Gougères à la sauce Mornay

Gougères de Bourgogne à la sauce Mornay

Gougères © Renards Gourmets
20 gougères
difficulté : moyen
coût : bon marché
+/- 1 heure
 
Ingrédients :
 
Pour les gougères

60 g de lait frais entier
60 g d’eau
2,5 g de sel fin
noix de muscade
poivre blanc du Penja
55 g de beurre
75 g de farine T45
125 g d’œuf
25 g de comté
 
Pour la sauce Mornay

20 g de beurre
20 g de farine
125 g de lait frais entier
2 g de sel
0,5 g de poivre blanc de Penja
noix de muscade
25 g de comté

Originaire de Bourgogne, la gougère est l’une des béatitudes de l’existence. Simples et peu onéreuses, elles se dégustent en nombre. La première mention de cette recette semble remonter au XIVe siècle, il s’agit alors d’une tarte au fromage appelée « goiere ». 

Pour la bonne réussite de cette recette il est important que les gougères restent blondes et très souples. Il ne faut pas non plus exagérer avec la sauce Mornay afin que le juste équilibre entre les deux éléments soit respecté.

On peut si on le désire ajouter sur les gougères un craquelin aux noix, vin jaune et comté.

1. Préparation des gougères

Disposer le lait, l’eau, le sel et le beurre dans une casserole à fond épais. Ajouter une râpée de noix de muscade et une pincée de poivre blanc fraîchement moulu. Porter à frémissement pour faire fondre le beurre puis ajouter la farine en une seule fois hors du feu. Travailler avec une maryse pour incorporer la farine, lisser puis remettre sur le feu et laisser cuire quelques minutes en mélangeant toujours avec la maryse pour assécher l’appareil. Une fine « peau » doit se former au fond de la casserole. Transférer dans un saladier et laisser tiédir en continuant de travailler la pâte.

Ajouter les œufs battus progressivement pour les incorporer parfaitement. Les gestes ne doivent pas être trop vifs afin d’éviter d’incorporer de l’air. Ajouter enfin le comté fraîchement râpé et mélanger intimement. Transférer dans une poche munie d’une douille lisse.

Préchauffer le four à 145°C chaleur tournante. Chemiser une plaque d’une feuille de papier cuisson. Le coller aux quatre coins avec un peu d’appareil puis former les gougères à la poche en les espaçant et en les moulant en quinconce. Enfourner une demi heure environ ou jusqu’à ce qu’elles soient légèrement blondes.

2. Préparation de la sauce Mornay

Faire fondre le beurre dans une casserole, ajouter la farine en une fois et fouetter pour mélanger. Laisser cuire jusqu’à ce que la préparation mousse puis verser le lait froid en une seule fois tout en continuant de mélanger. Laisser épaissir quelques minutes sur un feu moyen puis ajouter le sel, le poivre, une râpée de muscade. Ajouter enfin le comté râpé, mélanger puis transférer sur une plaque pour faire refroidir rapidement. Filmer au contact et réserver au froid.

Transférer dans une poche munie d’une douille plus petite et réserver.

3. Finitions et dressage

Piquer l’arrière des gougères avec la douille de la poche contenant la sauce Mornay et garnir à chaud jusqu’à ce que la préparation déborde. Lisser et transférer directement dans un plat de service. Procéder ainsi jusqu’à épuisement des éléments.

Déguster les gougères tièdes avec un verre de vin de Bourgogne.

Gougères © Renards Gourmets
Gougères © Renards Gourmets

Chapon à la broche, cardons au jus

Chapon rôti à la broche, cardons au jus, purée de pommes de terre

Chapon aux cardons © Renards Gourmets
6 personnes
difficulté : moyen
coût : cher
+/- 5 heures
+ 4 jours de préparation
 
Ingrédients :
 
Pour le chapon

un beau chapon du Gers dans sa toile de Lectoure
gros sel
miel de tilleul
poivre en grain
laurier sec
une tête d’ail
un citron
 
Pour les cardons

un demi pied de cardon bien étiolé
gros sel
un citron
une c.a.s de farine
un morceau de mie de pain
 
Pour la purée de pommes de terre
 
500 g de pommes de terre Bintje
200 g de beurre
un peu de lait
poivre blanc de Penja
noix de muscade
sel
 
Pour les cardons au jus

vinaigre de vin rouge
poivre de Sarawak

Pour les finitions

beurre

Le chapon cuit à la broche et accompagné de cardons au jus est l’un des plats traditionnels de Noël en Provence. Autrefois les familles cultivaient au moins un pied du géant des potagers rien que pour cette occasion. Nous avons reproduit cet usage.

La chair fine, sapide et grasse du chapon se marie admirablement avec ce légume gorgé du jus de la lèchefrite. Nous avons ajouté une belle purée très souple pour plus de gourmandise.

Pour cette recette nous avons sélectionné un chapon du Gers de chez Xavier Abadie. Un élevage gascon sur les coteaux de l’Astarac qui propose des volailles de fêtes d’une qualité gustative magnifique. L’élevage est évidemment en plein air, la nourriture est composée de maïs et de lait, la chair est fondante, grasse comme il se doit, d’une densité et d’une texture parfaite. Le plumage est fait à sec, comme cela devrait toujours être, pour préserver les chairs. A noter la spécificité de cette race que Xavier, véritable passionné, a contribué à préserver, la poule noire gasconne.

On peut évidemment décider de faire cuire le chapon au four mais le rôtissage lent du feu de bois apporte un goût et surtout une consistance unique à la chair des volailles qui restent juteuses et souples cachées sous une peau croustillante et ambrée.

1. Préparation de la saumure

Remplir une très grande casserole avec trois litres d’eau. Ajouter 48 g de sel par litre ainsi qu’une bonne prise de poivre en grain, une cuillère à soupe de miel de tilleul, un citron coupé en quatre, cinq feuilles de laurier coupées en deux et une tête d’ail écrasée. Porter à ébullition en fouettant puis laisser complètement refroidir.

Bucler et vider le chapon, séparer le cou, éliminer la tête, retirer les pointes des ailerons, inciser les pattes à la jointure, retirer les nerfs avec une fourchette. Tremper les pattes dans une bassine d’eau chaude, peler les écailles avec un torchon. Rabattre la peau du cou sur le dos et immerger dans la saumure froide. Laisser reposer pendant vingt quatre heures. Réserver les abats et la graisse pour une autre préparation.

Faire égoutter le chapon, éliminer la saumure et placer sur une grille ou suspendre au réfrigérateur avec un crochet et laisser sécher pendant trois jours en disposant une petite plaque en dessous.

Brider le chapon avec de la ficelle à rôtir.

2. Préparation des cardons

Nettoyer soigneusement le pied de cardon, séparer les cardes, ébarber les côtés, retirer les fils, l’excès des côtes et la peau interne. Séparer en morceaux de cinq ou six centimètres et immerger immédiatement dans une bassine d’eau citronnée.

Mélanger la farine, le gros sel et le jus de citron dans une grande casserole. Ajouter un peu d’eau et fouetter vivement jusqu’à l’obtention d’un mélange homogène. Couvrir largement d’eau, ajouter les cardons et la mie de pain. Porter à frémissement, couvrir et laisser mijoter pendant une heure.

Faire égoutter les cardons qui doivent être très blancs, tendres et non filandreux. Laisser tiédir puis tailler en petits morceaux et réserver.

3. Préparation du tournebroche

Préparer un bon feu de cheminée et chambrer le chapon une bonne heure à température ambiante.

Monter la broche fermement, badigeonner le chapon d’huile et actionner le tournebroche. La broche doit être placée à trente centimètre du feu. Placer une lèchefrite en dessous, ajouter un verre d’eau et laisser cuire entre trois et quatre heures en arrosant régulièrement. Sonder les filets à 60°C à cœur. Approcher les braises du chapon en fin de cuisson pour faire colorer la peau.

4. Préparation des pommes de terre

Préchauffer le four à 180°C.

Disposer les pommes de terre en robe des champs sur un lit de gros sel et enfourner pendant une heure et demi.

5. Finitions du chapon

Débrocher le chapon, abaisser la température du four à 60°C. Placer les pattes en l’air dans un plat au four et laisser reposer une demi heure.

6. Préparation des cardons au jus

Dégraisser soigneusement la lèchefrite pour séparer le jus du gras. Disposer une cuillère à soupe de graisse dans un sautoir et faire sauter les cardons. Déglacer avec une rasade de vinaigre, faire réduire à sec puis mouiller à hauteur de jus de cardon. Laisser mijoter jusqu’à ce que le jus soit très réduit et les cardons bien enrobés. Poivrer, disposer dans un plat à gratin et enfourner dans un second four préchauffé à 180°C. Laisser gratiner légèrement puis placer dans le four tempéré avec le chapon.

7. Préparation de la purée

Peler la pomme de terre à chaud, récupérer la pulpe et tamiser une paire de fois. Disposer dans une cocotte et ajouter le beurre très froid progressivement en fouettant vivement. Ajouter le lait chaud, assaisonner et vérifier la consistance. Placer une feuille de papier cuisson au contact de la purée et réserver sur le coin du fourneau.

8. Finitions et dressage

Placer le jus de chapon dans une casserole, faire chauffer, vérifier l’assaisonnement, le corser avec un trait de vinaigre puis chinoiser et monter d’une noisette de beurre froid.

Lever les différents membres du chapon en gardant toujours la peau placée vers le haut pour éviter qu’elle ne baigne dans le jus. Diviser les morceaux en fonction des convives et des désirs et placer harmonieusement dans un plat de service bien chaud. Verser la purée fouettée une dernière fois dans un plat de service en argent bien chaud. Garnir d’un peu de jus. Servir les cardons dans leur plat à gratin et déguster très chaud avec un très bon vin.

Chapon aux cardons © Renards Gourmets
Chapon aux cardons © Renards Gourmets
Chapon aux cardons © Renards Gourmets
Chapon aux cardons © Renards Gourmets
Chapon aux cardons © Renards Gourmets
Chapon aux cardons © Renards Gourmets
Chapon aux cardons © Renards Gourmets
Chapon aux cardons © Renards Gourmets
Chapon aux cardons © Renards Gourmets

Cardons au gratin à la Rossini

Cardons au gratin d'après Rossini

Cardons Rossini © Renards Gourmets
2/4 personnes
difficulté : facile
coût : bon marché
+/- 2 heures
 
Ingrédients :

la moitié d’un beau pied de cardon
2 citrons (ou de l’acide ascorbique)

2 c.a.s de farine de ménage
une poignée de gros sel
3 morceaux de mie de pain

45 g de beurre
30 g de farine
45 cl de lait frais entier
poivre blanc de Penja
sel

parmesan
beurre

Nous devons cette merveilleuse recette au fameux compositeur italien Gioachino Rossini.

Les cardons sont rarement disponibles sur les étals des maraîchers, raison pour laquelle nous avons décidé d’en planter quelques pieds dans notre potager. Les semis se font en mars, le repiquage après les gelées, à partir de là, le cardon va pousser de façon spectaculaire. Après les premiers gels de novembre, on pourra étioler les cardons en les ficelant et en les privant de lumière sous une toile de jute. Au bout de trois semaines les cardes seront blanches et dépourvues d’amertume. Elles peuvent alors être récoltées et cuisinées. Après les gelées les cardes ne sont jamais creuses nous dit Antonin Carême. Il nous recommande également d’ajouter quelques morceaux de mie de pain au blanc de cuisson afin d’éliminer l’amertume restante.

La préparation du cardon est un peu longue et demande du soin, les fibres peuvent se montrer coriaces, il faut donc être patient et minutieux.

Cette version du gratin de cardon est très délicate et diffère de ce qui se fait à Marseille avec les filets d’anchois et le persil ou dans le Bugey avec la moelle. Elle n’est pas moins bonne et accompagne parfaitement une belle volaille rôtie à la chaleur des flammes de la cheminée.

En saison on peut largement agrémenter ce plat d’une pluie de lames de truffes, blanches ou noires.

1. Préparation du pied de cardon

Éliminer toutes les côtes creuses ou endommagées. Ébarber les bordures des côtes pour retirer les épines et les feuilles. Préparer un saladier d’eau froide largement citronnée. Éliminer les cannelures qui se trouvent sur l’extérieur des cardes, tirer les fibres avec un petit couteau d’office puis retirer la peau qui se trouve dans la partie creuse. Tailler en tronçons de cinq ou six centimètres et immerger immédiatement dans l’eau citronnée. Procéder ainsi avec l’ensemble des cardes.

Rassembler la farine, le jus de citron et le sel dans une grande casserole, fouetter vivement avec un peu d’eau pour obtenir un mélange homogène. Couvrir largement d’eau, ajouter les cardons égouttés et les morceaux de pain. Porter à frémissement, couvrir et laisser mijoter pendant une heure.

Faire égoutter les cardons, éliminer les morceaux de pain. Les morceaux doivent être très blancs, tendres, sans fibres et sans amertume.

2. Préparation de la béchamel

Faire fondre le beurre dans une casserole, ajouter la farine en une seule fois, fouetter jusqu’à ce que le mélange mousse vivement. Verser le lait froid en une seule fois tout en remuant et mélanger jusqu’à ce que la béchamel épaississe. Elle doit se tenir mais demeurer fluide. Assaisonner de haut goût.

3. Préparation du gratin

Beurrer grassement un plat à gratin en cuivre. Coucher un peu de béchamel au fond du plat, répartir harmonieusement puis garnir de cardons placés de manière régulière. La composition doit être serrée. Garnir de béchamel puis poudrer de parmesan. Renouveler l’opération en montant une couche de cardons, une de béchamel et une de parmesan. Le gratin doit être haut de trois couches de cardes et ce sont la béchamel et le parmesan qui doivent en achever la composition.

4. Finitions et dressage

Préchauffer le four à 180°C puis enfourner le gratin pour une trentaine de minutes. La coloration doit être lente et uniforme. Laisser reposer une paire de minutes puis servir seul ou en garniture d’une belle volaille rôtie à la broche ou pochée.

Cardons Rossini © Renards Gourmets
Cardons Rossini © Renards Gourmets
Cardons Rossini © Renards Gourmets
Cardons Rossini © Renards Gourmets

Meurette d’œuf de poule à la bourguignonne

Meurette d’œuf de poule, croûtons et jambon dorés, miroir de vin

Œufs en meurette © Renards Gourmets
2 personnes
difficulté : moyen
coût : bon marché
+/- 1 heure
 
Ingrédients :
 
Pour le miroir

35 cl de vin rouge de Bourgogne
2 échalotes grises
une gousse d’ail
5 grains de poivre de Sarawak
3 tiges de persil
 
Pour la sauce

10 cl de fond brun de veau

Pour la garniture

2 tranches de pain de campagne un peu rassis
une tranche de jambon fumé très épaisse

beurre

2 œufs de poule très frais
vinaigre de vin blanc
 
Pour les finitions
 
beurre
sel et poivre
feuilles de persil
 

On ne connaît malheureusement pas l’origine des œufs en meurette ou à la meurette mais ils dérivent très certainement du civet d’œufs, une recette du XVIIe siècle fort savoureuse dans laquelle les œufs sont accompagnés d’oignons fondus au vin et au vinaigre. Il existe deux manières de procéder, un pochage des œufs à l’eau vinaigrée ou bien directement dans la sauce au vin. Cette seconde méthode permet d’obtenir des œufs violacés. La première préserve leur blancheur. Depuis 2020 le château du fameux Clos de Vougeot en Côte d’Or organise le Championnat du monde de l’œuf en meurette.

Nous avons remplacé les traditionnels lardons par du jambon fumé dont nous préférons la rondeur pour cette recette.

Il va sans dire que cette entrée se déguste avec un vin de Bourgogne.

1. Préparation du miroir de vin

Ciseler le plus finement possible les échalotes, écraser l’ail et concasser le poivre en mignonnette. Disposer dans une casserole à fond épais. Ajouter le sucre, le vin et les tiges de persil. Porter à frémissement puis laisser réduire sur feu doux jusqu’à l’obtention d’une consistance sirupeuse.

2. Préparation de la sauce

Ajouter le fond de veau au miroir de vin, mélanger et laisser mijoter une dizaine de minutes sur un feu très doux. Chinoiser en foulant et réserver.

3. Préparation des croûtons et du jambon

Parer les tranches de pain de campagne puis détailler de gros croûtons réguliers. Tailler le jambon de même.

Faire chauffer une noix de beurre dans une sauteuse, ajouter les croûtons et les faire dorer sur toutes les faces. Faire égoutter sur une feuille de papier absorbant. Changer le beurre puis faire sauter le jambon pour le faire très légèrement dorer. Faire également égoutter.

4. Préparation des œufs pochés

Casser chaque œuf dans une petite coupelle. Porter une grande casserole d’eau à ébullition, ajouter le vinaigre, former un tourbillon avec une cuillère et faire pocher les œufs durant trois minutes.

Rafraîchir immédiatement dans une glaçante pour stopper la cuisson et faire égoutter sur une feuille de papier absorbant.

5. Finitions et dressage

Monter la sauce chaude avec quelques noisettes de beurre en la vannant. Corriger l’assaisonnement en sel et en poivre. Réchauffer les croûtons et le jambon ensembles. Disposer les œufs dans des assiettes chaudes. Ajouter la garniture, quelques feuilles de persil et masquer les œufs de sauce très chaude et bien liée. Déguster immédiatement avec un verre de vin de Bourgogne.

Œufs en meurette © Renards Gourmets
Œufs en meurette © Renards Gourmets

Cappellacci de Ferrare à la courge

Cappellacci de Ferrare à la courge, un ragoût de cochon pour les saucer

Cappellacci ferraresi © Renards Gourmets
4 personnes
difficulté : moyen
coût : bon marché
+/- 2 heures
+ une nuit de repos
 
Ingrédients :
 
Pour la courge

450 g de courge
huile d’olive
sel, poivre
noix de muscade
100 g de parmesan fraîchement râpé
 
Pour la pâte

68 g de farine de type 00
68 g de semoule extra-fine
100 g de jaunes d’œufs très frais
 
Pour la sauce

200 g de chair à saucisse
saindoux
un oignon paille
une gousse d’ail
un petit piment
quelques feuilles de sauge
2 c.a.s de concentré de tomate
un verre de vin blanc sec
25 cl environ de bouillon de volaille
sel et poivre
 
Pour les finitions
 
gros sel
beurre
parmesan

Les cappellacci sont la spécialité de la superbe ville de Ferrare en Emilie-Romagne, ils portent d’ailleurs le nom de cappellacci ferraresi. Cette recette remonte au XIVe siècle comme l’atteste le document Dello Scalco de Giovan Battista Rossetti, sculpteur à la cour de la puissante famille d’Este et d’Alphonse II. Le mot cappellacci ou cappellaccio au singulier dérive de caplaz, un chapeau de paille paysan typique de la région ou simplement de cappeletto qui signifie chapeau. On pense immédiatement aux couvres-chefs pointus de la fin du Moyen-Âge portés par un fameux archer de la forêt de Sherwood.

Ils peuvent être servis avec une sauce au beurre parfumée de sauge ou un ragoût de porc comme ici.

C’est idéalement la courge violine de Ferrare qui doit être employée pour cette recette mais à défaut, de la courge de Mantoue ou une courge Musquée de Provence fera l’affaire. Elle ne doit dans tous les cas pas être aqueuse.

Cette recette est excellente par sa simplicité et diffère de la version plus opulente de Mantoue que nous adorons aussi et dont nous donnons les détails ici.

1. Préparation de la farce

Préchauffer le four à 200°C.
Couper la courge en quartiers, badigeonner légèrement d’huile et disposer sur un lit de gros sel posé sur une plaque. Enfourner pour une vingtaine de minutes ou jusqu’à ce que la courge soit très tendre. Laisser tiédir puis peler et réduire en purée avec une fourchette. Laisser refroidir, saler, poivrer, ajouter une généreuse râpée de noix de muscade et le parmesan. Mêler intimement, filmer au contact et réserver au réfrigérateur.

2. Préparation de la pâte

Combiner la farine et la semoule dans une jatte, clarifier les œufs, ajouter les jaunes et mélanger jusqu’à l’obtention d’une boule. Travailler cette pâte sur une planche en bois en la repliant sur elle-même en pressant durant une vingtaine de minutes. Elle doit être très souple, lisse et homogène. Filmer au contact et laisser reposer toute une nuit au réfrigérateur.

3. Préparation de la sauce

Faire chauffer une noisette de saindoux dans un sautoir, ajouter la chair à saucisse et la laisser roussir en ne la mélangeant pas trop souvent. Ciseler très finement l’oignon, l’ajouter et laisser suer. Ajouter également l’ail réduit en fine purée et le petit piment haché. Mélanger et laisser cuire une petite dizaine de minutes sur un feu moyen. Ajouter le concentré de tomate, laisser cuire une paire de minutes puis mouiller avec le vin blanc. Porter à ébullition, laisser réduire à l’état de glace puis ajouter le bouillon de volaille à hauteur et la sauge finement ciselée. Porter à frémissement, couvrir et laisser mijoter une vingtaine de minutes.

4. Préparation des cappellacci

Abaisser la pâte à l’aide d’un laminoir en la repliant sur elle-même au départ jusqu’à l’obtention d’un rectangle. Diminuer cran par cran le rouleau du laminoir et abaisser la pâte jusqu’au niveau sept (sur un modèle Atlas 150). Tailler en carrés réguliers à l’aide d’une bicyclette à ravioli ou d’une roulette. Placer sur chaque, une boulette de farce puis l’enfermer en formant un triangle et en chassant parfaitement l’air. Presser légèrement pour faire coller la pâte sur elle-même puis rouler le cappellaccio pour obtenir sa forme caractéristique. Procéder ainsi jusqu’à épuisement complet des éléments et réserver sur une planche.

5. Finitions et dressage

Porter une grande casserole d’eau à ébullition, saler généreusement et faire cuire les cappellacci une petite minute. Les transférer dans la sauce très chaude avec une araignée, ajouter un peu d’eau de cuisson et laisser mijoter une petite minute. Couper le feu, ajouter quelques noisettes de beurre et vanner le sautoir pour provoquer une émulsion. Ajouter enfin une belle râpée de parmesan, faire sauter les cappellacci pour bien les enrober, poivrer et saler si nécessaire et servir immédiatement dans des assiettes chaudes. Déguster avec un bon verre de vin blanc de la région.

Cappellacci ferraresi © Renards Gourmets

Croquettes aux queues d’écrevisses

Croquettes aux écrevisses, barbe de capucin au vinaigre de vin jaune

Croquettes aux queues d'écrevisses © Renards Gourmets
+/- 10 croquettes
difficulté : moyen
coût : bon marché
+/- 3 heures
+ une nuit de repos
+ 2 heures
 
Ingrédients :
 
Pour les écrevisses

une douzaine de grosses écrevisses à pattes rouges
15 g de beurre d’écrevisse (optionnel)
une gousse d’ail
un bâton de fenouil sec
poivre long rouge de Kampot
sel
piment de Cayenne

2 tiges de persil
une tige d’estragon
une échalote grise confite

Pour le fumet d’écrevisses

huile de pépins de raisin
beurre
une échalote grise
une petite tomate
une gousse d’ail
un bâton de fenouil séché
2 grains de poivre long
5 cl de fine champagne
10 cl de vin blanc sec
25 cl de fumet d’écrevisse (optionnel)
un petit bouquet composé de persil et estragon

Pour le beurre d’écrevisse

250 g de beurre

Pour la sauce velouté

46 g de beurre d’écrevisse
46 g de farine
33 cl de fumet d’écrevisse
poivre long de Kampot
sel

Pour les croquettes

œufs
lait
farine
chapelure

Pour la salade

2 pieds de barbe de capucin
une c.a.c de moutarde à l’estragon
une c.a.s de vinaigre de vin jaune
3 c.a.s d’huile de noix
sel et poivre

Pour les finitions


huile de friture

Nous devons cette admirable recette de la Grande Cuisine française à M. Jay, ami du Marquis de Cussy d’après l’auteur Lucien Tendret qui nous en donne les détails dans son ouvrage La Table au Pays de Brillat-Savarin. Une sauce velouté de haut-goût et une liaison bien ferme sont les seuls secrets de cette entrée chaude. 

Elles se dégustent avec une coupe de champagne.

1. Préparation des écrevisses

Rincer abondement les écrevisses puis les châtrer en pratiquant une torsion latérale au niveau de la nageoire caudale. Séparer les têtes des queues, chauffer le beurre d’écrevisse dans un sautoir, ajouter les queues et laisser cuire trois minutes. Ajouter l’ail écrasé en chemise, le bâton de fenouil, une pincée de sel et le poivre long puis couvrir d’un linge humide et laisser reposer pendant dix minutes hors du feu. Décortiquer les écrevisses délicatement et hacher grossièrement. Ajouter une prise de poivre de Cayenne, le persil et l’estragon ciselés et l’échalote grise confite et réduire en purée. Mélanger intimement et réserver au froid. Cette préparation doit peser environ 60 grammes.

2. Préparation du fumet d’écrevisses

Faire chauffer un filet d’huile dans une cocotte, ajouter les têtes et les pinces d’écrevisses pour les cardinaliser. Ajouter une grosse noix de beurre, laisser mousser pour parfaire la coloration. Ajouter l’échalote émincée, la tomate concassée, l’ail en chemise, le fenouil séché et le poivre long. Laisser suer puis mouiller avec la fine champagne. Flamber, laisser réduire à glace puis mouiller avec le vin et le fumet à hauteur. Ajouter le bouquet, porter à frémissement, écumer et laisser mijoter une vingtaine de minutes. Chinoiser en foulant, conserver les carcasses et faire réduire le fumet à trente trois centilitres.

3. Préparation du beurre d’écrevisses

Peser les carcasses, utiliser la moitié pour réaliser un fumet en le mouillant d’eau et en le laissant cuire une heure. Il sera utile pour une autre préparation. 

Préchauffer le four à 160°C.

Placer les carcasses restantes dans un sautoir, ajouter la même quantité de beurre et une cuillère à soupe d’eau. Enfourner et laisser cuire jusqu’à ce que le beurre mousse. Abaisser la température à 140°C, couvrir et laisser cuire une paire d’heures. Filtrer et laisser refroidir le beurre d’écrevisse ainsi obtenu.

4. Préparation de la sauce velouté

Peser le beurre d’écrevisse et la farine. Faire fondre le beurre dans une casserole, ajouter la farine et mélanger au fouet jusqu’à ce que la préparation mousse. Verser les trente trois centilitres de fumet froid d’un seul coup tout en mélangeant. Fouetter continuellement jusqu’à ce que le mélange soit très épais. Ajouter le hachis d’écrevisse, corriger l’assaisonnement en sel, poivre et Cayenne puis transférer sur une plaque chemisée de papier film supportant la cuisson. Mouler et presser pour obtenir un rectangle régulier. Laisser refroidir à température ambiante, puis au réfrigérateur pendant vingt quatre heures.

NOTE : Le beurre restant peut être congelé et employé pour une autre préparation.

5. Préparation des croquettes

Démouler l’appareil qui doit être bien ferme puis découper des croquettes de sept centimètre sur quatre.

Battre les œufs en omelette avec un peu de lait, préparer un bac avec la farine, un avec la chapelure fine et l’autre avec les œufs battus.

Passer les morceaux de l’appareil dans la farine en lui donnant une forme harmonieuse avec les mains. Passer ensuite dans l’œuf puis la chapelure et renouveler cette étape une seconde fois. Réserver sur une plaque au réfrigérateur pendant une paire d’heures.

6. Finitions et dressage

Laver et effeuiller la barbe de capucin, ne conserver que les sommités. Fouetter vivement le vinaigre de vin jaune avec l’huile de noix et la moutarde, saler légèrement et poivrer. 

Chauffer l’huile de friture à 170°C. Plonger les croquettes quatre par quatre pour les faire frire jusqu’à ce qu’elles soient bien dorées. Débarrasser sur une feuille de papier absorbant, saler légèrement.

Mêler les côtes de salade à la vinaigrette puis servir dans chaque assiette un lit de salade avec quelques croquettes bien égouttées. Déguster immédiatement avec une coupe de champagne.

Croquettes aux queues d'écrevisses © Renards Gourmets

Bigoli au ragoût d’oie et aux cèpes

Gros bigoli au ragoût d'oie et aux cèpes de la campagne vénitienne

Bigoli à l'oie © Renards Gourmets
8 personnes
difficulté : moyen
coût : moyen
+/- 2 heures
 
Ingrédients :
 
Pour le ragù

300 g de chair d’oie rôtie à la broche
(idéalement un mélange de filet, cuisse, ailerons)
35 g de graisse d’oie

500 g de cèpes
un gros oignon
une gousse d’ail
un verre de vin blanc sec
jus d’oie rôtie à la broche bien dégraissé
sel et poivre
 
Pour les bigoli

136 g de farine type 00
136 g de semoule extra-fine
210 g de jaunes d’œufs (oie, cane ou poule)
 
Pour les finitions

50 g de beurre cru
fromage Grana Padano (ou parmesan)
persil plat (optionnel)

Les bigoli sont une variété de pâtes traditionnelles des trois Vénétie. Il s’agit de l’une des variétés de pâtes les plus anciennes d’Italie dont on trouve trace déjà au XVIIe siècle. A Venise, les porteurs d’eau constituaient une caste aussi importante que celle des gondoliers. Ils apparaissent au coin des calle et des campi sur toutes les gravures, deux seaux suspendus à un bâton reposant sur l’épaule, le bigolo. Ainsi, à Venise, les spaghetti portent-ils le nom imagé de bigoli. Ils sont invariablement préparés dans une sauce à base d’anchois et d’oignons dont l’origine remonte sans doutes au garum et au allec romain et byzantin. Ces gros spaghetti de farine complète, de sarrasin ou de froment sont généralement préparés à la maison à l’occasion de la veille de Noël, du mercredi des Cendres, de Vendredi saint ou pendant la nuit du Redentore. Aujourd’hui on les trouve dans toutes les épiceries de la région et ils sont généralement à base de semoule de blé dur extrudé dans un appareil appelé « torcho » ou encore « bigolaro ». Les bigoli à la sauce au canard (anatra en Italien et anitra en dialecte local) ou à l’oie est une recette typique de la région que l’on retrouve de Venise à Padoue en suivant le canal de la Brenta où affluent les canards et les oies sauvages qui étaient autrefois chassés à l’arc par les patriciens de Venise installés dans de somptueuses villas en bordure du canal. Traditionnellement ce plat était servi en deux fois, le rôti d’un côté, les bigoli de l’autre. On peut remplacer les œufs de poule par des œufs de cane ou d’oie en saison et les bigoli par des spaghetti ou des bucatini. 

Nous avons aussi collaboré pour cette photographie avec la maison Bernardaud avec cette fabuleuse assiette Aux Rois or. Il faut se faire à l’idée du raffinement et de la beauté de ces motifs, inspirés des boiseries du plafond du Château de Fontainebleau. C’est une immense fierté, de nouveau, de nous associer à une maison historique qui produit de telles splendeurs. Existant sous le nom de Bernardaud (pour Léonard Bernardaud) depuis 1900, la maison est une affaire familiale depuis six générations (et jusqu’à aujourd’hui) et une entreprise du « patrimoine vivant ». C’est un terme, une expression, que nous aimons beaucoup, qui représente pour nous, ce qui devrait prédominer en France. Soit des entreprises qui continuent, dans l’idéal dans un principe de transmission, de valoriser et de faire exister les beaux savoir-faire qui font la fierté et la gloire de la France.

1. Préparation du ragù

Détailler la chair d’oie rôtie avec sa peau en cubes d’un demi centimètre. Ciseler finement l’ail et l’oignon. Séparer les pieds et les têtes des cèpes, les brosser à sec pour les nettoyer puis détailler  aux mêmes dimensions que l’oie.

Faire chauffer la graisse d’oie dans un sautoir et faire saisir vivement les pieds de cèpes jusqu’à ce qu’ils soient dorés. Saler, poivrer et faire décanter sur une grille. Renouveler l’opération avec les chapeaux.

Dans le même sautoir, remettre un peu de graisse d’oie si nécessaire et faire suer l’oignon puis l’ail. Saler légèrement, ajouter les chapeaux de cèpes, mélanger puis ajouter le vin blanc. Laisser réduire à glace puis mouiller avec le jus d’oie à hauteur. Porter à frémissement et laisser mijoter une vingtaine de minutes à couvert. Ajouter l’oie, les pieds de cèpes, mélanger et laisser bouillir une paire de minutes. Corriger l’assaisonnement, la sauce doit rester assez fluide.

2. Préparation des bigoli

Combiner la farine et la semoule, ajouter les jaunes d’œufs et mélanger la pâte, puis, la travailler sur une planche une quinzaine de minutes jusqu’à ce qu’elle soit lisse et très souple. Filmer au contact et réserver au moins une demi heure au frais. Idéalement toute une nuit.

Séparer la pâte en deux, l’abaisser puis la passer à travers un laminoir. Replier les bords pour obtenir un rectangle et abaisser de nouveau. Répéter l’opération quatre ou cinq fois pour donner du corps à la pâte puis abaisser d’un cran la machine et passer la pâte deux fois. Abaisser encore d’un cran et passer la pâte une dernière fois. Fariner généreusement la feuille et passer à travers un moule de découpe pour bigoli. Sinon utiliser directement un torchio traditionnel. Laisser reposer les bigoli au moins une heure sur une planche à température ambiante.

3. Finitions et dressage

Porter une grande casserole d’eau à ébullition, saler généreusement puis faire cuire les bigoli mi-sec entre huit et douze minutes en fonction du séchage. Les transférer avec une pince dans la sauce à l’oie bouillante et mélanger vivement. Ajouter le beurre pour provoquer une émulsion. Terminer par un peu de poivre fraîchement moulu, du fromage Grana Padano et un peu de persil très finement ciselé. Déguster immédiatement avec une bouteille de vin blanc sec de Vénétie.

Bigoli à l'oie © Renards Gourmets
Bigoli à l'oie © Renards Gourmets
Bigoli à l'oie © Renards Gourmets
Bigoli à l'oie © Renards Gourmets

Caille rôtie au chasselas de Fontainebleau

Caille ortolan rôtie au chasselas de Fontainebleau

Cailles aux raisins © Renards Gourmets
2 personnes
difficulté : facile
coût : moyen
+/- 2 heures
 
Ingrédients :
 
Pour les cailles

2 cailles ortolan
sel, poivre
thym frais
2 gousses d’ail
 
Pour la sauce

huile d’olive
beurre frais
une échalote
une gousse d’ail
3 brins de thym
5 grains de poivre de Sarawak
2,5 cl de vinaigre de muscat
2,5 cl de vin de Porto rouge
5 cl de vin rouge
5 cl de vin blanc moelleux
15 cl de jus de volaille
5 grains de raisin Chasselas
sel et poivre

Pour les finitions

huile d’olive
beurre
sel et poivre
beurre
une grappe de Chasselas

La caille des blés arrive au temps des vendanges et se gave naturellement des raisins surmûris de la vigne, provocant de fait, l’imagination de l’homme. Avec l’industrialisation de l’élevage, les cailles qui régalèrent les fines gueules d’autrefois devinrent fades et sans reliefs. Heureusement, Pierre Duplantier à Méracq eut la bonne idée d’élever des cailles longtemps et comme il se doit. Il produit ainsi des cailles « ortolan » à la graisse succulente et au goût vif comme celui d’un perdreau. C’est vert-cuites qu’elles sont les meilleures, ou rosées sur l’os. Accompagnées comme le veut la tradition de chasselas de Moissac ou de Thomery, dit de Fontainebleau. Nous n’aimons pas les couvrir d’un linceul de feuille de vigne, celui-ci masque l’opulente poitrine des cailles et empêche qu’elles ne dorent. Néanmoins, si on en possède quelques unes sur sa treille, pourquoi ne pas les placer dans le beurre moussant un instant afin de parfumer les cailles d’un parfum unique.

1. Préparation des cailles

Plumer, bucler et vider les cailles, conserver les abats pour une autre préparation ou pour réaliser une rôtie d’accompagnement. Retirer puis concasser les cous et les ailerons, réserver. Saler et poivrer l’intérieur des cailles, ajouter le thym et l’ail puis brider fermement et réserver sur une petite grille sans les filmer au réfrigérateur.

2. Préparation de la sauce

Faire chauffer un filet d’huile dans une casserole, ajouter les morceaux de carcasse, donner une teinte de havane puis ajouter une belle noix de beurre, laisser mousser pour parfaire la caramélisation. Ajouter l’échalote taillée en rouelle, la gousse d’ail écrasée, le thym et les grains de poivre, laisser suer parfaitement. Dégraisser puis remettre tous les éléments dans la casserole. Mouiller avec le vinaigre, laisser réduire à l’état de glace, puis renouveler l’opération avec le vin de Porto. Ajouter ensuite le vin rouge, faire réduire à glace puis ajouter le vin blanc. Faire réduire de deux tiers et couvrir enfin à hauteur avec le jus de volaille. Porter à frémissement, écumer et laisser mijoter très doucement une paire d’heure. Ajouter les grains de raisin dans une passette, les écraser et verser la sauce dessus pour la filtrer. Dégraisser, faire réduire à consistance et corriger l’assaisonnement en relevant bien la sauce au vinaigre de muscat. Réserver.

3. Cuisson des cailles

Préchauffer le four à 180°C, faire vivement chauffer un sautoir, ajouter un filet d’huile, saler et faire saisir les cailles une minute sur chaque cuisse en pressant fortement. Placer les cailles sur la poitrine et faire cuire tout en pressant une trentaine de seconde par filet. Poser sur le dos, abaisser la température, ajouter progressivement le beurre très froid taillé en cubes et arroser continuellement pendant deux minutes avec le beurre moussant. Enfourner une dizaine de minutes en arrosant régulièrement. Placer la tête en bas et laisser reposer une dizaine de minutes dans une étuve.

4. Finitions et dressage

Égrapper les grains de raisin, les ajouter dans la sauce chaude, la vanner avec un petit morceau de beurre. Découper les cailles, faire égoutter les morceaux sur un papier absorbant, poivrer et disposer dans les assiettes chaudes avec la sauce et les grains de raisin. Déguster immédiatement.

Cailles aux raisins © Renards Gourmets
Cailles aux raisins © Renards Gourmets
Cailles aux raisins © Renards Gourmets
Cailles aux raisins © Renards Gourmets

Cappelletti au mérou

Cappelletti au mérou de Méditerranée, un fin ragoût pour les saucer

Ravioli au mérou © Renards Gourmets
4 personnes
difficulté : moyen
coût : moyen
+/- 2 heures
+ 5 jours de repos
 
Ingrédients :
 
Pour la farce

un mérou de 600 g pour obtenir 300 g de chair.
huile d’olive
une gousse d’ail
6 grains de poivre noir
4 brins de marjolaine
1/2 citron jaune
1/4 de botte de persil
1/4 de botte de cerfeuil
5 brins de livèche
5 cl de vin blanc sec
sel

100 g de ricotta
 
Pour la pâte

68 g de farine type 00
68 g de semoule extra-fine
100 g de jaunes d’œufs
5 g d’huile d’olive

Pour les finitions

une poignée d’amandes vertes
une poignée de tomates datterini
une gousse d’ail
3 queues de persil
un petit piment
huile d’olive
sel et poivre

Les ravioli alla cernia ou di cernia, di magro ou encore di mare sont une spécialité ligure. Autrefois préparés pendant la période du Carême en remplacement de la viande, ils sont désormais à la table des habitants de la Riviera toute l’année, particulièrement depuis que le mérou brun est de retour en mer Méditerranée.

Le mérou est l’un des rares poissons qui se prête à murir légèrement avant d’être cuisiner. Pour réussir cette opération, il est impératif que celui-ci soit bien propre et que plus une seule goutte de sang ne subsiste au quel cas, les chairs pourraient rapidement être corrompues. La maturité apporte du caractère au mérou. Cette étape n’est bien sûr, pas indispensable.

On peut également accompagner ce plat d’un ragoût de petites crevettes, de mollusques ou encore de coquillages. Nous avons respecté la tradition en remplaçant néanmoins les ravioli ligures par des cappelletti. Pour nous, la forme des cappelletti prend mieux la sauce et leur forme rappelant un coquillage est plus élégante.

1. Préparation du mérou

Écailler et vider soigneusement le mérou. Éliminer les branchies, les yeux et tout le réseau sanguin. Le rincer puis le sécher parfaitement. L’emballer dans une feuille de papier essuie-tout, le mettre sous-vide et le réserver pendant cinq jours au réfrigérateur.

Préchauffer le four à 200°. Verser un fond d’huile d’olive dans un plat allant au four, ajouter l’ail grossièrement haché, les grains de poivre, les branches de marjolaine et les tranches de citron. Effeuiller le persil, la livèche et le cerfeuil et ajouter les tiges. Saler le mérou à l’intérieur et à l’extérieur, le disposer dans le plat, badigeonner d’huile d’olive et ajouter le vin.

Enfourner jusqu’à ce que le mérou soit cuit rosé à l’arête.

Laisser tiédir puis récupérer uniquement la chair du poisson. Filtrer le jus de cuisson et réserver.

2. Préparation de la farce

Hacher très finement les herbes effeuillées et la marjolaine. Zester le citron, poivrer généreusement. Mixer la chair de poisson par à-coups dans un cutter. Ajouter la ricotta et les herbes. Mixer puis ajouter le jus de cuisson. Mixer une dernière fois, vérifier l’assaisonnement puis réserver au réfrigérateur.

3. Préparation de la pâte à cappelletti

Mélanger la farine et la semoule. Ajouter les jaunes d’œufs et l’huile et mélanger jusqu’à l’obtention d’une boule homogène. Travailler la pâte une dizaine de minutes sur une planche en bois jusqu’à ce qu’elle soit bien lisse. Filmer au contact et réserver au réfrigérateur.

4. Finitions et dressage

Aplatir la pâte avec les mains et l’abaisser très finement au laminoir. Découper des carrés réguliers, les garnir de boulettes de farce au poisson et les replier pour obtenir des cappelletti. Les réserver sur une planche en bois avec un peu de semoule.

Porter une grande casserole d’eau à ébullition.

Faire chauffer un filet d’huile d’olive dans une sauteuse. Ajouter la gousse d’ail écrasée, les queues de persil et le piment haché. Laisser infuser quelques minutes puis retirer l’ail et les queues de persil. Ajouter les tomates coupées en deux et laisser cuire une minute.

Dégoverder les amandes, les peler et les brûler très légèrement avec un chalumeau.

Saler l’eau de cuisson des cappelletti à ébullition et faire cuire les pâtes moins d’une minute. Les transférer directement dans la sauce avec une araignée. Ajouter un peu d’eau de cuisson des pâtes et de l’huile d’olive pour provoquer une émulsion. Poivrer légèrement et terminer par quelques feuilles de cerfeuil haché et les amandes brûlées. Faire sauter une dernière fois et servir dans des assiettes chaudes. Déguster immédiatement.

Ravioli au mérou © Renards Gourmets
Ravioli au mérou © Renards Gourmets

Tarte aux mûres des jardins

Tarte aux mûres des jardins poudrée de sucre glace

Tarte aux mûres © RenardsGourmets
4/6 personnes
difficulté : moyen
coût : bon marché
+/- 2 heures
 
Ingrédients :
 
Pour la pâte

120 g de beurre mou
2 g de sel fin
75 g de sucre glace
30 g de poudre d’amande
le zeste d’un citron
200 g de farine
un œuf entier
 
Pour la crème amandine

120 g d’amandes blanches
80 g de sucre
un œuf entier
80 g de beurre
quelques gouttes d’extrait d’amande amère

 
Pour les finitions
 
confiture de mûres maison
mûres fraîches à volonté
sucre glace

Qui n’a jamais chapardé de mûres dans les ronces sur les bords des chemins ? En grandissant, on préfère souvent son confort, raison pour laquelle nous entretenons le mûrier au fond de notre jardin. L’occasion chaque année de s’en goberger à chaque passage et de préparer quelques tartes.

1. Préparation de la pâte sucrée

Crémer le beurre et le sel ensemble avec une maryse. Ajouter le sucre glace, la poudre d’amande et le zeste de citron fraîchement râpé. Mélanger puis incorporer la farine et les œufs sans trop travailler la pâte. Filmer au contact et réserver une demi heure au frais.

Avec ces proportions vous obtiendrez deux fonds de tarte.

2. Préparation de la crème d’amande

Mixer les amandes et le sucre ensemble. Ajouter l’œuf entier, mixer puis ajouter le beurre coupé en cubes. Mixer longuement jusqu’à l’obtention d’une crème, ajouter l’extrait d’amande amère, mixer une dernière fois et réserver au réfrigérateur.

3. Montage et cuisson

Abaisser la pâte finement, tailler un cercle à l’aide d’un cercle à pâtisserie. Poser le fond de pâte sur une plaque de cuisson parcheminée. Ajouter le cercle, détailler la bordure dans le restant de pâte, placer la bordure en la faisant chevaucher sur le fond de pâte et presser pour que les deux parties s’épousent. Égaliser le bord à hauteur du cercle. avec un couteau d’office et réserver l’ensemble au réfrigérateur.

Préchauffer le four à 170°. Poser une feuille de papier aluminium sur la pâte en la faisant parfaitement adhérer à celle-ci et en tassant bien les bords. Garnir de billes d’argiles et enfourner pendant huit minutes. Retirer la feuille d’aluminium et les billes et poursuivre la cuisson pendant trois minutes. Laisser refroidir sur une grille.

Garnir à fleur de crème d’amande, lisser avec une spatule puis placer quelques morceaux de mûres dans la crème, presser pour les recouvrir. Enfourner une dizaine de minutes ou jusqu’à ce que la crème soit prise et légèrement blonde.

Laisser refroidir parfaitement sur une grille.

4. Finitions et dressage

Égaliser délicatement les bords avec une petite râpe, étaler une fine couche de confiture sur la surface, placer sur une assiette de servir et garnir généreusement et harmonieusement de belles mûres fraîches. Terminer par un peu de sucre glace.

Déguster à température ambiante avec un verre de vieux marc de Bandol.

Tarte aux mûres © RenardsGourmets