Crème de châtaignes ivre de vanille

Crème de châtaignes ivre de vanille Bourbon et de jus de canne à sucre

Crème de châtaignes © Renards Gourmets
3/4 pots
difficulté : facile
coût : bon marché
+/- 2 heures
 
Ingrédients :
 
1 kg de châtaignes fraîches
750 g de sucre de canne
20 cl d’eau
2 gousses de vanille Bourbon
fleur de sel
un bon verre d’alcool (au choix)

Nous devons la crème de châtaignes ou de marrons à l’industriel Clément Faugier qui trouva à la fin du XIXe siècle le moyen d’utiliser les brisures de marrons glacés. Depuis, cette préparation est devenue incontournable des rituels de transformation et de conservation de l’automne. Possédant un superbe châtaignier dans notre jardin, nous avons adapté la recette traditionnelle à nos goûts et essayons de livrer ici nos astuces pour sa bonne réalisation.

Cette crème peut se consommer telle quelle, entrer dans la composition du fameux dessert le Mont-Blanc, être étalée sur des crêpes ou consommée avec une crème montée, Chantilly ou simplement de la crème fraîche. Elle sert également de garniture à de nombreux gâteaux.

Nous avons privilégié le jus de canne à sucre Clairin Sajous pour la parfumer mais on pourra remplacer celui-ci par du rhum, de la chartreuse jaune ou verte, de l’armagnac ou encore du cognac. Nous aimons aussi remplacer l’alcool par du miel de fenouil ou de châtaignier et une pincée de fleurs de fenouil séchées.

Attention, la châtaigne est le fruit comestible du châtaignier, le fruit du marronnier appelé marron ne l’est pas. Néanmoins une grosse châtaigne ne comportant pas de cellule et destinée au confisage prend alors le nom de marron.

1. Préparation des châtaignes

Récolter des châtaignes très fraîches, les immerger dans une grande bassine d’eau froide et éliminer celles qui remontent en surface. Peser les fruits restants pour obtenir un kilo. Fendre avec un couteau à pain ou un couteau dentelé le haut des châtaignes, où se trouvent les « poils », inciser de part et d’autre la partie haute puis éplucher la première peau. Procéder ainsi pour toutes les châtaignes. Porter une casserole d’eau à ébullition et faire cuire les fruits pendant trente minutes. Égoutter rapidement et passer les châtaignes à travers un tamis avec une corne de boulanger en travaillant seulement deux ou trois fruits à la fois et en conservant les autres dans la casserole à couvert. Réserver la pulpe ainsi obtenue.

2. Préparation du sirop de sucre

Combiner le sucre et l’eau, porter à ébullition jusqu’à ce que le sirop atteigne la température de 110°C.

3. Cuisson de la crème de châtaignes

Verser le sirop sur la pulpe de châtaigne, ajouter les deux gousses de vanille fendues et égrainées, mélanger puis mixer la masse à l’aide d’un mixeur plongeant. Remettre sur le feu et faire cuire jusqu’à l’obtention d’une pâte brillante et plus dense. Ajouter enfin le rhum, la pincée de sel et verser dans des pots en verre stérilisés. Retourner les pots et laisser refroidir parfaitement avant de les conserver dans un endroit frais et sombre. 

La crème de châtaigne se conserve au moins un an.

Crème de châtaignes © Renards Gourmets
Crème de châtaignes © Renards Gourmets
Crème de châtaignes © Renards Gourmets

Confiture de poires Martin-Sec

Confiture sèche de poires Martin-Sec à la vanille Bourbon

Confiture de poires © Renards Gourmets
4/6 personnes
difficulté : moyen
coût : bon marché
+/- 1 heures
+ une nuit de repos
 
Ingrédients :
 
500 g de poires Martin-Sec, sauvages ou Pérouilles
350 g de sucre cristal
un citron jaune
2 gousses de vanille Bourbon

Voici une très ancienne méthode pour conserver les poires, celle-ci est issue d’un livre sur les confitures du XVIIe siècle. On distinguait autrefois deux types de confitures, sèches et liquides. La liquide étant celle à laquelle nous sommes habitués alors que la sèche définie un fruit confit et conservé dans son sirop. Le résultat se situe entre le fruit au sirop et le fruit confit. On peut déguster ces poires avec quelques arlettes caramélisées, un peu de crème crue ou les utiliser dans une pâtisserie.

1. Préparation des poires

Sélectionner les poires en éliminant celles qui pourraient être gâtées. Les peler en conservant le pédoncule attaché. Conserver également la peau. Disposer les poires dans une jatte, ajouter le sucre et le jus d’un citron. Filmer et laisser reposer toute une nuit à température ambiante.

2. Préparation du sirop

Récupérer le sirop et les peaux des poires, disposer dans une casserole et faire chauffer à 121°C. Ajouter les poires et les gousses de vanille fendues et égrainées. Laisser cuire une heure à feu très doux jusqu’à ce que le sirop soit plus dense et les poires bien confites et tendres à cœur.

3. Conservation des poires

Disposer les poires et le sirop dans un bocal stérilisé. Fermer puis faire cuire dans un stérilisateur durant une heure à plus de 100°C.

Confiture de poires © Renards Gourmets
Confiture de poires © Renards Gourmets

Petit gâteau de tartouffes aux truffes

Petit gâteau de tartouffes à la française, jus de veau gourmandé de truffe

Gâteau de tartouffes © RenardsGourmets
2 personnes
difficulté : moyen
coût : cher
+/- 2 heures
+ une nuit de repos
 
Ingrédients :

4/5 pommes de terre à chair ferme
une échalote grise
vin blanc sec
une gousse d’ail
1/2 feuille de laurier
fleur de sel
poivre de Sarawak
parmesan
25 cl de jus de veau
beurre clarifié
beurre frais
truffe noire à volonté

Le mot tartouffe ou tartoufle est ambigu et put définir tour à tour la pomme de terre comme la truffe. L’association des deux est remarquable et peut se faire de diverses manières. Ce petit gâteau de tartouffes est inspiré des célèbres pommes Anna créées par l’illustre cuisinier Adolphe Dugléré en 1870 au lendemain du Siège de Paris et en l’honneur d’Anna Deslions, une courtisane habituée du Café Anglais où officiait l’élève du grand Carême. La recette peut évidement être réalisée sans truffes et le gâteau de tartouffes peut être parfumé de romarin ou de sauge. Il se déguste alors chaud ou froid.

Ce petit gâteau représente une délicieuse garniture afin d’accompagner une poulette Albufera ou une viennoise de sole. Les deux recettes sont à retrouver sur notre site.

On vous parle des recettes typiquement parisiennes sur le site des Hardis, juste ici.

1. Préparation du gâteau de tartouffes

Préchauffer le four à 170°.

Ciseler finement l’échalote et la faire suer doucement avec le laurier, l’ail et un peu de beurre clarifié. Mouiller d’une rasade de vin blanc et faire réduire à l’état de glace. Mouiller avec trois ou quatre cuillères à soupe de jus de veau chaud, laisser mijoter pendant cinq minutes, éliminer l’ail et le laurier puis mixer la préparation avec un mixeur plongeant. Poivrer légèrement.

Badigeonner un moule en fonte ou en céramique avec du beurre clarifié puis le chemiser dans le fond et sur le bord avec du papier sulfurisé. Beurrer de nouveau.

Laver et peler les pommes de terre sans les relaver. Les tailler finement avec une mandoline et les détailler avec un emporte pièce rond.

Monter une première corolle au fond du moule, puis disposer des pommes de terre sur le bord en réalisant une corolle en sens inverse. Badigeonner de beurre avec un pinceau puis disposer une ou deux cuillères de jus de veau parfumé d’échalotes. Râper une couche de parmesan puis recouvrir de pommes de terre en utilisant les chutes et en tassant soigneusement. Badigeonner de beurre et recommencer les précédentes étapes avec le jus et le parmesan. Procéder ainsi jusqu’à hauteur des pommes de terre couvrant la paroi du moule. Terminer par une couche de pommes de terre en corolle. Badigeonner de beurre et couvrir d’une feuille de papier sulfurisé puis d’une feuille d’aluminium.

Faire cuire pendant 90 minutes en surveillant la cuisson à l’aide d’une pointe de couteau ou d’un cure-dent. Retirer la feuille de papier sulfurisé et celle d’aluminium et prolonger la cuisson jusqu’à légère coloration.

Laisser tiédir, couvrir de nouveau avec les deux feuilles et poser un poids sur le gâteau. Réserver au réfrigérateur toute une nuit.

2. Finitions et dressage

Chauffer le jus de veau restant. Peler les truffes, hacher les pelures et les combiner avec une noix de beurre frais. Réchauffer le gâteau de tartouffes dans son moule pendant une vingtaine de minutes. Démouler comme une tarte tatin. Monter le jus avec le beurre aux pelures de truffes. Disposer le gâteau au centre d’un petit plat de service. Râper une généreuse quantité de truffe sur le dessus et servir la sauce au cordeau. Déguster bien chaud.

Gâteau de tartouffes © RenardsGourmets
Gâteau de tartouffes © RenardsGourmets
Gâteau de tartouffes © RenardsGourmets
Gâteau de tartouffes © RenardsGourmets
Gâteau de tartouffes © RenardsGourmets
Gâteau de tartouffes © RenardsGourmets
Gâteau de tartouffes © RenardsGourmets

Civet de lapin de garenne aux cives rouges

Civet de véritable lapin de garenne des anciennes maisons provençales

Civet de lapin © Renards Gourmets
2 personnes
difficulté : moyen
coût : bon marché
+/- 44 heures
 
Ingrédients :
 
Pour le lapin

un lapin de garenne (idéalement un mâle)
vinaigre de Barolo
vieux marc de Provence
une demi c.a.c de miel d’arbousier

Pour le fond

huile d’olive de Provence
beurre
4 cives rouges
un bouquet (thym, laurier, sarriette et serpolet)
7 grains de poivre de Sarawak
75 cl de vin rouge (Coteaux d’Aix-en-Provence)
5 cl de vieux marc de Provence
 
Pour le civet
 
un mélange de thym, laurier, sarriette et serpolet
poivre de Sarawak
crépine de porc
parties vertes des cives
une c.a.s de lard de Colonnata haché
poivre de Sarawak
 
Pour la garniture
 
4 petites baguettes ficelles
huile d’olive de Provence

Le civet de lapin tire son nom de la civette ou petite cive qui l’accommode depuis les temps antiques. En Provence, les lièvres étaient réservés aux chasses aristocratiques tandis que chaque ferme et chaque mas possédait un clapier bien fourni en lapins. Celui-ci avait la préférence des Provençaux par rapport à la poule, car comme chacun sait, l’œuf de lapin est rare. Ainsi, il était d’usage pour les grandes occasions, de le sacrifier lui, plutôt que la poule pondeuse.

Pour la parfaite réalisation de cette recette, l’idéal est de capturer un beau lapin de garenne au collet afin de pouvoir le saigner. Le sang du lapin est l’ingrédient indispensable à la bonne réussite d’un civet, cuisiné dans les règles de l’art. En Provence on ne mélange pas ciboule et ail, on pense d’ailleurs souvent aux fameuses « herbes de Provence », mélange qui manque bien de subtilité et ne recouvre pas du tout la conception locale de l’assaisonnement qui se révèle en réalité très sélective. Un peu de ceci, mais pas de cela. De la cive donc, et pas d’ail en complément. Chaque saveur est ainsi sublimée sans excès grâce à ce jardin naturel qu’est la garrigue.

Nous avons dégusté ce plat avec une bouteille de Bandol, Château Sainte-Anne 2016 de Jean Baptiste Dutheil de la Rochère.

1. Préparation du lapin

Dépouiller et vider le lapin en conservant soigneusement son sang. Retirer la tête et les pattes. Réserver le foie, lever les épaules, le râble et les cuisses. Désosser le râble conserver toutes les parties pour la réalisation du fond. Concasser la carcasse et hacher les parures, réserver le reste au réfrigérateur.

Fouetter le sang avec un trait de vinaigre, de vieux marc de Provence et le miel, filtrer et réserver au réfrigérateur.

2. Préparation du fond de lapin

Faire chauffer un filet d’huile dans une cocotte et faire rissoler toutes les parures et les os de lapin. Ajouter du beurre pour aider à la caramélisation. Ajouter les cives taillées en mirepoix et laisser suer. Dégraisser puis mouiller avec le marc en faisant réduire à l’état de glace. Mouiller en sept fois avec une petite quantité de vin rouge à chaque fois et en faisant réduire à glace. Ajouter la garniture aromatique puis le vin rouge restant à hauteur, porter à ébullition, flamber et laisser refroidir. Disposer tous les éléments dans un sac de cuisson sous-vide et faire cuire pendant 6 heures à 66°. Laisser refroidir et filtrer.

3. Préparation du civet

Parer et dégraisser les épaules et les cuisses de lapin. Saler légèrement et poivrer puis déposer sur chaque morceau un mélange d’herbes aromatiques, de la pâte de lard et un bout de cive. Emballer chaque morceau dans une crépine. Disposer dans un sac de cuisson sous-vide, ajouter le fond filtré. Faire cuire pendant 36 heures à 66°. Laisser refroidir, récupérer les morceaux de viande, éliminer la crépine. Filtrer la sauce et la réserver au frais.

4. Préparation de la sauce civet

Dégraisser la sauce, porter à frémissement, ajouter le foie haché, laisser mijoter pendant une vingtaine de minutes ou jusqu’à ce qu’elle soit bien concentrée. Filtrer et réserver.

5. Préparation du râble

Disposer les morceaux de râble dans un sac de cuisson sous-vide avec les herbes, du sel et du poivre et faire cuire pendant 2 heures à 58°.

6. Préparation de la garniture

Préchauffer le four à 200°. Couper les ficelles en deux dans le sens de la longueur, les badigeonner d’huile avec un pinceau et les enfourner jusqu’à ce qu’elles soient d’une belle teinte dorée. Réserver.

7. Finitions et dressage

Réchauffer les morceaux de lapin au bain-marie. Réchauffer la sauce puis ajouter la préparation à base de sang, fouetter pour effectuer la liaison. Vérifier l’assaisonnement. Déposer les morceaux de lapin dans la sauce et les enrober sans faire bouillir.

Disposer les morceaux de lapin dans des assiettes chaudes, ajouter la sauce. Servir très chaud avec les tranches de ficelle à côté dans des serviettes pliées en artichauts.

Civet de lapin © Renards Gourmets

Gâteau de foies blonds aux écrevisses

Gâteau de foies blonds de poulardes de la Bresse baigné d'une sauce aux queues d'écrevisses à chair pulpeuse d'après Lucien Tendret

Gâteau de foies blonds © Renards Gourmets
3 personnes
difficulté : moyen
coût : cher
+/- 3 heures
 
Ingrédients :
 
Pour la sauce aux écrevisses
 
15 écrevisses à pattes rouges charnues
graisse fine de poularde de Bresse
2 gousses d’ail
une échalote grise
6 brins de cerfeuil
une c.a.s de concentré de tomate
un bâtonnet de fenouil sec
un morceau de poivre long
50 cl de fumet d’écrevisses
1 cl de fine champagne
25 g de beurre d’écrevisses
 
Pour le gâteau de foies blonds

100 g de foies blonds de poulardes
5 cl de fumet d’écrevisse
5 cl de crème fleurette
un œuf entier + un jaune
1,5 g de sel
0,8 g de poivre blanc


Pour les finitions

5 cl de crème fleurette
une truffe Melanosporum
poivre noir

Lucien Tendret éminent gastronome du Bugey de la fin du XIXe siècle nous a gratifié d’un ouvrage d’une irrépressible gourmandise « La table au pays de Brillat-Savarin« . Les nombreuses recettes de ce livre sont plus appétissantes les unes que les autres et témoignent des goûts très sûrs de l’auteur. Le petit gâteau de foies blonds de poulardes de la Bresse baigné d’une sauce aux écrevisses à chair pulpeuse est d’après Lucien Tendret une béatitude de la gourmandise et il avait bien raison. Difficile aujourd’hui de se procurer de beaux foies blonds de poularde en même temps que des écrevisses charnues et de la truffe bien mûre mais en usant d’adresse et de malice vous devriez y arriver. Cette recette se mérite. Sortez votre meilleur vin.

NOTE : Il est important d’utiliser des foies bien frais et des ramequins qui ne soient pas en fer ou en silicone.

1. Préparation de la sauce aux écrevisses

Châtrer les écrevisses en pratiquant une légère torsion de la nageoire centrale, tirer délicatement pour extraire le boyau d’un seul coup et séparer immédiatement la tête des queues. Faire chauffer une noix de beurre d’écrevisses dans un sautoir, saisir les queues pendant trois minutes. Ajouter l’ail en chemise et le bâtonnet de fenouil. Couvrir d’un linge humide et réserver pendant dix minutes hors du feu sans découvrir. Laisser refroidir puis décortiquer les queues d’écrevisses délicatement, assaisonner et réserver au frais.

Faire chauffer une noix de graisse de poularde dans une cocotte et faire saisir les pinces et les têtes concassées des écrevisses. Ajouter le beurre réservé de la première préparation et laisser cuire pendant quelques minutes. Ajouter l’échalote émincée, l’ail en chemise et le concentré de tomates. Laisser suer puis mouiller et flamber avec la fine. Exprimer les sucs et faire réduire à l’état de glace. Ajouter le fumet d’écrevisses et le poivre cassé en deux. Porter à frémissement puis laisser mijoter pendant une demi heure. Ajouter le cerfeuil, couvrir et laisser infuser pendant dix minutes hors du feu sans découvrir. Chinoiser en foulant et faire réduire un peu si nécessaire. Dégraisser et réserver 5 cl de cette sauce pour la préparation du gâteau de foies blonds.

2. Préparation du gâteau de foies blonds

Faire tremper les foies dans un verre de lait pendant une petite demi heure.

Préchauffer le four à 120°. Préparer un bac avec une petite grille et de l’eau pour cuire les gâteaux au bain marie. Beurrer généreusement de petits ramequins en céramique.

Nettoyer soigneusement les foies. Combiner la crème et le fumet froid et porter à léger frémissement. Mixer les foies avec les œufs et l’assaisonnement jusqu’à l’obtention d’une préparation bien fine. Passer au tamis et replacer dans le mixer. Ajouter progressivement le liquide chaud en mixant continuellement. Verser la préparation dans les ramequins jusqu’à un demi centimètre du bord. Disposer les ramequins dans le bac d’eau, couvrir d’une couche de film alimentaire supportant la cuisson et enfourner pendant 30 à 35 minutes ou jusqu’à ce que les gâteaux soient coagulés.

3. Finitions et dressage

Monter la crème au fouet jusqu’à ce qu’elle soit mi-montée. Brosser et rincer la truffe, la couper en mirepoix et garder de belles tranches pour décorer les gâteaux.

Réchauffer les queues d’écrevisses pendant quelques minutes dans la sauce chaude et liée. Ajouter une belle cuillère de crème, mélanger et ne plus faire bouillir. Démouler délicatement les gâteaux directement dans des assiettes chaudes. Couvrir de sauce aux écrevisses bien chaude. Terminer par les morceaux de truffes et déguster immédiatement.

Gâteau de foies blonds © Renards Gourmets
Gâteau de foies blonds © Renards Gourmets

Poires Martin Sec pochées au côte de Nuits

Poires Martin Sec pochées au côte de Nuits

Poires pochées © Renards Gourmets
Poires pochées © Renards Gourmets
8 personnes
difficulté : facile
coût : cher
+/- 1 heure
+ une nuit de repos
 
Ingrédients :
 
500 g de poires Martin Sec
30 cl de côte de Nuits
un turban de citron
1/2 gousse de vanille Bourbon
60 g de sucre roux
un petit fragment de cannelle de Ceylan
5 g de poivre du Sichuan
un clou de girofle

La poire Martin Sec est cultivée en France depuis le XVIe siècle. Elle était autrefois récoltée le onze novembre, jour de la Saint-Martin. Elle est désormais considérée comme une poire d’hiver et une poire de garde. Le mot sec viendrait de sa nature cassante. Cette poire est essentiellement cultivée dans les Hautes-Alpes et dans le Piémont voisin où il est d’usage de la faire cuire dans le vin de Barolo.

La poire Martin Sec apparaît parfois sous l’appellation de Rousselet d’Hiver ou encore de Bec d’Oie.

On peut remplacer les poires Martin Sec par d’autres poires de curé telles que la Bonne Femme, l’Alexandrine, la Passe-Crassane ou encore la Conférence.

Les poires pochées au vin se dégustent à température ambiante ou bien tièdes, elles peuvent être délicatement réchauffées dans leur sirop. Elles se consomment seules ou agrémentées d’une boule de crème glacée à la vanille ou encore d’une crème foisonné à la vanille Bourbon.

On peut aussi consommer ces poires en guise de garniture d’une escalope de foie gras ou d’un gibier à poils.

La cuisson peut être exclusivement réalisée dans une casserole, dans ce cas, il est préférable de ne pas excéder la température de 80°c et toujours garder le sirop en dessous du niveau d’ébullition.

Le vin de côte de Nuits étant excessif, il peut être remplacé par un autre vin de Bourgogne.

L’ajout de poivre ou baie du Sichuan recommandé par le chef Alain Ducasse apporte une grande fraîcheur au sirop.

A déguster en galante compagnie, une paire de souliers de chez Pavillon Parade aux pieds.

1. Préparation des poires

Peler le citron à vif, réserver un morceau et exprimer le jus dans une jatte contenant de l’eau fraiche. Peler les poires délicatement, les baigner dans l’eau citronnée. Faire disparaître les marques de l’économe en frottant les poires avec le dos d’une éponge. Les faire patienter dans cette eau.

2. Préparation du vin de cuisson

Placer le vin, le turban de citron, le sucre, la vanille grattée, la cannelle, le clou de girofle et les grains de poivre dans une casserole. Porter à frémissement et faire réduire d’un cinquième. Chinoiser et réserver.

3. Cuisson des poires

Disposer les poires dans un sac de cuisson sous-vide, ajouter le vin. Clôturer le sac et faire cuire une quarantaine de minutes à 80°.

Immerger immédiatement le sac dans une glaçante, faire décanter les poires et faire réduire le jus jusqu’à l’obtention d’un sirop nappant.

Verser le sirop sur les poires et laisser les reposer toute une nuit avant de les déguster.

Poires pochées © Renards Gourmets
Poires pochées © Renards Gourmets
Poires pochées © Renards Gourmets
Pavillon Parade © Renards Gourmets
Poires pochées © Renards Gourmets
Poires pochées © Renards Gourmets
Pavillon Parade © Renards Gourmets

Tourte feuilletée d’anguille à la Royale, sauce genevoise

Tourte feuilletée d'anguille à la Royale, sauce genevoise, barbe de capucin

Tourte feuilletée d'anguilles © Renards Gourmets
2 personnes
difficulté : difficile
coût : cher
+/- 3 heures
 
Ingrédients :
 
Pour la tourte

une anguille vivante de 200 g
50 g de foie gras mi-cuit taillé en rectangle
une petite botte de blettes
sel et poivre
200 g de pâte feuilletée
un jaune d’œuf
beurre clarifié
 
Pour la sauce genevoise

tête, peau et parures de l’anguille
une échalote grise
une petite carotte
un bouquet composé de sauge, romarin et laurier
4 gousses d’ail
une cardamome noire
12,5 cl de jus de volaille
5 cl de vinaigre de vin-vieux
25 cl de vin rouge d’Alicante
huile de pépins de raisin
beurre

Pour la salade

un pied de barbe de capuçin
une c.a.c de moutarde forte
une c.a.s de vinaigre de vin-vieux
2 c.a.s d’huile de noix
une échalote grise
sel et poivre

La tourte d’anguille est un met friand de la Haute Cuisine française dont l’origine remonte au Moyen-Âge. Elle sera adaptée au XVIIe siècle par François Massialot dans son ouvrage : Le cuisinier roäl et bourgeois : qui apprend a ordonner toute sorte de repas en gras & en maigre. La recette encore très épicée témoigne que la transition entre ancienne et nouvelle cuisine n’est pas encore faite.

Nous avons adapté sa recette à nos goûts en y ajoutant une pâte feuilletée, du foie gras et une sauce genevoise réalisée avec les parties moins nobles de l’anguille.

De nombreuses recettes à base d’anguilles encouragent l’utilisation d’anguille fumée et bien qu’excellente, nous lui préférons l’anguille fraîche dans cette préparation.

1. Préparation de l’anguille

Tuer l’anguille en plantant un clou dans son œil d’un coup franc et net. La peler immédiatement, la vider et retirer l’arrête dorsale. Conserver ces éléments, sauf les abats qui doivent être éliminés. Couper deux tronçons de huit centimètres dans la partie la plus charnue. Émincer le reste et l’ajouter aux différentes parures.

2. Préparation de l’insert

Poser une tranche d’anguille, la partie qui était au contact de la peau à plat sur une planche. Saler et poivrer puis déposer le morceau de foie gras par dessus. Assaisonner le second morceau d’anguille et le poser sur le foie gras, la partie qui était contre la peau vers le ciel. Presser l’ensemble pour obtenir un rectangle parfait de huit centimètres sur cinq. L’emballer dans du film alimentaire et le réserver pendant une heure au réfrigérateur.

Éliminer les côtes des blettes, porter une casserole d’eau à ébullition, saler vivement et faire blanchir les feuilles une paire de minutes. Les rafraîchir immédiatement dans une glaçante et les faire égoutter à plat sur un torchon.

Former un rectangle conséquent avec les feuilles de blettes en les faisant se superposer. Débarrasser le film alimentaire et poser le rectangle à base de foie gras et d’anguille sur la partie haute du rectangle de blettes. Rouler l’ensemble en coinçant les bords pour que la préparation soit hermétiquement emballée dans les feuilles de blettes. Éliminer l’excédent si nécessaire. Emballer à nouveau dans du film et réserver pendant une vingtaine de minutes au réfrigérateur.

3. Préparation de la tourte

Diviser le feuilletage en deux tiers, un tiers, abaisser. Débarrasser le film et poser l’insert au centre. Dorer les bords à l’œuf, puis couvrir de la seconde abaisse en chassant l’air. Chiqueter, dorer au jaune d’œuf et réserver au réfrigérateur pendant une vingtaine de minutes.

4. Préparation de la sauce genevoise

Faire chauffer un filet d’huile dans une cocotte. Ajouter toutes les parures et la tête de l’anguille et faire rôtir l’ensemble. Ajouter la carotte coupée en brunoise, l’échalote émincée, la cardamome noire et l’ail en chemise. Laisser suer, ajouter une noix de beurre et laisser caraméliser l’ensemble. Ajouter les herbes, laisser mijoter deux minutes. Dégraisser soigneusement et mouiller avec 5 cl de vinaigre en trois fois en faisant réduire à sec à chaque fois. Mouiller avec une cuillère à soupe de vin et faire réduire de nouveau à sec. Renouveler cette étape sept fois afin de corser la sauce. Compléter avec le vin restant et le jus. Porter à ébullition en écumant et laisser mijoter à couvert pendant une demi heure. Passer au chinois, dégraisser et faire réduire progressivement la sauce jusqu’à l’obtention d’une belle consistance, fluide mais liée. Vérifier l’assaisonnement puis réserver.

5. Finitions et dressage

Préchauffer le four à cent quatre vingt degrés, dorer la tourte une seconde fois et l’enfourner pendant dix huit minutes en la plaçant sur une petite plaque chemisée de papier sulfurisé. Laisser reposer une vingtaine de minutes sur une petite grille placée dans un endroit chaud. Réchauffer la tourte pendant cinq minutes, monter la sauce avec une noisette de beurre frais.

Lustrer la tourte avec un peu de beurre fondu. Couper en deux, verser la sauce dans les assiettes et poser une portion par personne bien au centre. Déguster très chaud.

Servir la salade de barbe de capucin sur le côté de la tourte.

Tourte feuilletée d'anguilles © Renards Gourmets
Tourte feuilletée d'anguilles © Renards Gourmets
Tourte feuilletée d'anguilles © Renards Gourmets

Carne Cruda de filet de veau et d’Amanites des Césars

Carne Cruda de filet de veau au couteau et d'Amanites des Césars

Tartare de veau © Renards Gourmets
2 personnes
difficulté : facile
coût : moyen
+/- 30 minutes
 
Ingrédients :

200 g de filet de veau de première qualité
une paire d’Amanites des Césars
huile de noisette
poivre blanc du Penja
fleur de sel

Dans le Piémont, la viande pourrait être consommée crue depuis la nuit des temps, appelée carne cruda all’albese dans la région des Langhe et dans la ville de Alba, la viande de veau ou de bœuf est généralement agrémentée de lamelles de truffes de la région. Celles-ci sont parfois remplacées par des tranches de cèpes ou d’amanites des Césars comme ici. Ce tartare piémontais peut être relevé d’huile d’olive, de jus de citron, de parmesan, de poivre et de céleri. Nous avons opté pour un assaisonnement simple à base d’huile de noisette, elle aussi appréciée dans la région.

Préparation du tartare

Chambrer le filet de veau pendant une vingtaine de minutes à température ambiante. L’émincer en lamelles régulières puis les recouper en petits morceaux qui soient peu ou prou de même taille.

Nettoyer les champignons avec un linge légèrement humide et un petit pinceau. Escaloper finement les chapeaux et hacher les pieds.

Assaisonner le tartare d’huile de noisette, de poivre fraîchement moulu et de sel. Ajouter les pieds hachés et mélanger intimement. Mouler le tartare sans le tasser à l’excès. Couvrir de lamelles de champignons.

Déguster immédiatement avec une petite salade de pourpier et de noisettes fraîches concassées.

Tartare de veau © Renards Gourmets
Tartare de veau © Renards Gourmets

Carré de sanglier à la maltaise

Carré de sanglier à la maltaise cuit sur des branches de fenouil sauvage, oranges en tailladins lentement confites au jus

Carré de sanglier © Renards Gourmets
2 personnes
difficulté : moyen
coût : moyen
+/- 2 heures
 
Ingrédients :
 
Pour le sanglier
 
un carré de sanglier
une orange
une c.a.c de graines de fenouil
une feuille de laurier
une branche de fenouil sec
une branche de romarin
4 grains de poivre
une c.a.s d’huile d’olive
 
3 gousses d’ail
une branche de romarin
une noix de beurre
 
4 branches de romarin
une c.a.c de poivre de Sarawak
une c.a.c de poivre des cimes
une orange
une c.a.s de sel fin
 
un blanc d’œuf
 
une botte de branches de fenouil sec
 
Pour la sauce maltaise

3 jaunes d’œufs
100 g de beurre clarifié
un citron
une orange
poivre blanc du Penja
sel
 
Pour les tailladins
 
une orange
une gousse d’ail
5 cl de jus de veau

La sauce maltaise est une sauce dérivée de la sauce hollandaise. Elle sert généralement d’accompagnement aux asperges blanches mais peut être utilisée dans beaucoup d’autres circonstances. Elle accompagne par exemple un filet de poisson blanc comme le turbot ou la sole, les crustacés grillés mais aussi certaines pièces de viande. Le mariage avec la viande de sanglier, le parfum du fenouil et du romarin est un véritable délice.

La cuisson du carré de sanglier peut être effectuée également au four en utilisant une sonde.

Cette recette est réalisée en collaboration avec InterProchasse pour le site Je Cuisine du Gibier. Retrouvez-y de nombreuses idées sur la façon d’accommoder ces viandes qui possèdent d’exceptionnelles qualités gustatives et nutritionnelles.

1. Préparation du sanglier

Lever le carré de sanglier, le détalonner, le parer et le manchonner. Le ficeler et le faire mariner pendant une demi heure avec le jus et le zeste d’une orange, les graines de fenouil, la feuille de laurier, la branche de fenouil, de romarin, les grains de poivre et l’huile d’olive. Sécher le carré de sanglier et le poêler à feu vif pour le faire colorer. Ajouter l’ail, le romarin et le beurre et prolonger la cuisson en arrosant continuellement le carré. Le débarrasser et verser le beurre chaud et les aromates dessus. Le laisser décanter sur une grille.

Préchauffer le bain-marie à 60°. Disposer le carré et sa garniture dans un sac de cuisson sous-vide et faire cuire pendant une heure et demi.

Récupérer le carré de sanglier, le faire décanter de nouveau sur une grille.

Battre le blanc d’œuf en neige. Hacher très finement le romarin et le zeste d’orange avec une demi-lune. Mélanger ce hachis au sel et aux deux poivres fraîchement moulus. Badigeonner le carré de blanc d’œuf et le paner avec le mélange à base de sel.

2. Préparation de la sauce maltaise

Clarifier les œufs dans un saladier, peser les jaunes et ajouter la même quantité d’eau froide. Saler généreusement.

Porter une casserole d’eau à ébullition, poser le saladier dessus et faire cuire le sabayon en fouettant continuellement jusqu’à ce que le fond de la cuve soit visible. Retirer le sabayon du feu et continuer de fouetter pendant une minute.

Ajouter un demi jus de citron et son zeste ainsi que le zeste d’orange et le poivre. Mélanger délicatement puis monter progressivement le sabayon en ajoutant le beurre clarifié comme pour monter une mayonnaise.

Presser l’orange, faire réduire le jus jusqu’à l’obtention d’un sirop en le faisant cuire sur feu moyen. Laisser tempérer puis ajouter progressivement le jus à la sauce en mélangeant délicatement.

3. Finitions et dressage

Couper l’orange en tranche puis en quartiers. Disposer ces quartiers dans une casserole, ajouter le jus de cuisson de sanglier, l’ail et le jus de veau. Porter à frémissement et laisser mijoter jusqu’à ce que le jus soit réduit à l’état d’une glace.

Préchauffer le four à 180°. Disposer des branches de fenouil dans un plat allant au four. Poser le carré de sanglier dessus et enfourner pendant cinq minutes.

Disposer le carré sur un plateau d’argent. Ajouter les quartiers d’orange et les branches de fenouil. Servir la sauce maltaise dans une saucière. Découper la viande devant les convives et servir les médaillons avec quelques tailladins sur un lit de sauce maltaise tempérée.

Carré de sanglier © Renards Gourmets
Sanglier à la maltaise © Renards Gourmets
Carré de sanglier © Renards Gourmets
Carré de sanglier © Renards Gourmets
Carré de sanglier © Renards Gourmets
Sanglier à la maltaise © Renards Gourmets
Carré de sanglier © Renards Gourmets

Fricassée de poularde aux écrevisses

Fricassée de poularde de Bresse aux écrevisses

Fricassée de poularde aux écrevisses © RenardsGourmets
2 personnes
difficulté : moyen
coût : cher
+/- 2 heures
 
Ingrédients :
 
Pour la poularde
 
cuisses et ailes d’une poularde
poivre de Sarawak
fleur de sel
 
Pour les écrevisses

500 g d’écrevisses vivantes
huile d’olive
une gousse d’ail
un bâtonnet de fenouil
 
Pour le jus poularde-écrevisse
 
huile de pépins de raisin
750 g de carcasse de volaille
têtes et pinces de la moitié des écrevisse
s
un grain de poivre long
3 g de poivre de Sarawak
150 g d’échalotes grises
1/2 tête d’ail
une cuillère à soupe de concentré de tomates
2 tomates fraîches
2,5 cl de cognac
25 cl de jus de volaille
50 cl de fumet d’écrevisses
un bâtonnet de fenouil sec
 
Pour les finitions
 
beurre d’écrevisses
une gousse d’ail
une branche de thym
100 g de girolles
2,5 cl de Madère
vinaigre de Barolo
une cuillère à soupe de crème montée

Il n’est pas chose rare que de voir fleurir moult comparaisons entre fricassée de volaille aux écrevisses et célèbre poulet dit ‘à la Marengo‘. Une recette volontiers associée à la victoire décisive du 14 juin 1800 de Napoléon Bonaparte sur le Saint-Empire dans une plaine du Piémont. L’origine de la fricassée de poularde est pourtant à chercher durant le Grand Siècle, les écuyers de bouche françois, c’est-à-dire les cuisiniers français du XVIIe siècle inventent une nouvelle cuisine, la cuisine françoise qui se démarque enfin des préparations héritées d’Espagne et d’Italie faites d’épices et d’une débauche de sucre. Ces cuisiniers français regorgent alors d’inventivité pour confectionner milles ragoûts dits de haut-goût, relevés donc. La fricassée de volaille devient rapidement incontournable dans toutes les bonnes tables du Marais à Paris. Fricassée devient un mot courtois du premier XVIIe siècle invitant à faire bonne chère. Ce mode de préparation aisé fait les volailles croquantes et moelleuses à la fois comme l’écrit François Massialot. Ces recettes de fricassées ou de fritaux deviennent extrêmement populaires et incarnent ce nouveau goût national où la saveur des produits est mise en avant. Plus tard à l’aube du XIXe siècle, la victoire de Bonaparte sur les Autrichiens enivre Paris et la mode de Marengo se fait sans tarder. Il est autrefois commun de nommer les plats avec des victoires dans une époque où le sentiment patriotique est exacerbé par les batailles menées en cascade par le Premier Consul, c’est ainsi que le fritaux à la Horly devient poulet (ou poularde) à la Marengo. Cinquante huit ans plus tard, une dictée vient parfaire la légende. Après la glorieuse victoire pliée en six heures, le cuisinier de Napoléon se trouva fort dépourvu et improvisa une recette pour célébrer le héros avec les moyens du bord, une volaille et quelques écrevisses. Évidement cette histoire ne repose sur aucun témoignage, Théophile Petit en fait une dictée, basée dit on sur une anecdote sans sources d’Édouard Fournier qui se serait lui même inspiré d’un ouvrage de Valéry Pasquin. Qui plus est, la recette ne mentionne ni les écrevisses, ni les tomates, ces mêmes pommes d’amour qui deviendront indissociables des fricassées de poulet à partir de la fin du XIXe siècle. Alors l’origine du plat serait davantage à chercher du côté du Bugey où la sauce Nantua fait déjà autorité depuis le milieu du siècle et où on consomme avec appétit les délicieuses poulardes de la Bresse voisine. Sans être héritière d’une rocambolesque histoire, cette recette s’est imposée, parfois accompagnée d’un gratin dauphinois ou d’un gâteau de tartouffes et enrichie de truffes. Il faut dire que l’association de la poularde et des écrevisses est mémorable et fait une sauce unique dans laquelle il est bon de fricasser sa volaille. En début de saison des écrevisses on peut remplacer les girolles par des morilles et dès la fin août par des cèpes. Nous avons choisi le poivre long de Kampot pour son haut-goût qui se marie bien avec les crustacés de rivière mais pour une recette plus authentique, pourquoi ne pas le remplacer par du piment de Cayenne comme il était d’usage de le faire au temps de Lucien Tendret dans les heureuses maisons de Belley. Quant aux heureux Piémontais libérés et spectateurs de la débâcle autrichienne, ils célèbrent encore la victoire française en cuisinant eux aussi la poularde aux écrevisses.

1. Préparation de la poularde

Flamber, vider et habiller la poularde. Lever les cuisses, séparer les hauts de cuisse des pilons. Désosser les hauts de cuisse, les assaisonner puis les rouler dans du film alimentaire supportant la cuisson. Manchonner et dénerver les pilons, assaisonner et filmer également pour les maintenir en forme. Séparer les ailes au niveau de la jointure, les manchonner et les assaisonner. Disposer tous les éléments dans un sac de cuisson sous-vide et faire cuire au bain-marie pendant huit heures à soixante quinze degrés. Faire décanter sur une petite grille, conserver le jus et sécher parfaitement la viande puis réserver.

2. Préparation des écrevisses

Châtrer les écrevisses en pratiquant une légère torsion de la nageoire centrale, tirer délicatement pour extraire le boyau d’un seul coup et séparer immédiatement la tête de la queue. Réserver les têtes et les pinces pour la confection du jus et du beurre parfumé.

Faire chauffer un filet d’huile d’olive dans un sautoir, ajouter immédiatement les queues d’écrevisses qu’il est impératif de faire cuire rapidement et laisser cuire pendant trois minutes. Ajouter l’ail en chemise et le fenouil sec, couvrir d’un linge humide et réserver pendant dix minutes hors du feu sans découvrir. Après refroidissement, décortiquer les queues d’écrevisses délicatement et réserver au frais.

3. Préparation du jus poularde-écrevisse

Faire chauffer un filet d’huile dans une cocotte en fonte, ajouter les pilons et les ailes de poularde concassés et faire vivement colorer. Ajouter les têtes et les pinces d’écrevisses, bien mélanger et laisser cuire quelques minutes. Ajouter les poivres, les échalotes émincées, l’ail en chemise, le concentré de tomates et les tomates fraîches coupées en quartiers. Laisser suer et mouiller avec le cognac. Flamber et faire réduire à l’état de glace. Mouiller avec le jus de volaille et le fumet d’écrevisses chaud. Ajouter le fenouil sec, porter à frémissement et laisser mijoter pendant une demi heure. Chinoiser et faire réduire à belle consistance.

4. Finitions et dressage

Faire chauffer une noix de beurre d’écrevisse dans un sautoir, ajouter les morceaux de volaille débarrassés de leurs films ainsi qu’une gousse d’ail en chemise et une branche de thym. Faire colorer sur feu vif puis débarrasser et faire décanter sur une petite grille.

Gratter les pieds des girolles avec un couteau d’office, brosser les chapeaux avec un pinceau légèrement humide. Faire sauter dans les sucs et le gras de cuisson de poularde pendant quelques minutes, débarrasser et assaisonner.

Mouiller avec le vin de Madère et faire réduire à l’état de glace, ajouter le jus de poularde-écrevisse et remettre les morceaux de poularde pour bien les enrober. Ajouter enfin les girolles et les queues d’écrevisses pour les réchauffer.

Terminer en marbrant la sauce avec la crème montée, ajouter quelques gouttes de vinaigre de Barolo et un tour de moulin à poivre. Servir très chaud.

Fricassée de poularde aux écrevisses © RenardsGourmets
Fricassée de poularde aux écrevisses © RenardsGourmets
Fricassée de poularde aux écrevisses © RenardsGourmets