Tartare de dos de chevreuil au caviar

Tartare de dos de chevreuil au caviar, huile d'amande douce

Tartare de chevreuil au caviar © Renards Gourmets
2 personnes
difficulté : facile
coût : cher
+/- 30 minutes
 
Ingrédients :
 
125 g de filet mignon de chevreuil
25 g de caviar Osciètre
une c.a.s d’huile d’amande douce grillée
une c.a.c de vinaigre de datte
fleur de sel
poivre noir
pain noir

Parfois la meilleure manière d’apprécier un produit reste la plus simple, surtout quand celui-ci est exceptionnel. Nous avons longuement travaillé sur l’assaisonnement de ce tartare et pensons avoir trouvé le juste équilibre entre les notes de noix vertes du caviar Osciètre, le raffinement du chevreuil, le parfum délicat de l’huile vierge d’amande douce grillée et le vinaigre aigre doux de datte au parfum sucré et épicé.

Nous aimons travailler avec des produits de qualité et savoureux et pour cette entrée de fête nous avons choisi les huiles et vinaigres de l‘Huilerie Beaujolaise dont le savoir-faire et la préservation des qualités de chaque fruit utilisé est remarquable. Cette huile d’amande douce grillée est composée uniquement de l’huile obtenue de ce fruit. Nous vous laissons imaginer son parfum et son goût intense et raffiné.

Cette recette est réalisée en collaboration avec InterProchasse pour le site Je Cuisine du Gibier. Retrouvez-y de nombreuses idées sur la façon d’accommoder ces viandes qui possèdent d’exceptionnelles qualités gustatives et nutritionnelles.

1. Préparation du tartare

Lever un dos de chevreuil et prélever les filets mignons, retirer les aponévroses et les parties graisseuses. Chambrer une vingtaine de minutes puis tailler au couteau en fine brunoise. Assaisonner en sel, poivre puis ajouter l’huile et le vinaigre. Mêler délicatement et intimement.

2. Finitions et dressage

Chambrer le caviar une dizaine de minutes. Mouler une quenelle de tartare dans une cuillère à soupe, disposer dans les assiettes, mouler une quenelle de caviar avec une cuillère à café et disposer dessus. Déguster immédiatement avec une tranche de pain noir tiède et craquante.

Tartare de chevreuil au caviar © Renards Gourmets

Pompadour de canard à la Mirabeau

Pompadour de canard sauvage à la Mirabeau

Pompadour de canard Mirabeau © Renards Gourmets
2/4 personnes
difficulté : difficile
coût : moyen
+/- 3 heures
 
Ingrédients :
 
Pour la mousseline de volaille

80 g de filet de poulet
3 g de sel
un filet d’anchois
1 blanc d’œuf
12,5 cl de crème liquide
une tige d’estragon
 
Pour la Pompadour

une grosse poignée d’olives vertes farcies aux anchois
un canard sauvage (colvert ou sarcelle)
une escalope de foie gras cru
sel et poivre
beurre

Pour la sauce

la carcasse du canard
huile de pépins de raisin
beurre
une échalote émincée
une gousse d’ail en chemise
une branche de fenouil sec
3 baies de genièvre
5 grains de poivre
un brin d’estragon
2,5 cl de vinaigre de vin rouge
2,5 cl de Porto rouge
15 cl de vin rouge
5 cl de jus de gibier à plumes (ou de canard)

Le XIXe siècle consacra l’architecture culinaire. D’abord Carême puis Jules Gouffé. S’inspirant tous deux de temples antiques, ils échafaudaient de véritables sculptures de table plus éblouissantes les unes que les autres. Nous souhaitions réaliser l’une d’elles, cette Pompadour de canard à la Mirabeau. L’appellation renvoie au Comte de Mirabeau, écrivain, diplomate, journaliste et homme politique, l’une des figures de la grande Révolution. Ce plat se compose d’un mélange d’olives, d’anchois et d’estragon. On l’emploie généralement pour le canard, le bœuf ou l’agneau. Une Pompadour, dont le nom vient de Jeanne-Antoinette Poisson marquise de Pompadour, est une préparation moulée en timbale qui existe dans une version salée comme sucrée. Sucrée elle prend plus généralement le nom de Charlotte. Nous avons légèrement adapté la recette traditionnelle en ajoutant du foie gras et en faisant cuire le canard autrement qu’à la broche.

La recette figure dans le Guide culinaire d’Escoffier et dans l’art Culinaire Moderne Le Pellaprat.

Cette Pompadour se déguste chaude avec sa sauce ou froide, glacée d’un consommé en gelée.

Cette photo a été réalisée en collaboration avec la maison Bernardaud grâce à cette superbe assiette Soleil Levant :  » d’après un décor de Pierre-Louis Dagoty, peintre sur porcelaine et manufacturier, Soleil Levant représente des fleurs de papyrus or disposées en une frise rayonnante et contemporaine. Un hommage au style Retour d’Égypte marquant le début du 19ème siècle. »

1. Préparation de la mousseline de volaille

Retirer la peau et les nerfs d’un filet de volaille. Peser, couper en dès, ajouter le sel, le filet d’anchois et mixer par à-coups. Ajouter le blanc d’œuf en continuant de mixer puis la crème jusqu’à l’obtention d’une pommade. Passer au tamis fin puis ajouter l’estragon très finement ciselé. Mélanger une dernière fois et réserver pendant une heure au réfrigérateur.

2. Montage de la Pompadour

Plumer, flamber, vider et désosser le canard sauvage. Conserver les abats pour une autre préparation. Retirer la peau des filets ainsi que les nerfs, parer pour obtenir deux rectangles et les couper en deux. Assaisonner de sel et de poivre et réserver.

Tailler une escalope de foie gras de deux centimètres, faire chauffer une poêle à feu vif et le faire cuire quelques secondes sur chaque face. Réserver sur du papier absorbant, assaisonner et réserver.

Éliminer les extrémités des olives et les tailler en tranches.

Beurrer largement une timbale et garnir de tranches d’olives en commençant par le fond. Garnir à la poche d’une couche de mousseline et lisser avec une spatule humide. Placer deux morceaux de filets de canard au fond en appuyant légèrement. Ajouter un peu de mousseline puis le foie toujours en appuyant. Ajouter le second filet et masquer intégralement de mousseline. Lisser le bord pour que la timbale soit parfaitement comblée.

3. Cuisson de la Pompadour

Préchauffer le four à 200°C puis baisser à 90°C. Placer la Pompadour dans une plaque remplie d’eau et faire cuire jusqu’à ce que la température interne atteigne 59°C. Ou faire cuire sous-vide à basse température durant une heure à 59°C.

4. Préparation de la sauce

Concasser les cuisses et la carcasse en petits morceaux. Faire chauffer un filet d’huile dans une cocotte et faire saisir. Ajouter une noix de beurre pour parfaire la caramélisation puis la garniture aromatique. Laisser suer, filtrer pour dégraisser parfaitement puis remettre les éléments dans la cocotte. Déglacer avec le vinaigre, faire réduire à sec puis mouiller avec le Porto. Réduire de nouveau à sec et ajouter le vin en trois fois en faisant réduire. Terminer en couvrant à hauteur et en ajoutant un peu de jus si nécessaire. Porter à frémissement, écumer et laisser mijoter pendant deux heures. Chinoiser en foulant et faire réduire à consistance. Corriger l’assaisonnement et lier si nécessaire puis tenir chaud.

5. Finitions et dressage

Démouler la timbale sur un plat de service chauffé, glacer avec une partie de la sauce montée au beurre et servir la sauce restante dans une saucière d’argent. Découper la Pompadour devant les convives et servir avec la sauce. On peut agrémenter ce plat d’une petite salade d’hiver parfumée d’estragon et de filets d’anchois.

Pompadour de canard Mirabeau © Renards Gourmets
Pompadour de canard Mirabeau © Renards Gourmets
Pompadour de canard Mirabeau © Renards Gourmets

Crêpes vonnassiennes au caviar

Crêpes vonnassiennes au caviar Persicus et à la crème crue

Crêpes vonnassiennes et caviar © Renards Gourmets
4 personnes
difficulté : moyen
coût : cher
+/- 2 heures
 
Ingrédients :
 
Pour les crêpes vonnassiennes

350 g de pommes de terre Bintje
80 g de beurre cru de qualité
5 cl de lait entier
poivre blanc du Penja
sel

40 g de farine
2 œufs
3 blancs d’œufs
1/2 c.a.s de crème
 
Pour les finitions

250 g de caviar Periscus Impérial de chez Petrossian
crème crue

Pour la réalisation de cette recette nous avons collaboré avec la maison Petrossian et employé le caviar Persicus Tsar Impérial. Une variété inédite issue d’une espèce historique et méconnue, l‘Acipenser persicus. Il s’agit d’un caviar rare à la texture ferme et fondante, d’une couleur sombre aux reflets noir, gris ou bronze.

Nous avons accompagné ce divin caviar de crêpes vonnassiennes ou parmentières dont l’origine est attribuée à Élisa Blanc, grand-mère du célèbre cuisinier Georges Blanc. Nous préférons ces petites crêpes à base de purée de pomme de terre aux traditionnels blinis. Une très belle crème crue de Normandie viendra parfaire cette composition royale.

1. Préparation de la purée de pommes de terre

Préchauffer le four à 200°C.

Laver les pommes de terre sans les éplucher, les sécher. Verser du gros sel au fond d’un plat à gratin, placer les pommes de terre dessus et enfourner jusqu’à ce qu’elles soient très cuites et la peau bien desséchée.

Fendre les pommes de terre en deux et récupérer la pulpe avec une cuillère. Tamiser la pulpe deux fois puis placer dans une casserole, faire dessécher sur feu doux en remuant continuellement. Ajouter le beurre froid graduellement puis du lait tiède pour ajuster la consistance. Saler et poivrer pour ajuster l’assaisonnement. Débarrasser dans une jatte.

2. Préparation de l’appareil à crêpes

Ajouter la farine à la purée de pommes de terre, mélanger intimement puis ajouter les œufs l’un après l’autre pour les incorporer parfaitement. Ajouter enfin les blancs d’œufs et terminer par la crème. Vérifier l’assaisonnement puis réserver au réfrigérateur pendant une heure.

3. Finitions et dressage

Chauffer une poêle sur feu moyen, badigeonner très légèrement de beurre et faire cuire les crêpes comme de petits blinis. Les laisser tiédir sur une assiette chaude puis disposer dans un plat avec une montagne de caviar et une très bonne crème crue. Déguster avec votre meilleur vin ou de la vodka.

Crêpes vonnassiennes et caviar © Renards Gourmets
Crêpes vonnassiennes et caviar © Renards Gourmets
Crêpes vonnassiennes et caviar © Renards Gourmets
Crêpes vonnassiennes et caviar © Renards Gourmets

Migliacci cuits sur des feuilles de châtaignier

Migliacci d'Asco cuits sur des feuilles de châtaignier

Migliacci © Renards Gourmets
4 personnes
difficulté : facile
coût : bon marché
+/- 3 heures
 
Ingrédients :
 
une poignée de feuilles de châtaignier sèches
500 g de fromage corse de brebis ou de chèvre
(frais ou mi-frais) idéalement un brocciu passu

400 g de farine de blé
3 g de sel
10 g de levure de boulanger en poudre
25 cl de petit lait
(ou d’un mélange d’eau et de petit lait)
1/2 c.a.c de miel de châtaignier

Les migliacci sont de petites galettes ou pains au fromage typiques du nord de la Corse. On y emploie généralement du fromage de chèvre ou de brebis. Leur particularité est d’être cuits sur des feuilles séchées de châtaignier qui confèrent un parfum boisé caractéristique. Ils se consomment chauds, tièdes ou froids mais nous les préférons à la sortie du four pendant que le fromage crépite encore. On consomme les migliacci en tenant les feuilles dans ses mains en guise d’assiette. Cette préparation serait apparue au XVIIIe siècle à Migliacciaru, une région où prospèrent les châtaigniers. Ces pains pourraient également venir de la Toscane voisine.

Durant son enfance à Asco et Corte, ma grand-mère se régalait de migliacci tout chauds sur le chemin de l’école. Nous collectons tous les ans quelques poignées des plus belles feuilles de notre châtaignier en vue de préparer la recette et de déguster ces délicieuses galettes au coin du feu en évoquant des souvenirs.

Les migliacci peuvent également entrer dans la composition d’un spuntinu, le fameux « gueuleton » corse avec de la charcuterie, des fromages et du vin. On peut aussi disposer une tranche de buletta, ou vuletta (le guanciale corse) sur les migliacci avant de les enfourner. Cuits au feu de bois, ils sont encore meilleurs.

NOTE : Si le fromage est trop frais, il est préférable de le laisser égoutter dans une passoire une paire de jours et de soigneusement préserver le petit lait.

1. Préparation des migliacci

Faire tremper les feuilles de châtaignier dans une bassine d’eau. Placer une assiette dessus pour éviter qu’elles remontent en surface.

Diluer la levure et le miel dans de l’eau tiède. A part, mélanger la farine et le sel puis former un puits. Verser progressivement le liquide dans le puits tout en mélangeant. Ajouter les deux tiers du fromage grossièrement émietté entre les doigts. La pâte ne doit pas être collante. Couvrir d’un linge et laisser lever deux heures dans un endroit chaud à l’abri des courants d’air.

Dégazer le pâton, former des boules. Sécher les feuilles de châtaignier délicatement dans un linge, couper les pointes des feuilles afin qu’elles ne brûlent pas. Disposer de une à trois feuilles par migliacci sur une plaque allant au four en les espaçant bien. La quantité de feuilles dépend de leur taille. Poser une boule de pâte sur chaque lit de feuille, l’aplatir et le badigeonner avec un peu d’eau. Placer des cubes de fromage restant sur le dessus en appuyant légèrement. Couvrir à nouveau et laisser lever une demi heure de plus.

2. Cuisson des migliacci

Préchauffer le four à 240°C position statique et enfourner les migliacci tout en bas du four. Laisser cuire un quart d’heure environ ou jusqu’à ce qu’ils soient bien dorés et gonflés.

3. Finitions et dressage

Déguster les migliacci bien chauds avec un peu de charcuterie et un bon verre de vin.

Migliacci © Renards Gourmets
Migliacci © Renards Gourmets
Migliacci © Renards Gourmets

Coppa di testa cuite dans un bouillon de branches de fenouil

Coppa di testa cuite dans un bouillon d'oranges et de branches de fenouil sauvage comme dans les montagnes d'Ombrie

Coppa di testa © Renards Gourmets
8/10 personnes
difficulté : moyen
coût : bon marché
+/- 4 heures
+ 24 heures de saumurage
+ 24 heures de repos
 
Ingrédients :
 
Pour la saumure

1/2 tête de cochon
5 litres d’eau
220 g de sucre
550 g de sel
8 clous de girofle
6 grains de poivre noir
6 grains de poivre long
le zeste séché de deux oranges
2 bâtons de fenouil sec
8 feuilles de laurier en stigmates
 
Pour le bouillon

4 clous de girofle piqués dans un oignon
2 branches de céleri
3 gousses d’ail
une dizaine de branches de fenouil sec
5 feuilles d’oranger

Pour le montage

une c.a.c de macis en poudre
une c.a.c de girofle en poudre
une c.a.c de cannelle en poudre
une c.a.c de baies de la Jamaïque en poudre
une c.a.s de graines de fenouil en poudre
une orange non traitée
une poignée de pistaches mondées

La coppa di testa, testa in cassetta ou sopressata di testa est une charcuterie d’Italie centrale à base de tête de cochon cuite, désossée et moulée. Elle se rapproche de la hure de sanglier ou du fromage de tête. Nous avons découvert ce petit délice au marché couvert de Padoue et nous sommes empressés d’apprendre à en préparer en rentrant.

A déguster avec des petits pains au saindoux, de la mostarda ou une salade et un délicieux vin orange italien.

La coppa di testa se conserve cinq ou six jours au réfrigérateur.

Les stigmates de laurier sont des brisures de feuilles séchées.

1. Préparation de la saumure

Passer la tête de cochon sous la flamme d’un chalumeau pour brûler la soie, gratter l’oreille avec un couteau.

Réunir tous les ingrédients en dehors de la tête de cochon dans une grande casserole, porter à ébullition en mélangeant soigneusement et laisser parfaitement refroidir. Verser cette saumure sur la tête, couvrir et laisser reposer pendant vingt-quatre heures au réfrigérateur.

2. Cuisson de la tête de cochon

Faire décanter la tête de cochon, éliminer la saumure. Rincer soigneusement la tête une dizaine de minutes sous un filet d’eau froide. La placer dans une grande casserole, porter à frémissement en écumant parfaitement. Ajouter la garniture aromatique et laisser cuire à petit feu pendant trois heures.

3. Montage de la coppa di testa

Faire décanter la tête de cochon, la désosser entièrement, elle doit se détacher seule. Couper les oreilles en fine julienne, la joue et la langue en carrés et les parties plus gélatineuses en petits morceaux. Disposer toute la chair sur une planche, ajouter toutes les épices ainsi que la peau d’orange taillée en très fine julienne et débarrassée de son ziste blanc. Vérifier l’assaisonnement.

Replacer dans une nouvelle casserole et couvrir à hauteur de bouillon chaud. Porter à frémissement et laisser cuire une heure de plus. Disposer dans une terrine en ajoutant un peu de bouillon et des pistaches au fur et à mesure du montage. Presser la terrine, laisser légèrement tiédir et réserver au réfrigérateur pendant vingt-quatre heures.

4. Finitions et dressage

Démouler la terrine en la faisant légèrement chauffer avec la flamme d’un chalumeau. Couper en fines tranches et déguster avec de la mostarda, des petits pains au saindoux ou une belle salade.

Coppa di testa © Renards Gourmets

Pissaladière aux oignons doux

Pissaladière aux oignons doux et aux filets d'anchois au sel

Pissaladière © Renards Gourmets
4 personnes
difficulté : facile
coût : bon marché
+/- 3 heures
 
Ingrédients :
 
Pour le confit d’oignons
 
un kilo d’oignons doux
3 feuilles de laurier
huile d’olive, sel et poivre
 
Pour la pâte

200 g de farine de blé T55
100 g de farine d’épeautre
100 g d’huile d’olive
80 g d’eau froide
20 g de vin blanc sec
une pincée de sel


Pour les finitions
 
olives Cailletier Nice AOP
anchois au sel

Tous les ans au mois de juin nous préparons nos conserves d’anchois au sel, entre deux et trois kilos en fonction des années. Les anchois sont étêtés, essuyés puis disposés dans des bocaux le ventre vers le bas en alternant les couches avec du gros sel. On ajoute une presse durant une semaine avant d’éliminer une partie du gras en surface. Passé ce temps, on peut fermer les bocaux et les entreposer dans un endroit frais et sombre. Au bout de quatre ou cinq mois, les anchois peuvent être utilisés. Nous les consommons sur la pissaladière, dans des pan-bagnat ou des salades niçoises ou simplement sur des œufs ou encore du pain beurré. Ils entrent aussi dans la composition de nombreux plats.

La pissaladière ou pissaladiera tient son nom du pissalat, une préparation à base de poisson salé difficile à trouver aujourd’hui. La pissaladière pourrait être originaire de la région d’Imperia et de la ville de Gênes dans la Ligurie voisine. Elle apparaît dès le XVIe siècle. La pâte de la pissaladière fait débat à Nice, il s’agit généralement d’une pâte à pain. Nous lui préférons cette pâte rendue croustillante par l’utilisation de vin blanc et d’huile d’olive et au goût prononcé grâce à la farine d’épeautre.

Il est préférable d’utiliser des oignons doux et juteux comme les oignons des Cévennes ou ceux de Chioggia.

1. Préparation du confit d’oignons

Peler et émincer le plus finement possible les oignons. Verser un bon filet d’huile d’olive dans une cocotte en fonte munie d’un couvercle, ajouter les oignons et les feuilles de laurier. Mélanger, couvrir et faire cuire sur feu moyen jusqu’à ce que les oignons soient d’un beau blond prononcé et que l’eau de végétation soit totalement évaporée. Assaisonner de sel et de poivre puis retirer les feuilles de laurier et transférer les oignons dans un bac pour les refroidir.

2. Préparation de la pâte

Verser l’eau, l’huile et le vin dans une jatte, ajouter le sel puis les deux farines et mélanger avec les mains jusqu’à l’obtention d’une pâte homogène. Disposer le pâton sur une plaque et l’étaler avec les mains en formant des rebords.

3. Finitions et dressage

Préchauffer le four à 220°C.

Garnir le fond de pâte avec le confit d’oignons, l’égaliser avec le dos d’une fourchette et enfourner pendant une vingtaine de minutes. Dix minutes avant la fin, abaisser la température à 200°C.

Faire tremper une grosse poignée d’anchois dans un bol rempli d’eau, changer l’eau plusieurs fois jusqu’à ce que l’eau soit claire. Essuyer les anchois, retirer l’arrête dorsale et faire sécher les filets sur un linge.

Disposer harmonieusement les filets d’anchois et les olives sur le pissaladière et remettre au four pendant cinq minutes.

Servir tiède avec un mesclun d’arrière-pays assaisonné d’huile de Nice.

Pissaladière © Renards Gourmets
Pissaladière © Renards Gourmets

Grives du pauvre de Provence

Grives du pauvre des vieilles maisons provençales

Grives du pauvre © Renards Gourmets
4 personnes
difficulté : facile
coût : bon marché
+/- 30 minutes
 
Ingrédients :
 
une paire de saucisses
20 grains de genièvre
20 câpres au vinaigre
20 olives de Nyons
une pincée de poivre noir
une c.a.s de lard de Colonnata
un pain d’épeautre ou une baguette

une salade frisée
une gousse d’ail
huile d’olive
vinaigre de Barolo
sel et poivre

Grives du pauvre. Voici une très ancienne recette de la région de Brignoles et de Draguignan qui remplace hors saison ou lorsque la chasse est mauvaise, les croustou aux grives.

Nous avons dégusté ce plat avec un beau vin rouge de Bandol.

Les croustou peuvent également être cuits à la cheminée.

1. Préparation de la farce

Piler les grains de genièvre avec les câpres, les olives dénoyautées et une prise de poivre noir. Ajouter la pâte de lard puis les saucisses débarrassées de leurs boyaux. Mêler intimement cette pâte et réserver.

2. Finitions et dressage

Préchauffer le four à 180°C.

Tailler de belles tranches dans une baguette ou du pain de campagne. Masquer généreusement de farce et enfourner quinze à vingt minutes ou jusqu’à ce que la farce soit colorée.

Laver la salade, la couper grossièrement. Écraser la gousse d’ail avec les dents d’une fourchette dans un saladier en bois d’olivier, ajouter l’huile d’olive et fouetter cette préparation pour la lier. Ajouter la salade, du sel, du poivre et quelques gouttes de très bon vinaigre de vin.

Disposer la salade d’une part et les grives du pauvre d’une autre. Déguster bien chaud en oubliant pas La Coupo Santo.

Grives du pauvre © Renards Gourmets

Petit gâteau de tartouffes aux truffes

Petit gâteau de tartouffes à la française, jus de veau gourmandé de truffe

Gâteau de tartouffes © RenardsGourmets
2 personnes
difficulté : moyen
coût : cher
+/- 2 heures
+ une nuit de repos
 
Ingrédients :

4/5 pommes de terre à chair ferme
une échalote grise
vin blanc sec
une gousse d’ail
1/2 feuille de laurier
fleur de sel
poivre de Sarawak
parmesan
25 cl de jus de veau
beurre clarifié
beurre frais
truffe noire à volonté

Le mot tartouffe ou tartoufle est ambigu et put définir tour à tour la pomme de terre comme la truffe. L’association des deux est remarquable et peut se faire de diverses manières. Ce petit gâteau de tartouffes est inspiré des célèbres pommes Anna créées par l’illustre cuisinier Adolphe Dugléré en 1870 au lendemain du Siège de Paris et en l’honneur d’Anna Deslions, une courtisane habituée du Café Anglais où officiait l’élève du grand Carême. La recette peut évidement être réalisée sans truffes et le gâteau de tartouffes peut être parfumé de romarin ou de sauge. Il se déguste alors chaud ou froid.

Ce petit gâteau représente une délicieuse garniture afin d’accompagner une poulette Albufera ou une viennoise de sole. Les deux recettes sont à retrouver sur notre site.

On vous parle des recettes typiquement parisiennes sur le site des Hardis, juste ici.

1. Préparation du gâteau de tartouffes

Préchauffer le four à 170°.

Ciseler finement l’échalote et la faire suer doucement avec le laurier, l’ail et un peu de beurre clarifié. Mouiller d’une rasade de vin blanc et faire réduire à l’état de glace. Mouiller avec trois ou quatre cuillères à soupe de jus de veau chaud, laisser mijoter pendant cinq minutes, éliminer l’ail et le laurier puis mixer la préparation avec un mixeur plongeant. Poivrer légèrement.

Badigeonner un moule en fonte ou en céramique avec du beurre clarifié puis le chemiser dans le fond et sur le bord avec du papier sulfurisé. Beurrer de nouveau.

Laver et peler les pommes de terre sans les relaver. Les tailler finement avec une mandoline et les détailler avec un emporte pièce rond.

Monter une première corolle au fond du moule, puis disposer des pommes de terre sur le bord en réalisant une corolle en sens inverse. Badigeonner de beurre avec un pinceau puis disposer une ou deux cuillères de jus de veau parfumé d’échalotes. Râper une couche de parmesan puis recouvrir de pommes de terre en utilisant les chutes et en tassant soigneusement. Badigeonner de beurre et recommencer les précédentes étapes avec le jus et le parmesan. Procéder ainsi jusqu’à hauteur des pommes de terre couvrant la paroi du moule. Terminer par une couche de pommes de terre en corolle. Badigeonner de beurre et couvrir d’une feuille de papier sulfurisé puis d’une feuille d’aluminium.

Faire cuire pendant 90 minutes en surveillant la cuisson à l’aide d’une pointe de couteau ou d’un cure-dent. Retirer la feuille de papier sulfurisé et celle d’aluminium et prolonger la cuisson jusqu’à légère coloration.

Laisser tiédir, couvrir de nouveau avec les deux feuilles et poser un poids sur le gâteau. Réserver au réfrigérateur toute une nuit.

2. Finitions et dressage

Chauffer le jus de veau restant. Peler les truffes, hacher les pelures et les combiner avec une noix de beurre frais. Réchauffer le gâteau de tartouffes dans son moule pendant une vingtaine de minutes. Démouler comme une tarte tatin. Monter le jus avec le beurre aux pelures de truffes. Disposer le gâteau au centre d’un petit plat de service. Râper une généreuse quantité de truffe sur le dessus et servir la sauce au cordeau. Déguster bien chaud.

Gâteau de tartouffes © RenardsGourmets
Gâteau de tartouffes © RenardsGourmets
Gâteau de tartouffes © RenardsGourmets
Gâteau de tartouffes © RenardsGourmets
Gâteau de tartouffes © RenardsGourmets
Gâteau de tartouffes © RenardsGourmets
Gâteau de tartouffes © RenardsGourmets

Cou de volaille à la florentine

Cou de volaille farci aux couennes et aux abats à la florentine

Cou farci à la florentine © Renards Gourmets
2 personnes
difficulté : moyen
coût : bon marché
+/- 3 heures
 
Ingrédients :
 
Pour le cou farci

un cou de chapon, de coq ou de poulet
cœur, foie, rognons (testicules), gésier de volaille
25 g de couennes de porc cuites
75 g de chair à saucisse
5 g de pistaches mondées
1/2 c.a.c de fine champagne
1 c.a.c de marsala
6 feuilles de persil
1 c.a.s de graisse fine (graisse de volaille)
muscade, girofle, sel et poivre
2 échalotes grises
beurre
un œuf entier
chapelure
 
Pour les finitions

2 l de très bon bouillon de poule

Le cou de chapon farci à la florentine est une très ancienne préparation de la cuisine toscane généralement associée à la famille Médicis tout comme l’est le Cibreo. La fameuse légende noire accolée à Catherine de Médicis la décrit comme étant « goulue d’attributs virils des chapons, crêtes et testicules« . Faisant ainsi le parallèle avec la Cour de France qu’elle aurait castrée et à laquelle elle aurait imposée ses mœurs dites italiennes. Le sujet est largement traité dans l’Isle des hermaphrodites. Un ouvrage critique de l’époque. Avec le temps, cette préparation est devenue populaire et ménagère, valorisant ainsi chaque partie de l’animal. La farce est variable, nous avons souhaité y ajouter des couennes, rapprochant ainsi ce cou farci du fameux cotechino.

Cette entrée chaude se déguste avec une salade amère, des condiments tels que de la mostarda ou de la salsa verde ou encore des lentilles ou de la polenta.

1. Préparation du cou farci

Couper le cou d’une volaille, retirer l’os qui sera utilisé pour la réalisation d’un bouillon. Trousser la peau du cou pour éliminer les impuretés et réserver. Vider la volaille pour récupérer le cœur, le foie, les testicules, le gésier et la graisse.

Couper les couennes de porc cuites et froides en très fine brunoise et disposer dans une jatte. Ajouter la chair à saucisse, les pistaches mondées, les alcools, le persil très finement ciselé, la graisse réduite en pâte à la pointe du couteau et les épices.

Tailler finement le cœur et le gésier nettoyé et les ajouter.

Faire blanchir les testicules dans une casserole d’eau frémissante durant cinq minutes, rafraîchir dans une glaçante, peler et couper en gros morceaux.

Nettoyer le foie, faire chauffer une noisette de beurre dans un sautoir. Ciseler très finement les échalotes puis faire saisir le foie à feu vif trente secondes sur chaque face. Ajouter les échalotes, laisser suer puis débarrasser et hacher. Incorporer au reste de la préparation une fois froid.

Ajouter enfin l’œuf entier et une légère prise de chapelure. Travailler la farce jusqu’à ce qu’elle soit collante et homogène puis remplir le cou en tassant soigneusement. Coudre avec de la ficelle de cuisine et une aiguille à brider.

2. Cuisson du cou farci

Porter le bouillon de poule à frémissement, ajouter le cou et laisser cuire à feu très doux durant une paire d’heures.

NOTE : L’idéal étant de faire pocher le cou durant deux heures puis de le laisser complètement refroidir dans le bouillon avant de le réchauffer le lendemain.

3. Finitions et dressage

Couper le cou en larges rouelles, et la crête en tranches, les glacer au jus et servir bien chaud avec une salade amère, un ragoût de lentilles, des haricots cuits à la sauge, une polenta fumante ou de la mostarda de fruits.

Cou farci à la florentine © Renards Gourmets

A Rivia, brochette d’abats de cabri

A Rivia, brochette d'abats de cabri léchée par les flammes

A Rivia © Renards Gourmets
2/3 personnes
difficulté : moyen
coût : bon marché
+/- 4 heures
 
Ingrédients :

Pour la salamughja

une gousse d’ail
une échalote grise
un verre de vin rouge
une feuille de laurier
un brin de myrte
un brin de romarin
3 feuilles de sauge
quelques baies de myrte
une pincée de poivre noir
une pincée de sel
2 c.a.s de vinaigre de vin rouge
1 c.a.s d’huile d’olive
 
Pour A Rivia

Cœur, ris, poumons, rognons, foie, crépine, intestin grêle de cabri mâle
sel et poivre

A Rivia est une recette corse ancestrale originaire du sud de l’île dans le Sartenais, l’Alta Rocca et la région d’Olmeto. Parfois orthographiée a rifredda ou rivredda, elle se déguste après la messe de minuit du réveillon de Noël en plus du traditionnel cabri à la broche et de la pulenda (polenta à base de farine de châtaigne). « Caprettu natale, agnellu pasquale » (le cabri à Noël, l’agneau à Pâques).

A Rivia est une brochette de fressure de cabri (ou chevreau) contenant tous les abats de l’animal (ris, foie, cœur, rognons, poumons et parfois rate et pancréas). L’ensemble est emballé dans de la crépine et maintenu par l’intestin grêle de la bête. Cette brochette est cuite au feu de bois d’arbousier pendant le rôtissage du cabri. Elle se déguste conjointement à celui-ci ou en guise d’entrée. C’est toujours le cabri mâle qui est choisi, premièrement pour la présence de ris dans la gorge de l’animal mais également parce que le mâle ne donnera ni petits, ni lait en grandissant. Celui-ci est tué juste après une ultime tétée avec sa mère afin que la caillette soit gorgée de lait. Il arrive que le cabri soit parfois remplacé par de l’agneau. La brochette est cuite au feu de bois dans la cheminée et arrosée de salamughja, une sauce condimentaire typique de l’Île de Beauté dont chaque famille a le secret. Le bol de salamughja est disposé sur le bord de la cheminée tout au long du processus de cuisson.

Nous avons dégusté ce plat avec une délicieuse bouteille d’Oriu du Domaine de Torracia à base de Niellucciu et de Sciaccarellu, deux cépages endémiques.

1. Préparation de la salamughja

Peler, dégermer et couper la gousse d’ail en quatre morceaux dans la hauteur. Émincer l’échalote en rouelle, laver et effeuiller les herbes, ajouter le sel, le poivre fraîchement moulu, l’huile, le vinaigre et le vin. L’idéal étant de préparer la salamughja la veille au soir afin que les parfums communient.

2. Préparation de A Rivia

Faire tremper l’intestin grêle et la crépine dans un bol d’eau froide salée et vinaigrée pendant une heure afin de les faire dégorger.

Parer tous les abats, retirer les parties grasses, nerveuses et sanguinolentes. Couper le cœur en deux dans la hauteur puis de nouveau en deux. Couper le ris en quatre, le foie et les poumons en bouchées de la même taille que les autres éléments. Retirer la pellicule qui se trouve sur les rognons, les couper en deux. Monter une grande broche ou deux broches individuelles en alternant les morceaux comme tel : cœur, ris, poumon, foie, rognon et renouveler jusqu’à épuisement des éléments.

Préparer un bon feu dans la cheminée à base de bois d’arbousier, de myrte et de chêne. Dès l’obtention de bonnes braises, placer la broche sur un tournebroche à une trentaine de centimètres du feu et faire saisir les morceaux.

Retirer la broche du feu, assaisonner de sel et de poivre puis faire égoutter en essorant la crépine et l’intestin grêle puis emballer la broche dans la crépine en parant les extrémités. Ficeler le tout à l’aide de l’intestin en croisant celui-ci et en ne serrant pas trop.

Remettre la broche au feu pendant trois heures environ à feu très doux ou jusqu’à ce qu’elle soit bien dorée et croustillante. Badigeonner de salamughja toutes les vingt minutes.

3. Finitions et dressage

Au dernier moment, approcher légèrement la broche du feu pour la rendre bien croustillante puis débarrasser la broche. Couper en tranches en répartissant bien les morceaux et déguster très chaud avec une pulenda fumante.

A Rivia © Renards Gourmets