards Gourmets

Coppa di testa cuite dans un bouillon de branches de fenouil

Coppa di testa cuite dans un bouillon d'oranges et de branches de fenouil sauvage comme dans les montagnes d'Ombrie

Coppa di testa © Renards Gourmets
8/10 personnes
difficulté : moyen
coût : bon marché
+/- 4 heures
+ 24 heures de saumurage
+ 24 heures de repos
 
Ingrédients :
 
Pour la saumure

1/2 tête de cochon
5 litres d’eau
220 g de sucre
550 g de sel
8 clous de girofle
6 grains de poivre noir
6 grains de poivre long
le zeste séché de deux oranges
2 bâtons de fenouil sec
8 feuilles de laurier en stigmates
 
Pour le bouillon

4 clous de girofle piqués dans un oignon
2 branches de céleri
3 gousses d’ail
une dizaine de branches de fenouil sec
5 feuilles d’oranger

Pour le montage

une c.a.c de macis en poudre
une c.a.c de girofle en poudre
une c.a.c de cannelle en poudre
une c.a.c de baies de la Jamaïque en poudre
une c.a.s de graines de fenouil en poudre
une orange non traitée
une poignée de pistaches mondées

La coppa di testa, testa in cassetta ou sopressata di testa est une charcuterie d’Italie centrale à base de tête de cochon cuite, désossée et moulée. Elle se rapproche de la hure de sanglier ou du fromage de tête. Nous avons découvert ce petit délice au marché couvert de Padoue et nous sommes empressés d’apprendre à en préparer en rentrant.

A déguster avec des petits pains au saindoux, de la mostarda ou une salade et un délicieux vin orange italien.

La coppa di testa se conserve cinq ou six jours au réfrigérateur.

Les stigmates de laurier sont des brisures de feuilles séchées.

1. Préparation de la saumure

Passer la tête de cochon sous la flamme d’un chalumeau pour brûler la soie, gratter l’oreille avec un couteau.

Réunir tous les ingrédients en dehors de la tête de cochon dans une grande casserole, porter à ébullition en mélangeant soigneusement et laisser parfaitement refroidir. Verser cette saumure sur la tête, couvrir et laisser reposer pendant vingt-quatre heures au réfrigérateur.

2. Cuisson de la tête de cochon

Faire décanter la tête de cochon, éliminer la saumure. Rincer soigneusement la tête une dizaine de minutes sous un filet d’eau froide. La placer dans une grande casserole, porter à frémissement en écumant parfaitement. Ajouter la garniture aromatique et laisser cuire à petit feu pendant trois heures.

3. Montage de la coppa di testa

Faire décanter la tête de cochon, la désosser entièrement, elle doit se détacher seule. Couper les oreilles en fine julienne, la joue et la langue en carrés et les parties plus gélatineuses en petits morceaux. Disposer toute la chair sur une planche, ajouter toutes les épices ainsi que la peau d’orange taillée en très fine julienne et débarrassée de son ziste blanc. Vérifier l’assaisonnement.

Replacer dans une nouvelle casserole et couvrir à hauteur de bouillon chaud. Porter à frémissement et laisser cuire une heure de plus. Disposer dans une terrine en ajoutant un peu de bouillon et des pistaches au fur et à mesure du montage. Presser la terrine, laisser légèrement tiédir et réserver au réfrigérateur pendant vingt-quatre heures.

4. Finitions et dressage

Démouler la terrine en la faisant légèrement chauffer avec la flamme d’un chalumeau. Couper en fines tranches et déguster avec de la mostarda, des petits pains au saindoux ou une belle salade.

Coppa di testa © Renards Gourmets

Pissaladière aux oignons doux

Pissaladière aux oignons doux et aux filets d'anchois au sel

Pissaladière © Renards Gourmets
4 personnes
difficulté : facile
coût : bon marché
+/- 3 heures
 
Ingrédients :
 
Pour le confit d’oignons
 
un kilo d’oignons doux
3 feuilles de laurier
huile d’olive, sel et poivre
 
Pour la pâte

200 g de farine de blé T55
100 g de farine d’épeautre
100 g d’huile d’olive
80 g d’eau froide
20 g de vin blanc sec
une pincée de sel


Pour les finitions
 
olives Cailletier Nice AOP
anchois au sel

Tous les ans au mois de juin nous préparons nos conserves d’anchois au sel, entre deux et trois kilos en fonction des années. Les anchois sont étêtés, essuyés puis disposés dans des bocaux le ventre vers le bas en alternant les couches avec du gros sel. On ajoute une presse durant une semaine avant d’éliminer une partie du gras en surface. Passé ce temps, on peut fermer les bocaux et les entreposer dans un endroit frais et sombre. Au bout de quatre ou cinq mois, les anchois peuvent être utilisés. Nous les consommons sur la pissaladière, dans des pan-bagnat ou des salades niçoises ou simplement sur des œufs ou encore du pain beurré. Ils entrent aussi dans la composition de nombreux plats.

La pissaladière ou pissaladiera tient son nom du pissalat, une préparation à base de poisson salé difficile à trouver aujourd’hui. La pissaladière pourrait être originaire de la région d’Imperia et de la ville de Gênes dans la Ligurie voisine. Elle apparaît dès le XVIe siècle. La pâte de la pissaladière fait débat à Nice, il s’agit généralement d’une pâte à pain. Nous lui préférons cette pâte rendue croustillante par l’utilisation de vin blanc et d’huile d’olive et au goût prononcé grâce à la farine d’épeautre.

Il est préférable d’utiliser des oignons doux et juteux comme les oignons des Cévennes ou ceux de Chioggia.

1. Préparation du confit d’oignons

Peler et émincer le plus finement possible les oignons. Verser un bon filet d’huile d’olive dans une cocotte en fonte munie d’un couvercle, ajouter les oignons et les feuilles de laurier. Mélanger, couvrir et faire cuire sur feu moyen jusqu’à ce que les oignons soient d’un beau blond prononcé et que l’eau de végétation soit totalement évaporée. Assaisonner de sel et de poivre puis retirer les feuilles de laurier et transférer les oignons dans un bac pour les refroidir.

2. Préparation de la pâte

Verser l’eau, l’huile et le vin dans une jatte, ajouter le sel puis les deux farines et mélanger avec les mains jusqu’à l’obtention d’une pâte homogène. Disposer le pâton sur une plaque et l’étaler avec les mains en formant des rebords.

3. Finitions et dressage

Préchauffer le four à 220°C.

Garnir le fond de pâte avec le confit d’oignons, l’égaliser avec le dos d’une fourchette et enfourner pendant une vingtaine de minutes. Dix minutes avant la fin, abaisser la température à 200°C.

Faire tremper une grosse poignée d’anchois dans un bol rempli d’eau, changer l’eau plusieurs fois jusqu’à ce que l’eau soit claire. Essuyer les anchois, retirer l’arrête dorsale et faire sécher les filets sur un linge.

Disposer harmonieusement les filets d’anchois et les olives sur le pissaladière et remettre au four pendant cinq minutes.

Servir tiède avec un mesclun d’arrière-pays assaisonné d’huile de Nice.

Pissaladière © Renards Gourmets
Pissaladière © Renards Gourmets

Grives du pauvre de Provence

Grives du pauvre des vieilles maisons provençales

Grives du pauvre © Renards Gourmets
4 personnes
difficulté : facile
coût : bon marché
+/- 30 minutes
 
Ingrédients :
 
une paire de saucisses
20 grains de genièvre
20 câpres au vinaigre
20 olives de Nyons
une pincée de poivre noir
une c.a.s de lard de Colonnata
un pain d’épeautre ou une baguette

une salade frisée
une gousse d’ail
huile d’olive
vinaigre de Barolo
sel et poivre

Grives du pauvre. Voici une très ancienne recette de la région de Brignoles et de Draguignan qui remplace hors saison ou lorsque la chasse est mauvaise, les croustou aux grives.

Nous avons dégusté ce plat avec un beau vin rouge de Bandol.

Les croustou peuvent également être cuits à la cheminée.

1. Préparation de la farce

Piler les grains de genièvre avec les câpres, les olives dénoyautées et une prise de poivre noir. Ajouter la pâte de lard puis les saucisses débarrassées de leurs boyaux. Mêler intimement cette pâte et réserver.

2. Finitions et dressage

Préchauffer le four à 180°C.

Tailler de belles tranches dans une baguette ou du pain de campagne. Masquer généreusement de farce et enfourner quinze à vingt minutes ou jusqu’à ce que la farce soit colorée.

Laver la salade, la couper grossièrement. Écraser la gousse d’ail avec les dents d’une fourchette dans un saladier en bois d’olivier, ajouter l’huile d’olive et fouetter cette préparation pour la lier. Ajouter la salade, du sel, du poivre et quelques gouttes de très bon vinaigre de vin.

Disposer la salade d’une part et les grives du pauvre d’une autre. Déguster bien chaud en oubliant pas La Coupo Santo.

Grives du pauvre © Renards Gourmets

Côte de veau gratinée façon Orloff

Côte de veau gratinée au comté façon Orloff

Côte de veau Orloff © Renards Gourmets
2 personnes
difficulté : moyen
coût : moyen
+/- 2 heures
 
Ingrédients :
 
Pour la côte Orloff

3 champignons de Paris
une échalote
une brindille de thym
5 cl de madère
beurre, sel et poivre

un petit oignon doux des Cévennes
beurre, sel et poivre

une belle côte de veau
poivre blanc du Penja
beurre
sel

comté jeune
 
Pour le jus de veau

une échalote
3 gousses d’ail
un brin de thym
5 grains de poivre blanc
2,5 cl de vinaigre de vin rouge
2,5 cl de porto rouge
2,5 cl de vin rouge
15 cl de jus de veau

Pour la garniture

une poignée d’épinards
une gousse d’ail
sel et poivre
2 champignons de Paris
un citron

Nous devons la recette du veau Orloff au célèbre cuisinier français du XIXe siècle Urbain Dubois qui officia au service du prince Alexeï Fiodorovitch Orlov, ambassadeur de Russie en France. Si la version traditionnelle se prépare avec une selle de veau ou un carré entier, nous l’avons adapté et nous sommes dispensé de la sauce Mornay en ajoutant uniquement un peu de fromage.

1. Préparation de la duxelles

Nettoyer soigneusement les champignons, séparer et parer les pieds, les réserver. Couper les chapeaux le plus finement possible. Émincer l’échalote et effeuiller le thym. Faire chauffer une noix de beurre dans un sautoir, faire suer l’échalote avec les feuilles de thym puis ajouter les champignons. Laisser cuire à feu moyen jusqu’à ce que toute l’eau de végétation soit rendue. Ajouter le madère et laisser réduire à sec. Assaisonner , débarrasser et laisser refroidir.

2. Préparation de la purée soubise

Émincer le plus finement possible l’oignon. Faire chauffer une noix de beurre et un fond d’eau puis ajouter les oignons. Couvrir avec une feuille de papier sulfurisée percée en son centre. Laisser mijoter une demi heure puis assaisonner et mixer pour obtenir une purée dense. Réserver.

3. Préparation de la côte de veau

Manchonner soigneusement et ficeler la côte de veau. Réserver toutes les parures. Saler sur toutes les faces, faire chauffer un filet d’huile dans une sauteuse et faire saisir la côte jusqu’à l’obtention d’une belle coloration. Ajouter également les parures pour la préparation du jus. Ajouter l’ail en chemise, le thym, les grains de poivre, l’échalote émincée, les pieds de champignon et le beurre et arroser la côte régulièrement. L’enfourner dans un four préchauffé à 180°C jusqu’à ce que la température interne atteigne 55°C. Faire décanter la côte sur une petite grille.

4. Préparation du jus de veau

Dégraisser parfaitement le sautoir en conservant le beurre, ajouter le vinaigre et faire réduire à l’état de glace. Ajouter le porto et faire à nouveau réduire. Ajouter le vin, réduire aux deux tiers puis ajouter le jus de veau aux deux tiers de la hauteur. Porter à frémissement, écumer et laisser mijoter une heure à très petit feu.

Chinoiser, dégraisser, réduire et lier la sauce, corriger l’assaisonnement et filtrer une dernière fois.

5. Préparation de la garniture

Laver et effeuiller les épinards, les blanchir une paire de minutes dans une casserole d’eau bouillante fortement salée. Transférer dans une glaçante puis faire égoutter.

Faire chauffer le beurre de cuisson dans un sautoir, piquer une gousse d’ail avec une fourchette et ajouter les épinards. Les faire cuire une paire de minutes. Poivrer généreusement puis ajouter une rasade de sauce et une noisette de beurre. Tenir chaud.

Peler les champignons, les escaloper puis tailler en julienne et réserver dans un bol avec un peu de jus de citron.

6. Finitions et dressage

Préchauffer le four en position grill à 220°C.

Retirer la ficelle de la côte de veau, garnir d’une couche de duxelles, puis de soubise et râper enfin le fromage. Enfourner jusqu’à belle coloration.

Monter la sauce avec une noisette de beurre, ajouter la julienne de champignons aux épinards et servir immédiatement avec la sauce.

Côte de veau Orloff © Renards Gourmets
Côte de veau Orloff © Renards Gourmets

Pieds et paquets à la marseillaise

Pieds et paquets à la marseillaise, gnocchi gratinés au vieux parmesan

Pieds et paquets © Renards Gourmets
6 personnes
difficulté : moyen
coût : moyen
+/- 8 heures
 
Ingrédients :
 
Pour les pieds et paquets
 
3 panses d’agneau lavées
6 pieds d’agneau
100 g de poitrine de porc salée
un oignon
1/2 bouquet de persil plat
6 gousses d’ail
3 c.a.s de chapelure
3 c.a.s de parmesan
poivre
 
Pour la sauce

un oignon
un poireau
une carotte
une branche de céleri

8 tomates longues (San Marzano)
3 gousses d’ail
50 cl de vin blanc sec
50 cl de bouillon de volaille
15 cl de jus d’agneau
un bouquet composé de tiges de persil, sarriette, sauge, romarin, thym, hysope, serpolet, laurier et branches de fenouil séchées
un piment oiseau
une orange
un citron
sel et poivre
huile d’olive

Pour les gnocchi

500 g de pommes de terre de Montagne
120 g de farine type 00
30 g de semoule extra-fine
un œuf entier
15 g de parmesan
noix de muscade
poivre blanc
sel et gros sel
 
Pour les finitions
 
un bouquet de serpolet
poivre noir
vieux parmesan

Les pieds et paquets ou pieds paquets sont une création marseillaise attribuée à Louis Ginouvès, cuisinier du quartier de la pomme à la fin du XIXe siècle. Depuis la recette s’est largement propagée à toute la Provence et il n’est pas rare de la trouver sur les tables de Noël, bien que ce repas soit supposé se faire en maigre. D’une ville à l’autre, la dimension des paquets est variable et chaque famille possède sa propre recette, incluant ou non des zestes d’agrumes, certaines herbes aromatiques au profit de d’autres. Les pieds et paquets peuvent également se faire cuire en trois fois selon la tradition. Nous les aimons accompagnés de gnocchi plutôt que de pommes de terre vapeur, rappelant ainsi la forte présence italienne, en particulier piémontaise et ligure à Marseille. Ce plat comme tous les plats en sauce est évidemment meilleur réchauffé le lendemain. En reposant une nuit dans la sauce, les pieds et les paquets se gorgent des parfums de celle-ci.

Il n’est pas indispensable de bander les pieds mais cette étape permet de conserver leur forme. Les paquets peuvent aussi être ficelés comme des paupiettes, mais la tradition exige qu’ils ne tiennent qu’à l’aide de la fameuse boutonnière.

Ma grand-mère avait fait de ce plat une spécialité qu’elle servait dans le restaurant familial sur la Côte d’Azur, je n’ai pas eu l’occasion d’y goûter mais elle était dit-on réputée.

Nous avons dégusté ce grand plat de la cuisine provençale avec un très beau Bandol du Domaine Pibarnon.

1. Préparation des pieds et paquets

Passer les pieds à la flamme et retirer la petite poche qui se trouve entre les ongles. Les disposer dans une casserole, couvrir d’eau, porter à ébullition et laisser cuire cinq minutes, faire égoutter puis rafraîchir dans une glaçante. Emballer chaque pied dans un peu de gaze et ficeler. Réserver au frais.

Réduire la poitrine de porc en pâte, la faire rissoler dans un sautoir jusqu’à ce qu’elle prenne une belle teinte havane. Émincer très finement l’oignon et le faire suer dans la graisse rendue par la poitrine. Ajouter la chapelure, mélanger soigneusement et la laisser dorer. Débarrasser et laisser refroidir.

Hacher très finement le persil lavé et effeuillé et l’ail pelé et dégermé. Ajouter à l’autre préparation, poivrer très généreusement et terminer par le parmesan fraîchement moulu. Vérifier l’assaisonnement et rectifier si nécessaire.

Couper chaque panse d’agneau en 6 rectangles, fendre l’une des deux extrémités puis quadriller délicatement les tripes avec la pointe d’un couteau. Disposer une petite boulette de farce du côté opposé à la boutonnière, replier les bordures latérales et l’arrière et rouler jusqu’à la boutonnière. Passer celle-ci par dessus le fagot pour obtenir un paquet. Procéder ainsi jusqu’à épuisement de la panse et de la farce puis réserver au frais.

2. Préparation de la sauce

Laver, peler et couper les légumes en mirepoix. Faire chauffer un bon filet d’huile d’olive dans une large cocotte en fonte et faire suer oignon, poireau, carotte et céleri. Ajouter les tomates coupées en tronçons, le piment et les gousses d’ail. Couvrir et laisser mijoter une vingtaine de minutes. Ajouter le vin blanc et laisser réduire d’un tiers. Ajouter le bouillon de volaille, le jus d’agneau, le bouquet, le zeste d’orange et de citron. Poivrer généreusement, porter à frémissement et laisser mijoter une heure à feu très doux. Retirer les zestes, le bouquet et mixer avec un mixeur plongeant. Filtrer pour obtenir un bouillon.

3. Cuisson des pieds et paquets

Préchauffer le four à 120°C.

Remettre le bouillon tomaté dans la cocotte, ajouter les pieds et les paquets, saler légèrement et porter à frémissement. Enfourner à couvert et laisser cuire pendant sept heures.

4. Préparation des gnocchi

Disposer les pommes de terre dans une casserole sans les peler. Couvrir largement d’eau et ajouter une prise de gros sel. Porter à ébullition et laisser cuire une vingtaine de minutes ou jusqu’à ce que les pommes de terre soient très tendres. Peler à chaud puis réduire en purée et faire dessécher sur le feu quelques minutes. Disposer une partie de la farine et de la semoule sur une planche en bois, tamiser la pulpe de pomme de terre et la déposer sur la farine. Former un puits, ajouter l’œuf, le parmesan, le poivre moulu et la muscade fraîchement râpée. Saler légèrement puis mélanger en ajoutant la farine et la semoule progressivement jusqu’à l’obtention d’une boule homogène, la pâte ne doit pas être trop travaillée. Diviser en portions, rouler sur la planche farinée pour obtenir des boudins égaux puis séparer en bouchées et former les gnocchi. Réserver sur une planche farinée puis faire cuire quelques minutes dans une casserole d’eau bouillante salée. Faire égoutter et réserver sur une plaque huilée.

5. Finitions et dressage

Faire décanter les pieds et les paquets sur une grille, filtrer la sauce et la faire réduire si nécessaire. Ajouter le jus de citron puis filtrer à travers une passette contenant le poivre mignonnette et le serpolet. Rectifier l’assaisonnement et la liaison si nécessaire.

Déballer les pieds, les disposer avec les paquets dans un sautoir et verser la sauce dessus, réchauffer délicatement sur le coin du feu.

Passer le four en fonction grill, disposer les gnocchi les uns contre les autres, ajouter le parmesan fraichement râpé dessus et enfourner pour le faire gratiner.

Disposer les pieds et paquets et la sauce dans un plat de service et les gnocchi sur une autre assiette, servir directement devant les convives trois paquets et un pied par personne ainsi que des gnocchi à volonté.

Pieds et paquets © Renards Gourmets
Pieds et paquets © Renards Gourmets
Pieds et paquets © Renards Gourmets
Pieds et paquets © Renards Gourmets

Gâteau basque à la confiture de cerises noires

Gâteau basque à la confiture de cerises noires des vergers d'Itxassou

Gâteau basque © Renards Gourmets
4/6 personnes
difficulté : moyen
coût : bon marché
+/- 4 heures
 

Ingrédients :

145 g de beurre doux et mou
220 g de farine T55
150 g de sucre
75 g de jaunes d’œufs (5 environ)
3,5 g de levure chimique
fleur de sel
un citron jaune
1/2 pot de confiture de cerises noires d’Itxassou

un jaune d’œuf

beurre et sucre cassonade

Le gâteau basque est présent en Basse-Navarre et typique de la ville de Saint-Jean-Pied-de-Port. Il apparaît au XIXe siècle et se popularise lors des mariages et des fêtes. Son nom basque « etxeko bixkotxa » signifie biscuit de la maison et atteste d’une tradition domestique et ménagère. Il s’est depuis popularisé dans l’ensemble du pays. Il est généralement garni de confiture de cerises noires d’Itxassou, de crème pâtissière, d’un appareil aux amandes ou au rhum et à la vanille. Certaines versions contiennent plusieurs farces comme un mélange de confiture et de crème pâtissière. Nous l’aimons avec une bonne confiture dont la légère acidité s’accorde bien avec la richesse du gâteau. On le retrouve historié avec une fourchette ou décoré de la fameuse croix basque, la lauburu formée de quatre virgules.

1. Préparation de la pâte

Couper le beurre en petits cubes, ajouter le sucre, une pincée de fleur de sel et le zeste fraichement râpé d’un citron. Travailler avec une maryse pour rendre le beurre pommade. Tamiser la farine et la levure, les ajouter et mélanger la préparation. Ajouter enfin les œufs amalgamer la pâte rapidement sans trop la travailler. Diviser le pâton en deux tiers, un tiers et abaisser un disque de 20 cm puis un disque de 22 cm. Filmer et réserver pendant deux heures au réfrigérateur.

2. Montage du gâteau basque

Beurrer et sucrer avec la cassonade un cercle à pâtisserie de 20 cm.

Foncer  l’abaisse de 22 cm dans le cercle sur une feuille de papier parcheminée posée sur une plaque. Égaliser les bords puis garnir avec la confiture. Ajouter la seconde abaisse puis souder en passant le rouleau à pâtisserie. Éliminer les bordures avec un couteau d’office.
 
Mélanger le jaune d’œuf avec le pinceau et dorer le dessus du gâteau. Réserver pendant une heure au réfrigérateur à découvert.

3. Finitions et dressage

Préchauffer le four à 160°C. Dorer une seconde fois le dessus du gâteau puis historier avec le dos d’une fourchette en respectant le motif traditionnel. Enfourner pendant 40 minutes puis laisser tiédir avant de démouler. Déguster froid ou tiède.

Gâteau basque © Renards Gourmets
Gâteau basque © Renards Gourmets
Gâteau basque © Renards Gourmets

Le grand pot-au-feu de Dodin Bouffant

Le grand pot-au-feu de Dodin Bouffant d'après Marcel Rouff

Le grand pot-au-feu de Dodin Bouffant © Renards Gourmets
8 personnes
difficulté : moyen
coût : cher
+/- 10 heures
 
Ingrédients :
 
Pour le bouillon de poularde

une poularde de Bresse
une carotte
un poireau
une branche de céleri
un oignon coupé, brûlé et piqué de girofle
un oignon coupé en deux
une grosse échalote
un bouquet composé de laurier, thym, serpolet, estragon
3 gousses d’ail
un sachet de grains de poivre, coriandre, bois d’Inde
 
Pour les viandes

un jarret de veau désossé d’un kilo
un bouquet de menthe
un bouquet de serpolet

un paleron d’un kilo
une tranche de lard de Colonnata
salpêtre
un bouquet d’estragon

un foie d’oie frais
un verre de Chambertin

sel et poivre

un Judru (ou saucisson de porc et veau à cuire)

Pour les légumes

un bouquet de carottes
un bouquet de navets
un bouquet de navets Boule d’or
un bouquet de petites raves

un kilo de petites pommes de terre
beurre frais
sucre, sel et poivre

Nous avions le rêve de réaliser ce pot-au-feu exceptionnel depuis des années, c’est chose faite. Nous avons respecté à la lettre le texte de Marcel Rouff plutôt que cherché à adapter cette recette à nos goûts. Ce plat est un miracle de la cuisine française et mérite à être réalisé au moins une fois dans chaque famille.

Ne disposant pas de précisions concernant le saucisson de porc et de veau et sachant que le personnage de Dodin est inspiré de Curnonsky mais aussi de Lucien Tendret, nous avons réalisé la recette du Judru donnée par Tendret dans son ouvrage « La table au pays de Brillat-Savarin » ne pensant pas faire offense à l’esprit de l’auteur.

Ci-dessous, le passage de l’ouvrage « La vie et la passion de Dodin Bouffant, gourmet » concernant le pot-au-feu :

‘’Il arriva enfin, ce redoutable pot-au-feu, honni, méprisé, insulte au prince et à toute la gastronomie, le pot-au-feu Dodin-Bouffant, prodigieusement imposant, porté par Adèle sur un immense plat long et que le cordon bleu tenait si haut au bout de ses bras tendus que les convives, anxieux, n’en aperçurent rien tout d’abord. Mais quand il fut posé avec effort et précaution sur la table, il y eut plusieurs minutes de réel ahurissement. Le retour au sang-froid de chacun des convives se manifesta suivant des réactions et des rythmes personnels. Rabaz et Magot mentalement se morigénaient d’avoir douté du Maître ; Trifouille était pris d’un saisissement paniqué devant tant de génie ; Beaubois tremblait d’émotion ; quant au prince d’Eurasie, son sentiment oscillait entre le noble désir de faire duc Dodin-Bouffant, comme Napoléon voulait faire duc Corneille, une envie furieuse de proposer au gastronome la moitié de sa fortune et de son trône pour qu’il consentît à prendre la direction de ses fêtes, l’énervement de recevoir une leçon qui était cette fois parfaitement limpide et la hâte d’entamer la merveille qui étalait devant lui ses promesses et ses enivrements’’.

« Le pot-au-feu proprement dit, légèrement frotté de salpêtre et passé au sel, était coupé en tranches, et la chair en était si fine que la bouche à l’avance la devinait délicieusement brisante et friable. Le parfum qui en émanait était fait non seulement de suc de boeuf fumant comme un encens, mais de l’odeur énergique de l’estragon dont il était imprégné et de quelques cubes, peu nombreux d’ailleurs, de lard transparent, immaculé, dont il était piqué. Les tranches, assez épaisses et dont les lèvres pressentaient le velouté, s’appuyaient mollement sur un oreiller fait d’un large rond de saucisson, haché gros, où le porc était escorté de la chair plus fine du veau, d’herbes, de thym et de cerfeuil hachés. Mais cette délicate charcuterie, cuite dans le même bouillon que le boeuf, était elle-même soutenue par une ample découpade, à même les filets et les ailes, de blanc de poularde, bouillie en son jus avec un jarret de veau, frotté de menthe et de serpolet. Et pour étayer cette triple et magique superposition, on avait glissé audacieusement derrière la chair blanche de la volaille nourrie uniquement de pain trempé de lait, le gras et robuste appui d’une confortable couche de foie d’oie frais simplement cuit au chambertin. L’ordonnance reprenait ensuite avec la même alternance, formant des parts nettement marquées, chacune, par un enveloppement de légumes assortis cuits dans le bouillon et passés au beurre; chaque convive devait puiser d’un coup entre la fourchette et la cuillère le quadruple enchantement qui lui était dévolu, puis le transporter sur son assiette’’.

‘’Subtilement, Dodin avait réservé au Chambolle l’honneur d’escorter ce plat d’élite. Un vin uni aurait juré avec quelqu’une des parties qui le composaient; le Chambolle nuancé, complexe et complet, recelait dans son sang d’or rose assez de ressources pour que le palais y pût trouver à temps, suivant la chair dont il s’imprégnait, le ton nécessaire, la note indispensable. Le psychologue profond avait parfaitement calculé son effet; ces âmes raffinées dégustaient une double allégresse ; elles étaient délivrées du noir souci qui les obsédait et l’exaltation des sens leur apportait l’épanouissement joyeux de ce régal inattendu. Les chaînes de l’angoisse tombaient définitivement à cette heure précise où la chaleur et la vertu des vins inclinaient à la vie pleine et à l’abandon. Maintenant, l’ardeur intime se donnait libre cours. Plus d’ombres. On était rassuré. On pouvait en toute béatitude se livrer au plaisir de savourer et à cette douce amitié confidente qui sollicite les hommes bien nés à la fin des repas dignes de ce nom. Le prince avait compris, certes ; mais l’honneur était sauf. Bien mieux, il pourrait désormais dans les cours conter aimablement l’aventure aux souveraines, ses ordinaires voisines de table, et affirmer, sans crainte d’être démenti, qu’il avait dégusté le plus prodigieux pot-au-feu qu’on puisse imaginer. »

1. Préparation du bouillon de poularde

Plumer, bucler et vider la poularde, retirer les pattes et la tête. Conserver les abats pour une autre préparation. Lever les cuisses, séparer les pilons à la jointure, conserver les cuisses pour un usage ultérieur. Lever le coffre d’un seul tenant, retirer le bréchet. Disposer les pilons, les ailes, le cou et la carcasse dans une très grande casserole. Couvrir largement d’eau froide et porter à frémissement. Écumer soigneusement puis ajouter la garniture aromatique. Laisser frémir à tout petit feu durant quatre à cinq heures.

2. Préparation des viandes

Ficeler le jarret de veau pareillement à un rôti, frotter intégralement avec la menthe et le serpolet puis réserver.

Découper le lard en très fine brunoise, réserver ces morceaux sur une plaque parcheminée au congélateur durant une vingtaine de minutes.

Pratiquer de fines et régulières incisions dans le paleron, glisser les cubes de lard à l’intérieur puis ficeler le paleron comme un rôti et frotter vivement avec le salpêtre et l’estragon.

Détailler une belle escalope de foie d’oie sans l’avoir déveiné. Saler et faire raidir un bref instant dans un sautoir très chaud. Débarrasser sur du papier absorbant pour dégraisser. Retirer la graisse du sautoir et la conserver pour une autre utilisation et déglacer avec le verre de vin. Faire réduire à glace et verser sur l’escalope de foie. Laisser complétement refroidir.

Décoller la peau de la poularde en la gardant bien attachée, saler et poivrer entre chair et peau et glisser l’escalope de foie afin de contiser la volaille. Ficeler pour maintenir la farce en place et réserver.

3. Cuisson des viandes

Filtrer et dégraisser le bouillon de poularde, éliminer les chairs et la garniture aromatique. Porter le bouillon à 80°C et tenir chaud.

Porter une seconde grande casserole d’eau à 80°C, pocher le jarret, le Judru, la volaille et le paleron jusqu’à la formation d’une écume. Faire égoutter et rincer brièvement les viandes, puis les transférer le jarret, le Judru et le paleron seulement dans le bouillon de poularde. Assaisonner légèrement le bouillon. Faire cuire durant trois heures ou jusqu’à ce que la viande soit très tendre en veillant à ce que la température ne dépasse jamais 80°C.

Ajouter le coffre de poularde une demi heure avant la fin de la cuisson.

4. Préparation des légumes

Laver, peler et tourner tous les légumes. Disposer les pommes de terre dans un sautoir et les autres légumes dans un autre. Ajouter une noix de beurre dans chaque ainsi que quelques louches de bouillon afin de couvrir les légumes. Ajouter une feuille de papier parcheminé percée en son centre et une pincée de sucre. Porter à frémissement et laisser cuire jusqu’à réduction complète. Glacer les légumes dans le jus de cuisson et réserver.

5. Finitions et dressage

Placer un plat de service, un légumier et une grande saucière en argent dans un four préchauffé à 60°C. Découper toutes les viandes en tranches et les disposer harmonieusement dans le plat de service. Placer les légumes dans le légumier et le bouillon filtré à travers une passette contenant des grains de poivre mignonnette dans la saucière. Apporter tous les éléments à table et faire le service devant les convives.

Agrémenter ce pot-au-feu d’exception de moutarde, de tartines de raifort, de pain frotté à la moelle, de purée Soubise ou encore de cornichons.

Ce plat se réchauffe admirablement et les restes peuvent être changés en miroton, terrine, parmentier ou boulettes. Le bouillon peut se consommer sans artifices.

Le grand pot-au-feu de Dodin Bouffant © Renards Gourmets
Le grand pot-au-feu de Dodin Bouffant © Renards Gourmets

Crème de châtaignes ivre de vanille

Crème de châtaignes ivre de vanille Bourbon et de jus de canne à sucre

Crème de châtaignes © Renards Gourmets
3/4 pots
difficulté : facile
coût : bon marché
+/- 2 heures
 
Ingrédients :
 
1 kg de châtaignes fraîches
750 g de sucre de canne
20 cl d’eau
2 gousses de vanille Bourbon
fleur de sel
un bon verre d’alcool (au choix)

Nous devons la crème de châtaignes ou de marrons à l’industriel Clément Faugier qui trouva à la fin du XIXe siècle le moyen d’utiliser les brisures de marrons glacés. Depuis, cette préparation est devenue incontournable des rituels de transformation et de conservation de l’automne. Possédant un superbe châtaignier dans notre jardin, nous avons adapté la recette traditionnelle à nos goûts et essayons de livrer ici nos astuces pour sa bonne réalisation.

Cette crème peut se consommer telle quelle, entrer dans la composition du fameux dessert le Mont-Blanc, être étalée sur des crêpes ou consommée avec une crème montée, Chantilly ou simplement de la crème fraîche. Elle sert également de garniture à de nombreux gâteaux.

Nous avons privilégié le jus de canne à sucre Clairin Sajous pour la parfumer mais on pourra remplacer celui-ci par du rhum, de la chartreuse jaune ou verte, de l’armagnac ou encore du cognac. Nous aimons aussi remplacer l’alcool par du miel de fenouil ou de châtaignier et une pincée de fleurs de fenouil séchées.

Attention, la châtaigne est le fruit comestible du châtaignier, le fruit du marronnier appelé marron ne l’est pas. Néanmoins une grosse châtaigne ne comportant pas de cellule et destinée au confisage prend alors le nom de marron.

1. Préparation des châtaignes

Récolter des châtaignes très fraîches, les immerger dans une grande bassine d’eau froide et éliminer celles qui remontent en surface. Peser les fruits restants pour obtenir un kilo. Fendre avec un couteau à pain ou un couteau dentelé le haut des châtaignes, où se trouvent les « poils », inciser de part et d’autre la partie haute puis éplucher la première peau. Procéder ainsi pour toutes les châtaignes. Porter une casserole d’eau à ébullition et faire cuire les fruits pendant trente minutes. Égoutter rapidement et passer les châtaignes à travers un tamis avec une corne de boulanger en travaillant seulement deux ou trois fruits à la fois et en conservant les autres dans la casserole à couvert. Réserver la pulpe ainsi obtenue.

2. Préparation du sirop de sucre

Combiner le sucre et l’eau, porter à ébullition jusqu’à ce que le sirop atteigne la température de 110°C.

3. Cuisson de la crème de châtaignes

Verser le sirop sur la pulpe de châtaigne, ajouter les deux gousses de vanille fendues et égrainées, mélanger puis mixer la masse à l’aide d’un mixeur plongeant. Remettre sur le feu et faire cuire jusqu’à l’obtention d’une pâte brillante et plus dense. Ajouter enfin le rhum, la pincée de sel et verser dans des pots en verre stérilisés. Retourner les pots et laisser refroidir parfaitement avant de les conserver dans un endroit frais et sombre. 

La crème de châtaigne se conserve au moins un an.

Crème de châtaignes © Renards Gourmets
Crème de châtaignes © Renards Gourmets
Crème de châtaignes © Renards Gourmets

Confiture de poires Martin-Sec

Confiture sèche de poires Martin-Sec à la vanille Bourbon

Confiture de poires © Renards Gourmets
4/6 personnes
difficulté : moyen
coût : bon marché
+/- 1 heures
+ une nuit de repos
 
Ingrédients :
 
500 g de poires Martin-Sec, sauvages ou Pérouilles
350 g de sucre cristal
un citron jaune
2 gousses de vanille Bourbon

Voici une très ancienne méthode pour conserver les poires, celle-ci est issue d’un livre sur les confitures du XVIIe siècle. On distinguait autrefois deux types de confitures, sèches et liquides. La liquide étant celle à laquelle nous sommes habitués alors que la sèche définie un fruit confit et conservé dans son sirop. Le résultat se situe entre le fruit au sirop et le fruit confit. On peut déguster ces poires avec quelques arlettes caramélisées, un peu de crème crue ou les utiliser dans une pâtisserie.

1. Préparation des poires

Sélectionner les poires en éliminant celles qui pourraient être gâtées. Les peler en conservant le pédoncule attaché. Conserver également la peau. Disposer les poires dans une jatte, ajouter le sucre et le jus d’un citron. Filmer et laisser reposer toute une nuit à température ambiante.

2. Préparation du sirop

Récupérer le sirop et les peaux des poires, disposer dans une casserole et faire chauffer à 121°C. Ajouter les poires et les gousses de vanille fendues et égrainées. Laisser cuire une heure à feu très doux jusqu’à ce que le sirop soit plus dense et les poires bien confites et tendres à cœur.

3. Conservation des poires

Disposer les poires et le sirop dans un bocal stérilisé. Fermer puis faire cuire dans un stérilisateur durant une heure à plus de 100°C.

Confiture de poires © Renards Gourmets
Confiture de poires © Renards Gourmets