Mafaldine au fin ragoût d’araignée de mer

Mafaldine au fin ragoût d'araignée de mer

Mafaldine à l'araignée de mer © Renards Gourmets
2 personnes
difficulté : moyen
coût : moyen
+/- 1 heure
 
Ingrédients :

une araignée de mer vivante
200 g de mafaldine
une gousse d’ail
un petit piment sec
deux tiges de persil
un petit oignon
un grain de poivre long
une c.a.s de concentré de tomate
4 c.a.s de sauce tomate
un verre de vin blanc sec
huile d’olive

Cette recette me vient de mon grand-père qui eut tour à tour des restaurants sur la Côte d’Azur puis dans sa ville natale, Île Rousse. On venait autrefois de l’arrière-pays niçois pour goûter à ses fameuses pâtes à l’araignée de mer. La particularité de cette recette réside dans le fait que l’araignée, une fois tuée et découpée, est cuite directement dans la sauce et non dans l’eau ou à la vapeur. En tuant l’araignée au couteau, on préserve l’eau de mer qu’elle contient, où réside une grande partie du goût. La sauce est plus intense, plus goûteuse et donne une sensation de longueur sur le palais.

Il préparait invariablement cette sauce ou soupe comme il est d’usage de l’appeler en Corse avec des mafaldine, des pâtes également appelées reginette ou lasagnette qui sont originaires de Naples. Il semblerait qu’une communauté napolitaine se soit installée en Balagne au début du siècle dernier puisque cette variété de pâtes s’y est bien implantée et qu’il n’est pas rare aujourd’hui de les voir accompagner de nombreuses préparations telles que du ragoût de cabri ou de veau. En Corse l’araignée est appelée A Gritta, on retrouve cette recette sur l’Île d’Elbe en Toscane où elle est appelée granseola mais aussi à Marseille sous le nom de soupe d’esquinade.

Le goût légèrement sucré de l’araignée appelle un vin rosé, pourquoi pas un Domaine Tempier par exemple.

1. Préparation de la sauce à l’araignée de mer

Retourner l’araignée de mer sur le dos, la rincer et la brosser pour retirer les impuretés. Glisser la lame d’un couteau entre les parties supérieure et inférieure de la carapace et pratiquer un coup sec pour la tuer. Ouvrir la carapace en deux, retirer les pâtes et les séparer en deux ou trois tronçons. Conserver l’eau et le corail qui se trouve dans la carapace, éliminer les poumons.

Hacher très finement l’ail, le piment, les tiges de persil et l’oignon. Faire chauffer un beau filet d’huile d’olive dans un large sautoir. Ajouter le hachis et le faire suer un instant jusqu’à ce qu’il exhale ses parfums. Ajouter les morceaux d’araignée et laisser cuire une paire de minutes. Ajouter le concentré de tomate, laisser cuire une minute et ajouter le vin. Laisser réduire de deux tiers puis ajouter l’eau et la sauce tomate. Couvrir et laisser mijoter une vingtaine de minutes sans saler.

Faire décanter les morceaux d’araignée de mer, les décortiquer soigneusement en éliminant les esquilles. Ajouter le corail à la sauce, mixer et remettre toute la chair dans la préparation. Tenir chaud.

2. Finitions et dressage

Porter une grande casserole d’eau à ébullition, ne saler que très légèrement. Plonger les pâtes et laisser cuire aux deux tiers du temps indiqué sur le paquet. Transférer les pâtes avec une écumoire dans le sautoir, ajouter une petite louche d’eau des pâtes et achever la cuisson en remuant continuellement. Ajouter un filet d’huile et remuer le sautoir afin de provoquer une émulsion. Servir immédiatement.

Mafaldine à l'araignée de mer © Renards Gourmets

Poires Martin Sec pochées au côte de Nuits

Poires Martin Sec pochées au côte de Nuits

Poires pochées © Renards Gourmets
Poires pochées © Renards Gourmets
8 personnes
difficulté : facile
coût : cher
+/- 1 heure
+ une nuit de repos
 
Ingrédients :
 
500 g de poires Martin Sec
30 cl de côte de Nuits
un turban de citron
1/2 gousse de vanille Bourbon
60 g de sucre roux
un petit fragment de cannelle de Ceylan
5 g de poivre du Sichuan
un clou de girofle

La poire Martin Sec est cultivée en France depuis le XVIe siècle. Elle était autrefois récoltée le onze novembre, jour de la Saint-Martin. Elle est désormais considérée comme une poire d’hiver et une poire de garde. Le mot sec viendrait de sa nature cassante. Cette poire est essentiellement cultivée dans les Hautes-Alpes et dans le Piémont voisin où il est d’usage de la faire cuire dans le vin de Barolo.

La poire Martin Sec apparaît parfois sous l’appellation de Rousselet d’Hiver ou encore de Bec d’Oie.

On peut remplacer les poires Martin Sec par d’autres poires de curé telles que la Bonne Femme, l’Alexandrine, la Passe-Crassane ou encore la Conférence.

Les poires pochées au vin se dégustent à température ambiante ou bien tièdes, elles peuvent être délicatement réchauffées dans leur sirop. Elles se consomment seules ou agrémentées d’une boule de crème glacée à la vanille ou encore d’une crème foisonné à la vanille Bourbon.

On peut aussi consommer ces poires en guise de garniture d’une escalope de foie gras ou d’un gibier à poils.

La cuisson peut être exclusivement réalisée dans une casserole, dans ce cas, il est préférable de ne pas excéder la température de 80°c et toujours garder le sirop en dessous du niveau d’ébullition.

Le vin de côte de Nuits étant excessif, il peut être remplacé par un autre vin de Bourgogne.

L’ajout de poivre ou baie du Sichuan recommandé par le chef Alain Ducasse apporte une grande fraîcheur au sirop.

A déguster en galante compagnie, une paire de souliers de chez Pavillon Parade aux pieds.

1. Préparation des poires

Peler le citron à vif, réserver un morceau et exprimer le jus dans une jatte contenant de l’eau fraiche. Peler les poires délicatement, les baigner dans l’eau citronnée. Faire disparaître les marques de l’économe en frottant les poires avec le dos d’une éponge. Les faire patienter dans cette eau.

2. Préparation du vin de cuisson

Placer le vin, le turban de citron, le sucre, la vanille grattée, la cannelle, le clou de girofle et les grains de poivre dans une casserole. Porter à frémissement et faire réduire d’un cinquième. Chinoiser et réserver.

3. Cuisson des poires

Disposer les poires dans un sac de cuisson sous-vide, ajouter le vin. Clôturer le sac et faire cuire une quarantaine de minutes à 80°.

Immerger immédiatement le sac dans une glaçante, faire décanter les poires et faire réduire le jus jusqu’à l’obtention d’un sirop nappant.

Verser le sirop sur les poires et laisser les reposer toute une nuit avant de les déguster.

Poires pochées © Renards Gourmets
Poires pochées © Renards Gourmets
Poires pochées © Renards Gourmets
Pavillon Parade © Renards Gourmets
Poires pochées © Renards Gourmets
Poires pochées © Renards Gourmets
Pavillon Parade © Renards Gourmets

Carne Cruda de filet de veau et d’Amanites des Césars

Carne Cruda de filet de veau au couteau et d'Amanites des Césars

Tartare de veau © Renards Gourmets
2 personnes
difficulté : facile
coût : moyen
+/- 30 minutes
 
Ingrédients :

200 g de filet de veau de première qualité
une paire d’Amanites des Césars
huile de noisette
poivre blanc du Penja
fleur de sel

Dans le Piémont, la viande pourrait être consommée crue depuis la nuit des temps, appelée carne cruda all’albese dans la région des Langhe et dans la ville de Alba, la viande de veau ou de bœuf est généralement agrémentée de lamelles de truffes de la région. Celles-ci sont parfois remplacées par des tranches de cèpes ou d’amanites des Césars comme ici. Ce tartare piémontais peut être relevé d’huile d’olive, de jus de citron, de parmesan, de poivre et de céleri. Nous avons opté pour un assaisonnement simple à base d’huile de noisette, elle aussi appréciée dans la région.

Préparation du tartare

Chambrer le filet de veau pendant une vingtaine de minutes à température ambiante. L’émincer en lamelles régulières puis les recouper en petits morceaux qui soient peu ou prou de même taille.

Nettoyer les champignons avec un linge légèrement humide et un petit pinceau. Escaloper finement les chapeaux et hacher les pieds.

Assaisonner le tartare d’huile de noisette, de poivre fraîchement moulu et de sel. Ajouter les pieds hachés et mélanger intimement. Mouler le tartare sans le tasser à l’excès. Couvrir de lamelles de champignons.

Déguster immédiatement avec une petite salade de pourpier et de noisettes fraîches concassées.

Tartare de veau © Renards Gourmets
Tartare de veau © Renards Gourmets

Tajarin au ragoût de cèpes

Tajarin au ragoût de cèpes à la moelle et au jambon

Tajarin aux cèpes © Renards Gourmets
4 personnes
difficulté : moyen
coût : moyen
+/- 3 heures
 
Ingrédients :
 
Pour la sauce aux cèpes

250 g de cèpes
un os à moelle
50 g de jambon cru
un oignon blanc
2 gousses d’ail
10 cl de vin blanc sec
10 cl de bouillon de volaille
3 cèpes séchés
20 cl de jus de volaille
un demi bouquet de persil
poivre blanc du Penja
sel

Pour les tajarin

68 g de farine type 00
68 g de semoule extra-fine
100 g de jaunes d’œufs
5 g d’huile d’olive

Les tajarin sont typiques de la région des Langhe dans le Piémont. Elles se dégustent le plus souvent avec du beurre fondu et de la truffe blanche d’Alba, un ragoût de viande ou des champignons sauvages qui abondent dans la région.

Cette sauce accompagne également parfaitement une polenta taragna composée d’un mélange de farine de maïs et de sarrasin.

En saison on pourra agrémenter ce plat de pâtes de quelques copeaux de truffe blanche d’Alba.

Nous avons dégusté ce plat avec une belle bouteille de Barolo de la Morra.

1. Préparation de la sauce aux cèpes

Préchauffer le four à 180°. Saler l’os à moelle et le faire cuire une vingtaine de minutes. Séparer la graisse de la moelle et laisser refroidir. Peser 50 g et tailler en fine brunoise. Réserver.

Faire tremper les cèpes séchés dans le bouillon de volaille pendant une vingtaine de minutes également puis porter à ébullition et laisser mijoter une demi heure sur feu doux. Filtrer et réserver.

Brosser soigneusement les cèpes, nettoyer les chapeaux avec un linge légèrement humide et parer les pieds avec un petit couteau d’office. Couper séparément pieds et chapeaux en fine brunoise.

Faire chauffer une cuillère à soupe de graisse de moelle fondue dans une cocotte en fonte et faire saisir les pieds de cèpes sur feu vif. Faire décanter sur une plaque trouée. Saler légèrement.

Ajouter une cuillère de graisse supplémentaire si nécessaire et faire saisir les chapeaux jusqu’à l’obtention d’une légère coloration. Faire également décanter et saler légèrement.

Dégraisser partiellement la cocotte. Couper le jambon en fine brunoise et le faire saisir sur feu moyen. Hacher finement l’oignon, le faire suer, ajouter les gousses d’ail écrasées en chemise.

Effeuiller le persil, réserver les feuilles et former un petit bouquet avec les tiges.

Mouiller le ragoût avec le vin blanc et faire réduire de moitié. Ajouter les tiges de persil, les chapeaux de cèpes bien égouttés, le bouillon et le jus de volaille. Porter à frémissement puis couvrir et laisser mijoter pendant une heure et demi.

Séparer les aulx de leurs peaux et les écraser dans la sauce. Ajouter les pieds de cèpes et la brunoise de moelle puis laisser mijoter pendant cinq minutes supplémentaires.

Ciseler très finement le persil. Ajouter le poivre fraîchement moulu, vérifier l’assaisonnement et ajouter le persil. Mélanger et réserver.

2. Préparation des tajarin

Combiner la farine et la semoule. Battre les œufs et les jaunes, les ajouter aux farines ainsi que l’huile d’olive. Travailler la pâte à la main pendant une vingtaine de minutes jusqu’à ce qu’elle soit lisse, souple et homogène. Filmer au contact et réserver pendant une demi heure au réfrigérateur.

Couper la pâte en deux, la passer au laminoir, la replier sur elle-même en la repassant à chaque fois. Renouveler l’opération cinq ou six fois jusqu’à l’obtention d’un rectangle. Abaisser la pâte très finement (numéro 7 sur un modèle Marcato Atlas 150). Procéder de même avec le second pâton et laisser sécher les feuilles de pâtes entre vingt et trente minutes à l’air libre en fonction de la température et de l’humidité. La pâte doit être sèche en surface mais non cassante.

Replier chaque feuille de pâte pour obtenir un boudin plat et découper les tajarin le plus finement possible. Chaque pâte doit pouvoir passer dans le chas d’une aiguille. Laisser sécher les tajarin pendant une vingtaine de minutes à l’air libre.

3. Finitions et dressage

Disposer la sauce dans un sautoir. Porter une grande casserole d’eau à ébullition. Saler au gros sel et faire cuire les tajarin pendant trente secondes à une minute. Transférer directement dans la sauce avec une araignée sans trop les faire égoutter et mélanger soigneusement pour parfaitement les enrober. Ajouter quelques cubes de beurre frais pour provoquer une émulsion.

Servir immédiatement et déguster avec une excellente bouteille de Barolo.

Tajarin aux cèpes © Renards Gourmets

Petits oiseaux de Brescia et Bergame

Petits oiseaux échappés comme à Brescia et Bergame, polenta crémeuse

Uccelletti scappati © Renards Gourmets
2 personnes
difficulté : facile
coût : moyen
+/- 2 heures
 
Ingrédients :
 
Pour les uccelletti

300 g d’escalopes de veau
80 g de pancetta (ou de ventrèche)
douze feuilles de sauge
douze baies de genièvre
sel et poivre
 
Pour le jus de veau

beurre
une échalote grise
une petite carotte
3 grains de poivre noir
une gousse d’ail en chemise
3 baies de genièvre
un bouquet composé de sauge et de romarin
un demi verre de vin blanc
un verre de bouillon de volaille
un verre de jus de veau

Pour la polenta


120 g de polenta de maïs rustique
40 g de beurre
25 cl de lait entier
25 cl de bouillon de volaille
gros sel
20 g de mascarpone
30 g de parmesan fraîchement râpé

Pour les finitions

huile d’olive
beurre

En Lombardie au nord de l’Italie, les villes de Brescia et Bergamo sont célèbres pour une délicieuse préparation au nom délicieusement imagé de uccelletti scappati ou petits oiseaux échappés ou encore envolés. Bien que la chasse aux grives (tordi) et aux alouettes (allodole) regroupées sous le nom de uccelletti ou osei y soit largement pratiquée et que les oiseaux y soient appréciés en brochettes, il arrive que la journée ne soit pas toujours fructueuse. Depuis le XVIe siècle, pour pallier au manque de matière première, on remplace les petits oiseaux par des escalopes de veau roulées sur elles-mêmes avec du jambon ou du lard. Elles sont piquées afin d’imiter la forme d’un oiseau. On retrouve plus ou moins cette recette en Provence sous le nom d’alouettes sans têtes.

Cette recette s’improvisant généralement au dernier moment, elle est infiniment variable, ainsi les escalopes de veau sont parfois remplacées par de la viande de bœuf ou de porc. Le jambon par de la ventrèche et les uccelletti scappati une fois roulés sont parfois intercalés de tranches de pain, de saucisses appelées luganega, de feuilles de sauge ou encore de cubes de lard.

Ce plat se sert généralement accompagné d’une bonne polenta crémeuse qu’on peut aussi remplacer par de la polenta taragna qui contient également de la farine de sarrasin qui lui confère un goût plus rustique.

Nous avons adapté légèrement la présentation des uccelletti scappati en les rendant moins trapus.

1. Préparation des uccelletti

Couper trois belles escalopes de veau très finement, les taper pour les attendrir et les affiner afin d’obtenir des rectangles peu ou prou de même taille.

Couper chaque rectangle en deux dans la largeur puis en deux dans la hauteur afin d’obtenir douze tranches d’environ sept centimètres par quatre. Couper douze tranches de pancetta aux mêmes dimensions, les poser sous les tranches de veau puis égaliser l’ensemble pour obtenir des rectangles réguliers. Conserver toutes les parures. Saler très légèrement et poivrer côté veau. Retirer la tige de douze feuilles de sauge et poser chacune d’elles bien au centre de la tranche. Ajouter une baie de genièvre légèrement écrasée entre les doigts puis rouler l’ensemble pour obtenir un cigare en conservant bien la pancetta à l’extérieur. Répéter l’opération pour toutes les tranches.

Effeuiller quatre branches de romarin en ne conservant que la sommité puis gratter les tiges avec un couteau pour décoller l’écorce. Piquer trois uccelletti scappati sur chaque brochette de romarin et réserver.

2. Préparation du jus de veau

Faire dorer les parures de pancetta à sec dans un sautoir, ajouter les parures de veau et laisser cuire jusqu’à ce que la viande soit bien dorée. Ajouter une noix de beurre et laisser cuire une dizaine de minutes. Ajouter l’échalote coupée en rouelle, la carotte coupée en tranches, les grains de poivre, l’ail en chemise, les baies de genièvre et le bouquet. Laisser suer l’ensemble jusqu’à ce qu’il soit bien confit puis dégraisser parfaitement. Mouiller avec le vin blanc et laisser réduire à l’état de glace. Ajouter le bouillon de volaille chaud en trois fois en faisant réduire à chaque étape. Mouiller avec le jus de veau, porter à frémissement, écumer et laisser mijoter pendant une heure. Chinoiser, lier la sauce si nécessaire et réserver au chaud.

3. Préparation de la polenta

Disposer le bouillon de volaille, le lait, le beurre et la polenta dans une casserole. Saler légèrement puis porter à ébullition sans cesser de mélanger. Baisser le feu au minimum, couvrir et laisser cuire pendant une à deux heures en fonction de la variété de polenta. Remuer de temps en temps.

4. Finitions et dressage

Faire chauffer un filet d’huile dans un sautoir. Faire saisir les brochettes sur toutes les faces puis ajouter une grosse noix de beurre et laisser cuire dans le beurre moussant en arrosant continuellement. La cuisson est très rapide. Débarrasser les brochettes sur une grille pour les faire décanter. Dégraisser le sautoir et déglacer avec la sauce chaude. Exprimer les sucs, redonner une ébullition puis monter au beurre froid hors du feu. Filtrer et remettre les brochettes dans la sauce pour parfaitement les glacer.

Ajouter le parmesan et le mascarpone dans la polenta, mélanger en fouettant vivement. Servir la polenta dans une assiette de service. Poser les uccelletti scappati bien chauds dessus et verser la sauce généreusement sur l’ensemble. Partager le plat et déguster une excellente bouteille de vin de la région.

Uccelletti scappati © Renards Gourmets
Uccelletti scappati © Renards Gourmets

Tortellini de Bologne

Tortellini de Bologne pour les grandes occasions

Tortellini in brodo © Renards Gourmets
8 personnes
difficulté : moyen
coût : moyen
+/- 6 heures
+ une nuit de repos
 
Ingrédients :
 
Pour le bouillon

1 kg d’ailes de chapon
huile d’olive
500 g de jarret de veau
200 g de croûtes de parmesan
un oignon blanc piqué de 3 clous de girofle
10 g de poivre noir
30 g de gros sel
une poignée de champignons séchés
(cèpes, mousserons, chanterelles)
un bouquet composé d’une branche de céleri, un poireau, 3 feuilles de laurier et un brin de thym
 
Pour la farce

100 g de mortadelle de Bologne
100 g de prosciutto de Modène
100 g de saucisse fraîche
100 g de filet maigre de porc
1/2 cervelle de veau
50 g  de moelle
75 g de parmesan
noix de muscade
sel et poivre


Pour la pâte

136 g de farine type 00
136 g de semoule fine
180 g de jaunes d’œufs

20 g de blanc d’œuf
10 g d’huile d’olive

Le mot tortellino est issu de tortello qui signifie gâteau en italien. La première mention de ces petites pâtes farcies remonte à 1112 et figure sur un parchemin. Une autre mention apparaît dans une bulle papale en 1169. Il semblerait que les tortellini furent adoptés en guise de tradition de Noël au XIIe siècle par les habitants de Bologne en Émilie-Romagne. La composition de la farce comme celle du bouillon vont ensuite évoluer jusqu’à ce qu’ils soient plus ou moins fixés par le gastronome Pellegrino Artusi au XIXe siècle dans son ouvrage La science en cuisine et l’art de bien manger.

Une légende raconte qu’un aubergiste tombé amoureux de Vénus aurait créé les tortellini en hommage à son superbe nombril.

Nous avons respecté la recette dans ses grandes lignes, nous avons simplement ajouté moelle de bœuf et cervelle à la farce comme il était en usage de le faire autrefois. Ces deux ingrédients apportent moelleux et caractère à la recette.

Aujourd’hui en Italie, les tortellini se consomment plus ou moins toute l’année et sont surtout une excuse à réunir la famille autour d’une bonne table.

Les tortellini peuvent être disposés sur une plaque parcheminée, congelés un quart d’heure puis rassemblés dans des sacs et conservés ainsi durant plusieurs semaines. Ils se cuisent ensuite directement congelés dans le bouillon chaud.

On compte généralement quarante tortellini et vingt cinq centilitre de bouillon par personne. Chaque tortellino doit peser deux grammes.

1. Préparation du bouillon

Préchauffer le four à 200°. Arroser les ailes de chapon et la tranche de jarret d’un filet d’huile d’olive, les masser pour répartir l’huile et les disposer sur une plaque allant au four. Enfourner jusqu’à ce que les morceaux soient bien colorés. Couper l’oignon en deux, l’arroser d’un filet d’huile et l’enfourner jusqu’à ce qu’il prenne une belle teinte havane. Disposer les ailes et le jarret dans une grande casserole. Couvrir largement de dix litres d’eau et porter à frémissement lentement. Écumer parfaitement puis ajouter l’oignon après l’avoir piqué avec les clous de girofle. Ajouter les croûtes de parmesan, les grains de poivre, le sel, le bouquet et les champignons séchés. Laisser cuire pendant cinq heures à frémissement.

Faire dégorger l’os à moelle dans un bol d’eau froide.

Vingt minutes avant la fin de la cuisson, ajouter l’os à moelle de la farce et laisser cuire afin de récupérer la moelle.

Filtrer le bouillon au chinois étamine et réserver.

2. Préparation de la farce

Faire tremper la cervelle dans un bol d’eau froide, changer l’eau jusqu’à ce qu’elle soit limpide. Retirer les nerfs. La faire blanchir pendant cinq minutes dans une casserole d’eau frémissante, salée et légèrement vinaigrée. La refroidir dans une glaçante et la faire égoutter. La sécher parfaitement et la couper en petits morceaux.

Couper la mortadelle et le prosciutto en cubes réguliers. Retirer le boyau de la saucisse et l’émietter. Couper le filet en petits morceaux. Ajouter la cervelle et la moelle hachée et passer le tout au hachoir à viande grille fine. Assaisonner largement de poivre fraîchement moulu et de noix de muscade râpée. Ajouter le parmesan râpé et mélanger intimement. Faire cuire une petite boulette de farce pour vérifier l’assaisonnement et saler si nécessaire. Disposer cette farce dans une poche à douille et laisser reposer pendant une nuit au réfrigérateur.

3. Préparation de la pâte

Combiner les deux farines, ajouter les œufs et l’huile et travailler la pâte pendant une vingtaine de minutes sur une planche en bois jusqu’à l’obtention d’une boule très lisse, souple et homogène. Filmer au contact et réserver pendant une demi heure au réfrigérateur.

4. Finitions et dressage

Couper la pâte en tranche et l’abaisser progressivement jusqu’à l’obtention de feuilles très fines. Couper en petits carrés réguliers de trois centimètres de côté. Ajouter une boulette de farce, replier la pâte en triangle en pinçant soigneusement pour emprisonner la viande. Pincer les bords en enroulant le tortellino sur le doigt. Procéder ainsi jusqu’à épuisement des éléments et réserver les tortellini sur des planches en bois farinées.

Porter le bouillon à frémissement et faire cuire les tortellini pendant une minute. Les disposer transférer avec le bouillon dans une soupière et servir immédiatement devant les convives.

Tortellini in brodo © Renards Gourmets
Tortellini in brodo © Renards Gourmets
Tortellini in brodo © Renards Gourmets
Tortellini in brodo © Renards Gourmets

Cantucci de Toscane

Cantucci de Toscane à tremper dans un verre de vinsanto

Cantucci © Renards Gourmets
40 biscuits
difficulté : facile
coût : bon marché
+/- 1 heure
 
Ingrédients :
 
2 œufs entiers
un jaune d’œuf
un blanc d’œuf
170 g de sucre
une pincée de sel
le zeste d’une orange
le zeste d’un citron
300 g de farine T55
une c.a.c de levure chimique
200 g d’amandes complètes

une bouteille de vinsanto

Le cantuccio appelé parfois à tort biscotto di Prato prend le nom de cantucci au pluriel et il va sans dire qu’on en mange jamais qu’un. Leur origine pourrait se situer au XVIe siècle et leur nom dérive du latin cantellus qui signifie tranche de pain. Ils sont mentionnés par l’Accademia della Crusca dès 1691. C’est à Pise qu’ils semblent avoir été les plus fameux. Chez les Médicis, ils prendront le nom de biscottelli qui donnera biscotin en France et dont raffolait Louis XIV. La première recette écrite n’apparaît qu’au XVIIIe siècle à Prato. Ils vont définitivement se populariser après l’obtention d’un prix à l’Exposition Universelle de Paris. En Provence ils portent le nom de croquants.

Les cantucci diffèrent des biscotti di Prato par la présence de levure dans la pâte. Le biscotto di Prato contient également des pignons en plus des amandes et n’est pas toujours parfumé d’agrumes. Les deux biscuits bénéficient aujourd’hui d’une protection territoriale qui codifie leurs recettes.

Traditionnellement les cantucci se consomment trempés dans un verre de vinsanto, un vin de paille typique de Toscane généralement obtenu à partir d’un mélange de cépages Trebbiano, Malvasia et Sangiovese. Les grappes sont placées au mois de septembre en espaliers sur des nattes appelées graticci. Dès le mois de février elles auront perdu quarante pourcent de leur poids et seront pressées, mises à fermenter et entonnées en fûts de chêne ou de châtaignier. Cinq ans plus tard, le vinsanto est embouteillé.

Nous aimons particulièrement celui du domaine Sorelle Palazzi. Voir l’article de notre ami Eric Bernardin sur le sujet.

On pourra éventuellement remplacer le vinsanto par du vin de paille du Jura ou un vin doux.

1. Préparation des cantucci

Préchauffer le four à 200°.

Disposer les amandes sur une plaque parcheminée et leur faire prendre une légère couleur pour en intensifier le goût. Laisser complétement refroidir.

Abaisser la température du four à 180°.

Clarifier un des œufs pour séparer le blanc du jaune. Mélanger les deux œufs entier au jaune. Ajouter le sucre et fouettez vivement à l’aide d’un batteur électrique jusqu’à l’obtention d’une mousse blanche et compacte. Ajouter le sel et les zestes râpés des deux agrumes.

Tamiser la farine et la levure et les incorporer progressivement en mélangeant avec une maryse sans faire retomber les œufs.

Ajouter enfin les amandes et mélanger délicatement jusqu’à l’obtention d’une boule homogène.

Séparer la boule en deux et former deux pains similaires en se mouillant légèrement les mains. Disposer les pains sur la plaque parcheminée et glacer avec le blanc d’œuf.

Enfourner pendant quinze minutes à vingt minutes, les cantucci ne doivent pas trop colorer.

Laisser tiédir, transférer les pains sur une planche et découper des tranches régulières d’un centimètre.

Disposer les tranches à plat sur la plaque et enfourner dix minutes de plus.

Laisser complétement refroidir les cantucci.

2. Finitions et dressage

Les cantucci se conservent parfaitement dans une boite en fer hermétique.

Les autres peuvent être disposés sur une assiette ou un plateau. Ils se dégustent avec du vinsanto de Toscane. Le biscuit doit être trempé durant quatre à cinq secondes dans le vin avant d’être dégusté.

Cantucci © Renards Gourmets
Cantucci © Renards Gourmets
Cantucci © Renards Gourmets
Cantucci © Renards Gourmets
Cantucci © Renards Gourmets

Dos de sanglier en agrodolce

Dos de sanglier en agrodolce, pruneaux farcis aux noix, pommes tonneaux aux olives et échalotes confites

Sanglier en agrodolce © Renards Gourmets
2 personnes
difficulté : moyen
coût : moyen
+/- 3 heures
 
Ingrédients :
 
Pour le jus de sanglier

les os de la selle d’un sanglier
huile de pépins de raisin
une branche de fenouil sec
3 baies de myrte
une baie de genièvre
un petit bout de gingembre
une gousse d’ail
une échalote grise
4 grains de poivre sauvage
4 graines de coriandre
macis en poudre
40 g de beurre
5 cl de vinaigre de coing
50 cl de bouillon de volaille
 
Pour la sauce agrodolce

25 g de miel d’arbousier
2,5 cl de vinaigre de coing
2,5 cl de jus d’orange frais
5 cl de porto
5 cl de vin rouge corsé
5 cl de jus de sanglier

une feuille de laurier
3 baies de myrte
une baie de genièvre
6 grains de poivre sauvage
3 graines de coriandre
une pointe de couteau de macis
un petit bout de gingembre

1/2 c.a.c de cacao amer
une pointe de couteau de gelée de coing

Pour le filet de sanglier

4 grains de fenouil
4 graines de coriandre
5 grains de poivre sauvage
3 baies de myrte
une baie de genièvre
1/4 c.a.c de gingembre en poudre
1/4 c.a.c de macis en poudre
1/2 c.a.c de chocolat amer

Pour la garniture

2 pommes de terre à chair ferme
une échalote
25 g de beurre clarifié
5 olives Taggiasche
macis
poivre noir
huile d’olive
2 baies de myrte
4 pruneaux
4 noix
une c.a.c de vinaigre de coing
fleur de sel

Entre les régions de la Toscane et du Latium se promènent des compagnies de sangliers toujours plus abondantes. De fait, la chasse y est autorisée toute l’année et les habitants ne manquent pas d’idées pour les cuisiner. Deux recettes se démarquent particulièrement, en dolceforte et en agrodolce. Ces deux méthodes connues depuis la Renaissance sont de merveilleux apprêts au sanglier, révélant des notes complexes à la fois acides, amères, fruitées, sucrées, tout le goût d’une époque qui néanmoins perdure, grâce aux bons soins des gastronomes italiens qui veillent sur leur patrimoine. Nous préférons l’agrodolce au dolceforte que nous jugeons plus équilibrée. Nous avons adapté la garniture et essayé d’apporter du raffinement à ce plat autrefois apprécié des nobles Florentins. Il se déguste évidemment avec l’un des grands vins de la région comme un Colli Senesi, un Chianti ou mieux encore, un Brunello di Montalcino.

Cette recette est réalisée en collaboration avec InterProchasse pour le site Je Cuisine du Gibier. Retrouvez-y de nombreuses idées sur la façon d’accommoder ces viandes qui possèdent d’exceptionnelles qualités gustatives et nutritionnelles.

1. Préparation du jus de sanglier

Lever le filet de sanglier de la selle. Le parer, le dégraisser et retirer les aponévroses. Le filmer et le réserver au réfrigérateur. Concasser les os et couper les parures en petits morceaux.

Faire chauffer un filet d’huile dans un sautoir, ajouter les os et parures pour les faire rissoler. Ajouter la branche de fenouil, les baies de myrte et de genièvre, le morceau de gingembre, l’ail en chemise, l’échalote émincée, les grains de poivre et de coriandre et une pointe de couteau de macis. Bien mélanger, laisser cuire quelques minutes et ajouter le beurre. Laisser mijoter l’ensemble jusqu’à ce que les os soient très caramélisés. Dégraisser parfaitement le sautoir, remettre tous les éléments et ajouter le vinaigre. Laisser réduire à sec en exprimant les sucs puis mouiller trois fois avec le bouillon de volaille chaud en laissant réduire à sec à chaque fois. Mouiller à hauteur avec le bouillon, porter à frémissement, écumer et laisser mijoter pendant deux heures en ajoutant du bouillon si nécessaire. Chinoiser, dégraisser et réserver le jus de sanglier.

2. Préparation de la sauce agrodolce

Faire caraméliser le miel à sec dans une casserole. Ajouter le vinaigre et laisser réduire aux deux tiers. Ajouter le jus d’orange frais et laisser réduire aux trois quarts. Ajouter enfin le vin rouge, le porto et 5 cl de jus de sanglier. Porter à frémissement et laisser mijoter jusqu’à l’obtention d’une consistance sirupeuse. Couper le feu, ajouter la feuille de laurier brisée, les baies de myrte et de genièvre écrasées, les grains de poivre sauvage et de coriandre, le macis et le gingembre. Couvrir et laisser infuser pendant cinq minutes. Filtrer puis ajouter le cacao et la gelée. Mélanger, filtrer de nouveau et réserver cette sauce au chaud.

3. Préparation du filet de sanglier

Faire torréfier les grains de fenouil, de coriandre, de poivre et les baies de myrte et de genièvre. Les réduire en poudre dans un mortier avec le gingembre, le macis et le chocolat. Saler le filet et le masser avec le mélange d’épices. Le filmer en formant une ballotine en serrant bien et en utilisant un film supportant la cuisson. Le mettre dans un sachet sous-vide, préchauffer le bain-marie à 60° et le faire cuire pendant cinquante cinq minutes. Le faire décanter sur une grille, le sécher parfaitement et le ficeler.

4. Préparation de la garniture

Tourner les pommes de terre en tonneau, évider une partie du centre, les disposer dans une casserole remplie d’eau salée, porter à ébullition puis les rafraîchir immédiatement dans un bol d’eau glacée. Les faire sécher la tête en bas sur du papier absorbant.

Couper l’échalote en deux en conservant le pied, la peler. Faire chauffer le beurre clarifié dans un sautoir et faire rôtir les échalotes côté face en pressant légèrement. Une fois les échalotes bien confites, les débarrasser sur du papier absorbant et ajouter les pommes de terre. Les laisser cuire sur toutes les faces pour les rendre croustillantes et bien cuites à cœur.

Hacher les olives, les poivrer, les lier avec un peu d’huile, ajouter le macis et farcir les tonneaux de pommes de terre avec ce mélange. Terminer par un grain de myrte.

Faire tremper les pruneaux dans un bol d’eau chaude. Retirer les noyaux avec une pince. Hacher finement les noix et deux des pruneaux. Ajouter le vinaigre, le poivre et le sel et travailler cette pâte jusqu’à ce qu’elle soit bien homogène. Farcir les deux pruneaux restants avec.

5. Finitions et dressage

Faire rôtir le filet de sanglier dans le beurre clarifié pour le faire colorer sur toutes les faces. Le débarrasser sur une grille pour le faire décanter. Réchauffer les éléments de garniture. Couper le filet en quatre morceaux, les disposer dans les assiettes. Ajouter la garniture. Monter la sauce avec une noisette de beurre frais et la servir dans une saucière. Déguster immédiatement.

Sanglier en agrodolce © Renards Gourmets
Sanglier en agrodolce © Renards Gourmets

Carré de sanglier à la maltaise

Carré de sanglier à la maltaise cuit sur des branches de fenouil sauvage, oranges en tailladins lentement confites au jus

Carré de sanglier © Renards Gourmets
2 personnes
difficulté : moyen
coût : moyen
+/- 2 heures
 
Ingrédients :
 
Pour le sanglier
 
un carré de sanglier
une orange
une c.a.c de graines de fenouil
une feuille de laurier
une branche de fenouil sec
une branche de romarin
4 grains de poivre
une c.a.s d’huile d’olive
 
3 gousses d’ail
une branche de romarin
une noix de beurre
 
4 branches de romarin
une c.a.c de poivre de Sarawak
une c.a.c de poivre des cimes
une orange
une c.a.s de sel fin
 
un blanc d’œuf
 
une botte de branches de fenouil sec
 
Pour la sauce maltaise

3 jaunes d’œufs
100 g de beurre clarifié
un citron
une orange
poivre blanc du Penja
sel
 
Pour les tailladins
 
une orange
une gousse d’ail
5 cl de jus de veau

La sauce maltaise est une sauce dérivée de la sauce hollandaise. Elle sert généralement d’accompagnement aux asperges blanches mais peut être utilisée dans beaucoup d’autres circonstances. Elle accompagne par exemple un filet de poisson blanc comme le turbot ou la sole, les crustacés grillés mais aussi certaines pièces de viande. Le mariage avec la viande de sanglier, le parfum du fenouil et du romarin est un véritable délice.

La cuisson du carré de sanglier peut être effectuée également au four en utilisant une sonde.

Cette recette est réalisée en collaboration avec InterProchasse pour le site Je Cuisine du Gibier. Retrouvez-y de nombreuses idées sur la façon d’accommoder ces viandes qui possèdent d’exceptionnelles qualités gustatives et nutritionnelles.

1. Préparation du sanglier

Lever le carré de sanglier, le détalonner, le parer et le manchonner. Le ficeler et le faire mariner pendant une demi heure avec le jus et le zeste d’une orange, les graines de fenouil, la feuille de laurier, la branche de fenouil, de romarin, les grains de poivre et l’huile d’olive. Sécher le carré de sanglier et le poêler à feu vif pour le faire colorer. Ajouter l’ail, le romarin et le beurre et prolonger la cuisson en arrosant continuellement le carré. Le débarrasser et verser le beurre chaud et les aromates dessus. Le laisser décanter sur une grille.

Préchauffer le bain-marie à 60°. Disposer le carré et sa garniture dans un sac de cuisson sous-vide et faire cuire pendant une heure et demi.

Récupérer le carré de sanglier, le faire décanter de nouveau sur une grille.

Battre le blanc d’œuf en neige. Hacher très finement le romarin et le zeste d’orange avec une demi-lune. Mélanger ce hachis au sel et aux deux poivres fraîchement moulus. Badigeonner le carré de blanc d’œuf et le paner avec le mélange à base de sel.

2. Préparation de la sauce maltaise

Clarifier les œufs dans un saladier, peser les jaunes et ajouter la même quantité d’eau froide. Saler généreusement.

Porter une casserole d’eau à ébullition, poser le saladier dessus et faire cuire le sabayon en fouettant continuellement jusqu’à ce que le fond de la cuve soit visible. Retirer le sabayon du feu et continuer de fouetter pendant une minute.

Ajouter un demi jus de citron et son zeste ainsi que le zeste d’orange et le poivre. Mélanger délicatement puis monter progressivement le sabayon en ajoutant le beurre clarifié comme pour monter une mayonnaise.

Presser l’orange, faire réduire le jus jusqu’à l’obtention d’un sirop en le faisant cuire sur feu moyen. Laisser tempérer puis ajouter progressivement le jus à la sauce en mélangeant délicatement.

3. Finitions et dressage

Couper l’orange en tranche puis en quartiers. Disposer ces quartiers dans une casserole, ajouter le jus de cuisson de sanglier, l’ail et le jus de veau. Porter à frémissement et laisser mijoter jusqu’à ce que le jus soit réduit à l’état d’une glace.

Préchauffer le four à 180°. Disposer des branches de fenouil dans un plat allant au four. Poser le carré de sanglier dessus et enfourner pendant cinq minutes.

Disposer le carré sur un plateau d’argent. Ajouter les quartiers d’orange et les branches de fenouil. Servir la sauce maltaise dans une saucière. Découper la viande devant les convives et servir les médaillons avec quelques tailladins sur un lit de sauce maltaise tempérée.

Carré de sanglier © Renards Gourmets
Sanglier à la maltaise © Renards Gourmets
Carré de sanglier © Renards Gourmets
Carré de sanglier © Renards Gourmets
Carré de sanglier © Renards Gourmets
Sanglier à la maltaise © Renards Gourmets
Carré de sanglier © Renards Gourmets

Risotto aux morilles et au vin jaune

Risotto aux morilles et au vin jaune, émulsion de parmesan

Risotto aux morilles © Renards Gourmets
2 personnes
difficulté : moyen
coût : cher
+/- 30 minutes
 
Ingrédients :
 
Pour les morilles

150 g de morilles fraîches
beurre cru
2,5 cl de vin jaune du Jura
2,5 cl de jus de veau (ou de volaille)
2,5 cl de bouillon de volaille
poivre blanc du Penja

Pour l’émulsion

75 g de lait frais entier
75 g de crème fluide
75 g de parmesan
poivre blanc du Penja

Pour le risotto

140 g de riz Vialone Nano
5 cl de vin jaune du Jura
75 cl de bouillon de volaille

2 cébettes
une poignée de parmesan
50 g de beurre froid coupé en cubes
poivre blanc du Penja

Les choses les plus simples sont parfois les meilleures. Même si la morille est un accompagnement de choix pour la poularde ou certains poissons blancs, la meilleure façon de la déguster c’est d’en faire la reine de l’assiette. En omelette, sur des œufs brouillés, avec des pâtes ou comme ici en risotto. La texture onctueuse du risotto est le parfait support pour les morilles. Il n’y à rien à ajouter sinon peut-être quelques asperges de Pertuis et une bouteille de Château-Chalon à boire avec.

Retrouvez notre article sur le risotto sur le site Les Hardis.

1. Préparation des morilles

Brosser délicatement les morilles, retirer les pieds, les conserver puis plonger chapeaux quelques secondes dans un bol d’eau tiède. Renouveler l’opération deux ou trois fois jusqu’à ce que l’eau soit limpide. Faire égoutter sur un linge. Faire chauffer une noix de beurre dans un sautoir, ajouter les morilles et laisser cuire une paire de minutes. Ajouter le vin jaune et laisser réduire de deux tiers. Ajouter ensuite le jus et le bouillon, porter à frémissement et laisser mijoter une quinzaine de minutes jusqu’à ce que le jus soit réduit. Ajouter enfin le poivre fraîchement moulu. Réserver le jus de cuisson et réserver.

2. Préparation de l’émulsion

Déposer les pieds de morilles dans une casserole, ajouter le lait, la crème, le poivre et le parmesan fraîchement râpé. Faire cuire pendant une quinzaine de minutes à feu moyen. Mixer, chinoiser et réserver.

3. Préparation du risotto

Faire chauffer le bouillon dans une casserole. D’autre part, faire torréfier le riz à sec sur feu moyen dans un sautoir à fond épais. Dès qu’un parfum de céréales se dégage et que le riz est brûlant au contact de la main, ajouter le vin jaune. Faire réduire complétement puis mouiller progressivement avec le bouillon chaud. Procéder ainsi jusqu’à ce que le riz soit cuit al-dente (14 minutes environ). Ciseler finement les cébettes et les ajouter avec le poivre, le beurre et le parmesan sans mélanger. Couvrir et réserver pendant cinq minutes hors du feu.

3. Finitions et dressage

Émulsionner la préparation à base de lait avec un mixeur plongeant en le plaçant à fleur du liquide. Réchauffer les morilles et le jus puis ajouter une cuillère d’émulsion dans les morilles. Mélanger et réserver.

Ajouter une à deux cuillères d’émulsion dans le risotto et le battre vivement avec une cuillère en bois afin d’y incorporer de l’air et mélanger tous les éléments. La consistance doit être onctueuse. Disposer le riz dans des assiettes plates, taper légèrement le dessous de l’assiette avec la paume de la main pour répartir le riz. Ajouter le jus tout autour et les morilles au centre. Terminer par une cuillère d’émulsion sur le dessus. Servir immédiatement.

Risotto aux morilles © Renards Gourmets
Risotto aux morilles © Renards Gourmets
Risotto aux morilles © Renards Gourmets