Lapin à l’oseille, morilles et asperges

Dos de lapin à l'oseille, morilles, asperges et jus au vin jaune

Lapin à l'oseille © Renards Gourmets
2 personnes
difficulté : moyen
coût : moyen
+/- 2 heures
 
Ingrédients :
 
Pour le lapin
un râble de lapin
farce fine de lapin ou de volaille
2 feuilles d’oseille fraîches
un morceau de crépine
sel, poivre
ail en poudre
huile d’olive
beurre
 
Pour la garniture

2 asperges vertes
gros sel
poivre

8 morilles
beurre
sel et poivre
vin jaune
10 cl de jus de lapin (ou de volaille)

cerfeuil

Nous adorons le lapin que nous transformons entièrement. Nous utilisons les épaules pour préparer une délicieuse recette de rigatoni ou ravioli del plin, les abats que nous faisons sauter avec des légumes de printemps, le coffre et les parures que nous utilisons pour réaliser des sauces et des farces fines et les cuisses que nous aimons taillées en petits morceaux et sautées à la chinoise. Avec le dos nous réalisons des porchetta qui se dégustent froides ou des ballottines qui se dégustent chaudes. Ainsi avec un seul lapin on parvient à préparer plusieurs repas de saison.

Cette recette implique d’avoir réalisé un jus de lapin et une farce fine au préalable. Ces recettes se trouvent ailleurs sur ce site.

1. Préparation du dos de lapin

Faire tremper la crépine dans une bassine d’eau froide vinaigrée pendant une vingtaine de minutes.

Ajouter quelques gouttes de vin jaune à la farce fine, poivrer généreusement.

Désosser parfaitement le râble du lapin, conserver les os et les parures pour la réalisation d’un jus. Séparer la panoufle, du filet, du petit filet.

Presser la crépine pour la faire égoutter. Détailler deux grands rectangles et poser sur chaque un morceau de panoufle. Assaisonner en sel, poivre et ail en poudre. Badigeonner de farce fine puis poser une feuille d’oseille débarrassée de sa tige. Elle doit couvrir la moitié de la panoufle. Poser dessus le filet, assaisonner et rabattre le débord de la feuille d’oseille. Ajouter le petit filet sur le côté, badigeonner de farce fine puis rouler le tout avec la crépine pour former une ballottine. Transférer sur un film, rouler fermement, procéder pareillement pour le second morceau. Mettre dans un sac de cuisson sous-vide et faire cuire une heure trente à cinquante sept degrés. Rafraîchir dans une glaçante, éliminer le film, sécher, ficeler et laisser reposer sur une grille.

2. Préparation des asperges

Écussonner les asperges, faire cuire une minute dans une casserole d’eau bouillante fortement salée, rafraîchir dans une glaçante, sécher et faire rôtir une petite minute dans le beurre moussant. Poivrer et réserver sur un papier absorbant.

3. Préparation des morilles

Faire chauffer une noix de beurre jusqu’à ce qu’elle soit noisette. Ajouter un petit morceau de beurre froid puis les morilles. Saler et poivrer et laisser cuire quelques minutes. Mouiller d’une rasade de vin jaune, faire réduire à sec puis ajouter le jus de lapin, porter à ébullition et laisser mijoter vingt minutes à feu doux.

4. Finitions et dressage

Ajouter les asperges aux morilles pour les réchauffer, lier la sauce d’un peu d’arrow-root et tenir chaud sans faire bouillir.

Faire vivement rôtir les ballottines de lapin dans un sautoir, ajouter du beurre, le tenir moussant pour parfaire la caramélisation. Faire égoutter sur une grille, retirer les ficelles.

Tailler le lapin en tronçons, vanner la sauce avec une noisette de beurre très froid. Ajouter une petite rasade de vin jaune, mélanger et servir immédiatement dans des assiettes chaudes. Terminer par quelques pluches de cerfeuil.

Lapin à l'oseille © Renards Gourmets
Lapin à l'oseille © Renards Gourmets

Asperges vertes à la sauce hollandaise

Asperges vertes à la sauce hollandaise

Asperges sauce hollandaise © Renards Gourmets
2 personnes
difficulté : facile
coût : moyen
+/- 2 heures
 
Ingrédients :

une botte d’asperges vertes (idéalement de Pertuis)
gros sel et poivre noir

Pour la sauce hollandaise
45 g de jaunes d’œufs
30 g d’eau
7 g de jus de citron
2,5 g d’huile de pépins de raisin
1,5 g de sel
0,7 g de sucre
75 g de beurre

L’association des premières asperges vertes de Provence et de la sauce hollandaise est l’un des délices du printemps. Cette sauce daterait des guerres de Hollande de la seconde partie du XVIIe siècle dont la France de Louis XIV est sortie victorieuse.

Nous donnons deux manières de procéder pour la sauce, la première est plus stable mais qui demande un équipement spécifique. L’autre se faisant avec de l’expérience et à la force du poignet. 

La sauce hollandaise une fois émulsionnée peut être conservée quelques heures dans un thermos.

On peut réaliser la même entrée avec des asperges blanches si on le souhaite.

1. Préparation de la sauce hollandaise sous-vide

Réunir tous les ingrédients dans un sac de cuisson sous-vide. Préchauffer le bain marie avec le thermoplongeur à soixante quinze degrés. Immerger le sac et laisser cuire une demi-heure. Transférer la préparation dans un mixer et l’actionner pour provoquer une émulsion. 

2. Préparation de la sauce hollandaise traditionnelle

Placer les jaunes, l’eau, le sucre et le sel dans une casserole. Fouetter vivement sur un feu doux jusqu’à ce que le fond de la cuve soit visible. Retirer ce sabayon du feu et continuer de fouetter une minute. Ajouter le jus de citron puis le beurre fondu et l’huile progressivement jusqu’à l’obtention d’une émulsion.

3. Préparation des asperges

Écussonner et parer les asperges afin de retirer les folioles et les parties ligneuses, porter une grande casserole d’eau à ébullition, saler fortement et faire cuire les asperges pendant cinq minutes à l’anglaise. Transférer dans une glaçante pour stopper la cuisson, faire égoutter et disposer dans un plat. Poivrer légèrement.

4. Finitions et dressage

Ajouter la sauce hollandaise chaude ou tiède et déguster immédiatement.

Asperges sauce hollandaise © Renards Gourmets

Carré de veau poêlé Choisy

Carré de veau poêlé Choisy

Carré de veau Choisy © Renards Gourmets
3/4 personnes
difficulté : moyen
coût : cher
+/- 2 heures
 
Ingrédients :
 
Pour le carré de veau

un beau carré de veau
sel et poivre
huile de pépins de raisin
beurre
 
Pour les laitues

4 laitues très fraîches
gros sel, sel, poivre
une carotte
une oignon
un couenne
10 cl de jus de veau
5 cl de vin blanc sec
5 cl de bouillon de volaille

Pour les pommes de terre

8 pommes de terre à chair ferme
huile de pépins de raisin
beurre
sel et poivre

Pour les finitions

10 cl de jus de veau corsé
sel et poivre

Voici une très belle recette à réaliser un dimanche en famille ou pour la fête de Pentecôte. Elle est extraite du registre culinaire d’Auguste Escoffier et divinement mise en scène dans le film « La Passion de Dodin Bouffant » de Trần Anh Hùng (2023). Elle peut également être préparée avec un carré de porc de la même manière. L’appellation Choisy désigne une garniture de laitues braisées et de pommes de terre taillées « en château ». La ville de Choisy en Ile-de-France était autrefois connue pour ses cultures maraîchères et la qualité de ses salades.

1. Préparation du carré de veau

Habiller le carré de veau, manchonner les os, les couvrir de papier aluminium. Ficeler fermement entre les côtes, laisser reposer sur une grille à température ambiante et employer les parures pour la réalisation d’un jus. 

2. Préparation des laitues braisées

Laver et araser les laitues. Porter une casserole d’eau à ébullition, saler fortement et faire blanchir pendant vingt secondes. Rafraîchir immédiatement dans une glaçante. Presser pour essorer et maintenir en forme et faire décanter sur une grille.

Préchauffer le four à cent quatre vingt degrés.

Tailler la garniture en mirepoix. Poser les légumes dans un plat à gratin. Coucher dessus les laitues, ajouter le vin, le jus et le bouillon. Couvrir avec la couenne et une feuille de papier sulfurisé.

Enfourner pendant une heure et dix minutes puis tenir chaud.

3. Préparation des pommes de terre Château

Laver et tourner les pommes de terre en château. Placer dans une casserole d’eau salée. Porter à ébullition, laisser cuire deux minutes puis faire égoutter.

Faire chauffer une noix de beurre et un filet d’huile dans un sautoir, sécher les pommes de terre et les faire dorer tout doucement sur toutes les faces. Transférer au four et laisser cuire une vingtaine de minutes ou jusqu’à ce qu’elles soient très tendres à cœur. Tenir chaud.

4. Cuisson du carré de veau

Faire chauffer une cocotte en fonte jusqu’à ce qu’elle soit fumante. Ajouter un filet d’huile, saler sur toutes les faces le carré et faire dorer. Le tourner sur toutes les faces pour le faire croûter de manière uniforme. Abaisser la température, ajouter le beurre et arroser régulièrement. Placer la sonde à cœur et enfourner. Arroser régulièrement et laisser cuire une vingtaine de minutes environ. La température interne doit atteindre cinquante quatre degrés. Transférer sur une grille, couvrir d’une feuille de papier aluminium et laisser reposer dans une étuve.

5. Finitions et dressage

Faire décanter les laitues, filtrer le bouillon de cuisson et faire réduire à glace. Dégraisser la cocotte de cuisson du carré de veau et exprimer les sucs avec la glace de cuisson. Ajouter le jus de veau, porter à ébullition, laisser réduire légèrement, vérifier et corriger l’assaisonnement. Chinoiser et tenir chaud.

Monter la sauce au beurre en la vannant.

Faire chauffer un grand plat de service. Disposer dessus le carré débridé et débarrassé de l’aluminium. Ajouter les laitues coupées en deux et rabattues et badigeonner l’ensemble de jus avec un pinceau. Glacer sous le grill ou à la porte du four. Ajouter les pommes de terre, poivrer l’ensemble, verser le reste de la sauce en saucière. Présenter à table puis trancher les côtes et servir bien chaud.

Carré de veau Choisy © Renards Gourmets
Carré de veau Choisy © Renards Gourmets
Carré de veau Choisy © Renards Gourmets
Carré de veau Choisy © Renards Gourmets
Carré de veau Choisy © Renards Gourmets
Carré de veau Choisy © Renards Gourmets

Rigatoni au ragoût de lapin printanier

Rigatoni au ragoût de lapin, févettes, ail sauvage et morilles

Rigatoni au lapin © Renards Gourmets
2 personnes
difficulté : moyen
coût : moyen
+/- 2 heures
 
Ingrédients :
 
Pour les épaules de lapin

un avant de lapin
beurre
2 échalotes
un blanc de poireau
4 champignons de Paris
2 feuilles de laurier
20 cl de bouillon de volaille
15 cl de jus de lapin
125 g de parmesan
poivre blanc
sel
 
Pour les rigatoni

50 g de farine 00
50 g de semoule fine
75 g de jaunes d’œufs
2,5 cl d’huile d’olive


Pour la garniture

6 morilles
une poignée de févettes
10 feuilles d’ail des ours
2 échalotes
farine

6 feuilles de sauge
une poignée de chapelure
beurre
huile de friture
sel et poivre
parmesan

Pour qu’une assiette de pâtes soit réussie elle doit être d’une apparence simple et généreuse, mais il y a de nombreuses astuces qui permettent d’accentuer les saveurs de tous les ingrédients. Nous aimons cette recette au tout début de la saison car elle célèbre les nouveaux produits du printemps que nous sommes si heureux d’accueillir chaque année. Ici les fèves, les morilles, l’ail des ours valorisent la délicieuse viande de lapin que nous apprécions tout particulièrement. Celui-ci vient d’un élevage où nous nous fournissons depuis des années, la Ferme du Bois de Boulle, via le site Pour de Bon. Ce que nous apprécions ? Cet élevage familial gère tout, du début de la vie de l’animal à la fin. Les lapins sont élevés dans de bonnes conditions, sans nourriture OGM, sans antibiotiques préventifs, dans des espaces décents quand ils sont dans des cases et parfois en semi-plein air. Enfin, ils sont abattus sur l’exploitation. Au-delà de ces valeurs qui sont essentielles pour nous, leur chair est tendre et très goûteuse. Pour l’instant on a pas trouvé mieux. Quant au site Pourdebon nous avons noué un partenariat car nous sommes clients depuis de longues années et des fidèles de ce site qui permet de rendre accessibles des produits de grande qualité. Nous ne pouvons que vous encourager à y faire un tour et à vous faire votre propre idée.

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1. Préparation du ragoût de lapin

Séparer les épaules du coffre et de la tête. Préchauffer le four à 125°C. Faire chauffer une noix de beurre dans un sautoir, saler les morceaux de lapin et les faire saisir sur toutes les faces. Débarrasser. Ciseler finement le poireau, les échalotes et les champignons et faire suer. Ajouter les feuilles de laurier. Saler et poivrer. Remettre les morceaux de lapin, mouiller avec le jus et le bouillon, porter à frémissement puis couvrir d’une feuille de papier cuisson percée en son centre. Faire cuire au four pendant une bonne heure.

Récupérer la chair de lapin, remettre les os dans la sauce, porter de nouveau à ébullition et laisser mijoter vingt minutes. Ajouter enfin le parmesan fraîchement râpé, laisser infuser dix minutes hors du feu puis filtrer en foulant. Réserver la chair de lapin d’une part et le bouillon d’une autre.

2. Préparation des rigatoni

Combiner la farine et la semoule dans une jatte. Verser les jaunes d’œufs et l’huile et mélanger jusqu’à l’obtention d’une boule homogène. Travailler une vingtaine de minutes sur une planche en bois jusqu’à ce que la pâte soit très souple. Filmer au contact et laisser reposer une trentaine de minutes au frais. Séparer la pâte en deux et abaisser chaque morceau jusqu’au niveau 5 sur un modèle Atlas Marcato 150. Détailler des carrés de 4 cm de côté avec une bicyclette à pâtes. Enrouler chaque morceau de pâte sur une baguette posée sur une planche à gnocchi striée et enrouler la pâte en pressant. Laisser reposer les rigatoni sur une planche jusqu’à ce qu’ils soient bien secs.

3. Préparation de la garniture

Laver les morilles brièvement et soigneusement dans un bol d’eau tiède. Porter une casserole d’eau à ébullition et faire cuire les morilles deux minutes. Transférer dans une glaçante. Écosser les fèves et faire cuire une minute dans la même eau. Transférer également dans une glaçante. Éplucher les fèves et réserver.

Tailler les morilles en rouelles. Faire chauffer une noix de beurre dans un sautoir et faire saisir les morilles. Saler et poivrer puis verser le bouillon au parmesan. Porter à frémissement et laisser mijoter pendant vingt minutes. Ajouter les morceaux de lapin, laisser bouillir.

Ciseler finement les échalotes, rouler les morceaux dans la farine et faire frire dans l’huile de friture chauffée à 130°c jusqu’à ce qu’ils soient blonds. Transférer sur une feuille de papier absorbant. Faire chauffer une noix de beurre dans un sautoir, ajouter les feuilles de sauge dans le beurre moussant ainsi que la chapelure. Laisser cuire jusqu’à ce que la sauge soit croustillante. Transférer sur une feuille de papier absorbant. Laisser refroidir puis combiner les échalotes, la sauge et la chapelure et hacher l’ensemble au couteau jusqu’à l’obtention d’une chapelure grossière.

4. Finitions et dressage

Faire chauffer une grande casserole d’eau. Saler dès l’ébullition et faire cuire les rigatoni quelques minutes.

Ajouter les fèves dans la sauce au lapin. Laisser cuire une minute puis ajouter les feuilles d’ail des ours pour les faire tomber. Transférer les pâtes avec une araignée directement dans la sauce et mélanger vivement pour provoquer une émulsion. Éteindre le feu, ajouter quelques cubes de beurre froid et mélanger pour lier la sauce. Terminer par une belle râpée de parmesan.

Servir les assiettes, saupoudrer de parmesan et de chapelure mélangée. Déguster immédiatement.

On peut agrémenter ce plat de fleurs d’ail des ours au dernier moment.

Rigatoni au lapin © Renards Gourmets
Rigatoni au lapin © Renards Gourmets

Croque-monsieur des grandes brasseries parisiennes

Croque-monsieur des grandes brasseries parisiennes

Croque-monsieur © Renards Gourmets
2 personnes
difficulté : moyen
coût : bon marché
+/- 1 heure
+ 2 heures de repos
 
Ingrédients :
 
Pour la sauce Mornay

25 g de beurre
25 g de farine
25 cl de lait frais entier
sel, poivre blanc, noix de muscade
un jaune d’œuf
25 g de comté jeune râpé
 
Pour le croque-monsieur

une dizaine de tranches de pain de mie sans croûte
2 belles tranches de jambon cuit
un morceau de comté jeune
beurre

On suppose que le croque-monsieur serait apparut pour la première à Paris, boulevard des Capucines quelques années avant la Première Guerre Mondiale. C’est le bistrotier, Michel Lunarca qui aurait eu l’idée de créer ce sandwich et de l’appeler ainsi. Pourtant dès la fin du XIXe siècle, le croque-monsieur est mentionné dans La Revue athlétique ou dans La Liberté. Il est quoi qu’il en soit, une création parisienne qui fait le régal de tous depuis plus d’un siècle.

Nous avons adapté sa présentation pour le rendre plus esthétique. Nous aimons l’équilibre de cette version, sans une débauche de fromage dégoulinant. Les plats simples se doivent, d’après nous, de conserver leur intention première. Qu’importe si la forme diffère, l’idée initiale doit demeurer. Celle d’un casse croûte croustillant, riche mais sans excès. Raison pour laquelle nous n’ajoutons ni truffes, ni couche supplémentaire de sauce Mornay.

1. Préparation de la sauce Mornay

Faire chauffer le beurre dans une casserole. Ajouter la farine en une seule fois et mélanger jusqu’à ce que la préparation mousse vivement. Verser le lait froid en une seule fois tout en continuant de fouetter. Laisser cuire jusqu’à épaississement. Ajouter le sel, le poivra fraîchement moulu, une belle râpée de noix de muscade. Puis hors du feu, le comté râpé et le jaune d’œuf. Mélanger et filmer au contact.

2. Préparation du croque-monsieur

Filmer un moule rectangulaire muni d’un fond ou un bac avec du film alimentaire supportant la cuisson. Abaisser le plus finement possible les tranches de pain avec un rouleau à pâtisserie. Les faire se chevaucher légèrement et rouler encore pour égaliser le niveau. Tailler ces « feuilles » de pain aux dimensions du moule, sept au total.

Tailler les tranches de jambon aux mêmes dimensions en retirant la couenne.

Poser une couche de pain, badigeonner de sauce Mornay, ajouter une tranche de jambon, couvrir de comté fraîchement râpé et recommencer jusqu’à épuisement des éléments en terminant par le pain. Presser à chaque fois. Replier le film pour enfermer le montage.

3. Cuisson du croque-monsieur

Préchauffer le bain-marie ou le four vapeur à quatre-vingt cinq degrés. Faire cuire pendant quarante cinq minutes. Poser immédiatement une presse dessus et laisser refroidir au moins deux heures au réfrigérateur.

4. Finitions et dressage

Préparer une belle salade et sa vinaigrette.

Démouler le croque-monsieur, parer les bordures puis détailler en portions. Faire chauffer une grosse noix de beurre dans une poêle et faire dorer les croques-monsieur côté pain sur les deux faces. Faire égoutter une minute sur une feuille de papier absorbant et servir bien chauds et croustillants.

Croque-monsieur © Renards Gourmets
Croque-monsieur © Renards Gourmets

Bugnes à la fleur d’oranger

Bugnes de Carnaval à la fleur d'oranger

Bugnes © Renards Gourmets
10/15 personnes
difficulté : moyen
coût : bon marché
+/- 1 heure
+ une nuit de repos
 
Ingrédients :

500 g de farine T45
10 g de sel fin

25 g de sucre
10 g de levure fraîche de boulanger
7 œufs frais
100 g de beurre très mou
4 c.a.s de fleur d’oranger

huile de friture
sucre glace

L’origine des bugnes est très anciennes et pourrait remonter à la Rome Antique. A l’époque la friture est avant tout un moyen de conservation des aliments et surtout une façon simple de cuisiner dans la rue. Elles apparaissent dans le duché de Savoie au XVe siècle et vont ensuite se diffuser partout autour, du Lyonnais, jusqu’à la Franche-Comté, l’Auvergne, le nord de l’Italie et une partie de la Provence. Leur nom et forme diffère mais la recette reste plus ou moins identique.

Aujourd’hui elles sont intimement liées à la ville de Lyon. Les bugnes sont mentionnées chez François Rabelais au XVIe siècle. Bugni qui donne bugne signifiant bosse en patois lyonnais.

Les bugnes se consomment principalement pour Mardi Gras et le Carnaval juste avant d’entrer en Carême. Mais les gourmands peuvent en manger toute l’année.

Cette recette riche en œufs et en beurre donne des bugnes très aérées et légères. Le temps de repos permet de largement intensifier le parfum de la fleur d’oranger.

Pour les amateurs de beignets croustillants, voici notre recette d’oreillettes.

1. Préparation de la pâte à bugnes

Diluer la levure dans une cuillère à soupe d’eau tiède et attendre qu’elle fasse des bulles.

Dans la cuve d’un batteur électrique, placer la farine, le sel et le sucre. Activer le crochet en seconde position puis ajouter la levure activée, les œufs un par un et l’eau de fleur d’oranger. Laisser tourner un quart d’heure ou jusqu’à ce que la pâte se décolle des bords et que la structure du gluten se forme. Corner régulièrement la masse dans la cuve pour la rabattre vers le crochet.

Ajouter le beurre et laisser tourner encore le robot jusqu’à ce que la pâte se décolle à nouveau des bords. Filmer au contact et réserver toute une nuit au réfrigérateur afin de développer les arômes.

2. Préparation des bugnes

Abaisser la pâte le plus finement possible sur une grande planche en bois légèrement farinée. Découper des losanges de six centimètres environ avec une roulette dentelée, fendre chaque bugne en son centre d’un coup de roulette.

Faire chauffer l’huile de friture à cent quatre vingt degrés et déposer délicatement chaque bugne dans l’huile. Laisser cuire sur une face puis l’autre jusqu’à ce que les beignets soient bien dorés. Ne pas faire cuire trop de bugnes à la fois pour ne pas abaisser la température de l’huile qui doit être maintenue entre cent soixante quinze et cent quatre vingt degrés.

Faire égoutter les bugnes bien dorées sur une grille puis sur une feuille de papier absorbant.

Procéder ainsi jusqu’à épuisement de la pâte.

3. Finitions et dressage

Poudrer très généreusement les bugnes de sucre glace, disposer dans un ravier ou un plat de service et déguster avec une tasse de café ou un verre de vin doux.

Bugnes © Renards Gourmets
Bugnes © Renards Gourmets
Bugnes © Renards Gourmets

Vol-au-vent de grande cuisine française

Vol-au-vent de grande cuisine française, sauce ivoire

Vol-au-vent © Renards Gourmets
4 personnes
difficulté : difficile
coût : cher
+/- 4 heures
 
Ingrédients :
 
Pour les quenelles

125 g de filet de poulet
5 g de sel fin
20 g de blanc d’œuf
25 g de beurre pommade
125 g de crème fluide
une tige d’estragon
poivre blanc du Penja
une petite truffe noire

2 l de bouillon de volaille
 
Pour le ris de veau

Une pomme de ris de veau
2 l de bouillon de volaille
une gousse d’ail
un brin de thym
une feuille de laurier
un bâton de fenouil sec
5 grains de poivre blanc du Penja
sel

Pour les crêtes et les rognons de coq


8 rognons de coq
16 crêtes de coq

2 c.a.s de farine
1 c.a.s de gros sel
le jus d’un citron

Pour le feuilletage

une pâte feuilletée maison ou de chez le pâtissier
un jaune d’œuf

Pour les finitions

beurre
12 petits champignons de Paris
12 olives vertes de qualité
une tranché épaisse de jambon à l’os
5 cl de madère
20 cl de jus de volaille
sel et poivre
2 c.a.s de crème double

Comme c’est souvent le cas en cuisine il existe un vieux débat entre les appellations de vol-au-vent et bouchées à la reine. Débat risible puisque les termes culinaires sont rarement employés à bon escient. La bouchée à la reine serait attribuée à Marie Leczinska, épouse de Louis XV et reine de France. C’est l’écuyer de bouche Vincent La Chapelle qui aurait réalisé pour la reine des puits d’amour contenant une sauce Financière à base de béatilles de volaille déjà très en vogue à la Cour.

Le vol-au-vent est quant à lui associé à Antonin Carême, l’un de ses aides se serait écrié « Regarde Antoine, il vole-au-vent ! » après que le célèbre cuisinier eût préparé un feuilletage. Le nom de vol-au-vent apparaît pourtant avant même la naissance de Carême dans certains ouvrages.

Aujourd’hui le vol-au-vent définirait d’après certains une préparation à partager alors que la bouchée serait individuelle. D’autres affirment le contraire, appelez-les donc comme bon vous semble mais surtout, mangez-en !

C’est finalement Auguste Escoffier à la Belle Époque qui aura contribué au succès des bouchées en mentionnant différentes garnitures qui les composent. Bouchée Bouquetière, Diane, Grand-Duc, Montglas, Nantua, Victoria et évidemment Financière.

Vous trouverez une seconde recette de vol-au-vent, ici sur notre site.

Nous avons aussi collaboré pour cette photographie avec la maison Bernardaud avec cette fabuleuse assiette Aux Rois or. Il faut se faire à l’idée du raffinement et de la beauté de ces motifs, inspirés des boiseries du plafond du Château de Fontainebleau. C’est une immense fierté, de nouveau, de nous associer à une maison historique qui produit de telles splendeurs. Existant sous le nom de Bernardaud (pour Léonard Bernardaud) depuis 1900, la maison est une affaire familiale depuis six générations (et jusqu’à aujourd’hui) et une entreprise du « patrimoine vivant ». C’est un terme, une expression, que nous aimons beaucoup, qui représente pour nous, ce qui devrait prédominer en France. Soit des entreprises qui continuent, dans l’idéal dans un principe de transmission, de valoriser et de faire exister les beaux savoir-faire qui font la fierté et la gloire de la France.

1. Préparation des quenelles de volaille

Couper le blanc de poulet sans sa peau en cubes, placer dans un blender avec le sel et mixer par à-coups. Ajouter le blanc d’œuf et rabattre la masse avec une maryse. Mixer jusqu’à ce que le mélange soit homogène. Ajouter le beurre pommade puis la crème progressivement. Passer cette préparation au tamis fin et travailler vivement avec la maryse dans un bol posé sur de la glace. Filmer au contact et réserver une heure au réfrigérateur.

Effeuiller l’estragon, ciseler finement et réserver. Peler la truffe, hacher très finement la peau et réserver le reste pour une autre préparation.

Mélanger l’estragon et la truffe avec l’appareil à quenelles, filmer au contact et réserver une paire d’heure ou idéalement toute une nuit au réfrigérateur.

Porter le bouillon de volaille à soixante quinze degrés. Former les quenelles en trempant une cuillère à café dans le bouillon chaud et en raclant la masse. Égaliser avec une seconde cuillère trempée elle aussi dans le bouillon et faire pocher quelques minutes de chaque côté jusqu’à ce qu’elles soient fermes sous le doigt. Transférer sur une plaque et réserver.

2. Préparation du ris de veau

Faire tremper le ris de veau une heure dans un bol d’eau froide légèrement vinaigrée. Le faire égoutter, porter une casserole d’eau à frémissement et faire pocher une dizaine de minutes. Rafraîchir dans une glaçante et peler soigneusement.

Porter le bouillon de volaille avec tous les éléments de garniture à frémissement et faire cuire le ris de veau une demi heure. Faire égoutter sous presse, sécher et détailler en bouchées régulières.

3. Préparation des crêtes et des rognons de coq

Piquer les crêtes et les faire tremper avec les rognons dans un bol d’eau froide légèrement salée et vinaigrée pendant une heure. Porter une casserole d’eau à frémissement et faire pocher les crêtes les unes après les autres une quinzaine de secondes. Peler immédiatement à chaud. Peler également les rognons une petite minutes pour pouvoir les peler.

Mélanger la farine, le sel et le jus de citron, fouetter vivement et détendre avec un peu d’eau. Verser cette préparation dans une casserole, couvrir largement d’eau, porter à frémissement et faire cuire les crêtes et les rognons une petite demi heure. Faire égoutter et sécher et parer les crêtes.

4. Montage et cuisson du feuilletage

Abaisser le feuilletage sur deux millimètres et détailler des cercles de douze centimètres à l’aide d’un emporte-pièce coupant. Marquer le centre avec un second emporte-pièce de dix centimètres, dorer la bordure une première fois, réserver au réfrigérateur une vingtaine de minutes puis dorer une seconde fois.

Préchauffer le four à cent quatre vingt degrés chaleur tournante. Placer les abaisses de feuilletage sur une plaque parcheminée. Poser aux quatre angles de petits écrous ou de petits emporte-pièces d’environ six centimètres de hauteur, poser dessus une feuille de papier cuisson puis une grille. Faire cuire les feuilletages vingt cinq minutes, la grille placée au dessus conduira la poussée et permettra une levée uniforme. Retirer la grille et terminer la cuisson une petite dizaine de minutes. Couper le centre avec un couteau, enfourner cinq minutes supplémentaires à cent soixante degrés pour achever la cuisson à cœur.

5. Finitions et dressage

Faire chauffer un sautoir sur feu vif. Ajouter une noix de beurre et faire saisir les morceaux de ris de veau pour qu’ils soient bien dorés. 

Laver, parer et essuyer les champignons. Les ajouter au sautoir ainsi que le jambon taillé en petits dés réguliers. Laisser cuire cinq minutes puis ajouter les crêtes et les rognons.

Retirer les noyaux des olives, les ajouter au sautoir puis déglacer avec le madère. Laisser réduire à glace et ajouter le jus de rôti. Porter à frémissement, ajouter les quenelles et laisser mijoter une dizaine de minutes à feu très doux.

Terminer par la crème, laisser bouillir quelques minutes pour épaissir le mélange. Vérifier l’assaisonnement et corriger si nécessaire.

Disposer les feuilletages chauds dans les assiettes, garnir généreusement, saucer et servir aussitôt.

Déguster très chaud avec une bouteille d’excellent vin blanc. Pourquoi pas un Tokaj.

Vol-au-vent © Renards Gourmets
Vol-au-vent © Renards Gourmets

Petits choux à la crème et au craquelin

Petits choux à la crème vanillée et au craquelin

Petits choux © Renards Gourmets
+/- 30 choux
difficulté : moyen
coût : bon marché
+/- 4 heures
 
Ingrédients :
 
Pour la crème pâtissière

500 g de lait frais entier
une gousse de vanille

4 jaunes d’œufs
75 g de sucre
25 g de fécule
25 g de farine
35 g de beurre froid
 
Pour la pâte à choux

125 g d’eau
125 g de lait
4 g de sucre
2 g de sel
115 g de beurre
125 g de farine
4 ou 5 œufs (soit 210 g)

Pour le craquelin

50 g de beurre
60 g de sucre roux complet (type Muscovado)
60 g de farine
une pincée de fleur de sel

Les petits choux à la crème sont absolument irrésistibles. Ils se consomment garnis ou non. Surmontés d’un craquelin ou d’une couche de caramel. Peuvent être employés pour réaliser un croquembouche, un Saint-Honoré, un Paris-Brest, des profiteroles ou d’autres pâtisseries plus succulentes les unes que les autres.

Nous avons aussi collaboré pour cette photographie avec la maison Bernardaud avec ce fabuleux ravier Aux Rois or. Il faut se faire à l’idée du raffinement et de la beauté de ces motifs, inspirés des boiseries du plafond du Château de Fontainebleau. C’est une immense fierté, de nouveau, de nous associer à une maison historique qui produit de telles splendeurs. Existant sous le nom de Bernardaud (pour Léonard Bernardaud) depuis 1900, la maison est une affaire familiale depuis six générations (et jusqu’à aujourd’hui) et une entreprise du « patrimoine vivant ». C’est un terme, une expression, que nous aimons beaucoup, qui représente pour nous, ce qui devrait prédominer en France. Soit des entreprises qui continuent, dans l’idéal dans un principe de transmission, de valoriser et de faire exister les beaux savoir-faire qui font la fierté et la gloire de la France.

1. Préparation de la crème pâtissière

Verser le lait dans une casserole. Couper la gousse de vanille en deux, fendre les morceaux dans la longueur et glisser la lame d’un couteau tout du long pour extraire un maximum de graines. Placer le tout dans le lait, porter à ébullition, couper le feu, couvrir d’une couche de film alimentaire supportant la cuisson et laisser complètement refroidir. Retirer la gousse de vanille et le film.

Clarifier les œufs, fouetter les jaunes et le sucre vivement pour faire blanchir l’appareil. Tamiser la farine et la fécule et verser en une seule fois sur les œufs en fouettant.

Porter le lait de nouveau à ébullition et verser sur la préparation en mélangeant. Remettre l’ensemble sur le feu et faire cuire en remuant jusqu’à épaississement complet. La crème doit être serrée.

Placer dans une jatte et ajouter le beurre froid coupé en petits cubes. Mélanger parfaitement, filmer au contact et réserver au réfrigérateur.

2. Préparation de la pâte à choux

Verser le lait, l’eau, le beurre coupé en petits cubes, le sucre et le sel dans une casserole. Laisser fondre le beurre sur feu doux puis porter à ébullition et tirer du feu. Ajouter la farine tamisée en une seule fois en fouettant vivement puis faire sécher sur feu doux en travaillant la pâte avec une maryse jusqu’à ce qu’une peau de lait se forme au fond de la casserole. Transférer dans la cuve d’un robot et laisser tourner jusqu’à ce que la température atteigne quarante cinq degrés. Battre les œufs en omelette et les incorporer progressivement tant que la pâte peut en absorber et jusqu’à ce qu’elle soit lisse et brillante et forme un ruban. Transférer dans un sac à poche muni d’une douille et réserver une paire d’heure au réfrigérateur.

3. Préparation du craquelin

Rendre pommade le beurre, ajouter le sucre et mélanger intimement. Ajouter la farine et le sel et travailler cette pâte jusqu’à ce qu’elle soit homogène. L’abaisser sur deux millimètres entre deux feuilles de papier cuisson. Réserver au réfrigérateur.

4. Montage des choux

Chemiser une plaque de cuisson allant au four avec une feuille de papier, la faire adhérer aux quatre angles avec un peu d’appareil à choux. Pocher les choux en quinconce et en conservant de l’espace afin qu’ils puissent se développer. 

Tailler le craquelin avec un petit emporte pièce et masquer chaque chou avec un disque en pressant légèrement. Réserver cette plaque au congélateur une vingtaine de minutes.

5. Cuisson des choux

Préchauffer le four à cent soixante degrés en position statique et enfourner les choux pendant quarante cinq minutes ou plus en fonction de la taille.

Transférer délicatement sur une grille et laisser refroidir.

6. Finitions et dressage

Percer le dos de chaque chou avec une baguette.

Fouetter vivement la crème pâtissière pour la détendre et placer dans une poche munie d’une douille plus petite que la première. Introduire la douille dans les choux et garnir à satiété.

Disposer les choux sur un plat de service et déguster avec une tasse de thé, de café ou un chocolat chaud.

Les choux sont meilleurs le jour même mais se conservent une nuit au réfrigérateur sous un film.

Petits choux © Renards Gourmets
Petits choux © Renards Gourmets

Dinde à la rôtissoire, crosnes et châtaignes au jus

Dinde à la rôtissoire, crosnes et châtaignes au jus

Dinde aux crosnes et aux châtaignes © Renards Gourmets
10/12 personnes
difficulté : moyen
coût : cher
+/- 4 heures
+ 3 jours de repos
 
Ingrédients :
 
Pour la dinde

une dinde de 4,5 kilos environ
10 litres d’eau
48 g de sel par litre
21 g de miel de bruyère (idéalement)
1/2 l de vinaigre de cidre
7 gousses d’ail

4 feuilles de laurier
une poignée de gros sel
 
Pour la garniture

un kilo de châtaignes
un kilo de crosnes très frais
huile de friture
sel fin
sel et poivre
15 cl de cognac
50 cl de jus de volaille

Pour la sauce


50 cl de miel de bruyère (idéalement)
5 cl de vinaigre de coing
2,5 cl de bitter (Angostura ou Peychaud)
10 cl de cognac
10 cl de porto
10 cl de vin rouge
25 cl de jus de volaille
sel et poivre

La dinde ou poule d’inde est une volaille d’exception, incontournable des fêtes de fin d’année. Thanksgiving aux Etats-Unis et Noël en Europe. Nous l’aimons lorsqu’elle est lentement rôtie à la cheminée, avec les châtaignes et les crosnes de notre jardin. Le lendemain, on obtient avec sa carcasse un jus des plus savoureux.

Pour cette recette nous avons sélectionné une dinde du Gers de chez Xavier Abadie. Un élevage gascon sur les coteaux de l’Astarac qui propose des volailles de fêtes d’une qualité gustative magnifique. L’élevage est évidemment en plein air, la nourriture est composée de maïs et de lait, la chair est fondante, grasse comme il se doit, d’une densité et d’une texture parfaite. Le plumage est fait à sec, comme cela devrait toujours être, pour préserver les chairs. A noter la spécificité de cette race que Xavier, véritable passionné, a contribué à préserver, la poule noire gasconne.

Nous avons aussi collaboré pour cette photographie avec la maison Bernardaud avec cette fabuleuse assiette Aux Rois or. Il faut se faire à l’idée du raffinement et de la beauté de ces motifs, inspirés des boiseries du plafond du Château de Fontainebleau. C’est une immense fierté, de nouveau, de nous associer à une maison historique qui produit de telles splendeurs. Existant sous le nom de Bernardaud (pour Léonard Bernardaud) depuis 1900, la maison est une affaire familiale depuis six générations (et jusqu’à aujourd’hui) et une entreprise du « patrimoine vivant ». C’est un terme, une expression, que nous aimons beaucoup, qui représente pour nous, ce qui devrait prédominer en France. Soit des entreprises qui continuent, dans l’idéal dans un principe de transmission, de valoriser et de faire exister les beaux savoir-faire qui font la fierté et la gloire de la France.

1. Préparation de la dinde

Vider la dinde et réserver ses abats et la graisse pour une autre préparation. Ajouter une poignée de gros sel, le laurier et l’ail en chemise à l’intérieur de l’animal et brider fermement en cousant l’orifice et en rabattant la peau.

Dans une très grande casserole pouvant largement contenir la dinde, placer l’eau, le miel, le vinaigre et le sel. Porter à ébullition puis plonger à la dinde à l’intérieur et laisser pocher pendant dix minutes. Transférer immédiatement dans une bassine d’eau glacée puis faire égoutter parfaitement. Placer sur une grille et réserver au réfrigérateur à découvert pendant trois jours.

2. Cuisson de la dinde

Préparer un bon feu de bois, embrocher la dinde, activer le tournebroche et placer le dispositif à trente centimètre des flammes. Placer la lèchefrite sous l’animal et laisser cuire pendant trois heures environ en arrosant régulièrement avec la graisse et le jus rendu. La température au cœur des filets doit atteindre cinquante cinq degrés.

3. Préparation de la garniture

Inciser la peau des châtaignes avec un couteau d’office et faire frire quelques minutes dans une grande casserole d’huile portée à cent quatre vingt degrés. Faire égoutter sur un papier absorbant puis décortiquer à chaud et réserver.

Placer les crosnes dans un torchon avec une poignée de sel. Frotter vivement pour éliminer la peau. Rincer et sécher les crosnes.

Faire blanchir les crosnes une paire de minutes dans une casserole d’eau bouillante fortement salée. Rafraîchir dans une glaçante puis faire égoutter et sécher parfaitement.

Récupérer quelques cuillères de graisse de cuisson dans la lèchefrite. Placer dans un sautoir et faire sauter les crosnes quelques minutes pour leur donner une légère teinte havane. Réserver dans un plat. Ajouter les châtaignes, laisser dorer quelques minutes, verser le cognac, donner une ébullition, couvrir et laisser mijoter dix minutes. Réunir les crosnes et les châtaignes, ajouter le jus de volaille, donner une ébullition et laisser réduire à glace à découvert. Saler et poivrer puis tenir chaud.

4. Préparation de la sauce

Laisser reposer le dindon dans l’âtre une quinzaine de minutes à soixante centimètre des flammes. Débrocher et laisser tout le jus s’écouler. Laisser ensuite reposer pendant quarante cinq minutes à environ soixante degrés.

Filtrer le jus pour séparer la graisse de celui-ci.

Dans une casserole faire caraméliser le miel à sec. Ajouter le vinaigre, laisser réduire à sec, ajouter le bitter et laisser réduire de moitié. Ajouter le cognac et laisser réduire aux deux tiers. Ajouter ensuite le porto, laisser réduire de moitié puis ajouter le vin, le jus de volaille et celui de dindon. Porter à ébullition puis laisser mijoter pendant vingt minutes. Corriger l’assaisonnement et lier la sauce avec un peu d’arrow root. Transférer dans le sautoir contenant la garniture avec une passette. Porter à frémissement et tenir chaud.

5. Finitions et dressage

Disposer la dinde dans un plat de service et la garniture avec sa sauce dans un légumier en argent très chaud.

Trancher la dinde devant les convives et servir. Déguster très chaud avec un excellent vin.

Dinde aux crosnes et aux châtaignes © Renards Gourmets
Dinde aux crosnes et aux châtaignes © Renards Gourmets
Dinde aux crosnes et aux châtaignes © Renards Gourmets
Dinde aux crosnes et aux châtaignes © Renards Gourmets
Dinde aux crosnes et aux châtaignes © Renards Gourmets

Foie gras grillé en terrine

Foie gras de canard grillé en terrine

Foie gras grillé en terrine © Renards Gourmets
6 personnes
difficulté : facile
coût : cher
+/- 30 minutes
+ 3 jours de repos
 
Ingrédients :
 
un foie gras de canard d’environ 500 g
sel fumé
poivre noir de Sarawak

Cette terrine de foie gras grillé s’inspire d’une très ancienne recette française remontant au XVIIe siècle. A l’époque le foie gras est emballé dans une crépine de porc rôti à la broche ou grillé sur la braise et mis en pot. Cet usage de la Grande Cuisine à progressivement disparu des tables princières mais a su être préservé par le bon sens paysan en pays de Cocagne. Le célèbre chef du Carré des Feuillants Alain Dutournier, aujourd’hui retiré confie que sa mère préparait ainsi les foie gras restants après que les vachers de Gascogne eussent dégusté leurs repas. Les tranches de foie étaient passées au grill de la cheminée, montées par couches et mises au repos. Enfant, Alain Dutournier s’en régalait alors quelques jours plus tard avec un peu de pain. Il a ensuite adapté cette recette dans son restaurant et commercialisé cette terrine en collaboration avec l’excellente maison Barthouil. 

Cette recette ne représente aucune difficulté, il faut néanmoins respecter quelques principes fondamentaux.

Avoir un foie gras frais d’une extrême qualité, très frais, emballé dans du papier, non mis sous-vide et surtout non dévéiné. Nous achetons le notre directement à la ferme dans le Gers. Posséder une poêle en fonte et une petite terrine ovale pouvant tout juste contenir le foie et enfin, respecter les indications indiquées ci-dessous.

Nous avons dégusté cette délicieuse terrine avec une merveilleuse bouteille de Rivesaltes Ambré (2019) du Domaine des Mille Vignes. Ce vin doux est élaboré à partir de Grenache gris. Son goût de miel d’acacia est admirable avec les notes grillées du foie gras.  

1. Préparation du foie gras

Sortir le foie gras au tout dernier moment. Séparer le petit lobe du gros lobe et tailler des tranches de trois centimètres avec une lame bien affûtée. 

Faire chauffer une poêle en fonte sur un feu vif, soit directement dans la cheminée sur des braises ardentes, soit sur une plaque de cuisson.

Saler généreusement les tranches sur les deux faces une par une. Appuyer légèrement pour le faire pénétrer et faire saisir à sec les morceaux de foie gras l’un après l’autre une minute sur chaque face en pressant légèrement. Débarrasser au fur et à mesure directement dans la terrine en rapprochant les tranches les unes des autres le plus possible. Une fois que la première couche est réalisée, poivrer très généreusement avec du poivre fraîchement moulu et procéder ainsi jusqu’à épuisement des éléments. La terrine devrait pouvoir contenir deux couches. Terminer par le poivre puis filtrer la graisse de cuisson qui ne doit surtout pas être brûlée et réserver. Poser une feuille de papier sur la terrine et presser fermement avec un poids de deux kilos. Laisser prendre une paire d’heures au frais, retirer le papier, réchauffer légèrement la graisse pour la liquéfier et la verser fondue mais froide sur la terrine pour créer un couvercle d’opacité. Placer au frais avec le couvercle en porcelaine et laisser reposer ainsi pendant trois jours. 

2. Finitions et dressage

Verser de l’eau très chaude dans un sautoir. Poser la terrine à l’intérieur, glisser une lame de couteau rond tout autour pour décoller le foie gras des parois. Soulever la terrine, sécher le dessous puis retourner sur une assiette de service. Présenter aux convives puis découper en tranches d’un centimètre avec une lame affûtée passée sous un filet d’eau très chaude et bien essuyée. 

Déguster cette merveilleuse terrine de foie gras grillé avec un bon pain craquant, un verre de Rivesaltes et ce que vous aimez comme condiment.

Foie gras grillé en terrine © Renards Gourmets
Foie gras grillé en terrine © Renards Gourmets
Foie gras grillé en terrine © Renards Gourmets