Raviolis aux artichauts et à la sauge

Raviolis aux artichauts et aux pommes de terre, beurre de sauge et parmesan

Raviolis aux artichauts ©RenardsGourmets
2 personnes
difficulté : moyen
coût : bon marché
+/- 1 heure
+ 1 heure de repos
 
Ingrédients :
 
Pour la pâte fraîche aux œufs
 
200g de farine 00
+ un peu pour travailler la pâte

1 œuf entier
une pincée de sel
 
Pour la farce aux artichauts
 
1 botte d’artichauts poivrade
2 petites pommes de terre
1 feuille de laurier
10 feuilles de sauge
2 gousses d’ail
1 petit verre de vin blanc sec
1 citron
parmesan
vinaigre de Barolo
huile d’olive
beurre
sel
poivre
 
Autres
 
10 feuilles de sauge
pignons de pin
parmesan
huile d’olive
beurre
sel
poivre
 
Ustensiles
 
laminoir / rouleau à pâtisserie

C’est une recette toute simple et très agréable au printemps. Le goût de la farce est persistant et la saveur de la sauge épouse parfaitement celle des artichauts. De plus on pourra facilement utiliser le reste de farce pour en faire une tartinade apéritive semblable à une tapenade.

1. Préparation de la pâte fraîche aux œufs

Préparer la pâte au moins une heure à l’avance.
Mettre la farine dans un saladier, former un puits au centre, saler et ajouter les œufs. À l’aide d’une fourchette, en partant du centre, incorporer peu à peu les œufs à la farine. Au début la pâte sera grumeleuse mais c’est normal. Travailler ensuite la pâte au moins cinq bonnes minutes avec les mains en utilisant un plan de travail légèrement fariné. Replier la pâte sur elle-même jusqu’à ce qu’elle devienne lisse, souple et homogène. Couvrir d’un papier film et laisser reposer au frais.

2. Préparation de la farce aux artichauts

Tourner les artichauts en les trempant immédiatement dans un saladier d’eau citronnée. Conserver bien le cœur ainsi qu’un morceau de tige. Couper en quatre parties et réserver. Éplucher et laver les pommes de terre, puis les couper en gros quartiers. Bien sécher tous les éléments dans un linge. Chauffer un filet d’huile d’olive dans une casserole et ajouter les artichauts et les pommes de terre à feu assez vif. Une fois que les légumes sont légèrement colorés, verser le vin blanc pour déglacer. Laisser évaporer puis ajouter les gousses d’ail claquées, les feuilles de sauge, le laurier, le sel et le poivre. Couvrir un peu en-dessous du niveau avec de l’eau ou du fond blanc. Couvrir la casserole et laisser cuire à feu doux 20 minutes jusqu’à ce que tous les ingrédients soient bien cuits. Découvrir pour laisser évaporer un peu le trop-plein de liquide. Éteindre le feu. Ajouter un filet d’huile d’olive de qualité et une cuillère à café de vinaigre de Barolo. Retirer la feuille de laurier. Mixer à l’aide d’un mixeur plongeant. Ajouter deux bonnes cuillères à soupe de parmesan et laisser refroidir cette farce. Idéalement on pourra préparer la farce la veille pour la garder toute une nuit au réfrigérateur.

3. Montage des raviolis

Au moins une heure plus tard, prélever un tiers de la pâte, l’aplatir avec les mains, la fariner légèrement et la passer au laminoir en partant de la plus grosse épaisseur, puis la passer dans l’épaisseur suivante et ainsi de suite en farinant de temps en temps si nécessaire jusqu’à l’épaisseur souhaitée, c’est-à-dire assez fine pour qu’il soit possible de voir ses mains au travers. Poser la pâte sur le plan de travail et déposer une cuillère à café de farce tous les 5 centimètres. Replier la pâte sur elle-même pour enfermer la farce. A l’aide d’un couteau, d’un emporte-pièce ou d’une roulette à pâtisserie, former les raviolis en chassant bien l’air à chaque fois pour éviter qu’ils ne se percent à la cuisson. Les ranger les uns à coté des autres dans un torchon fariné. Procéder de même avec le reste de la pâte.

4. Cuisson des pâtes

Porter un grand volume d’eau salée à ébullition et y plonger les raviolis environ une minute. Pendant ce temps, chauffer une poêle à blanc et ajouter les pignons pour les faire dorer. Les réserver de coté. Dans cette même poêle, chauffer un mélange d’huile d’olive et de beurre, ajouter les feuilles de sauge, un peu de sel et de poivre. Ajouter une louche d’eau de cuisson des raviolis. Égoutter les raviolis une fois cuits et les ajouter directement à la sauce au beurre de sauge. Bien mélanger en faisant sauter et tourner les raviolis dans la sauce pour bien les enrober.

5. Finitions et dressage

Disposer les raviolis dans une assiette creuse, parsemer de parmesan fraîchement râpé, de poivre, de fleur de sel et d’un filet d’huile d’olive.

Artichauts © RenardsGourmets
Artichauts © RenardsGourmets

Lasagnes comme nous les aimons

Lasagne al forno de Bologne comme nous les aimons

Lasagne al forno © Renards Gourmets
4 personnes
difficulté : moyen
coût : bon marché
+/- 3 heures
 
Ingrédients :
 
Pour le ragù

250 g de viande de porc hachée
250 g de viande de veau hachée
100 g de pancetta
1 cuillère à soupe
de concentré de tomate
1 branche de céleri
1 oignon
1 carotte
1 petite gousse d’ail
1 branche de romarin
6 feuilles de marjolaine
6 feuilles de sauge
2 clous de girofle
1 pincée de noix de muscade
6 baies de poivre de la Jamaïque
6 grains de poivre noir
1 verre de lait entier
1 verre de vin blanc sec
350 g de tomates pelées
huile d’olive
saindoux (ou beurre)
 
Pour la pâte fraîche

2 œufs frais

200 g de farine 00
une pincée de sel
 
Pour la béchamel
 
450 ml de lait entier
45 g de beurre
30 g de farine
1/2 citron
poivre blanc et sel
6 feuilles de marjolaine
 
Pour le montage du plat
 
beurre
parmesan

La première mention faite des lasagnes dans la ville de Bologne apparaît dans un poème de 1282. Une recette similaire est néanmoins citée dès l’Antiquité puisque le gastronome romain Apicius décrit une recette à base d’une succession de crêpes et de sauce. Les carrés de pâte cuits à l’eau et montés par couche se popularisent entre les XIIIe et XIVe siècles. Liber de coquina et Anonimo Toscano en détaillent les recettes. Il faudra attendre 1935 pour que les lasagnes soient officialisées dans la cuisine de Bologne grâce à l’ouvrage de Paolo Monelli, Il ghiottone errante.

Aujourd’hui on trouve des versions sensiblement différentes en Émilie-Romagne, dans les Marches sous le nom de vincisgrassi mais également au sud en Campanie et en Sicile. La recette Émilienne qui s’est le mieux exportée porte le nom de lasagne al forno ou de lasagne al ragù. Ce ragoût codifié par la Chambre de commerce de Bologne comporte de la viande de bœuf, de la pancetta, des oignons, des carottes, des côtes de céleri, de la passata de tomates, du vin rouge, du lait, de l’huile d’olive, du sel et du poivre, rien d’autre ! Il n’empêche que nombreux sont ceux à s’être réapproprié cette recette d’anthologie.
L’immense Massimo Spigaroli du restaurant Antica Corte Pallavicina, spécialiste de la lasagne et originaire de Parme précise qu’une recette meurt si les cuisiniers ne se la réapproprient pas au fil du temps. Elle doit évoluer tout en conservant son identité.
Nous ne voulions pas vous proposer la recette traditionnelle car elle se trouve déjà dans tous les livres de référence sur la cuisine italienne. Nous l’avons progressivement adaptée à nos goûts, faites nous confiance, vous ne serez pas déçus.

NOTE : Lors du montage il est important que le rapport existant entre les différents éléments, le ragù, la béchamel et les feuilles de pâtes soit proportionnel. C’est de cet équilibre subtil que naît le goût unique de ce plat mythique.

1. Préparation du ragù

Hacher la branche de céleri, l’oignon et la carotte très finement avec une demi lune. Faire chauffer un filet d’huile d’olive et ajouter une noix de saindoux dans une cocotte en fonte. Faire suer les légumes pendant cinq minutes. Ajouter la pancetta taillée en gros dés et prolonger la cuisson de 5 minutes. Hacher les herbes avec la demi lune puis ajouter les deux viandes à la cocotte en les écrasant bien pour séparer les morceaux. Laisser légèrement colorer puis ajouter les aromates et le poivre. Diluer le concentré de tomate dans le vin blanc et déglacer la cocotte avec. Laisser réduire jusqu’à consistance sirupeuse puis ajouter le lait et porter à frémissement. Écraser la tomate dans un fond d’eau et l’incorporer à la cocotte. Saler très légèrement et porter de nouveau à frémissement. Baisser le feu et laisser mijoter deux heures à découvert en remuant de temps en temps.

(Ce ragù sera bien meilleur préparé la veille, il peut être employé avec des gnocchi, une polenta ou des tagliatelle également).

2. Préparation de la pâte aux œufs

Disposer la farine sur une planche. Ajouter les œufs et le sel. Mélanger puis travailler à la main jusqu’à ce que la pâte soit lisse et homogène, soit une dizaine de minutes. Filmer au contact et laisser reposer pendant 30 minutes au réfrigérateur.

3. Préparation de la béchamel

Faire chauffer le lait dans une casserole, cuire la farine et le beurre à part jusqu’à ce que le mélange mousse et verser le lait bien chaud dessus sans cesser de remuer. Ajouter les feuilles de marjolaine et le zeste d’un demi citron finement râpé. Saler et poivrer et réserver.

4. Montage et cuisson du plat

Étaler la pâte au laminoir en la farinant légèrement. La pâte doit être bien fine (niveau 7 sur un modèle Atlas Mercato 150). Découper des bandes égales les unes aux autres et les faire cuire une minute dans une casserole d’eau bouillante fortement salée. Rafraîchir dans une glaçante et faire essorer très soigneusement dans un linge.

Préchauffer le four à 160°. Beurrer un moule à gratin et disposer au fond une fine couche de béchamel. Ajouter une couche de pâte puis une couche de ragù. Recommencer avec une couche de pâte, puis une de béchamel, du parmesan fraîchement râpé, des pâtes à nouveau puis du ragù. Monter ainsi jusqu’à épuisement des éléments en terminant par la béchamel et une généreuse couche de parmesan. Enfourner pendant 35 minutes environ ou jusqu’à ce que le fromage et la béchamel soient bien gratinés. Laisser reposer une dizaine de minutes. Servir bien chaud avec une bouteille de vin rouge d’Émilie-Romagne.

Lasagne al forno © Renards Gourmets
Lasagne al forno © Renards Gourmets

Salmis de perdrix à pattes rouges

Salmis de perdrix rouge aux châtaignes et aux olives Taggiasche

Salmis de perdrix à pattes rouges © Renards Gourmets

2 personnes
difficulté : moyen
coût : moyen
+/- 2 heures

Ingrédients :

Pour la sauce

1 perdrix à pattes rouges
le cœur et le foie de la perdrix
1 morceau de lard de Colonnata coupé à la machine à jambon
quelques branches de romarin
7 baies de genièvre
2 clous de girofle
1 bâton de cannelle
3 cardamomes vertes
1 feuille de laurier
2 dl de vin rouge
jus de cuisson de la perdrix
2 cuillères à soupe de porto rouge
1 cuillère à soupe de vinaigre de Xérès
1 carotte
1 branche de céleri
1 échalote
une gousse d’ail
beurre
sel
poivre

Autres

châtaignes cuites sous vide
olives Taggiasche
girolles
beurre
sel
poivre

La perdrix est un gibier délicieux et délicat, loin de la fausse idée que l’on se fait parfois de cette viande. C’est bien souvent la première recette de gibier que je prépare à l’automne, celle qui marque la transition entre les saisons. Le goût des olives et du romarin rappellent encore les parfums de l’été alors que déjà girolles et châtaignes pointent le bout de leur nez. On peut servir deux perdrix par personne pour des quantités plus importantes ou agrémenter ce plat d’un gratin de potimarron et de trompettes-de-la-mort ou une polenta truffée.

Se procurer de la viande de gibier :

Nous travaillons avec la société Picardie Venaison implantée à Compiègne dans l’Oise. Une maison réputée pour la fraîcheur de sa viande et la qualité du gibier sélectionné. Leur viande est principalement issue de réseaux de chasse des forêts et plaines de France.

1. Préparation de la perdrix


Chambrer la perdrix une demi-heure à température ambiante. Préchauffer pendant ce temps le four à 180°. Réserver les abats au frais. Apprêter le gibier si nécessaire en flambant les plumes restantes. Saler et poivrer l’intérieur et l’extérieur de la perdrix, ajouter une branche de romarin pliée en deux à l’intérieur et déposer dessus la tranche fine et transparente de lard de Colonnata que l’on pourra remplacer par un peu de beurre. Enfourner 10 minutes.


Découper alors les cuisses et les filets en prenant soin de ne pas abîmer les aiguillettes comme vous le feriez pour un poulet ou un pigeon. La viande de perdrix se mange à point et non pas saignante comme le pigeon. A ce stade la cuisson n’est pas terminée mais aura permis de bien dorer la peau. Laisser refroidir les filets et les cuisses puis les réserver au frais. Conserver la carcasse et les ailerons.


2. Préparation de la sauce salmis


Concasser entièrement la carcasse et les ailerons avec un hâchoir. Plus les morceaux seront petits plus ils dégageront de sucs et donc de goût. Dans une casserole, faire chauffer un filet d’huile d’olive. Quand celle-ci est fumante, ajouter les morceaux de carcasse et laisser colorer sans trop les remuer. Ajouter une noix de beurre pour aider à la coloration. Pendant ce temps, tailler la garniture en fine brunoise (carotte, branche de céleri et échalote). Ajouter celle-ci à la carcasse et bien remuer à ce stade pour tout saisir. (C’est à ce moment-là qu’on conseillerait de singer, c’est à dire de fariner pour épaissir la sauce. Je préfère m’en dispenser et obtenir une consistance épaisse par réduction plutôt que de garder ce goût farineux et lourd. Si vous manquez de temps pour obtenir une belle réduction, vous pouvez cependant ajouter une cuillère à café de farine sur les os et bien mélanger). Déglacer avec le vinaigre de Xérès et laisser évaporer complétement, puis déglacer à nouveau cette fois avec le porto et flamber l’alcool. Ajouter alors toutes les épices (ouvrir les cardamomes, briser en deux le bâton de cannelle, casser la feuille de laurier, etc…) torréfier légèrement et gratter les sucs au fond de la casserole. Ajouter alors le vin rouge, la branche de romarin et le jus de perdrix. Porter à ébullition puis réduire à tout petit feu et laisser cuire une heure au minimum. (Si vous disposez de plus de temps, prolongez la cuisson jusqu’à deux heures voire plus, elle n’en sera que meilleure). Après ce temps, la filtrer en la passant dans un chinois. Bien écraser pour faire sortir un maximum de sucs. Remettre la sauce à chauffer à découvert cette fois et placer sur feu moyen jusqu’à belle consistance. Avant que la sauce ne soit trop réduite, ajouter les abats, les cuisses et les filets de perdrix pour en terminer la cuisson lentement.


3. Préparation de la garniture

Bien nettoyer les girolles avec un pinceau. Chauffer un filet d’huile d’olive dans une poêle et les faire suer à feu vif. Réserver puis ajouter une noix de beurre jusqu’à ce qu’elle mousse. Remettre les girolles, saler et poivrer. Dans la même poêle, réchauffer les châtaignes et cuire légèrement les olives Taggiasche. Arrêter la cuisson, ajouter une branche de romarin et laisser reposer au chaud le temps de terminer la préparation.

4. Finitions et dressage

Réserver au chaud les morceaux de perdrix hors de la sauce pour la terminer. Quand celle-ci est bien réduite, mixer légèrement pour incorporer les abats. Vérifier l’assaisonnement. Ajouter une noix de beurre hors du feu et mélanger en faisant tourner la casserole dans le sens inverse des aiguilles d’une montre. Cette étape rendra la sauce consistante et bien brillante. Dresser les champignons au centre de l’assiette avec quelques olives et des châtaignes, déposer dessus un filet et une cuisse par personne, arroser généreusement de sauce et décorer avec quelques sommités de romarin.

Salmis de perdrix à pattes rouges © Renards Gourmets
Salmis de perdrix à pattes rouges © Renards Gourmets