Lapin à l’oseille, morilles et asperges

Dos de lapin à l'oseille, morilles, asperges et jus au vin jaune

Lapin à l'oseille © Renards Gourmets
2 personnes
difficulté : moyen
coût : moyen
+/- 2 heures
 
Ingrédients :
 
Pour le lapin
un râble de lapin
farce fine de lapin ou de volaille
2 feuilles d’oseille fraîches
un morceau de crépine
sel, poivre
ail en poudre
huile d’olive
beurre
 
Pour la garniture

2 asperges vertes
gros sel
poivre

8 morilles
beurre
sel et poivre
vin jaune
10 cl de jus de lapin (ou de volaille)

cerfeuil

Nous adorons le lapin que nous transformons entièrement. Nous utilisons les épaules pour préparer une délicieuse recette de rigatoni ou ravioli del plin, les abats que nous faisons sauter avec des légumes de printemps, le coffre et les parures que nous utilisons pour réaliser des sauces et des farces fines et les cuisses que nous aimons taillées en petits morceaux et sautées à la chinoise. Avec le dos nous réalisons des porchetta qui se dégustent froides ou des ballottines qui se dégustent chaudes. Ainsi avec un seul lapin on parvient à préparer plusieurs repas de saison.

Cette recette implique d’avoir réalisé un jus de lapin et une farce fine au préalable. Ces recettes se trouvent ailleurs sur ce site.

1. Préparation du dos de lapin

Faire tremper la crépine dans une bassine d’eau froide vinaigrée pendant une vingtaine de minutes.

Ajouter quelques gouttes de vin jaune à la farce fine, poivrer généreusement.

Désosser parfaitement le râble du lapin, conserver les os et les parures pour la réalisation d’un jus. Séparer la panoufle, du filet, du petit filet.

Presser la crépine pour la faire égoutter. Détailler deux grands rectangles et poser sur chaque un morceau de panoufle. Assaisonner en sel, poivre et ail en poudre. Badigeonner de farce fine puis poser une feuille d’oseille débarrassée de sa tige. Elle doit couvrir la moitié de la panoufle. Poser dessus le filet, assaisonner et rabattre le débord de la feuille d’oseille. Ajouter le petit filet sur le côté, badigeonner de farce fine puis rouler le tout avec la crépine pour former une ballottine. Transférer sur un film, rouler fermement, procéder pareillement pour le second morceau. Mettre dans un sac de cuisson sous-vide et faire cuire une heure trente à cinquante sept degrés. Rafraîchir dans une glaçante, éliminer le film, sécher, ficeler et laisser reposer sur une grille.

2. Préparation des asperges

Écussonner les asperges, faire cuire une minute dans une casserole d’eau bouillante fortement salée, rafraîchir dans une glaçante, sécher et faire rôtir une petite minute dans le beurre moussant. Poivrer et réserver sur un papier absorbant.

3. Préparation des morilles

Faire chauffer une noix de beurre jusqu’à ce qu’elle soit noisette. Ajouter un petit morceau de beurre froid puis les morilles. Saler et poivrer et laisser cuire quelques minutes. Mouiller d’une rasade de vin jaune, faire réduire à sec puis ajouter le jus de lapin, porter à ébullition et laisser mijoter vingt minutes à feu doux.

4. Finitions et dressage

Ajouter les asperges aux morilles pour les réchauffer, lier la sauce d’un peu d’arrow-root et tenir chaud sans faire bouillir.

Faire vivement rôtir les ballottines de lapin dans un sautoir, ajouter du beurre, le tenir moussant pour parfaire la caramélisation. Faire égoutter sur une grille, retirer les ficelles.

Tailler le lapin en tronçons, vanner la sauce avec une noisette de beurre très froid. Ajouter une petite rasade de vin jaune, mélanger et servir immédiatement dans des assiettes chaudes. Terminer par quelques pluches de cerfeuil.

Lapin à l'oseille © Renards Gourmets
Lapin à l'oseille © Renards Gourmets

Carré de veau poêlé Choisy

Carré de veau poêlé Choisy

Carré de veau Choisy © Renards Gourmets
3/4 personnes
difficulté : moyen
coût : cher
+/- 2 heures
 
Ingrédients :
 
Pour le carré de veau

un beau carré de veau
sel et poivre
huile de pépins de raisin
beurre
 
Pour les laitues

4 laitues très fraîches
gros sel, sel, poivre
une carotte
une oignon
un couenne
10 cl de jus de veau
5 cl de vin blanc sec
5 cl de bouillon de volaille

Pour les pommes de terre

8 pommes de terre à chair ferme
huile de pépins de raisin
beurre
sel et poivre

Pour les finitions

10 cl de jus de veau corsé
sel et poivre

Voici une très belle recette à réaliser un dimanche en famille ou pour la fête de Pentecôte. Elle est extraite du registre culinaire d’Auguste Escoffier et divinement mise en scène dans le film « La Passion de Dodin Bouffant » de Trần Anh Hùng (2023). Elle peut également être préparée avec un carré de porc de la même manière. L’appellation Choisy désigne une garniture de laitues braisées et de pommes de terre taillées « en château ». La ville de Choisy en Ile-de-France était autrefois connue pour ses cultures maraîchères et la qualité de ses salades.

1. Préparation du carré de veau

Habiller le carré de veau, manchonner les os, les couvrir de papier aluminium. Ficeler fermement entre les côtes, laisser reposer sur une grille à température ambiante et employer les parures pour la réalisation d’un jus. 

2. Préparation des laitues braisées

Laver et araser les laitues. Porter une casserole d’eau à ébullition, saler fortement et faire blanchir pendant vingt secondes. Rafraîchir immédiatement dans une glaçante. Presser pour essorer et maintenir en forme et faire décanter sur une grille.

Préchauffer le four à cent quatre vingt degrés.

Tailler la garniture en mirepoix. Poser les légumes dans un plat à gratin. Coucher dessus les laitues, ajouter le vin, le jus et le bouillon. Couvrir avec la couenne et une feuille de papier sulfurisé.

Enfourner pendant une heure et dix minutes puis tenir chaud.

3. Préparation des pommes de terre Château

Laver et tourner les pommes de terre en château. Placer dans une casserole d’eau salée. Porter à ébullition, laisser cuire deux minutes puis faire égoutter.

Faire chauffer une noix de beurre et un filet d’huile dans un sautoir, sécher les pommes de terre et les faire dorer tout doucement sur toutes les faces. Transférer au four et laisser cuire une vingtaine de minutes ou jusqu’à ce qu’elles soient très tendres à cœur. Tenir chaud.

4. Cuisson du carré de veau

Faire chauffer une cocotte en fonte jusqu’à ce qu’elle soit fumante. Ajouter un filet d’huile, saler sur toutes les faces le carré et faire dorer. Le tourner sur toutes les faces pour le faire croûter de manière uniforme. Abaisser la température, ajouter le beurre et arroser régulièrement. Placer la sonde à cœur et enfourner. Arroser régulièrement et laisser cuire une vingtaine de minutes environ. La température interne doit atteindre cinquante quatre degrés. Transférer sur une grille, couvrir d’une feuille de papier aluminium et laisser reposer dans une étuve.

5. Finitions et dressage

Faire décanter les laitues, filtrer le bouillon de cuisson et faire réduire à glace. Dégraisser la cocotte de cuisson du carré de veau et exprimer les sucs avec la glace de cuisson. Ajouter le jus de veau, porter à ébullition, laisser réduire légèrement, vérifier et corriger l’assaisonnement. Chinoiser et tenir chaud.

Monter la sauce au beurre en la vannant.

Faire chauffer un grand plat de service. Disposer dessus le carré débridé et débarrassé de l’aluminium. Ajouter les laitues coupées en deux et rabattues et badigeonner l’ensemble de jus avec un pinceau. Glacer sous le grill ou à la porte du four. Ajouter les pommes de terre, poivrer l’ensemble, verser le reste de la sauce en saucière. Présenter à table puis trancher les côtes et servir bien chaud.

Carré de veau Choisy © Renards Gourmets
Carré de veau Choisy © Renards Gourmets
Carré de veau Choisy © Renards Gourmets
Carré de veau Choisy © Renards Gourmets
Carré de veau Choisy © Renards Gourmets
Carré de veau Choisy © Renards Gourmets

Rigatoni au ragoût de lapin printanier

Rigatoni au ragoût de lapin, févettes, ail sauvage et morilles

Rigatoni au lapin © Renards Gourmets
2 personnes
difficulté : moyen
coût : moyen
+/- 2 heures
 
Ingrédients :
 
Pour les épaules de lapin

un avant de lapin
beurre
2 échalotes
un blanc de poireau
4 champignons de Paris
2 feuilles de laurier
20 cl de bouillon de volaille
15 cl de jus de lapin
125 g de parmesan
poivre blanc
sel
 
Pour les rigatoni

50 g de farine 00
50 g de semoule fine
75 g de jaunes d’œufs
2,5 cl d’huile d’olive


Pour la garniture

6 morilles
une poignée de févettes
10 feuilles d’ail des ours
2 échalotes
farine

6 feuilles de sauge
une poignée de chapelure
beurre
huile de friture
sel et poivre
parmesan

Pour qu’une assiette de pâtes soit réussie elle doit être d’une apparence simple et généreuse, mais il y a de nombreuses astuces qui permettent d’accentuer les saveurs de tous les ingrédients. Nous aimons cette recette au tout début de la saison car elle célèbre les nouveaux produits du printemps que nous sommes si heureux d’accueillir chaque année. Ici les fèves, les morilles, l’ail des ours valorisent la délicieuse viande de lapin que nous apprécions tout particulièrement. Celui-ci vient d’un élevage où nous nous fournissons depuis des années, la Ferme du Bois de Boulle, via le site Pour de Bon. Ce que nous apprécions ? Cet élevage familial gère tout, du début de la vie de l’animal à la fin. Les lapins sont élevés dans de bonnes conditions, sans nourriture OGM, sans antibiotiques préventifs, dans des espaces décents quand ils sont dans des cases et parfois en semi-plein air. Enfin, ils sont abattus sur l’exploitation. Au-delà de ces valeurs qui sont essentielles pour nous, leur chair est tendre et très goûteuse. Pour l’instant on a pas trouvé mieux. Quant au site Pourdebon nous avons noué un partenariat car nous sommes clients depuis de longues années et des fidèles de ce site qui permet de rendre accessibles des produits de grande qualité. Nous ne pouvons que vous encourager à y faire un tour et à vous faire votre propre idée.

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1. Préparation du ragoût de lapin

Séparer les épaules du coffre et de la tête. Préchauffer le four à 125°C. Faire chauffer une noix de beurre dans un sautoir, saler les morceaux de lapin et les faire saisir sur toutes les faces. Débarrasser. Ciseler finement le poireau, les échalotes et les champignons et faire suer. Ajouter les feuilles de laurier. Saler et poivrer. Remettre les morceaux de lapin, mouiller avec le jus et le bouillon, porter à frémissement puis couvrir d’une feuille de papier cuisson percée en son centre. Faire cuire au four pendant une bonne heure.

Récupérer la chair de lapin, remettre les os dans la sauce, porter de nouveau à ébullition et laisser mijoter vingt minutes. Ajouter enfin le parmesan fraîchement râpé, laisser infuser dix minutes hors du feu puis filtrer en foulant. Réserver la chair de lapin d’une part et le bouillon d’une autre.

2. Préparation des rigatoni

Combiner la farine et la semoule dans une jatte. Verser les jaunes d’œufs et l’huile et mélanger jusqu’à l’obtention d’une boule homogène. Travailler une vingtaine de minutes sur une planche en bois jusqu’à ce que la pâte soit très souple. Filmer au contact et laisser reposer une trentaine de minutes au frais. Séparer la pâte en deux et abaisser chaque morceau jusqu’au niveau 5 sur un modèle Atlas Marcato 150. Détailler des carrés de 4 cm de côté avec une bicyclette à pâtes. Enrouler chaque morceau de pâte sur une baguette posée sur une planche à gnocchi striée et enrouler la pâte en pressant. Laisser reposer les rigatoni sur une planche jusqu’à ce qu’ils soient bien secs.

3. Préparation de la garniture

Laver les morilles brièvement et soigneusement dans un bol d’eau tiède. Porter une casserole d’eau à ébullition et faire cuire les morilles deux minutes. Transférer dans une glaçante. Écosser les fèves et faire cuire une minute dans la même eau. Transférer également dans une glaçante. Éplucher les fèves et réserver.

Tailler les morilles en rouelles. Faire chauffer une noix de beurre dans un sautoir et faire saisir les morilles. Saler et poivrer puis verser le bouillon au parmesan. Porter à frémissement et laisser mijoter pendant vingt minutes. Ajouter les morceaux de lapin, laisser bouillir.

Ciseler finement les échalotes, rouler les morceaux dans la farine et faire frire dans l’huile de friture chauffée à 130°c jusqu’à ce qu’ils soient blonds. Transférer sur une feuille de papier absorbant. Faire chauffer une noix de beurre dans un sautoir, ajouter les feuilles de sauge dans le beurre moussant ainsi que la chapelure. Laisser cuire jusqu’à ce que la sauge soit croustillante. Transférer sur une feuille de papier absorbant. Laisser refroidir puis combiner les échalotes, la sauge et la chapelure et hacher l’ensemble au couteau jusqu’à l’obtention d’une chapelure grossière.

4. Finitions et dressage

Faire chauffer une grande casserole d’eau. Saler dès l’ébullition et faire cuire les rigatoni quelques minutes.

Ajouter les fèves dans la sauce au lapin. Laisser cuire une minute puis ajouter les feuilles d’ail des ours pour les faire tomber. Transférer les pâtes avec une araignée directement dans la sauce et mélanger vivement pour provoquer une émulsion. Éteindre le feu, ajouter quelques cubes de beurre froid et mélanger pour lier la sauce. Terminer par une belle râpée de parmesan.

Servir les assiettes, saupoudrer de parmesan et de chapelure mélangée. Déguster immédiatement.

On peut agrémenter ce plat de fleurs d’ail des ours au dernier moment.

Rigatoni au lapin © Renards Gourmets
Rigatoni au lapin © Renards Gourmets

Croque-monsieur des grandes brasseries parisiennes

Croque-monsieur des grandes brasseries parisiennes

Croque-monsieur © Renards Gourmets
2 personnes
difficulté : moyen
coût : bon marché
+/- 1 heure
+ 2 heures de repos
 
Ingrédients :
 
Pour la sauce Mornay

25 g de beurre
25 g de farine
25 cl de lait frais entier
sel, poivre blanc, noix de muscade
un jaune d’œuf
25 g de comté jeune râpé
 
Pour le croque-monsieur

une dizaine de tranches de pain de mie sans croûte
2 belles tranches de jambon cuit
un morceau de comté jeune
beurre

On suppose que le croque-monsieur serait apparut pour la première à Paris, boulevard des Capucines quelques années avant la Première Guerre Mondiale. C’est le bistrotier, Michel Lunarca qui aurait eu l’idée de créer ce sandwich et de l’appeler ainsi. Pourtant dès la fin du XIXe siècle, le croque-monsieur est mentionné dans La Revue athlétique ou dans La Liberté. Il est quoi qu’il en soit, une création parisienne qui fait le régal de tous depuis plus d’un siècle.

Nous avons adapté sa présentation pour le rendre plus esthétique. Nous aimons l’équilibre de cette version, sans une débauche de fromage dégoulinant. Les plats simples se doivent, d’après nous, de conserver leur intention première. Qu’importe si la forme diffère, l’idée initiale doit demeurer. Celle d’un casse croûte croustillant, riche mais sans excès. Raison pour laquelle nous n’ajoutons ni truffes, ni couche supplémentaire de sauce Mornay.

1. Préparation de la sauce Mornay

Faire chauffer le beurre dans une casserole. Ajouter la farine en une seule fois et mélanger jusqu’à ce que la préparation mousse vivement. Verser le lait froid en une seule fois tout en continuant de fouetter. Laisser cuire jusqu’à épaississement. Ajouter le sel, le poivra fraîchement moulu, une belle râpée de noix de muscade. Puis hors du feu, le comté râpé et le jaune d’œuf. Mélanger et filmer au contact.

2. Préparation du croque-monsieur

Filmer un moule rectangulaire muni d’un fond ou un bac avec du film alimentaire supportant la cuisson. Abaisser le plus finement possible les tranches de pain avec un rouleau à pâtisserie. Les faire se chevaucher légèrement et rouler encore pour égaliser le niveau. Tailler ces « feuilles » de pain aux dimensions du moule, sept au total.

Tailler les tranches de jambon aux mêmes dimensions en retirant la couenne.

Poser une couche de pain, badigeonner de sauce Mornay, ajouter une tranche de jambon, couvrir de comté fraîchement râpé et recommencer jusqu’à épuisement des éléments en terminant par le pain. Presser à chaque fois. Replier le film pour enfermer le montage.

3. Cuisson du croque-monsieur

Préchauffer le bain-marie ou le four vapeur à quatre-vingt cinq degrés. Faire cuire pendant quarante cinq minutes. Poser immédiatement une presse dessus et laisser refroidir au moins deux heures au réfrigérateur.

4. Finitions et dressage

Préparer une belle salade et sa vinaigrette.

Démouler le croque-monsieur, parer les bordures puis détailler en portions. Faire chauffer une grosse noix de beurre dans une poêle et faire dorer les croques-monsieur côté pain sur les deux faces. Faire égoutter une minute sur une feuille de papier absorbant et servir bien chauds et croustillants.

Croque-monsieur © Renards Gourmets
Croque-monsieur © Renards Gourmets

Vol-au-vent de grande cuisine française

Vol-au-vent de grande cuisine française, sauce ivoire

Vol-au-vent © Renards Gourmets
4 personnes
difficulté : difficile
coût : cher
+/- 4 heures
 
Ingrédients :
 
Pour les quenelles

125 g de filet de poulet
5 g de sel fin
20 g de blanc d’œuf
25 g de beurre pommade
125 g de crème fluide
une tige d’estragon
poivre blanc du Penja
une petite truffe noire

2 l de bouillon de volaille
 
Pour le ris de veau

Une pomme de ris de veau
2 l de bouillon de volaille
une gousse d’ail
un brin de thym
une feuille de laurier
un bâton de fenouil sec
5 grains de poivre blanc du Penja
sel

Pour les crêtes et les rognons de coq


8 rognons de coq
16 crêtes de coq

2 c.a.s de farine
1 c.a.s de gros sel
le jus d’un citron

Pour le feuilletage

une pâte feuilletée maison ou de chez le pâtissier
un jaune d’œuf

Pour les finitions

beurre
12 petits champignons de Paris
12 olives vertes de qualité
une tranché épaisse de jambon à l’os
5 cl de madère
20 cl de jus de volaille
sel et poivre
2 c.a.s de crème double

Comme c’est souvent le cas en cuisine il existe un vieux débat entre les appellations de vol-au-vent et bouchées à la reine. Débat risible puisque les termes culinaires sont rarement employés à bon escient. La bouchée à la reine serait attribuée à Marie Leczinska, épouse de Louis XV et reine de France. C’est l’écuyer de bouche Vincent La Chapelle qui aurait réalisé pour la reine des puits d’amour contenant une sauce Financière à base de béatilles de volaille déjà très en vogue à la Cour.

Le vol-au-vent est quant à lui associé à Antonin Carême, l’un de ses aides se serait écrié « Regarde Antoine, il vole-au-vent ! » après que le célèbre cuisinier eût préparé un feuilletage. Le nom de vol-au-vent apparaît pourtant avant même la naissance de Carême dans certains ouvrages.

Aujourd’hui le vol-au-vent définirait d’après certains une préparation à partager alors que la bouchée serait individuelle. D’autres affirment le contraire, appelez-les donc comme bon vous semble mais surtout, mangez-en !

C’est finalement Auguste Escoffier à la Belle Époque qui aura contribué au succès des bouchées en mentionnant différentes garnitures qui les composent. Bouchée Bouquetière, Diane, Grand-Duc, Montglas, Nantua, Victoria et évidemment Financière.

Vous trouverez une seconde recette de vol-au-vent, ici sur notre site.

Nous avons aussi collaboré pour cette photographie avec la maison Bernardaud avec cette fabuleuse assiette Aux Rois or. Il faut se faire à l’idée du raffinement et de la beauté de ces motifs, inspirés des boiseries du plafond du Château de Fontainebleau. C’est une immense fierté, de nouveau, de nous associer à une maison historique qui produit de telles splendeurs. Existant sous le nom de Bernardaud (pour Léonard Bernardaud) depuis 1900, la maison est une affaire familiale depuis six générations (et jusqu’à aujourd’hui) et une entreprise du « patrimoine vivant ». C’est un terme, une expression, que nous aimons beaucoup, qui représente pour nous, ce qui devrait prédominer en France. Soit des entreprises qui continuent, dans l’idéal dans un principe de transmission, de valoriser et de faire exister les beaux savoir-faire qui font la fierté et la gloire de la France.

1. Préparation des quenelles de volaille

Couper le blanc de poulet sans sa peau en cubes, placer dans un blender avec le sel et mixer par à-coups. Ajouter le blanc d’œuf et rabattre la masse avec une maryse. Mixer jusqu’à ce que le mélange soit homogène. Ajouter le beurre pommade puis la crème progressivement. Passer cette préparation au tamis fin et travailler vivement avec la maryse dans un bol posé sur de la glace. Filmer au contact et réserver une heure au réfrigérateur.

Effeuiller l’estragon, ciseler finement et réserver. Peler la truffe, hacher très finement la peau et réserver le reste pour une autre préparation.

Mélanger l’estragon et la truffe avec l’appareil à quenelles, filmer au contact et réserver une paire d’heure ou idéalement toute une nuit au réfrigérateur.

Porter le bouillon de volaille à soixante quinze degrés. Former les quenelles en trempant une cuillère à café dans le bouillon chaud et en raclant la masse. Égaliser avec une seconde cuillère trempée elle aussi dans le bouillon et faire pocher quelques minutes de chaque côté jusqu’à ce qu’elles soient fermes sous le doigt. Transférer sur une plaque et réserver.

2. Préparation du ris de veau

Faire tremper le ris de veau une heure dans un bol d’eau froide légèrement vinaigrée. Le faire égoutter, porter une casserole d’eau à frémissement et faire pocher une dizaine de minutes. Rafraîchir dans une glaçante et peler soigneusement.

Porter le bouillon de volaille avec tous les éléments de garniture à frémissement et faire cuire le ris de veau une demi heure. Faire égoutter sous presse, sécher et détailler en bouchées régulières.

3. Préparation des crêtes et des rognons de coq

Piquer les crêtes et les faire tremper avec les rognons dans un bol d’eau froide légèrement salée et vinaigrée pendant une heure. Porter une casserole d’eau à frémissement et faire pocher les crêtes les unes après les autres une quinzaine de secondes. Peler immédiatement à chaud. Peler également les rognons une petite minutes pour pouvoir les peler.

Mélanger la farine, le sel et le jus de citron, fouetter vivement et détendre avec un peu d’eau. Verser cette préparation dans une casserole, couvrir largement d’eau, porter à frémissement et faire cuire les crêtes et les rognons une petite demi heure. Faire égoutter et sécher et parer les crêtes.

4. Montage et cuisson du feuilletage

Abaisser le feuilletage sur deux millimètres et détailler des cercles de douze centimètres à l’aide d’un emporte-pièce coupant. Marquer le centre avec un second emporte-pièce de dix centimètres, dorer la bordure une première fois, réserver au réfrigérateur une vingtaine de minutes puis dorer une seconde fois.

Préchauffer le four à cent quatre vingt degrés chaleur tournante. Placer les abaisses de feuilletage sur une plaque parcheminée. Poser aux quatre angles de petits écrous ou de petits emporte-pièces d’environ six centimètres de hauteur, poser dessus une feuille de papier cuisson puis une grille. Faire cuire les feuilletages vingt cinq minutes, la grille placée au dessus conduira la poussée et permettra une levée uniforme. Retirer la grille et terminer la cuisson une petite dizaine de minutes. Couper le centre avec un couteau, enfourner cinq minutes supplémentaires à cent soixante degrés pour achever la cuisson à cœur.

5. Finitions et dressage

Faire chauffer un sautoir sur feu vif. Ajouter une noix de beurre et faire saisir les morceaux de ris de veau pour qu’ils soient bien dorés. 

Laver, parer et essuyer les champignons. Les ajouter au sautoir ainsi que le jambon taillé en petits dés réguliers. Laisser cuire cinq minutes puis ajouter les crêtes et les rognons.

Retirer les noyaux des olives, les ajouter au sautoir puis déglacer avec le madère. Laisser réduire à glace et ajouter le jus de rôti. Porter à frémissement, ajouter les quenelles et laisser mijoter une dizaine de minutes à feu très doux.

Terminer par la crème, laisser bouillir quelques minutes pour épaissir le mélange. Vérifier l’assaisonnement et corriger si nécessaire.

Disposer les feuilletages chauds dans les assiettes, garnir généreusement, saucer et servir aussitôt.

Déguster très chaud avec une bouteille d’excellent vin blanc. Pourquoi pas un Tokaj.

Vol-au-vent © Renards Gourmets
Vol-au-vent © Renards Gourmets

Dinde à la rôtissoire, crosnes et châtaignes au jus

Dinde à la rôtissoire, crosnes et châtaignes au jus

Dinde aux crosnes et aux châtaignes © Renards Gourmets
10/12 personnes
difficulté : moyen
coût : cher
+/- 4 heures
+ 3 jours de repos
 
Ingrédients :
 
Pour la dinde

une dinde de 4,5 kilos environ
10 litres d’eau
48 g de sel par litre
21 g de miel de bruyère (idéalement)
1/2 l de vinaigre de cidre
7 gousses d’ail

4 feuilles de laurier
une poignée de gros sel
 
Pour la garniture

un kilo de châtaignes
un kilo de crosnes très frais
huile de friture
sel fin
sel et poivre
15 cl de cognac
50 cl de jus de volaille

Pour la sauce


50 cl de miel de bruyère (idéalement)
5 cl de vinaigre de coing
2,5 cl de bitter (Angostura ou Peychaud)
10 cl de cognac
10 cl de porto
10 cl de vin rouge
25 cl de jus de volaille
sel et poivre

La dinde ou poule d’inde est une volaille d’exception, incontournable des fêtes de fin d’année. Thanksgiving aux Etats-Unis et Noël en Europe. Nous l’aimons lorsqu’elle est lentement rôtie à la cheminée, avec les châtaignes et les crosnes de notre jardin. Le lendemain, on obtient avec sa carcasse un jus des plus savoureux.

Pour cette recette nous avons sélectionné une dinde du Gers de chez Xavier Abadie. Un élevage gascon sur les coteaux de l’Astarac qui propose des volailles de fêtes d’une qualité gustative magnifique. L’élevage est évidemment en plein air, la nourriture est composée de maïs et de lait, la chair est fondante, grasse comme il se doit, d’une densité et d’une texture parfaite. Le plumage est fait à sec, comme cela devrait toujours être, pour préserver les chairs. A noter la spécificité de cette race que Xavier, véritable passionné, a contribué à préserver, la poule noire gasconne.

Nous avons aussi collaboré pour cette photographie avec la maison Bernardaud avec cette fabuleuse assiette Aux Rois or. Il faut se faire à l’idée du raffinement et de la beauté de ces motifs, inspirés des boiseries du plafond du Château de Fontainebleau. C’est une immense fierté, de nouveau, de nous associer à une maison historique qui produit de telles splendeurs. Existant sous le nom de Bernardaud (pour Léonard Bernardaud) depuis 1900, la maison est une affaire familiale depuis six générations (et jusqu’à aujourd’hui) et une entreprise du « patrimoine vivant ». C’est un terme, une expression, que nous aimons beaucoup, qui représente pour nous, ce qui devrait prédominer en France. Soit des entreprises qui continuent, dans l’idéal dans un principe de transmission, de valoriser et de faire exister les beaux savoir-faire qui font la fierté et la gloire de la France.

1. Préparation de la dinde

Vider la dinde et réserver ses abats et la graisse pour une autre préparation. Ajouter une poignée de gros sel, le laurier et l’ail en chemise à l’intérieur de l’animal et brider fermement en cousant l’orifice et en rabattant la peau.

Dans une très grande casserole pouvant largement contenir la dinde, placer l’eau, le miel, le vinaigre et le sel. Porter à ébullition puis plonger à la dinde à l’intérieur et laisser pocher pendant dix minutes. Transférer immédiatement dans une bassine d’eau glacée puis faire égoutter parfaitement. Placer sur une grille et réserver au réfrigérateur à découvert pendant trois jours.

2. Cuisson de la dinde

Préparer un bon feu de bois, embrocher la dinde, activer le tournebroche et placer le dispositif à trente centimètre des flammes. Placer la lèchefrite sous l’animal et laisser cuire pendant trois heures environ en arrosant régulièrement avec la graisse et le jus rendu. La température au cœur des filets doit atteindre cinquante cinq degrés.

3. Préparation de la garniture

Inciser la peau des châtaignes avec un couteau d’office et faire frire quelques minutes dans une grande casserole d’huile portée à cent quatre vingt degrés. Faire égoutter sur un papier absorbant puis décortiquer à chaud et réserver.

Placer les crosnes dans un torchon avec une poignée de sel. Frotter vivement pour éliminer la peau. Rincer et sécher les crosnes.

Faire blanchir les crosnes une paire de minutes dans une casserole d’eau bouillante fortement salée. Rafraîchir dans une glaçante puis faire égoutter et sécher parfaitement.

Récupérer quelques cuillères de graisse de cuisson dans la lèchefrite. Placer dans un sautoir et faire sauter les crosnes quelques minutes pour leur donner une légère teinte havane. Réserver dans un plat. Ajouter les châtaignes, laisser dorer quelques minutes, verser le cognac, donner une ébullition, couvrir et laisser mijoter dix minutes. Réunir les crosnes et les châtaignes, ajouter le jus de volaille, donner une ébullition et laisser réduire à glace à découvert. Saler et poivrer puis tenir chaud.

4. Préparation de la sauce

Laisser reposer le dindon dans l’âtre une quinzaine de minutes à soixante centimètre des flammes. Débrocher et laisser tout le jus s’écouler. Laisser ensuite reposer pendant quarante cinq minutes à environ soixante degrés.

Filtrer le jus pour séparer la graisse de celui-ci.

Dans une casserole faire caraméliser le miel à sec. Ajouter le vinaigre, laisser réduire à sec, ajouter le bitter et laisser réduire de moitié. Ajouter le cognac et laisser réduire aux deux tiers. Ajouter ensuite le porto, laisser réduire de moitié puis ajouter le vin, le jus de volaille et celui de dindon. Porter à ébullition puis laisser mijoter pendant vingt minutes. Corriger l’assaisonnement et lier la sauce avec un peu d’arrow root. Transférer dans le sautoir contenant la garniture avec une passette. Porter à frémissement et tenir chaud.

5. Finitions et dressage

Disposer la dinde dans un plat de service et la garniture avec sa sauce dans un légumier en argent très chaud.

Trancher la dinde devant les convives et servir. Déguster très chaud avec un excellent vin.

Dinde aux crosnes et aux châtaignes © Renards Gourmets
Dinde aux crosnes et aux châtaignes © Renards Gourmets
Dinde aux crosnes et aux châtaignes © Renards Gourmets
Dinde aux crosnes et aux châtaignes © Renards Gourmets
Dinde aux crosnes et aux châtaignes © Renards Gourmets

Poularde aux morilles et au vin jaune

Poularde au vin jaune, morilles farcies et quenelles de volaille

Poularde aux morilles © Renards Gourmets
2 personnes
difficulté : moyen
coût : cher
+/- 10 heures
 
Ingrédients :
 
Pour la poularde

une poularde
 
Pour le bouillon

une petite branche de céleri
un oignon piqué de deux
clous de girofle
une échalote coupée en deux
une gousse d’ail
un brin de thym
une petite morille séchée
3 grains de poivre blanc

Pour les quenelles

125 g de filet de poulet
5 g de sel fin
20 g de blanc d’œuf
25 g de beurre pommade
125 g de crème fluide
2 petites morilles séchées
une tige d’estragon
poivre blanc du Penja

2 l de bouillon de volaille

Pour les morilles

6 grosses morilles séchées
10 cl de jus de volaille
2,5 cl de vin jaune
sel et poivre

Pour la poularde

sel et poivre
une gousse d’ail
2 brins de thym

graisse de poularde


Pour la sauce

2 jaunes d’œufs
2,5 cl de vin jaune
25 cl de bouillon de poularde réduit à glace
25 g de crème double
sel et poivre

La poularde aux morilles et au vin jaune est un immense classique de la cuisine franc-comtoise adopté par toute une nation de fines gueules. Nous ne pouvions passer à côté de ce plat de légende. Nous l’avons adapté à nos goûts en modifiant la cuisson des éléments.

Pour cette recette nous avons sélectionné une poularde du Gers de chez Xavier Abadie. Un élevage gascon sur les coteaux de l’Astarac qui propose des volailles de fêtes d’une qualité gustative magnifique. L’élevage est évidemment en plein air, la nourriture est composée de maïs et de lait, la chair est fondante, grasse comme il se doit, d’une densité et d’une texture parfaite. Le plumage est fait à sec, comme cela devrait toujours être, pour préserver les chairs. A noter la spécificité de cette race que Xavier, véritable passionné, a contribué à préserver, la poule noire gasconne.

Nous avons aussi collaboré pour cette photographie avec la maison Bernardaud avec cette fabuleuse assiette Aux Rois or. Il faut se faire à l’idée du raffinement et de la beauté de ces motifs, inspirés des boiseries du plafond du Château de Fontainebleau. C’est une immense fierté, de nouveau, de nous associer à une maison historique qui produit de telles splendeurs. Existant sous le nom de Bernardaud (pour Léonard Bernardaud) depuis 1900, la maison est une affaire familiale depuis six générations (et jusqu’à aujourd’hui) et une entreprise du « patrimoine vivant ». C’est un terme, une expression, que nous aimons beaucoup, qui représente pour nous, ce qui devrait prédominer en France. Soit des entreprises qui continuent, dans l’idéal dans un principe de transmission, de valoriser et de faire exister les beaux savoir-faire qui font la fierté et la gloire de la France.

1. Préparation de la poularde

Lever les cuisses de la poularde, séparer le pilon, retirer l’os et les nerfs du haut de cuisse. Réserver le reste de la poularde pour une autre préparation, l’os et les pilons pour la préparation du bouillon. Réserver les hauts de cuisse au frais sous un film.

2. Préparation du bouillon de poularde

Disposer les pilons et les os dans une casserole à peine plus grande. Couvrir largement d’eau, porter à frémissement, écumer parfaitement. Ajouter la garniture aromatique et laisser mijoter trois heures à feu très doux. Dégraisser parfaitement en passant le bouillon au froid, mesurer 25 cl puis faire réduire à l’état de glace.

3. Préparation des quenelles

Couper le blanc de poulet sans sa peau en cubes, placer dans un blender avec le sel et mixer par à-coups. Ajouter le blanc d’œuf et rabattre la masse avec une maryse. Mixer jusqu’à ce que l’ensemble soit homogène. Ajouter le beurre pommade puis la crème progressivement. Passer cette préparation au tamis fin et travailler vivement avec la maryse dans un bol posé sur de la glace. Filmer au contact et réserver une heure au réfrigérateur.

Faire tremper les morilles dans une petite casserole d’eau très chaude une vingtaine de minutes. Porter à frémissement et laisser bouillir pendant cinq minutes. Faire décanter les morilles, hacher très finement et laisser refroidir.

Effeuiller l’estragon, ciseler finement et réserver.

Récupérer la préparation, poivrer généreusement, ajouter les morilles et l’estragon et mélanger délicatement. Séparer cette préparation en deux et réserver au réfrigérateur. Une partie est employée pour les quenelles, l’autre pour farcir les morilles.

4. Cuisson des quenelles

Porter le bouillon de volaille à soixante quinze degrés. Former les quenelles en trempant une cuillère à café dans le bouillon et en raclant la masse. Égaliser avec une seconde cuillère trempée elle aussi dans le bouillon et faire pocher quelques minutes de chaque côté jusqu’à ce qu’elles soient fermes sous le doigt. Transférer sur une plaque et réserver.

5. Préparation des morilles

Faire tremper les morilles dans un casserole d’eau très chaude pendant une vingtaine de minutes. Porter à ébullition et laisser bouillir une dizaine de minutes. Faire égoutter les morilles et les farcir avec la farce restante à l’aide d’une poche à douille. Filtrer et faire réduire le bouillon de cuisson à glace.

6. Cuisson des morilles

Dans un sautoir pouvant juste contenir les morilles verser la glace de cuisson, le jus de volaille, le vin jaune et le beurre. Ajouter les morilles, porter à ébullition, couvrir d’une feuille de papier percée en son centre et laisser mijoter une vingtaine de minutes ou jusqu’à réduction complète. Les morilles doivent être parfaitement enrobées.

7. Cuisson de la poularde

Saler et poivrer les hauts de cuisse côté chair. Ajouter une cuillère à soupe de graisse, la gousse d’ail coupée en deux et les brins de thym puis disposer dans un sac de cuisson sous-vide bien à plat. Faire cuire au bain marie pendant huit heures à soixante quinze degrés. Faire égoutter et sécher parfaitement la peau. Réserver sur une grille la peau vers le haut.

8. Préparation de la sauce

Clarifier les œufs pour ne garder que les jaunes. Les détendre avec le vin jaune et fouetter vivement sur un feu très doux jusqu’à l’obtention d’un ruban. Une fois le sabayon obtenu, le détendre avec la glace de volaille chaude, réserver au bain-marie sans faire bouillir.

9. Finitions et dressage

Réchauffer les morilles dans leur jus. Réchauffer les quenelles dans un peu de bouillon. Faire chauffer un sautoir à feu vif et faire colorer les morceaux de poularde côté peau jusqu’à ce qu’ils soient très dorés et croustillants.

Ajouter la crème à la sauce, fouetter et corriger l’assaisonnement. Ajouter quelques gouttes de vin cru si nécessaire pour en relever le goût. Transférer les quenelles dans cette sauce et les enrober parfaitement.

Faire égoutter les morceaux de poularde, les égaliser rapidement pour ne pas garder la peau au contact de la planche trop longtemps. Couper chaque haut de cuisse en deux pour obtenir deux triangles.

Disposer les quenelles et la sauce dans les assiettes, ajouter les morilles avec un peu de jus de cuisson. Terminer par les morceaux de volaille, une prise de poivre et un peu de fleur de sel puis servir immédiatement.

Poularde aux morilles © Renards Gourmets
Poularde aux morilles © Renards Gourmets
Poularde aux morilles © Renards Gourmets

Poularde demi-deuil, sauce suprême

Poularde en demi-deuil, légumes cuits au pot et glacés, sauce suprême

Poularde demi-deuil © Renards Gourmets
2 personnes
difficulté : moyen
coût : cher
+/- 2 heures
+ 72 heures de repos
 
Ingrédients :
 
Pour la poularde

un filet de poularde de Bresse avec sa peau
une grosse truffe noire
poivre blanc du Penja
sel
 
Pour la garniture

une carotte
un petit navet
un petit poireau
une branche de céleri
30 cl de bouillon de poularde
25 g de beurre
une pincée de sucre
poivre blanc du Penja
sel


Pour la sauce suprême

30 cl de bouillon de poularde
15 cl de crème double

2 jaunes d’œufs (idéalement infusés à la truffe)
sel

Voici l’un des plus beaux plats de notre heureuse gastronomie. Initié par Lucien Tendret, amélioré vivement par la Mère Brazier puis par Fernand Point et repris avec talent par Paul Bocuse ou Bernard Pacaud. Le nom vient de l’habit noir dans lequel se drape avec élégance la poularde. Cette expression remonte au moins à l’époque de Grimod de la Reynière à la période du Premier Empire.

Traditionnellement la poularde se cuit entière, à la vapeur, en vessie, dans un linge ou au bouillon. N’étant que deux nous avons adapté cette recette pour la réaliser avec un seul filet mais il est parfaitement possible de la faire pocher délicatement au préalable.

Pour cette recette nous avons sélectionné une poularde du Gers de chez Xavier Abadie. Un élevage gascon sur les coteaux de l’Astarac qui propose des volailles de fêtes d’une qualité gustative magnifique. L’élevage est évidemment en plein air, la nourriture est composée de maïs et de lait, la chair est fondante, grasse comme il se doit, d’une densité et d’une texture parfaite. Le plumage est fait à sec, comme cela devrait toujours être, pour préserver les chairs. A noter la spécificité de cette race que Xavier, véritable passionné, a contribué à préserver, la poule noire gasconne.

Nous avons déguster cet excellent plat avec une bouteille de Bandol du Château Sainte-Anne 1998.

Il est impératif de glisser la truffe sous la peau de la volaille plusieurs jours avant de réaliser cette recette. Nous ne donnons pas la technique pour réaliser le bouillon mais il vous suffit de vous référer à nos nombreuses recettes au besoin.

La cuisson sous-vide à basse température réalisée ici permet de bien préserver les arômes de la truffe qui parfois se perdent un peu dans le bouillon. D’où l’intérêt de la cuisson en vessie mais qui peut parfois représenter quelques difficultés.

1. Préparation de la poularde

Brosser et éplucher la truffe en conservant bien sa peau. Tailler deux tranches bien épaisses. Décoller délicatement la peau du filet et contiser le en glissant les tranches de truffe entre chair et peau. Filmer au contact en serrant fermement et réserver au réfrigérateur pendant soixante douze heures afin que les parfums de la truffe se diffusent dans la chair de la volaille.

Débarrasser le filet de son film. Saler et poivrer, emballer de nouveau dans du film en serrant fermement et en respectant la forme naturelle du filet. Disposer dans un sac de cuisson sous-vide et faire cuire au bain marie pendant une heure trente à soixante deux degrés.

2. Préparation de la garniture

Laver éplucher et tailler tous les légumes. Disposer dans un sautoir assez grand pour pouvoir les contenir tous à plat. Ajouter le beurre coupé en petits cubes, le bouillon, le sucre, le sel et le poivre. Découper une feuille de papier cuisson en cercle, réaliser un trou au centre et poser sur le sautoir en guise de couvercle. Démarrer sur un feu vif pour donner une ébullition rapide puis laisser cuire jusqu’à réduction complète du liquide. Les légumes doivent être brillants.

3. Préparation de la sauce suprême

Faire réduire à l’état de glace le bouillon de poularde. Ajouter dix centilitres de crème et laisser cuire pendant cinq minutes en fouettant vivement.

Dans un bol détendre les deux jaunes d’œufs avec la crème restante et verser cette préparation dans la sauce en fouettant continuellement hors du feu. Vérifier l’assaisonnement puis tenir chaud. La sauce doit être onctueuse et légère.

4. Finitions et dressage

Déballer le filet de poularde, tailler en deux et disposer dans des assiettes chaudes. Hacher très finement la peau de la truffe et ajouter ce hachis aux légumes, mélanger une dernière fois puis servir sur le côté de la viande. Masquer le filet de poularde avec la sauce très chaude et garnir d’une généreuse râpée de truffe fraîche. Déguster immédiatement.

Poularde demi-deuil © Renards Gourmets
Poularde demi-deuil © Renards Gourmets
Poularde demi-deuil © Renards Gourmets

Poularde Albufera d’après Auguste Escoffier

Poularde Albufera d'après Auguste Escoffier, légumes au pot et truffe

Poularde Albufera © Renards Gourmets
2 personnes
difficulté : moyen
coût : cher
+/- 2 heures
 
Ingrédients :
 
Pour le beurre de poivron

25 g de beurre pommade
25 g de poivrons rouges en bocal
 
Pour la poularde

un filet de poularde
poivre rouge des Bolovens (optionnel)
sel


Pour la garniture

une carotte
un petit poireau
un navet
une branche de céleri
2 cébettes
25 g de beurre
25 cl de bouillon de poularde
une pincée de sucre
poivre blanc du Penja
sel

Pour la sauce

2 jaunes d’œufs (idéalement infusés aux truffes)
une c.a.s de bouillon de poularde
25 cl de bouillon de poularde réduit à glace
sel et poivre
le beurre de poivrons

Pour les finitions

truffe à volonté

La justesse des appellations culinaires est sujet à de sempiternels débats houleux et bien souvent, c’est l’histoire qui tranche. Aujourd’hui une sauce Albufera est invariablement une réduction de bouillon de volaille, avec quelques alcools, de la crème et une liaison au foie gras. Oeuvre du grand maître de Mionnay, Alain Chapel. Pourtant dans la littérature classique et notamment chez Adolphe Dugléré et Auguste Escoffier, on trouve la recette d’une sauce radicalement différente sous ce même nom. Nous donnons l’autre recette de ce plat, avec quelques explications complémentaires ici.

Quoi qu’il en soit, nous ne pouvions qu’essayer cette version plus antique, surtout après avoir vu l’immense Yannick Alleno la réaliser avec brio. Quelle heureuse surprise ! Le goût sucré et légèrement piquant du poivron, adoucit par le beurre et le sabayon donne une sauce très ronde, gourmande, qui se mange frénétiquement à la cuillère. La truffe s’harmonise parfaitement, ce fut un succès que nous ne manquerons pas de renouveler.

Pour cette recette nous avons sélectionné une poularde du Gers de chez Xavier Abadie. Un élevage gascon sur les coteaux de l’Astarac qui propose des volailles de fêtes d’une qualité gustative magnifique. L’élevage est évidemment en plein air, la nourriture est composée de maïs et de lait, la chair est fondante, grasse comme il se doit, d’une densité et d’une texture parfaite. Le plumage est fait à sec, comme cela devrait toujours être, pour préserver les chairs. A noter la spécificité de cette race que Xavier, véritable passionné, a contribué à préserver, la poule noire gasconne.

Il va sans dire que cette recette peut être réalisée pour plus de convives avec une poularde entière cuite dans son bouillon. Il faudra cependant adapter les quantités. Nous n’avons pas donné la technique pour réaliser le bouillon de poularde car elle nous paraît évidente, mais au besoin, référez-vous à d’autres de nos recettes.

Nous ne pouvons que vous recommander très chaleureusement d’accorder ce plat avec une très belle bouteille de Bandol rosé du Château Sainte-Anne 1998. Un absolu délice d’une grande complexité et qui fonctionne merveilleusement avec cette grande sauce du patrimoine culinaire français.

1. Préparation du beurre de poivron

Faire égoutter parfaitement les poivrons. Peser, ajouter la même quantité de beurre pommade et mixer longuement jusqu’à l’obtention d’une pâte homogène. Réserver au réfrigérateur.

2. Préparation de la poularde

Lever un filet de poularde, le dégraisser parfaitement, retirer les nerfs. Saler et poivrer puis emballer fermement dans une feuille de papier film supportant la cuisson. Disposer dans un sac de cuisson sous-vide et faire cuire pendant une heure trente à soixante deux degrés.

3. Préparation de la garniture

Laver et peler tous les légumes, égaliser les formes le plus harmonieusement possible avec un petit couteau d’office puis disposer dans un sautoir assez large pour les contenir tous à plat. Ajouter le beurre, le sucre , le sel, le poivre et le bouillon de poularde. Couvrir d’une feuille de papier parcheminé percée en son centre. Porter rapidement à ébullition et laisser réduire parfaitement le liquide. Glacer les légumes en les enrobant du jus très réduit de cuisson. Tenir chaud.

4. Préparation de la sauce

Faire réduire le bouillon de poularde jusqu’à l’obtention d’une glace.

Clarifier les oeufs, disposer uniquement les jaunes dans une petite casserole à fond épais. Fouetter et détendre avec une cuillère à soupe de bouillon chaud. Faire cuire sur le coin du fourneau en fouettant très vivement pour obtenir un sabayon. La masse doit former un ruban. Verser ensuite la glace de bouillon de poularde tout en continuant de fouetter. La sauce doit être souple mais liée. Ajouter alors progressivement le beurre très froid détaillé en petits cubes et en fouettant continuellement. Saler et poivrer.

5. Finitions et dressage

Débarrasser le filet de poularde de ses différents emballages. Retirer la peau et tailler en deux. Disposer dans des assiettes chaudes. Ajouter les légumes avec un peu de leur jus réduit. Napper la viande avec une ou deux cuillères de sauce très chaude. Terminer par une râpée de truffe noire. Déguster immédiatement.

Poularde Albufera © Renards Gourmets
Poularde Albufera © Renards Gourmets
Poularde Albufera © Renards Gourmets

Coq vierge à la cheminée, crosnes au jus et truffe

Coq vierge de Gascogne rôti à la cheminée, crosnes au jus et truffe noire

Coq vierge à la cheminée © Renards Gourmets
4/5 personnes
difficulté : moyen
coût : cher
+/- 4 heures
+ 24 heures de repos
 
Ingrédients :
 
Pour le coq vierge

un beau coq vierge de Gascogne
graisse fine fondue et filtrée
gros sel gris
une tresse d’ail d’Arleux
 
Pour la sauce

2,5 cl de vinaigre de vin rouge
2,5 cl de madère
un peu de jus de volaille si nécessaire
sel et poivre

Pour les crosnes

300 g de crosnes très frais
gros sel
une pincée de sucre
sel et poivre

Pour la salade

une belle frisée d’hiver très blanche
moutarde de Dijon
vinaigre de vin rouge
sel et poivre

Pour les finitions

beurre
truffe noire à volonté

Le coq vierge peut tout aussi bien être le fruit d’une castration mal menée afin de chaponner un poulet, qu’un jeune coq engraissé et laissé seul, loin des poules et de ses congénères. Cette volaille exceptionnelle et rare a reçu tous les honneurs des gastronomes du XIXe siècle. Brillat-Savarin mentionne le coq vierge, comme Alexandre Dumas qui le préfère par dessus le chapon. Il aime « le célibataire des basses-cours » à la broche et ajoute « Ce serait l’outrager que de le piquer et le déshonorer que de le mettre en ragoût ».

Il a depuis disparu des grandes tables, demeurant un secret bien gardé chez certains éleveurs. Moins gras que le chapon, sa chair est fine et ferme, particulièrement savoureuse. Il était aussi élevé par les sœurs qui au premier signe d’intérêt envers les poules, l’enfermaient dans une cage d’un mètre sur un appelée « séminaire » afin qu’il engraissât.

On le prétend aphrodisiaque et une légende raconte qu’un habitant de Toulaud en Ardèche eut de nombreuses descendances. Conservant une verdeur exceptionnelle, il eut même une fille à plus de 80 ans et c’est sur son lit de mort qu’il livra son secret : l’élevage et la consommation régulière de coqs vierges.

Ce coq vierge est issu de la race Noire de Gascogne, engraissé au maïs et libre de vivre dans les coteaux. Au bout d’un moment des glandes compensent l’absence de production de testostérone et les hormones redémarrent.

Pour cette recette nous avons sélectionné un coq vierge du Gers de chez Xavier Abadie. Un élevage gascon sur les coteaux de l’Astarac qui propose des volailles de fêtes d’une qualité gustative magnifique. L’élevage est évidemment en plein air, la nourriture est composée de maïs et de lait, la chair est fondante, grasse comme il se doit, d’une densité et d’une texture parfaite. Le plumage est fait à sec, comme cela devrait toujours être, pour préserver les chairs. A noter la spécificité de cette race que Xavier, véritable passionné, a contribué à préserver, la poule noire gasconne.

Nous avons accompagné cette superbe volaille de quelques crosnes du jardin, de truffe bien mûre et de salade frisée craquante.

1. Préparation du coq vierge

Vider et bucler le coq vierge. Réserver ses abats pour une autre préparation. Habiller la volaille en retirant les écailles et les nerfs des pattes. Parer les ailerons, retirer le cou et le jabot. Ajouter une bonne pincée de gros sel dans le coq ainsi que le cou et la tresse d’ail sans ses têtes. Brider fermement et réserver au réfrigérateur sur une grille et à découvert pendant vingt quatre heures.

2. Cuisson du coq vierge

Préparer un bon feu de cheminée, embrocher le coq fermement en l’équilibrant parfaitement sur la tige. Remonter le mécanisme du tournebroche et placer le à trente centimètre des flammes. Badigeonner la peau au pinceau de graisse fine, placer la lèchefrite sous la volaille et laisser cuire environ trois heures en l’arrosant de son jus et de sa graisse toutes les demi heures.

La température à cœur des filets doit être de soixante degrés.

Préchauffer le four à soixante degrés.

Retirer la lèchefrite, disposer quelques braises bien chaudes sous la volaille pour parfaire la caramélisation de la peau. Débrocher le coq vierge, retirer la tige, le placer dans un plat muni d’une grille, comme une grille tourtière et laisser le reposer une bonne demi heure au four.

3. Préparation de la sauce

Dégraisser parfaitement le jus de la lèchefrite. Réserver la graisse. Faire réduire le vinaigre à l’état de glace. Ajouter le madère, laisser réduire puis verser le jus (environ 10 cl). Laisser bouillir une minute, vérifier l’assaisonnement, lier si nécessaire avec un peu d’arrow root et tenir chaud sans faire bouillir.

4. Préparation des crosnes

Frotter les crosnes dans un torchon avec un peu de gros sel pour retirer la peau. Les faire blanchir une minute dans une casserole d’eau bouillante fortement salée. Rafraîchir dans une glaçante, faire parfaitement égoutter.

Ajouter un peu de graisse de cuisson du coq vierge dans une cocotte, une pincée de sucre et un peu de sauce. Ajouter les crosnes et laisser cuire quelques minutes sur un feu vif jusqu’à réduction complète et belle caramélisation. Saler et poivrer puis tenir chaud.

5. Préparation de la salade

Récupérer le cœur très blanc de la salade frisée, le laver, le faire égoutter et l’effeuiller. 

Préparer une vinaigrette avec une cuillère à café de moutarde, une de vinaigre, une cuillère à soupe de sauce, du sel et du poivre. Émulsionner cette sauce et réserver.

6. Préparation de la truffe

Brosser la truffe sous un filet d’eau froide. L’essuyer parfaitement et la peler avec un petit couteau d’office. Hacher finement la peau, ajouter une cuillère à café de ce hachis à la vinaigrette, mélanger. Réserver le restant du hachis et la truffe à part.

7. Finitions et dressage

Retirer le poulet du four, verser le jus qu’il aura rendu dans la sauce. Placer la saucière, le légumier et le plat de service en argent dans le four.

Découper la volaille par membres et placer au fur et à mesure sur le plat de service. Saler et poivrer.

Placer les crosnes dans le légumier, déglacer la cocotte d’une petite cuillère d’eau, laisser réduire et verser sur les crosnes. Fermer le légumier pour les tenir au chaud. 

Mélanger la salade et la vinaigrette, disposer dans un saladier.

Ajouter le hachis de truffe à la sauce ainsi qu’une petite noisette de beurre froid, vanner et verser en saucière.

Apporter le légumier, la saucière et le plat de service à table. Servir les convives et garnir devant eux d’une belle râpée de truffe noire.

Déguster avec un très grand vin.

Coq vierge à la cheminée © Renards Gourmets
Coq vierge à la cheminée © Renards Gourmets
Coq vierge à la cheminée © Renards Gourmets
Coq vierge à la cheminée © Renards Gourmets