Palombe Gauthier aux queues d’écrevisse

Palombe Gauthier aux queues d'écrevisses d'après Joseph Menon

Palombe Gauthier © Renards Gourmets
2 personnes
difficulté : moyen
coût : cher
+/- 3 heures
 
Ingrédients :
 
Pour la palombe

une belle palombe
sel et poivre
 
Pour la sauce Gauthier

6 belles écrevisses vivantes
beurre
une gousse d’ail
une branche de fenouil sec

huile de pépins de raisin

beurre
une échalote grise
une gousse d’ail en chemise
un brin de thym
une feuille de laurier
2 grains de poivre long rouge
3 grains de poivre noir
une branche de fenouil sec
une c.a.c de concentré de tomate
2,5 cl de cognac
10 cl de vin blanc sec
25 cl de jus de pigeon (ou de gibier à plumes)

Pour les finitions

huile
beurre
une gousse d’ail
un brin de thym

une truffe de 15 grammes

On ne connait pas l’origine de cette appellation mais le pigeon à la Gauthier apparaît dans les manuels de cuisine dès le XVIIe siècle. On dénombre trois associations à base de pigeon et d’écrevisses à l’époque mais c’est celle-ci qui se démarque le mieux. C’est un plat que nous qualifiions autrefois de haut-goût pour ses saveurs vives et prononcées. La sauce est riche et puissante et accompagne merveilleusement la saveur unique du bel oiseau bleu, la fameuse palombe.

1. Préparation de la palombe

Plumer, flamber et vider la palombe. Retirer la tête puis lever le coffre et les pattes. Inciser au niveau de la jointure, tirer les nerfs, éliminer l’os du gras de cuisse. Concasser toute la carcasse, réserver les abats pour une autre préparation. Brûler les écailles, assaisonner les cuisses, les rouler dans un film supportant la cuisson, les mettre sous-vide et faire cuire durant trois heures à 67°C.

Réserver le coffre au réfrigérateur.

2. Préparation de la sauce

Châtrer les écrevisses, les blanchir une paire de minutes dans une casserole d’eau bouillante salée, les rafraîchir puis les décortiquer.

Chauffer une noisette de beurre dans un sautoir, ajouter la gousse d’ail piquée de fenouil, laisser infuser puis sauter les queues une minute. Déposer un linge humide sur le sautoir et laisser reposer hors du feu.

Écraser les pinces et les têtes avec un pilon. Chauffer un filet d’huile dans une casserole, faire saisir les carcasses d’écrevisses et de pigeon et leur donner une belle coloration. Ajouter le beurre et laisser cuire jusqu’à ce que l’ensemble soit havane. Ajouter l’échalote ciselée, l’ail en chemise, le thym, le laurier, les différents poivres et le fenouil. Laisser suer, ajouter le concentré de tomates, laisser cuire une minute puis dégraisser parfaitement la casserole. Déglacer avec le cognac, flamber et faire réduire à l’état de glace. Ajouter le vin blanc, faire réduire de deux tiers puis ajouter le jus. Porter à frémissement, écumer parfaitement et laisser mijoter deux heures à très petit feu. Chinoiser, dégraisser et faire réduire à consistance.

3. Finitions et dressage

Saler le coffre de palombe et le faire raidir côté beau dans un sautoir très chaud avec un filet d’huile. Une fois la peau bien colorée, ajouter une noix de beurre, de l’ail et du thym, baisser le feu et l’arroser de beurre moussant une bonne minutes. Enfourner trois minutes à 180°C en l’arrosant une fois puis verser tout le beurre dessus et laisser reposer cinq minutes. Faire rôtir les cuisses pour leur donner de la couleur.

Hacher une partie de la truffe en brunoise, monter la sauce au beurre, réchauffer les queues d’écrevisses dans cette sauce et ajouter les truffes.

Lever le coffre de pigeon, éliminer les nerfs, parer les filets, les égoutter et les disposer dans les assiettes chaudes. Ajouter les cuisses, un copeau de truffe et la sauce très chaude. Déguster immédiatement.

Palombe Gauthier © Renards Gourmets
Palombe Gauthier © Renards Gourmets
Palombe Gauthier © Renards Gourmets

Tartare de dos de chevreuil au caviar

Tartare de dos de chevreuil au caviar, huile d'amande douce

Tartare de chevreuil au caviar © Renards Gourmets
2 personnes
difficulté : facile
coût : cher
+/- 30 minutes
 
Ingrédients :
 
125 g de filet mignon de chevreuil
25 g de caviar Osciètre
une c.a.s d’huile d’amande douce grillée
une c.a.c de vinaigre de datte
fleur de sel
poivre noir
pain noir

Parfois la meilleure manière d’apprécier un produit reste la plus simple, surtout quand celui-ci est exceptionnel. Nous avons longuement travaillé sur l’assaisonnement de ce tartare et pensons avoir trouvé le juste équilibre entre les notes de noix vertes du caviar Osciètre, le raffinement du chevreuil, le parfum délicat de l’huile vierge d’amande douce grillée et le vinaigre aigre doux de datte au parfum sucré et épicé.

Nous aimons travailler avec des produits de qualité et savoureux et pour cette entrée de fête nous avons choisi les huiles et vinaigres de lHuilerie Beaujolaise dont le savoir-faire et la préservation des qualités de chaque fruit utilisé est remarquable. Cette huile d’amande douce grillée est composée uniquement de l’huile obtenue de ce fruit. Nous vous laissons imaginer son parfum et son goût intense et raffiné.

Cette recette est réalisée en collaboration avec InterProchasse pour le site Je Cuisine du Gibier. Retrouvez-y de nombreuses idées sur la façon d’accommoder ces viandes qui possèdent d’exceptionnelles qualités gustatives et nutritionnelles.

1. Préparation du tartare

Lever un dos de chevreuil et prélever les filets mignons, retirer les aponévroses et les parties graisseuses. Chambrer une vingtaine de minutes puis tailler au couteau en fine brunoise. Assaisonner en sel, poivre puis ajouter l’huile et le vinaigre. Mêler délicatement et intimement.

2. Finitions et dressage

Chambrer le caviar une dizaine de minutes. Mouler une quenelle de tartare dans une cuillère à soupe, disposer dans les assiettes, mouler une quenelle de caviar avec une cuillère à café et disposer dessus. Déguster immédiatement avec une tranche de pain noir tiède et craquante.

Tartare de chevreuil au caviar © Renards Gourmets

Pompadour de canard à la Mirabeau

Pompadour de canard sauvage à la Mirabeau

Pompadour de canard Mirabeau © Renards Gourmets
2/4 personnes
difficulté : difficile
coût : moyen
+/- 3 heures
 
Ingrédients :
 
Pour la mousseline de volaille

80 g de filet de poulet
3 g de sel
un filet d’anchois
1 blanc d’œuf
12,5 cl de crème liquide
une tige d’estragon
 
Pour la Pompadour

une grosse poignée d’olives vertes farcies aux anchois
un canard sauvage (colvert ou sarcelle)
une escalope de foie gras cru
sel et poivre
beurre

Pour la sauce

la carcasse du canard
huile de pépins de raisin
beurre
une échalote émincée
une gousse d’ail en chemise
une branche de fenouil sec
3 baies de genièvre
5 grains de poivre
un brin d’estragon
2,5 cl de vinaigre de vin rouge
2,5 cl de Porto rouge
15 cl de vin rouge
5 cl de jus de gibier à plumes (ou de canard)

Le XIXe siècle consacra l’architecture culinaire. D’abord Carême puis Jules Gouffé. S’inspirant tous deux de temples antiques, ils échafaudaient de véritables sculptures de table plus éblouissantes les unes que les autres. Nous souhaitions réaliser l’une d’elles, cette Pompadour de canard à la Mirabeau. L’appellation renvoie au Comte de Mirabeau, écrivain, diplomate, journaliste et homme politique, l’une des figures de la grande Révolution. Ce plat se compose d’un mélange d’olives, d’anchois et d’estragon. On l’emploie généralement pour le canard, le bœuf ou l’agneau. Une Pompadour, dont le nom vient de Jeanne-Antoinette Poisson marquise de Pompadour, est une préparation moulée en timbale qui existe dans une version salée comme sucrée. Sucrée elle prend plus généralement le nom de Charlotte. Nous avons légèrement adapté la recette traditionnelle en ajoutant du foie gras et en faisant cuire le canard autrement qu’à la broche.

La recette figure dans le Guide culinaire d’Escoffier et dans l’art Culinaire Moderne Le Pellaprat.

Cette Pompadour se déguste chaude avec sa sauce ou froide, glacée d’un consommé en gelée.

Cette photo a été réalisée en collaboration avec la maison Bernardaud grâce à cette superbe assiette Soleil Levant :  » d’après un décor de Pierre-Louis Dagoty, peintre sur porcelaine et manufacturier, Soleil Levant représente des fleurs de papyrus or disposées en une frise rayonnante et contemporaine. Un hommage au style Retour d’Égypte marquant le début du 19ème siècle. »

1. Préparation de la mousseline de volaille

Retirer la peau et les nerfs d’un filet de volaille. Peser, couper en dès, ajouter le sel, le filet d’anchois et mixer par à-coups. Ajouter le blanc d’œuf en continuant de mixer puis la crème jusqu’à l’obtention d’une pommade. Passer au tamis fin puis ajouter l’estragon très finement ciselé. Mélanger une dernière fois et réserver pendant une heure au réfrigérateur.

2. Montage de la Pompadour

Plumer, flamber, vider et désosser le canard sauvage. Conserver les abats pour une autre préparation. Retirer la peau des filets ainsi que les nerfs, parer pour obtenir deux rectangles et les couper en deux. Assaisonner de sel et de poivre et réserver.

Tailler une escalope de foie gras de deux centimètres, faire chauffer une poêle à feu vif et le faire cuire quelques secondes sur chaque face. Réserver sur du papier absorbant, assaisonner et réserver.

Éliminer les extrémités des olives et les tailler en tranches.

Beurrer largement une timbale et garnir de tranches d’olives en commençant par le fond. Garnir à la poche d’une couche de mousseline et lisser avec une spatule humide. Placer deux morceaux de filets de canard au fond en appuyant légèrement. Ajouter un peu de mousseline puis le foie toujours en appuyant. Ajouter le second filet et masquer intégralement de mousseline. Lisser le bord pour que la timbale soit parfaitement comblée.

3. Cuisson de la Pompadour

Préchauffer le four à 200°C puis baisser à 90°C. Placer la Pompadour dans une plaque remplie d’eau et faire cuire jusqu’à ce que la température interne atteigne 59°C. Ou faire cuire sous-vide à basse température durant une heure à 59°C.

4. Préparation de la sauce

Concasser les cuisses et la carcasse en petits morceaux. Faire chauffer un filet d’huile dans une cocotte et faire saisir. Ajouter une noix de beurre pour parfaire la caramélisation puis la garniture aromatique. Laisser suer, filtrer pour dégraisser parfaitement puis remettre les éléments dans la cocotte. Déglacer avec le vinaigre, faire réduire à sec puis mouiller avec le Porto. Réduire de nouveau à sec et ajouter le vin en trois fois en faisant réduire. Terminer en couvrant à hauteur et en ajoutant un peu de jus si nécessaire. Porter à frémissement, écumer et laisser mijoter pendant deux heures. Chinoiser en foulant et faire réduire à consistance. Corriger l’assaisonnement et lier si nécessaire puis tenir chaud.

5. Finitions et dressage

Démouler la timbale sur un plat de service chauffé, glacer avec une partie de la sauce montée au beurre et servir la sauce restante dans une saucière d’argent. Découper la Pompadour devant les convives et servir avec la sauce. On peut agrémenter ce plat d’une petite salade d’hiver parfumée d’estragon et de filets d’anchois.

Pompadour de canard Mirabeau © Renards Gourmets
Pompadour de canard Mirabeau © Renards Gourmets
Pompadour de canard Mirabeau © Renards Gourmets

Turbot de Bretagne au caviar

Turbot de Bretagne au caviar sur un lit d'épinards

Turbot au caviar © Renards Gourmets
4 personnes
difficulté : moyen
coût : cher
+/- 1 heure
 
Ingrédients :
 
Pour le turbot

un turbot de 3 kg environ
sel et sucre
beurre demi-sel de Bretagne
 
Pour le fumet

15 g de vin blanc sec
200 g environ de fumet de poisson
5 grains de poivre blanc
un morceau de fenouil sec
une échalote émincée
3 champignons de Paris émincés
une gousse d’ail dégermée

Pour les épinards

1 kg d’épinards à petites feuilles
gros sel
une gousse d’ail
poivre blanc

Pour les finitions

une c.a.s de crème double
beurre demi-sel de Bretagne
60-80 g de caviar

Voici un plat de roi d’une grande simplicité mais composé des meilleurs produits. Nous nous sommes inspirés d’une fameuse recette du chef Bernard Pacaud du restaurant l’Ambroisie Place des Vosges. A déguster avec votre meilleur vin.

Pour la réalisation de cette recette nous avons eu la chance de collaborer avec deux maisons prestigieuses. Petrossian pour son caviar Persicus tsar Impérial. Une variété inédite issue d’une espèce historique et méconnue, l’Acipenser persicus. Un caviar rare à la texture ferme et fondante, d’une couleur sombre aux reflets noir, gris ou bronze.

Nous avons aussi collaboré pour cette photographie avec la maison Bernardaud avec cette fabuleuse assiette Eden turquoise. Il faut se faire à l’idée du raffinement et de la beauté de ces motifs, reprise d’un décor flamboyant du XIXe siècle. C’est une immense fierté, de nouveau, de nous associer à une maison historique qui produit de telles splendeurs. Existant sous le nom de Bernardaud (pour Léonard Bernardaud) depuis 1900, la maison est une affaire familiale depuis six générations (et jusqu’à aujourd’hui) et une entreprise du « patrimoine vivant ». C’est un terme, une expression, que nous aimons beaucoup, qui représente pour nous, ce qui devrait prédominer en France. Soit des entreprises qui continuent, dans l’idéal dans un principe de transmission, de valoriser et de faire exister les beaux savoir-faire qui font la fierté et la gloire de la France.

1. Préparation du turbot

Lever les filets du turbot, retirer la peau, les paries gélatineuses et les arêtes. Peser la chair et réaliser une saumure à 10% contenant 8% de sel et 2% de sucre. Laisser reposer durant dix minutes, rincer délicatement et sécher parfaitement. Découper les filets en tranches de 1,5 cm d’épaisseur. Conserver toutes les parures et la tête pour la réalisation du fumet.

Beurrer généreusement quatre cercles de 10 cm sur 1,5. Poser chaque cercle sur un carré de papier sulfurisé largement beurré et procéder au montage en plaçant les tranches de turbot à l’intérieur afin d’obtenir une sorte de galette. Beurrer le dessus au pinceau et masquer d’un second carré de papier. Procéder ainsi pour les quatre cercles. Filmer et réserver au réfrigérateur.

2. Préparation du fumet

Placer toutes les parures, la tête énuclée et les arêtes dans une casserole large. Ajouter les aromates et les liquides. Porter à frémissement et laisser cuire pendant vingt minutes. Filtrer puis faire réduire de deux tiers jusqu’à l’obtention de 15 cl environ. Porter à ébullition, ajouter la crème et laisser bouillir pendant cinq minutes. Filtrer une nouvelle fois et réserver.

3. Préparation des épinards

Équeuter les épinards, les faire blanchir une paire de minutes dans une casserole d’eau bouillante fortement salée. Rafraîchir dans une glaçante, essorer délicatement. Faire chauffer une grosse noix de beurre dans un sautoir, piquer une gousse d’ail avec une fourchette, faire infuser l’ail dans le beurre quelques secondes puis ajouter les épinards. Laisser cuire pendant deux minutes en remuant constamment. Poivrer et réserver sur le coin du feu.

4. Finitions et dressage

Faire chauffer une grande poêle sur feu moyen. Ajouter les cercles de turbot avec le papier et laisser cuire deux minutes sur chaque face en les retournant délicatement.

Dresser les épinards au centre des assiettes dans des cercles de 10 cm. Retirer le supérieur des cercles de turbot. Placer sur les épinards, retirer le second papier et le cercle délicatement. Monter la sauce avec une noix de beurre très froid puis hors du feu ajouter le caviar. Servir la sauce en masquant les médaillons de turbot. Déguster chaud.

Turbot au caviar © Renards Gourmets
Turbot au caviar © Renards Gourmets

Crêpes vonnassiennes au caviar

Crêpes vonnassiennes au caviar Persicus et à la crème crue

Crêpes vonnassiennes et caviar © Renards Gourmets
4 personnes
difficulté : moyen
coût : cher
+/- 2 heures
 
Ingrédients :
 
Pour les crêpes vonnassiennes

350 g de pommes de terre Bintje
80 g de beurre cru de qualité
5 cl de lait entier
poivre blanc du Penja
sel

40 g de farine
2 œufs
3 blancs d’œufs
1/2 c.a.s de crème
 
Pour les finitions

250 g de caviar Periscus Impérial de chez Petrossian
crème crue

Pour la réalisation de cette recette nous avons collaboré avec la maison Petrossian et employé le caviar Persicus Tsar Impérial. Une variété inédite issue d’une espèce historique et méconnue, l‘Acipenser persicus. Il s’agit d’un caviar rare à la texture ferme et fondante, d’une couleur sombre aux reflets noir, gris ou bronze.

Nous avons accompagné ce divin caviar de crêpes vonnassiennes ou parmentières dont l’origine est attribuée à Élisa Blanc, grand-mère du célèbre cuisinier Georges Blanc. Nous préférons ces petites crêpes à base de purée de pomme de terre aux traditionnels blinis. Une très belle crème crue de Normandie viendra parfaire cette composition royale.

1. Préparation de la purée de pommes de terre

Préchauffer le four à 200°C.

Laver les pommes de terre sans les éplucher, les sécher. Verser du gros sel au fond d’un plat à gratin, placer les pommes de terre dessus et enfourner jusqu’à ce qu’elles soient très cuites et la peau bien desséchée.

Fendre les pommes de terre en deux et récupérer la pulpe avec une cuillère. Tamiser la pulpe deux fois puis placer dans une casserole, faire dessécher sur feu doux en remuant continuellement. Ajouter le beurre froid graduellement puis du lait tiède pour ajuster la consistance. Saler et poivrer pour ajuster l’assaisonnement. Débarrasser dans une jatte.

2. Préparation de l’appareil à crêpes

Ajouter la farine à la purée de pommes de terre, mélanger intimement puis ajouter les œufs l’un après l’autre pour les incorporer parfaitement. Ajouter enfin les blancs d’œufs et terminer par la crème. Vérifier l’assaisonnement puis réserver au réfrigérateur pendant une heure.

3. Finitions et dressage

Chauffer une poêle sur feu moyen, badigeonner très légèrement de beurre et faire cuire les crêpes comme de petits blinis. Les laisser tiédir sur une assiette chaude puis disposer dans un plat avec une montagne de caviar et une très bonne crème crue. Déguster avec votre meilleur vin ou de la vodka.

Crêpes vonnassiennes et caviar © Renards Gourmets
Crêpes vonnassiennes et caviar © Renards Gourmets
Crêpes vonnassiennes et caviar © Renards Gourmets
Crêpes vonnassiennes et caviar © Renards Gourmets

Rossini de canard sauvage, petit pâté chaud

Filet de canard sauvage "Rossini", petit pâté chaud aux abattis

Rossini de canard sauvage © Renards Gourmets
2 personnes
difficulté : difficile
coût : moyen
+/- 2 heures
+ une nuit de repos
 
Ingrédients :
 
Pour le colvert

un colvert de chasse
fine champagne
sel et poivre

une petite tranche de lard de Colonnata
une échalote grise
2 baies de genièvre
un petit morceau de laurier
2,5 cl de fine champagne
5 cl de vin rouge
sel et poivre

un morceau de foie gras frais

un œuf
2,5 cl de crème fluide
fine champagne
sel et poivre
 
Pour la sauce

La carcasse du colvert
huile de pépins de raisin
beurre
une échalote grise
2 baies de genièvre
3 grains de poivre noir
une petite branche de fenouil sec
2,5 cl de vinaigre de Banyuls
2,5 cl de porto
15 cl de vin rouge
5 cl de jus de canard (ou de gibier)

Pour les finitions

350 g de feuilletage
un jaune d’œuf

une crépinette nettoyée

Cette recette est réalisée en collaboration avec InterProchasse pour le site Je Cuisine du Gibier. Retrouvez-y de nombreuses idées sur la façon d’accommoder ces viandes qui possèdent d’exceptionnelles qualités gustatives et nutritionnelles.

En saison on pourra également agrémenter le petit pâté de quelques trompettes-de-la-mort sautées au beurre.

1. Préparation du canard sauvage

Plumer, flamber et vider le colvert, conserver le cœur, le foie et le gésier pour la réalisation du petit pâté. Lever les cuisses et les filets, retirer toute la peau. Désosser parfaitement les cuisses et les ailerons, éliminer les nerfs. Conserver tous les os pour la réalisation du jus. Parer les filets, retirer les aiguillettes. Disposer les filets dans un petit bac, saler, poivrer, ajouter une larme de fine champagne, couvrir et réserver au réfrigérateur.

Rassembler la chair des aiguillettes, des ailerons et des cuisses et passer au hachoir à viande grille moyenne. Réserver.

2. Préparation de la farce à gratin

Réduire le lard de Colonnata en fine pâte à la pointe du couteau, le faire fondre dans un petit sautoir tout doucement. Augmenter la température et faire saisir le foie du colvert, le débarrasser encore saignant sur une plaque posée sur de la glace. Faire sauter le gésier nettoyé et le cœur dans la même graisse. Ajouter l’échalote finement émincée, les baies de genièvre et la feuille de laurier. Laisser suer, ajouter la fine, flamber, laisser réduire à glace puis couvrir à mi hauteur avec le vin. Porter à frémissement et laisser réduire à feu doux jusqu’à l’obtention d’une consistance sirupeuse. Poivrer généreusement, saler légèrement et laisser refroidir complètement. Retirer le laurier, ajouter le foie et mixer l’ensemble jusqu’à l’obtention d’une purée. Passer au tamis et réserver.

3. Préparation du foie gras

Tailler une petite escalope de foie gras bien frais et non déveiné, saler, faire chauffer un sautoir à feu très vif et faire cuire le foie, 10 secondes sur chaque face. Le débarrasser sur un papier absorbant pour le dégraisser et laisser complètement refroidir.

4. Préparation de la farce

Mélanger les chairs de colvert hachées, la farce à gratin, le blanc d’œuf et la crème, assaisonner de sel et de poivre, ajouter la fine champagne et mouler la moitié de cette farce dans un petit ramequin à soufflé chemisé d’une feuille de film alimentaire. Insérer l’escalope de foie gras en tassant légèrement. Garnir le reste du moule avec la farce restante. Mettre sous-vide et faire cuire au bain-marie pendant une heure à 59°C. Laisser tiédir puis réserver au froid toute une nuit sous une petite presse.

5. Préparation de la ballotine de colvert

Tailler dans le foie deux tranches de la même dimension que les filets. Assaisonner de sel et de poivre puis disposer sur les filets. Rouler chaque composition dans du film alimentaire supportant la cuisson, mettre sous-vide et faire cuire pendant 30 minutes à 60°c. Rafraîchir immédiatement dans une glaçante et laisser reposer toute une nuit au réfrigérateur.

6. Préparation de la sauce

Concasser tous les os et les parures, faire chauffer un filet d’huile dans une cocotte et faire rissoler. Ajouter une noix de beurre pour aider à la caramélisation. Ciseler une échalote, la faire suer dans la même cocotte avec les grains de poivre, les baies de genièvre et la branche de fenouil séché. Dégraisser parfaitement puis ajouter le vinaigre, laisser réduire à glace puis mouiller avec le porto, laisser de nouveau réduire et mouiller en trois fois avec le vin en faisant réduire à chaque étape. Terminer par le vin restant aux deux tiers des os et compléter à hauteur avec le jus de gibier. Porter à frémissement et laisser mijoter deux heures. Chinoiser en foulant et réserver toute une nuit au réfrigérateur.

7. Montage du petit pâté

Abaisser un morceau de pâte feuilletée, démouler l’insert cuit, l’essuyer dans du papier absorbant et le déposer au centre de l’abaisse. Dorer la bordure au jaune d’œuf puis masquer avec une seconde abaisse en chassant parfaitement l’air. Pincer les bords et éliminer l’excèdent de pâte avec un cercle à pâtisserie. Chiqueter les bords avec le dos d’une lame de couteau, les dents d’une fourchette ou un cure-dent. Retirer la farine qui se trouve sur la pâte à l’aide d’un petit pinceau sec, déplacer sur une grille habillée de papier parcheminé. Dorer au jaune d’œuf et réserver une vingtaine de minutes au froid. Dorer une seconde fois, réserver de nouveau puis historier avec un couteau d’office. Piquer également la bordure, la cheminée et quelques endroits de la tourne d’un petit coup sec de cure-dent afin que la vapeur puisse s’échapper durant la cuisson.

Préchauffer le four à 180°C et enfourner le petit pâté une vingtaine de minutes ou jusqu’à ce qu’il soit parfaitement doré. Laisser au repos une vingtaine de minutes dans un endroit chaud.

8. Finitions et dressage

Faire réduire la sauce à consistance, lier si nécessaire avec un peu d’arrow-root, corriger l’assaisonnement avec un peu de vinaigre, de sel et de poivre si nécessaire. Monter au beurre et réserver.

Faire chauffer vivement un sautoir, ajouter un filet d’huile, emballer les ballotines dans la crépinette dégorgée et essorée. Ficeler pour maintenir la forme et faire saisir en démarrant par le côté où se trouve le filet de canard. Baisser le feu, ajouter une noix de beurre et arroser continuellement pour réchauffer le foie gras et cuire la crépinette sans brusquer le foie. Débarrasser sur un papier absorbant pour dégraisser.

Réchauffer le pâté une paire de minutes puis découper en parts.

Déficeler les ballotines, couper en bouchées et servir avec une part de pâté, la sauce et une petite salade bien vinaigrée à côté. Déguster bien chaud.

Rossini de canard sauvage © Renards Gourmets
Rossini de canard sauvage © Renards Gourmets

Civet de lièvre à la française

Civet de lièvre à la française, macaroni au gratin

Civet de lièvre © Renards Gourmets
4 personnes
difficulté : moyen
coût : moyen
+/- 48 heures
 
Ingrédients :
 
Pour le fond de lièvre
 
un beau et jeune lièvre de 3,5 kilos tiré à la tête
vinaigre de vin
huile de pépins de raisin
beurre cru très frais
le blanc de 7 cives rouges
un petit verre de fine champagne
une bouteille de vin rouge de qualité
3 grains de poivre long rouge
3 grains de poivre noir de Kampot
2 feuilles de laurier bien fraîches
un gros bouquet de thym, hysope, sarriette, serpolet et marjolaine
 
Pour le civet

le vert des mêmes cives
une crépine de porc bien propre
un mélange des mêmes herbes
2 c.a.s de lard de Colonnata haché
sel et poivre

 

4 cives pour la liaison

Pour le gratin de macaroni
 
150 g de Zitone
une gousse d’ail
une branche de fenouil sec
4 grains de poivre blanc
une feuille de laurier
un brin de thym
gros sel
 
15 g de farine
22,5 g de beurre
22 cl de lait entier
muscade, poivre blanc, sel
parmesan
beurre

Le terme de civet viendrait du mot cive, c’est-à-dire l’ancien nom de l’oignon (caepatum, caepa en latin) car celui-ci est toujours utilisé pour parfumer la sauce du petit gibier à poil. On y ajoute également du vin, invariablement rouge aujourd’hui mais uniquement blanc jusqu’au début du XIXe siècle. Le sang de l’animal intervient également comme élément de liaison, en tout cas ce fut ainsi en un temps où rien ne se perdait dans les campagnes. Dans la confection d’un civet, c’est d’avantage la symbolique du sang que son utilité qui les rendra indissociables dès le début du XXe siècle. Aujourd’hui avec l’industrialisation de chaque chose et la complexité de se procurer un animal en poil la pratique s’est peu à peu perdue. Le civet retrouve ainsi ses poncifs d’autrefois, le vin, l’oignon et la bête à poils. Si le civet n’est pas lié au sang il prendra alors parfois le nom de gibelotte.

Le civet de lièvre est entouré de croyances et de mysticisme, il fut longtemps le préféré des braconniers. La mauvaise réputation du lièvre conduira même en 751 le pape Zacharie à le déclarer impur. D’après lui, la bête aux vices ignobles étant lubrique elle ne pouvait être propre à la consommation du chrétien, elle aurait d’après lui influencé l’homme à commettre les pires péchés. Le petit peuple adopta l’interdit mais pour une raison plus pratique, en effet le lièvre digère en deux temps, autrement dit, il réabsorbe ses déjections, cette pratique en choqua plus d’un qui laissèrent errer les lièvres aux bois pour le plus grand plaisir des braconniers qui eux, n’avaient pas d’autres menus à s’offrir. Le Lévitique ne précise t’il pas : « Vous tiendrez pour impur le lièvre parce que, bien que ruminant, il n’a pas le sabot fourchu« . En dépit des croyances de la vox populi, et des interdits pontificaux, lièvre et civet se rencontrèrent pour le plus grand plaisir des gourmets. De cette rencontre la réputation du lièvre s’améliora grandement, il fut alors loué pour ses propriétés médicinales et la qualité de sa chair. Jean Geiler de Kaysersberg prédicateur entre 1478 et 1510 proposa même comme sermons « Le civet de lièvre » (Der Has im Pfeffer) D’après ce sermon, le chrétien comme le lièvre doit aller en courant pour faire le bien. En fuyant les meutes de chiens il fuirait les mauvais esprit. Quand vient le moment du dépiautage du lièvre, en tirant la peau par-dessus les oreilles, c’est de son orgueil dont on se débarrasse.

Le célèbre gastronome Curnonsky prétendait que le civet à la parisienne était un civet clair, sans liaison au sang, pour lui ce sont les Savoyards qui effectuent ainsi la liaison  pour rendre sa sauce plus noire que l’encre. Pour Curnonsky on ne peut parler de civet que lorsque sang il y a.

En 1651 François Pierre de la Varenne, auteur de Le Cuisinier françois décrit le civet dans ses grandes lignes ; découper le lièvre en morceaux, l’empoter dans un bouillon, le cuire vert-cuit (mi-cuit) avec un bouquet, ajouter vin, farine, oignon et fort peu de vinaigre.

Nous avons opéré des choix drastiques pour cette recette, pas de marinade, pas de rissolage des viandes, elles ne sont pas non plus singées. La garniture aromatique se focalise uniquement sur les herbes pour obtenir une grande fraîcheur, bienvenue avec un tel plat.

Le choix du vin est primordiale, il faudra choisir un grand Nebbiolo, un vin de la Province de Sienne, un vieux Bordeaux ou un beau Mourvèdre de Provence. Nous avons opté pour un Amarone della Valpolicella en biodynamie.

Le macaroni au gratin également appelé Le macaroni ou Le parmesan est une recette du XVIIe siècle citée entre-autre par l’aventurier vénitien Casanova. On peut, si on le souhaite, l’agrémenter de quelques truffes.

Pour les âmes sensibles, il est possible d’arrondir la sauce avec une petite cuillère à café de cacao en poudre.

1. Préparation du lièvre

Peler et dépouiller le lièvre, éliminer la tête et le bout des pattes. Récupérer le sang, ajouter un trait de vinaigre, mélanger et réserver au réfrigérateur. Nettoyer consciencieusement le foie, le cœur, les poumons et les rognons en retirant la fine pellicule qui se trouve dessus. Éliminer tout le reste. Lever les cuisses et les épaules, les désosser parfaitement, retirer tous les nerfs et les aponévroses. Découper par muscles et réserver. Lever également le dos et le réserver pour une autre recette. Récupérer tous les os et parures, les concasser.

2. Préparation du fond de lièvre

Faire chauffer un filet d’huile dans une cocotte, ajouter les os et parures de lièvre pour les faire rissoler. Ajouter une grosse noix de beurre et laisser cuire dans le beurre moussant jusqu’à ce que les os soient bien rôtis. Ajouter les cives ciselées, laisser suer puis dégraisser parfaitement. Mouiller avec la fine, laisser réduire à glace puis mouiller en sept fois avec le vin, une petite quantité à chaque étape en faisant toujours réduire. Ajouter finalement le vin restant qui doit couvrir les os, porter à frémissement, flamber puis ajouter toute la garniture aromatique. Couvrir pour infuser et laisser complètement refroidir. Transférer dans un sac de cuisson sous-vide et faire cuire durant six heures à soixante six degrés. Filtrer et laisser parfaitement refroidir.

3. Préparation du civet

Faire tremper la crépine dans un bol d’eau vinaigrée.

Disposer chaque morceau de lièvre sur un petit bout de crépine égouttée. Ajouter un peu de lard, un vert de cive, du sel, du poivre et le mélange d’herbes. Replier pour obtenir des petits fagots et procéder ainsi jusqu’à épuisement des morceaux de lièvre.

Disposer dans un sac de cuisson sous-vide avec le fond de lièvre et faire cuire pendant trente six heures à soixante six degrés

Filtrer, faire décanter les morceaux de lièvre après les avoir débarrassés de la crépine et de la garniture aromatique. Tenir chaud dans une étuve.

Dégraisser parfaitement la sauce, la disposer dans une casserole et porter à frémissement.

Mixer les abats (sauf le foie) et verser une petite louche de sauce dessus, mélanger puis verser le tout dans la casserole et laisser cuire une vingtaine de minutes à feu très doux.

3. Préparation du gratin

Disposer l’ail, les branches de fenouil, les grains de poivre, le laurier et le thym dans une casserole remplie d’eau. Porter à ébullition, saler au gros sel, casser les Zitone en deux et faire cuire pendant huit minutes. Faire égoutter puis transférer sur un torchon en collant les pâtes les unes contre les autres. Couvrir avec un autre linge et laisser reposer une vingtaine de minutes au réfrigérateur.

Faire chauffer le beurre, ajouter la farine, mélanger au fouet. Une fois la farine cuite, verser le lait froid en une seule fois et laisser cuire en mélangeant continuellement jusqu’à l’obtention d’une béchamel fluide mais consistante. Ajouter muscade, poivre et sel.

Couper trois disques de Zitone avec un emporte-pièce, graisser un moule à timbale avec du beurre et placer un premier cercle au fond. Ajouter un tiers de la béchamel, du parmesan fraîchement râpé en abondance et une seconde couche de Zitone. Procéder ainsi sur trois étages en terminant par la béchamel et le parmesan.

4. Finitions et dressage

Filtrer la sauce puis ajouter le sang mixé avec le foie en vannant et laisser cuire une vingtaine de minutes sur feu très doux, rectifier l’assaisonnement en sel, poivre, vinaigre et fine champagne puis filtrer une dernière fois directement sur les morceaux de lièvre. Laisser mijoter une dizaine de minutes sur feu très doux afin que la viande se gorge de sauce. Elle ne doit jamais dépasser 70°C.

Préchauffer le four à 180°C et enfourner le gratin une vingtaine de minutes ou jusqu’à ce qu’il soit bien doré.

Disposer les morceaux de civet bien enrobés dans un plat en argent et la sauce restante dans une saucière. Placer les différentes garnitures dans des raviers et porter le tout à table. Effectuer le service devant les convives et déguster très chaud avec votre meilleur vin.

Civet de lièvre © Renards Gourmets
Civet de lièvre © Renards Gourmets
Civet de lièvre © Renards Gourmets
Civet de lièvre © Renards Gourmets

Côtelette de perdreau Romanov de l’Auberge de l’Ill

Côtelette de perdreau "Romanov" de l'Auberge de l'Ill

Côtelette de perdreau Romanov © Renards Gourmets
2 personnes
difficulté : moyen
coût : moyen
+/- 2 heures
 
Ingrédients :
 
Pour la côtelette de perdreau

un beau perdreau de chasse (rouge ou gris)

3 baies de genièvre
une branche de sel
2 c.a.s de sel
une pincée de sucre

200 g d’échine de porc
une crépine
un chou de Milan

une belle escalope de foie gras d’oie ou de canard.

cognac
porto rouge
un œuf entier

sel et poivre
beurre
 
Pour la sauce

huile de pépins de raisin
une échalote
2,5 cl de vinaigre de vin rouge
2,5 cl de cognac
5 cl de porto
15 cl de jus de gibier à plumes

Cette divine recette est une création du chef Paul Haeberlin décédé en 2008 et père de l’actuel propriétaire du restaurant l’Auberge de l’Ill d’Illhaeusern en Alsace, Marc Haeberlin. Elle est surnommée côtelette « Romanov » en l’honneur de la famille du Tsar et s’inspire de la cuisine d’Urbain Dubois, maître cuisinier du XIXe siècle qui officia pour le Prince Orlov. Au restaurant de la famille Haeberlin, ce plat se prépare avec du pigeonneau ou du perdreau en fonction de la saison. On y glisse parfois une belle lamelle de truffe entre le foie gras et le filet et on ajoute les pelures de la truffe dans la sauce afin d’obtenir une sauce Périgueux. Nous avons respecté sa recette à la lettre.

1. Préparation du perdreau

Plumer, flamber et vider le perdreau en conservant le foie et le cœur. Lever les cuisses, retirer l’os, éliminer une partie des ongles, passer les écailles à la flamme et les retirer avec un torchon. Disposer les cuisses dans un petit plat avec le sucre, le sel, les baies de genièvre et les branches de thym. Placer une plaque sur le dessus pour les presser et réserver pendant une heure au réfrigérateur.

Lever les filets, retirer la peau et réserver. Concasser toute la carcasse pour la réalisation du jus.

2. Préparation de la côtelette de perdreau

Placer le hachoir à viande au réfrigérateur.

Faire tremper la crépine dans un bol d’eau légèrement vinaigrée.

Effeuiller le chou et faire blanchir une paire de belles feuilles vertes dans une casserole d’eau bouillante fortement salée. Laisser cuire pendant quatre minutes et rafraîchir dans une glaçante. Faire égoutter, éliminer les côtes et tailler en large rectangle.

Rincer les cuisses de perdreau et les faire blanchir pendant cinq minutes dans la même eau. Rafraîchir immédiatement.

Tailler une escalope de foie gras non déveiné, Faire cuire dans une poêle très chaude une minute sur chaque face. Débarrasser, faire refroidir rapidement puis tailler en deux dans le sens de l’épaisseur.

Hacher finement le foie et le cœur de perdreau.

Faire mariner les filets avec un trait de cognac et de porto. Saler et poivrer.

Passer l’échine de porc au hachoir, ajouter les abats du perdreau, le cognac et le porto. Assaisonner de sel et de poivre, ajouter l’œuf et mélanger intimement.

Étaler la crépine sur une planche, disposer une grosse cuillère à soupe de farce contre une bordure en l’étalant finement d’une dimension légèrement supérieure à la taille du filet. Ajouter la feuille de chou en conservant un léger débord de farce d’un côté. Poser la cuisse au bord, la demi escalope de foie gras, le filet mariné puis replier la feuille de chou afin de masquer le filet. Ajouter une cuillère de farce sur le dessus, l’étaler finement. Couper l’excédent de crépine en conservant un morceau assez grand pour pouvoir emballer la côtelette de perdreau. Replier en serrant bien pour obtenir une forme régulière et une consistance ferme. Disposer dans un plat légèrement beurré et procéder de même pour la seconde côtelette.

3. Préparation de la sauce

Faire chauffer un filet d’huile dans une casserole, ajouter les morceaux de carcasse et parures de perdreau et laisser colorer. Ajouter une noix de beurre pour parfaire la caramélisation. Ciseler finement l’échalote, la laisser suer puis ajouter la garniture aromatique. Dégraisser parfaitement la casserole, remettre tous les éléments et déglacer avec le vinaigre. Laisser réduire à sec, mouiller avec le cognac et laisser réduire à l’état de glace. Mouiller de nouveau avec le porto et laisser réduire à glace. Ajouter finalement le jus de gibier à plumes à hauteur. Porter à frémissement et laisser mijoter une quarantaine de minutes en écumant régulièrement. Chinoiser en foulant et faire réduire à consistance. Lier si nécessaire et corriger l’assaisonnement avec un peu de vinaigre, de sel et de poivre si nécessaire.

4. Préparation de la garniture

Tailler six feuilles de chou en très fine julienne, les faire blanchir une paire de minutes dans une casserole d’eau bouillante fortement salée puis faire égoutter.

Faire chauffer une noix de beurre dans un sautoir et faire tomber le chou. Saler légèrement et couvrir pour étuver une quinzaine de minutes puis tenir chaud.

5. Finitions et dressage

Préchauffer le four à 210°C.

Enfourner les côtelettes pendant quinze minutes en les arrosant de temps en temps.

Disposer une feuille de papier cuisson et laisser reposer quinze minutes hors du four.

Monter la sauce avec une noisette de beurre.

Réchauffer les côtelettes une paire de minutes.

Beurrer légèrement un cercle, mouler la julienne de chou au centre des assiettes. Faire égoutter les côtelettes sur du papier absorbant. Couper à un centimètre du bord pour obtenir une coupe nette. Couper à un tiers, disposer à plat contre le chou et ajouter le reste de la côtelette en laissant dépasser la patte sur le bord de l’assiette. Garnir de sauce bien chaude et servir immédiatement.

Côtelette de perdreau Romanov © Renards Gourmets
Côtelette de perdreau Romanov © Renards Gourmets
Côtelette de perdreau Romanov © Renards Gourmets

Le grand pot-au-feu de Dodin Bouffant

Le grand pot-au-feu de Dodin Bouffant d'après Marcel Rouff

Le grand pot-au-feu de Dodin Bouffant © Renards Gourmets
8 personnes
difficulté : moyen
coût : cher
+/- 10 heures
 
Ingrédients :
 
Pour le bouillon de poularde

une poularde de Bresse
une carotte
un poireau
une branche de céleri
un oignon coupé, brûlé et piqué de girofle
un oignon coupé en deux
une grosse échalote
un bouquet composé de laurier, thym, serpolet, estragon
3 gousses d’ail
un sachet de grains de poivre, coriandre, bois d’Inde
 
Pour les viandes

un jarret de veau désossé d’un kilo
un bouquet de menthe
un bouquet de serpolet

un paleron d’un kilo
une tranche de lard de Colonnata
salpêtre
un bouquet d’estragon

un foie d’oie frais
un verre de Chambertin

sel et poivre

un Judru (ou saucisson de porc et veau à cuire)

Pour les légumes

un bouquet de carottes
un bouquet de navets
un bouquet de navets Boule d’or
un bouquet de petites raves

un kilo de petites pommes de terre
beurre frais
sucre, sel et poivre

Nous avions le rêve de réaliser ce pot-au-feu exceptionnel depuis des années, c’est chose faite. Nous avons respecté à la lettre le texte de Marcel Rouff plutôt que cherché à adapter cette recette à nos goûts. Ce plat est un miracle de la cuisine française et mérite à être réalisé au moins une fois dans chaque famille.

Ne disposant pas de précisions concernant le saucisson de porc et de veau et sachant que le personnage de Dodin est inspiré de Curnonsky mais aussi de Lucien Tendret, nous avons réalisé la recette du Judru donnée par Tendret dans son ouvrage « La table au pays de Brillat-Savarin » ne pensant pas faire offense à l’esprit de l’auteur.

Ci-dessous, le passage de l’ouvrage « La vie et la passion de Dodin Bouffant, gourmet » concernant le pot-au-feu :

‘’Il arriva enfin, ce redoutable pot-au-feu, honni, méprisé, insulte au prince et à toute la gastronomie, le pot-au-feu Dodin-Bouffant, prodigieusement imposant, porté par Adèle sur un immense plat long et que le cordon bleu tenait si haut au bout de ses bras tendus que les convives, anxieux, n’en aperçurent rien tout d’abord. Mais quand il fut posé avec effort et précaution sur la table, il y eut plusieurs minutes de réel ahurissement. Le retour au sang-froid de chacun des convives se manifesta suivant des réactions et des rythmes personnels. Rabaz et Magot mentalement se morigénaient d’avoir douté du Maître ; Trifouille était pris d’un saisissement paniqué devant tant de génie ; Beaubois tremblait d’émotion ; quant au prince d’Eurasie, son sentiment oscillait entre le noble désir de faire duc Dodin-Bouffant, comme Napoléon voulait faire duc Corneille, une envie furieuse de proposer au gastronome la moitié de sa fortune et de son trône pour qu’il consentît à prendre la direction de ses fêtes, l’énervement de recevoir une leçon qui était cette fois parfaitement limpide et la hâte d’entamer la merveille qui étalait devant lui ses promesses et ses enivrements’’.

« Le pot-au-feu proprement dit, légèrement frotté de salpêtre et passé au sel, était coupé en tranches, et la chair en était si fine que la bouche à l’avance la devinait délicieusement brisante et friable. Le parfum qui en émanait était fait non seulement de suc de boeuf fumant comme un encens, mais de l’odeur énergique de l’estragon dont il était imprégné et de quelques cubes, peu nombreux d’ailleurs, de lard transparent, immaculé, dont il était piqué. Les tranches, assez épaisses et dont les lèvres pressentaient le velouté, s’appuyaient mollement sur un oreiller fait d’un large rond de saucisson, haché gros, où le porc était escorté de la chair plus fine du veau, d’herbes, de thym et de cerfeuil hachés. Mais cette délicate charcuterie, cuite dans le même bouillon que le boeuf, était elle-même soutenue par une ample découpade, à même les filets et les ailes, de blanc de poularde, bouillie en son jus avec un jarret de veau, frotté de menthe et de serpolet. Et pour étayer cette triple et magique superposition, on avait glissé audacieusement derrière la chair blanche de la volaille nourrie uniquement de pain trempé de lait, le gras et robuste appui d’une confortable couche de foie d’oie frais simplement cuit au chambertin. L’ordonnance reprenait ensuite avec la même alternance, formant des parts nettement marquées, chacune, par un enveloppement de légumes assortis cuits dans le bouillon et passés au beurre; chaque convive devait puiser d’un coup entre la fourchette et la cuillère le quadruple enchantement qui lui était dévolu, puis le transporter sur son assiette’’.

‘’Subtilement, Dodin avait réservé au Chambolle l’honneur d’escorter ce plat d’élite. Un vin uni aurait juré avec quelqu’une des parties qui le composaient; le Chambolle nuancé, complexe et complet, recelait dans son sang d’or rose assez de ressources pour que le palais y pût trouver à temps, suivant la chair dont il s’imprégnait, le ton nécessaire, la note indispensable. Le psychologue profond avait parfaitement calculé son effet; ces âmes raffinées dégustaient une double allégresse ; elles étaient délivrées du noir souci qui les obsédait et l’exaltation des sens leur apportait l’épanouissement joyeux de ce régal inattendu. Les chaînes de l’angoisse tombaient définitivement à cette heure précise où la chaleur et la vertu des vins inclinaient à la vie pleine et à l’abandon. Maintenant, l’ardeur intime se donnait libre cours. Plus d’ombres. On était rassuré. On pouvait en toute béatitude se livrer au plaisir de savourer et à cette douce amitié confidente qui sollicite les hommes bien nés à la fin des repas dignes de ce nom. Le prince avait compris, certes ; mais l’honneur était sauf. Bien mieux, il pourrait désormais dans les cours conter aimablement l’aventure aux souveraines, ses ordinaires voisines de table, et affirmer, sans crainte d’être démenti, qu’il avait dégusté le plus prodigieux pot-au-feu qu’on puisse imaginer. »

1. Préparation du bouillon de poularde

Plumer, bucler et vider la poularde, retirer les pattes et la tête. Conserver les abats pour une autre préparation. Lever les cuisses, séparer les pilons à la jointure, conserver les cuisses pour un usage ultérieur. Lever le coffre d’un seul tenant, retirer le bréchet. Disposer les pilons, les ailes, le cou et la carcasse dans une très grande casserole. Couvrir largement d’eau froide et porter à frémissement. Écumer soigneusement puis ajouter la garniture aromatique. Laisser frémir à tout petit feu durant quatre à cinq heures.

2. Préparation des viandes

Ficeler le jarret de veau pareillement à un rôti, frotter intégralement avec la menthe et le serpolet puis réserver.

Découper le lard en très fine brunoise, réserver ces morceaux sur une plaque parcheminée au congélateur durant une vingtaine de minutes.

Pratiquer de fines et régulières incisions dans le paleron, glisser les cubes de lard à l’intérieur puis ficeler le paleron comme un rôti et frotter vivement avec le salpêtre et l’estragon.

Détailler une belle escalope de foie d’oie sans l’avoir déveiné. Saler et faire raidir un bref instant dans un sautoir très chaud. Débarrasser sur du papier absorbant pour dégraisser. Retirer la graisse du sautoir et la conserver pour une autre utilisation et déglacer avec le verre de vin. Faire réduire à glace et verser sur l’escalope de foie. Laisser complétement refroidir.

Décoller la peau de la poularde en la gardant bien attachée, saler et poivrer entre chair et peau et glisser l’escalope de foie afin de contiser la volaille. Ficeler pour maintenir la farce en place et réserver.

3. Cuisson des viandes

Filtrer et dégraisser le bouillon de poularde, éliminer les chairs et la garniture aromatique. Porter le bouillon à 80°C et tenir chaud.

Porter une seconde grande casserole d’eau à 80°C, pocher le jarret, le Judru, la volaille et le paleron jusqu’à la formation d’une écume. Faire égoutter et rincer brièvement les viandes, puis les transférer le jarret, le Judru et le paleron seulement dans le bouillon de poularde. Assaisonner légèrement le bouillon. Faire cuire durant trois heures ou jusqu’à ce que la viande soit très tendre en veillant à ce que la température ne dépasse jamais 80°C.

Ajouter le coffre de poularde une demi heure avant la fin de la cuisson.

4. Préparation des légumes

Laver, peler et tourner tous les légumes. Disposer les pommes de terre dans un sautoir et les autres légumes dans un autre. Ajouter une noix de beurre dans chaque ainsi que quelques louches de bouillon afin de couvrir les légumes. Ajouter une feuille de papier parcheminé percée en son centre et une pincée de sucre. Porter à frémissement et laisser cuire jusqu’à réduction complète. Glacer les légumes dans le jus de cuisson et réserver.

5. Finitions et dressage

Placer un plat de service, un légumier et une grande saucière en argent dans un four préchauffé à 60°C. Découper toutes les viandes en tranches et les disposer harmonieusement dans le plat de service. Placer les légumes dans le légumier et le bouillon filtré à travers une passette contenant des grains de poivre mignonnette dans la saucière. Apporter tous les éléments à table et faire le service devant les convives.

Agrémenter ce pot-au-feu d’exception de moutarde, de tartines de raifort, de pain frotté à la moelle, de purée Soubise ou encore de cornichons.

Ce plat se réchauffe admirablement et les restes peuvent être changés en miroton, terrine, parmentier ou boulettes. Le bouillon peut se consommer sans artifices.

Le grand pot-au-feu de Dodin Bouffant © Renards Gourmets
Le grand pot-au-feu de Dodin Bouffant © Renards Gourmets

Petit gâteau de tartouffes aux truffes

Petit gâteau de tartouffes à la française, jus de veau gourmandé de truffe

Gâteau de tartouffes © RenardsGourmets
2 personnes
difficulté : moyen
coût : cher
+/- 2 heures
+ une nuit de repos
 
Ingrédients :

4/5 pommes de terre à chair ferme
une échalote grise
vin blanc sec
une gousse d’ail
1/2 feuille de laurier
fleur de sel
poivre de Sarawak
parmesan
25 cl de jus de veau
beurre clarifié
beurre frais
truffe noire à volonté

Le mot tartouffe ou tartoufle est ambigu et put définir tour à tour la pomme de terre comme la truffe. L’association des deux est remarquable et peut se faire de diverses manières. Ce petit gâteau de tartouffes est inspiré des célèbres pommes Anna créées par l’illustre cuisinier Adolphe Dugléré en 1870 au lendemain du Siège de Paris et en l’honneur d’Anna Deslions, une courtisane habituée du Café Anglais où officiait l’élève du grand Carême. La recette peut évidement être réalisée sans truffes et le gâteau de tartouffes peut être parfumé de romarin ou de sauge. Il se déguste alors chaud ou froid.

Ce petit gâteau représente une délicieuse garniture afin d’accompagner une poulette Albufera ou une viennoise de sole. Les deux recettes sont à retrouver sur notre site.

On vous parle des recettes typiquement parisiennes sur le site des Hardis, juste ici.

1. Préparation du gâteau de tartouffes

Préchauffer le four à 170°.

Ciseler finement l’échalote et la faire suer doucement avec le laurier, l’ail et un peu de beurre clarifié. Mouiller d’une rasade de vin blanc et faire réduire à l’état de glace. Mouiller avec trois ou quatre cuillères à soupe de jus de veau chaud, laisser mijoter pendant cinq minutes, éliminer l’ail et le laurier puis mixer la préparation avec un mixeur plongeant. Poivrer légèrement.

Badigeonner un moule en fonte ou en céramique avec du beurre clarifié puis le chemiser dans le fond et sur le bord avec du papier sulfurisé. Beurrer de nouveau.

Laver et peler les pommes de terre sans les relaver. Les tailler finement avec une mandoline et les détailler avec un emporte pièce rond.

Monter une première corolle au fond du moule, puis disposer des pommes de terre sur le bord en réalisant une corolle en sens inverse. Badigeonner de beurre avec un pinceau puis disposer une ou deux cuillères de jus de veau parfumé d’échalotes. Râper une couche de parmesan puis recouvrir de pommes de terre en utilisant les chutes et en tassant soigneusement. Badigeonner de beurre et recommencer les précédentes étapes avec le jus et le parmesan. Procéder ainsi jusqu’à hauteur des pommes de terre couvrant la paroi du moule. Terminer par une couche de pommes de terre en corolle. Badigeonner de beurre et couvrir d’une feuille de papier sulfurisé puis d’une feuille d’aluminium.

Faire cuire pendant 90 minutes en surveillant la cuisson à l’aide d’une pointe de couteau ou d’un cure-dent. Retirer la feuille de papier sulfurisé et celle d’aluminium et prolonger la cuisson jusqu’à légère coloration.

Laisser tiédir, couvrir de nouveau avec les deux feuilles et poser un poids sur le gâteau. Réserver au réfrigérateur toute une nuit.

2. Finitions et dressage

Chauffer le jus de veau restant. Peler les truffes, hacher les pelures et les combiner avec une noix de beurre frais. Réchauffer le gâteau de tartouffes dans son moule pendant une vingtaine de minutes. Démouler comme une tarte tatin. Monter le jus avec le beurre aux pelures de truffes. Disposer le gâteau au centre d’un petit plat de service. Râper une généreuse quantité de truffe sur le dessus et servir la sauce au cordeau. Déguster bien chaud.

Gâteau de tartouffes © RenardsGourmets
Gâteau de tartouffes © RenardsGourmets
Gâteau de tartouffes © RenardsGourmets
Gâteau de tartouffes © RenardsGourmets
Gâteau de tartouffes © RenardsGourmets
Gâteau de tartouffes © RenardsGourmets
Gâteau de tartouffes © RenardsGourmets